OM-Saint-Étienne (1-0), La Canebière académie revient aux fondamentaux

Aioli les sapiens,

Quoiqu’il en coûte d’interrompre le Projet® sur sa lancée vers un futur pavé de trophées (on ne rit pas), il est toujours bon de prendre un temps pour respecter certaines traditions séculaires. Quoi de mieux que cette soirée anniversaire du club comme de groupes de supporters pour nous retrouver autour de fondamentaux que l’on espère immuables :

– des chants, tifos et fumigènes qui déchirent leur mère ;

– des joueurs qui « mouillent le maillot » de sueur et de rage, le football étant une option plus lointaine ;

– une AS Saint-Étienne qui vient au bon moment nous rendre visite pour sa séance de victimisation annuelle.


Les transferts

Sakai et Kamara prolongent leurs contrats. Le départ de Luiz Gustavo en Turquie se confirme, de même que la perspective d’une sortie dans l’anonymat le plus complet pour celui qui incarnait pourtant naguère ce que l’équipe pouvait conserver de dignité. Resteront quelques bons souvenirs et le regret d’une histoire qui aurait pu s’avérer bien plus belle. Dans le sens inverse, l’hypothèse d’une arrivée de Valentin Rongier reste en suspens. Jordan Amavi continue quant à lui de louer les services d’Erzulie, avec une efficacité certaine puisque son sort de titularisation éternelle bloque jusqu’à la moindre rumeur de prêt de L2 danoise concernant un latéral gauche. Christopher Rocchia vient même d’être prêté à Sochaux, c’est dire si la déesse a fait place nette.


L’équipe

Mandanda
Sakai – Kamara – Alvaro – Amavi
Sanson (Germain, 64e) – Strootman – Lopez
Sarr (Khaoui, 83e) Benedetto (Thauvin, 80e) Payet

L’équipe est identique à celle du match précédent, alors que Thauvin s’est remis de sa blessure estivale et s’installe sur le banc.


Le match

Les tribunes s’empressent d’expédier leur participation au Schiappa challenge par une banderole aussi peu convaincante que convaincue, au sujet de laquelle dégun ne fait semblant de s’indigner tellement ces histoires grotesques fatiguent tout le monde. L’important réside dans cette ambiance dantesque proposée par le stade, mené par Ultras et MTP fêtant respectivement leurs 35e et 25e anniversaires.

Sur le terrain, on sent rapidement qu’André Villas-Boas n’est toujours pas parvenu à relâcher ses sphincters, crispés à mort depuis qu’il s’est rendu compte de quelles horreurs défensives pouvait être capable notre équipe. Hors-jeu rigoureux (ce qui nous sauve d’un but de Perrin dès la 3e minute), latéraux appliqués à ne pas dépasser un nombre de cagades acceptable, milieux pétrifiés à l’idée de se porter à l’avant… ce match des 120 ans du club représente une soirée de gala, et comme toute soirée de gala les priorités sont de deux ordres : en cherchant à briller de mille feux, ou bien en évitant à tout prix de se chier dessus au moment du cocktail. La confiance olympienne étant ce qu’elle est, c’est tout naturellement que nos joueurs privilégient l’option prudente. Fi du football, donc, mais heureusement pas du combat : application défensive et intensité des duels sont au rendez-vous et, les rares fois où nos actions ne sont pas avortées d’une passe trop fébrile, l’intelligence de Benedetto, la technique de Payet ou la vivacité de Sarr ébauchent quelques timides promesses.


Après s’être fait aplatir par Sanson et Amavi, Aholou met cinq bonnes minutes pour se résigner à sortir, ce qui nous gratifie de deux images : la première, Matt Damon sautant poliment en rythme après le « Aux Armes » ; la seconde, moins « people » mais plus proche de nos préoccupations, ce une-deux Sarr-Benedetto au nez de Stéphanois pas encore remis de leur pause fraîcheur. Dario remet dans la course de Sarr d’une subtile talonnade : Bouna en profite d’abord pour réaliser ce qu’il sait faire le mieux,à savoir courir tout droit et très vite, puis ce qu’il sait le moins bien faire, à savoir exécuter une passe précise et dans le bon temps à Sanson. Depuis quelques minutes, Morgan montrait en effet enfin des envies d’aller voir ce que ça faisait de jouer au football dans le camp adverse. Il percute donc dans la surface et redresse le ballon vers Benedetto, qui avait poursuivi sa course depuis le milieu de terrain et platdupiedsécurise pour conclure cette action magnifique (1-0, 33e).

Ce séisme footballistique au milieu du néant connaît des répliques dans les minutes qui suivent, avec quelques actions intéressantes. En fin de mi-temps cependant, des interventions in extremis de Kamara et surtout Alvaro Gonzalez confirment que l’égalisation menacera au moindre relâchement de notre part.

Ne pas se relâcher, c’est cette exigence qui guide toute la deuxième période soient cinquante minutes passées avec le slipomètre bloqué au maximum. Si Benedetto se signale encore par une lourde juste à côté puis une talonnade déviée juste devant le but, c’est bien l’OM qui se laisse dominer. « Si vous ne savez pas jouer au football, au moins battez-vous », avons-nous coutume de dire. Cette deuxième période montre que nous avons été entendus, et même au pied de la lettre. Toute idée de jeu disparaît de notre esprit et, si les Stéphanois s’autorisent à venir trop régulièrement nous chatouiller la surface, c’est pour tomber sur une bande de roquets tacleurs qui se jettent sur le moindre tir qui menace. Amavi lui-même se sent porté par cet enthousiasme guerrier qu’il applique à sa manière, c’est-à-dire n’importe comment.


À ce sujet d’ailleurs, ne vous étonnez pas si la ville annonce une nouvelle fois la fermeture de la plage de l’Huveaune ce matin, a priori les analyses matinales auraient révélé la présence de traces de poussière de cheville dans l’eau, le sable et l’atmosphère. Après de multiples visionnages, M. Millot se dit que personne ne peut faire exprès d’être aussi maladroit, et se contente d’infliger un avertissement à notre chirurgien autodidacte pendant que Palencia est prié d’aller souffrir sur le banc de touche.

Saint-Étienne presse et se procure de nombreux coups de pieds arrêtés, mais finalement assez peu d’occasions franches. La tension monte en même temps que l’enjeu, encore renforcée par l’imposant craquage de fumigènes du CU84, une belle bougie d’anniversaire adressée à la commission de discipline. Les cartons tombent, Jordan Amavi s’essaie à une frappe de loin tellement inattendue que Ruffier est près de la laisser échapper, et surtout les joueurs se démènent aux quatre coins du terrain pour arracher la balle des pieds verts. Quand l’arbitre met un terme à cette fin de match intenable, nous pouvons enfin nous autoriser à respirer par tous les orifices, pendant que les joueurs, tout sourire, savourent une victoire certainement pas convaincante en termes de niveau de jeu, mais acquise avec une combativité et une solidarité que l’on croyait oubliées.


Les joueurs

Mandanda (3/5) : Après sa capacité à faire des arrêts décisifs, Steve vient de retrouver une sensation oubliée depuis plus longtemps encore : voir des défenseurs revenir tacler l’attaquant qui s’apprête à le fusiller de près.

Sakai (2/5) : Tellement peu confiant défensivement, qu’il commence à faire l’effort pour rattraper l’attaquant avant même d’avoir fini de perdre son duel. L’un dans l’autre il s’y retrouve, mais ça ne doit pas être bon pour ses nerfs. En tout cas pour nous, ça ne l’est pas.

Kamara (4/5) : Dans la mesure où l’attaquant adverse avait envoyé son père jouer à sa place, il n’a pas été trop difficile de le contenir. On n’en salue pas moins le gain en rigueur depuis quelques matchs.

Alvaro (4+/5) : Prince des trajectoires, esthète du tacle millimétré et sanctuarisateur de surface. S’il lui arrive un jour de casser une jambe, c’est qu’il l’aura voulu.

Amavi (2-/5) : Dans une autre vie, Jordan était piège dans un temple d’Indiana Jones. Si tu passes de son côté, t’es quasiment assuré de trouver un trésor, ou bien de finir mutilé.

Strootman (3+/5) : Peu prompt à l’extase offensive, occupé qu’il était à nettoyer inlassablement toutes les miettes laissées par les milieux. Comme les disent les ménagères, un ramasse-poussière n’est pas fait pour se donner du plaisir, mais ce n’est pas pour ça qu’il n’est pas indispensable.

Lopez (2-/5) : C’est pas possible d’être aussi inhibé, on dirait Éric Zemmour à la gay pride. Amuse-toi, un peu, merde quoi.

Sanson (3-/5) : Notre Greta Thunberg à nous, qui a entrepris pendant la première demi-heure de recréer à lui tout seul le 6e continent de déchets au beau milieu du rond central pour nous sensibiliser à la pollution de la planète. Heureusement et pour une fois, il a aussi mis a profit son indéniable énergie pour jouer un peu au football dans le camp adverse.

Germain (64e) :Reprend son poste rudigarciesque de false-nine-advanced libero, dont l’enjeu est moins de participer aux attaques que de presser et défendre pour aider l’équipe à tenir le score.

Sarr (3/5) : S’il n’a pas été avare de ses fameux raids tête baissée, il lui est aussi arrivé de lever la tête avant de lancer des combinaisons offensives. Il a dû en éprouver le même émerveillement que Romain Grosjean le jour où il a découvert que sa voiture était dotée d’un volant.

Khaoui (83e) : Aurait pu bénéficier d’un pénalty, refusé pour éviter aux Stéphanois de trop pleurer sur l’arbitrage (ils ont pleuré quand même).

Payet (2+/5) : Attention, s’il voit que Sarr et Benedetto réussissent des actions sans lui, il va encore se mettre à bouder.

Benedetto (4+/5) : Non seulement notre quota de chiens de guerre argentins ne semble pas avoir trop souffert du départ d’Ocampos, mais en plus celui-ci semble doté d’un cerveau footballistique totalement fonctionnel. Sans enflammade prématurée, autorisons-nous à trouver cela prometteur.

Thauvin (80e) : Plaisir de revoir Florian, dans le bain dès sa rentrée pour se jeter sur tout ce qui bouge et porte du vert. Il parvient même à placer sa spécialité « recentrage et tir », quoique encore un peu rouillée.


L’invité zoologique : Miguel Traucodile

C’est vert et vaguement menaçant, mais ça finit en sac à main à chaque fois. Le crocodile était donc bien l’invité approprié pour raconter cet affrontement avec nos victimes favorites.

– Les autres : C’est peut-être le moment de suggérer une hypothèse qui risque de rompre cette remontée d’optimisme : contre toute autre équipe que l’ASSE, sa vitesse de transmission arthritique et ses attaquants en déambulateur, il est fort probable que notre manière de jouer en 2e mi-temps nous eût valu une nette déculottée.

– Le classement : Déjà plus aucune équipe invaincue,un resserrement général qui nous permet pour l’instant de tutoyer le haut du classement, à deux points près.

– Le classement qui nous concerne vraiment : Il semble d’une part que nous soyons finalement aptes à grappiller quelques points, et d’autre part que des équipes se trouvent au-delà de nos limites en termes d’analité sportive. Dans ces conditions, ce point hebdomadaire et pessimiste sur la lutte pour le maintien n’a plus lieu d’être, en espérant qu’il en reste ainsi.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Sylvain C. donne la réponse la plus approchante au concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

7 commentaires

  1. Un peu sévère avec Sakai.
    Belle punchline d’ensemble.
    Je sais ça veut rien dire.
    Pas de gagnants au challenge maria shira..
    Shia… Bref challenge pétasse ?

  2. Vous regretterez tellement Sarr le jour où il partira… A Metz aussi, il nous a… Non, en fait c’est bon.

    Bonne acad’.

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