OM-Saint-Etienne (3-0), La Canebière académie aplanit les obstacles

Qu’on se le dise, cette année Marseille a décidé d’enculer le patrimoine : après la carrière de la Corderie, c’est cette fois-ci un vestige d’ordre footballistique que nous venons d’ensevelir sans vergogne.

Aïoli les sapiens,

Les rivaux ont pris des points, l’adversaire qui se présente est à la dérive : repartir de cette rencontre avec un nombre de points inférieur à trois serait une faute.

L’équipe

Rudi accuse réception de la déprime ambiante dans les monts du Forez – je veux dire, davantage encore ces temps-ci que dans leur quotidien déjà sinistre à la base – et prévoit son dispositif spécial : « ne lésinons pas sur les moyens offensifs pour affronter des nuls regroupés en défense ». Lopez remplace ainsi l’exécuteur des basses-œuvres Zambo Anguissa, et Sarr offre un peu de repos à Sakai.

 

Mandanda

Sarr – Rami – Abdennour (Rolando, 64e) – Amavi

Lopez – Luiz Gustavo (Zambo Anguissa, 84e)

Thauvin – Sanson (Ocampos, 68e)  – Payet

Germain

 

Le match

A l’image de leur leader Laurent Wauquiez (il vient de par chez vous, les gars, j’y peux rien), les verts s’affichent comme les candidats des promesses tenues. Pas de tromperie ici : nuls ils se déclarent, nuls ils sont effectivement. Lâchés au Vélodrome comme des nourrissons au Carrefour de la Pioline un samedi après-midi, les Stéphanois passent dix minutes à chercher leur mère. Payet tire un corner, que Thauvin dévie de la tête au premier poteau. A la réception, Germain fait faire trois tours dans son slip à Pajot : le temps que le défenseur comprenne ses fausses pistes, Valère a déjà de la tête mis un terme à son manque de réussite (1-0, 11e).

A l’exception d’un fâcheux moment de faiblesse d’Abdennour, offrant une occasion que Diony a l’idée de saloper dans les grandes largeurs, la première mi-temps n’est qu’une longue porniflette olympienne (NdA : porniflette (n.f, de porno = grouik, et du suffixe – iflette = petit, mignon: sous-domaine du porno SM où les acteurs se refusent à aller au bout de leurs outrages, pour souligner une certaine empathie envers leur partenaire).

Ainsi, et cela confirme les progrès notables aperçus dans ce domaine, l’OM maintient ses intentions de jeu et continue de bouffer les Stéphanois comme des tapas. Les ballons parviennent enfin à l’avant-centre, les combinaisons se développent, mais le compteur reste malgré tout bloqué sur ce maigre avantage : Payet puis Germain voient leurs têtes échouer sur Ruffier, Sanson rend à Bamba son gros loupé de tout à l’heure, Valère satellise une volée sur un nouveau corner, et plusieurs centres en retrait s’achèvent par des tirs contrés.

L’OM attaque la seconde période de manière plus réservée, ce qui nous laisse toute latitude pour assister au génie stéphanois en action : Bamba et Pierre-Gabriel se font des mamours au moment de négocier un long ballon, ce qui laisse Morgan Sanson s’éclipser entre les deux joueurs. Pierre-Gabriel entreprend de rattraper le fuyard, d’une manière si prévisible que M. Rainville commence déjà à sortir son carnet de la poche pour gagner du temps. A défaut de partir avec le maillot de Morgan malgré tous ses efforts pour l’arracher, le défenseur stéphanois se console en rentrant au vestiaire nanti de toute la considération de ses coéquipiers, entraîneurs et supporters.

L’occasion pour nous d’offrir à notre camarade Roland Gromerdier ce petit cadeau de Noël avant l’heure, dont nous ne doutons pas qu’il lui sera utile.

 

On cause, on cause, mais après ce carton rouge de la 51e minute, l’OM ne mène toujours que d’un but. Frustrée de la non-titularisation de Rolando, la déesse Erzulie se venge en dressant les poteaux devant nos tentatives : Germain servi par Payet, puis Thauvin au terme d’une contre-attaque éclair, échouent sur les montants d’un Ruffier nettement battu. L’objectif de la déesse est simple : empêcher les Olympiens de se mettre à l’abri afin que, par un phénomène commun de rétractation testiculaire, Rudi Garcia se sente obligé de faire entrer son protégé pour préserver le score. Las ! même la force du vaudou est impuissante à lutter contre la nullité forézienne, si bien  qu’à la suite d’une énième récupération de Luiz Gustavo, Thauvin puis Germain ne puissent faire autrement que de profiter des espaces béants : un nouveau tour de cache-cache, et voici Valère débarrassé des défenseurs pour reprendre le centre de Florian (2-0, 71e).

Une absence d’Amavi autorise Mandanda à plonger un peu plus l’attaque stéphanoise dans la déprime, avant que nous n’enfoncions le clou : une récupération dont je ne vous ferai pas l’injure de nommer l’auteur permet à Amavi de délivrer une passe pour Ocampos, nouvellement entré et qui après deux subtiles touches de balle à l’entrée de la surface envoie un délicieux intérieur du pied dans le petit filet de Ruffier (3-0, 80e).

Deux minutes plus tard, Lucas est tout près de conclure une contre-attaque magistrale de 80 mètres mais échoue sur le gardien. Comme lors de notre victoire à Metz, l’arbitre ne laisse pas jouer une seule seconde de temps additionnel, moins par souci d’épargner nos victimes que pour – c’est évident – nous priver d’occasions de rattraper un peu plus notre différence de buts par rapport à Lyon et Monaco.

 

Les joueurs

Mandanda (3+/5) : Un jeu au pied meilleur que ces derniers temps et un face-à-face remporté de façon sympathique quoiqu’un peu chanceuse. Un peu comme un marchand de bikinis à Kaboul, il a connu des périodes plus actives.

Rami (3+/5) : Contrairement à l’habitude, il n’a pas pu défendre une main dans le slip : il y avait déjà mis l’avant-centre stéphanois.

Abdennour (2+/5) : Aura au moins donné un sens à l’expression : « Toi, t’es coiffé comme un talon d’Achille ».

Rolando (64e) : Pas grand-chose à signaler, les quelques escarmouches stéphanoises de fin de match pouvant être mises sur le compte du relâchement collectif.

Sarr (4/5) : En août tout le monde se foutait de sa gueule, et là c’est tout juste si Didier Deschamps ne va pas vérifier ses papiers, au cas où…

Amavi (3/5) : A largement participé à la fête, entre autres grâce à cette dernière passe décisive. Là prochaine fois cependant, pense à fermer la porte du couloir derrière toi, il y avait parfois quelques courants d’air.

Luiz Gustavo (5/5) : Tom of Finland < Luiz do Brasil.

Zambo Anguissa (84e) : No Zambo, no party.

Lopez (4/5) : A entièrement donné raison à Rudi Garcia en jouant simple, fluide, intelligent. Il ne reste plus qu’à démontrer sa capacité à aller au baston contre des adversaires un peu plus tenaces, et Maxime pourra aspirer à de belles choses dans cette deuxième partie de saison.

Thauvin (4/5) : Seulement deux passes décisives et un tir sur le poteau, petite soirée.

Sanson (4-/5) : Reprend sa vieille habitude de distribuer de bons ballons, en espérant qu’elle n’aille pas de pair avec sa vieille habitude de goinfrer des occasions énormes.

Ocampos (68e) : Entre, saute sur tout ce qui bouge, envoie une lourde dans les filets. Content.

Payet (4-/5) : Petite réserve sur sa défense qui n’a pas toujours aidé Amavi, mais enfin, ça fait plaisir de le voir revenu à la place de l’ectoplasme qui occupait son maillot ces dernières semaines.

Germain (5/5) : On passera sur ses petits loupés de première mi-temps : c’est la période de l’Avent, il a bien ouvert les petites fenêtres des Stéphanois, tout n’est donc que chants et joie.

Si André-Frank a monnayé son sort de titularisation éternelle avec la déesse Erzulie, Valère a quant à lui choisi de pactiser avec un partenaire plus radical.

 

L’invité zoologique : Florentin Pumbaa

Grouik. Gron gron gron. Grouik. Prout. Grouiiiik. Voici, en quelques mots concis, les observations les plus pertinentes qu’il m’ait été donné d’entendre sur les performances actuelles de l’Association sportive de Saint-Etienne. Oui, un phacochère était bien l’invité approprié pour évoquer – que dis-je, pour incarner – notre adversaire.

Dès ce lundi matin à l’Etrat, les joueurs ont eu droit à des ateliers techniques individuels avec ballon.

– Les autres : C’est moche ce qui leur arrive, mais je préfère que ce soit eux plutôt que nous.

– Le classement : Monaco et Lyon prennent des points grâce à de beaux coups de chatte (alors que nous, quand ça nous arrive, c’est grâce à notre faculté à ne jamais renoncer) : nous voici donc toujours à égalité, à huit points devant le cinquième.

– L’émission : L’ami Sisko m’a fait la gentillesse d’une invitation à causer de l’OM entre personnes de bonne compagnie sur Radio Galère : ça se passe ce lundi à 16h30, sur 88.4 ou sur http://www.radiogalere.org/ecoute/index.html.

– L’affaire : Le huis-clos partiel du Virage Sud après les incidents contre Salzbourg est un sujet délicat, entre injustice de voir des non-fautifs pris dans la sanction et la notion légitime de responsabilité collective d’une association. Peu amateur de sanctions générales lorsqu’il s’agit de dérapages occasionnels (fumigènes, insultes… la passion dont la direction aime à se prévaloir ne peut pas aller sans ce genre de petits accrocs), je suis en revanche bien plus enclin à sortir le gourdin lorsque les dérives que l’on pointe n’ont plus rien à voir avec le soutien à l’OM. En l’occurrence, il s’agissait de bagarres entre membres de groupes, assaisonnées si j’ai bien compris de quelques mandales aux stadiers. Si la sanction collective, acceptée en des termes inhabituellement compréhensifs par les South Winners, peut permettre la prise de conscience du caractère toxique de tels événements, elle ne sera pas totalement dénuée de raison d’être. Bref, on en rediscutera entre autres sujets dans l’émission citée ci-dessus, et dans l’immédiat, tout ce que l’on peut affirmer sans réserve c’est…

#FermeTagueuleStéphaneGuy : Le match d’hier soir a démontré une fois encore que ce commentateur médiocre ferait mieux de s’appliquer à ne pas confondre Germain et Abdennour, plutôt que de se hasarder dans ses envolées moralisatrices dont la hauteur d’esprit ne dépasse pas l’anus du roquet qui s’oublie sur un parterre à la Cadenelle. A une heure de grande écoute, ce petit monsieur s’est permis d’évoquer les 6000 punis du virage Sud comme 6000 fauteurs de troubles, des hordes ayant déjà fait parler leur soif de violence à l’occasion d’un OM-PSG avant lequel, à l’écouter, on se serait cru à Raqqa plutôt que dans les rues de Marseille. Et de récidiver dans ses émois de mémère quand les Yankees craquent des fumigènes comme autant de bougies d’anniversaire. Ah, ça, pas de danger de voir Guy-le-preux s’indigner quand un parcage lyonnais arbore le bleu-blanc-rouge et la Marseillaise pour mieux souligner qu’ils nous prennent pour des bougnoules, ça non, ce sont des gens propres et bien coiffés. Non, Stéphane Guy, lui, est du genre à se fâcher quand il entend des gens dire « pute », même quand il n’est pas certain que l’on parle de sa mère. Frères olympiens, nous n’avons pas fini de nous écharper sur ce que devraient être de bonnes relations entre un club et ses supporters, mais rassemblons-nous au moins autour de nos certitudes : Stéphane Guy est un imbécile.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Georges Cloonesque. remporte le concours zoologique. Didier A. obtient le prix du jury pour son « Jonathan Arapaima Bamba » (« pourquoi », me direz-vous ? eh bien c’est simple : parce que Arapaima la Bamba, se necesita una poca de gracia).

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

12 commentaires

  1. Ecoutez, j’ai beau ne pas être Stéphanois, je ne peux m’empêcher d’être outré par ce que vous avancez concernant Wauquiez. Et vous en assumerez les conséquences mon cher camélidé.

  2. Stéphane Guy, cette verrue plantaire. Sinon j’ai eu peur qu’Erzulie ne fléchisse totalement, mais heureusement Zambo est arrivé. Ils sont forts ces vaudous.

  3. Je m’étonne que vous n’ayez pas évoqué la date du 10/08/1979. Ce genre de commémorations serait-il uniquement l’apanage des Bordelais ?

    Amitiés.

  4. Combien de temps faudra-t-il à Pierre Menès avant qu’il se mette à parler de Sarr en équipe de France? Sinon la Luiz, quel morceau!

  5. Et voilà, parmi les joueurs stéphanois, vous avez notamment rendu un Bamba triste.

  6. De toute façon les noms de famille qui sont des prénoms doivent derechef éveiller notre méfiance : Émile Louis, Guy George, Frédéric François… Stéphane Guy n’en est que l’appendice footbanalistique.

  7. Oh putain… Wauquiez est né à LYON !! PAS A SAINTE !

    Avec le raccourci sur le quotidien sinistre (le CFC a fait le même, je dis ça comme ça. Faut renouveler un peu les blagues), c’est la goutte de verveine qui fait déborder le vomi.

    Bref, on est mal quand même.

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