OM-Salzburg (0-0), La Canebière académie retient l’ennui

Le calembour intitulant cet article aura sans doute été écrit 186 fois ce matin au sujet de ce match. Mais comme ma Môman se moque des 185 autres articles, je n’ai aucune honte à le maintenir. Bisous, Môman.

Aïoli les sapiens,

Et comment inaugurer cette académie autrement que par un hommage à ce monument de culture populaire dont les tubes ont ému toute une génération, je veux bien sûr parler d’August Ames… de Johnny, pardon. Musique.

 

L’équipe

Mandanda

Sarr – Rami – Rolando – Sakai

Luiz Gustavo – Zambo Anguissa

Lopez – Sanson (Payet, 68e) – Ocampos

Njie (Germain, 76e)

 

En l’absence d’Amavi, Garcia se refuse à titulariser le néo-pro Rocchia et bricole : Sakai passe à gauche et Sarr refait son apparition en latéral droit. Thauvin, légèrement blessé, est ménagé par précaution tandis que Njie retrouve sa chance en pointe. A noter qu’Ocampos et Lopez échangent leur place au cours de la seconde mi-temps.

 

Le match

L’enjeu de ce match est clair : si l’OM perd tandis que Konyasport gagne à Guimaraes, nous serons éliminés, tandis que tout autre résultat nous qualifiera. L’OM s’emploie dès lors à faire parler son talent pour mettre rapidement à bas toute incertitude et étouffe logiquement son adversaire dès les premières minutes.

Bien sûr, si vous êtes des suiveurs assidus de l’OM en Ligue Europa, vous savez déjà qu’il ne faut rien croire de la phrase précédente. C’était un test. Non, évidemment, l’OM entre dans le match comme Philip dans Elizabeth, c’est-à-dire sans enlever ses pantoufles.

Salzburg, déjà assuré de la première place, place quelques banderilles par politesse avant d’obligeamment laisser le ballon à l’OM pour qu’il le convertisse en son purin habituel. Des tirs rien moins que cadrés et une pelletée de passes peu déterminées à arriver à bon port parsèment ces 45 minutes.

Nos rivaux Turcs ayant ouvert le score au Portugal, nous savons dès le quart d’heure de jeu qu’une défaite nous serait fatale. L’OM fait mine de se préoccuper de la situation au retour des vestiaires, marqué par une jolie volée après rebond de Lopez après un service de Sanson : un bel arrêt du gardien nous prive d’une sérénité précoce. Plus haut, plus puissants, les Olympiens se mettent à nettement dominer, allant même jusqu’à produire une action collective (une-deux Zambo-Ocampos, transmission de Sanson à Sarr qui tire sur le gardien en angle fermé ; s’agissant du seul mouvement construit de la rencontre, il méritait bien une description exhaustive).

Songeant sans doute, dans une regrettable confusion entre la Ligue Europa et Questions pour un champion, que l’accomplissement de quatre passes à la suite leur garantit la qualification au tour suivant, nos joueurs tirent alors le rideau. Le ballon ne sort plus de notre défense, si ce n’est à grands coups de tatane aléatoirement déviés pour dégun. Sans être beaucoup plus agréable à regarder, Salzburg se contente d’avoir un jeu cohérent pour laisser planer à chaque instant la menace d’un Phocéexit prématuré.

L’espoir naît d’un festival de Sarr en pleine surface, qui eût été magnifique si seulement Bouna avait songé à un moment de s’arrêter de dribbler pour faire quelque chose de son ballon. Un auto-double-contact d’Ocampos donne leur content d’humour aux spectateurs, déjà hilares d’avoir gâché une soirée pour cette purge, avant que la libération ne survienne : au Portugal, Konyasport nous fait une nouvelle fois l’honneur d’un but contre-son-camp pour se faire égaliser et nous laisser donc un peu plus de marge.

Si le spectacle sur le terrain ne change guère, notre slipomètre se calme immédiatement, et c’est d’un œil morne que nous voyons Germain entrer et se procurer une belle occasion. Salzburg se voit tout de même à deux doigts de rendre la soirée un peu plus piquante, par un tir que Sarr dévie in extremis. Les quatre minutes additionnelles confirment qu’aucun des vingt-deux protagonistes n’en a plus rien à foutre de quoi que ce soit, et surtout pas du football.

Il ne nous resterait ainsi qu’à nous satisfaire de la qualification, mais satisfaction il n’y a point : le passage en 1/16e était le minimum requis : rien dans cette phase de poule – format au demeurant très dispensable – ne nous aura procuré quelque émotion, plaisir ou attrait pour le jeu. Rudigarciesque en diable, l’OM a fait le minimum pour obtenir le minimum, et doit donc s’attendre à en recevoir une reconnaissance minimale. Sans même parler de qualification, il est impératif que l’affiche des 1/16e de finale voie l’OM nous offrir une tension, un combat, une ambition dignes de notre histoire européenne ; sans cela, ce triste automne n’aura servi à rien du tout, si ce n’est alourdir notre calendrier et nous alléger de Patrice Evra.

 

Les joueurs

Mandanda (3-/5) : Un match somme toute assez tranquille, si ce n’est que quelques relances slipométriques (parfois provoquées par les passes anales des copains).

Rami (3+/5) : Un match volontaire et autoritaire, précieux et sûr à quelques exceptions près. Si l’on n’avait pas pris de notes pour constater que lesdites exceptions n’ont malheureusement pas été si exceptionnelles que cela, on aurait presque pu parler « d’un match de patron ».

Rolando (3-/5) : Toujours présent sur l’homme, certes parfois au prix de retours à l’arrache. Une excellente qualité de relance, à condition de croire que notre attaquant de pointe était la tour France 3.

Sarr (3+/5) : Sobre et appliqué défensivement, et d’ailleurs auteur d’un sauvetage décisif, Bouna a retrouvé toute sa lucidité de chiot husky sous speed à l’approche de la surface adverse.

Sakai (3/5) : Propulsé inhabituel latéral gauche, et paraît-il engueulé parce qu’il ne prenait pas assez son couloir offensivement. Pour lui mettre autant de contraintes, soit Rudi Garcia a perdu sa mère à Pearl Harbour et il se venge, soit c’est un jeu érotique et on va finir par voir Hiroki suspendu avec des cordes en chanvre dans le hall de la Commanderie.

Luiz Gustavo (3/5) : Un léger coup de mou, peut-être dû à l’énergie requise pour réfréner l’envie d’emplâtrer un ou deux Autrichiens qui l’asticotaient. Malgré tout, il demeure de loin l’homme le plus classe du stade.

Zambo Anguissa (3-/5) : Dynamiteur de bloc sur ses récupérations et ses charges de gnou à la Imbula, dynamiteur de slips sur ses pertes de balle, dynamiteur de l’esthétique sur ses dribbles (souvent réussis pourtant). André-Frank est un mystère chaque jour plus insondable.

Lopez (1+/5) : S’est amusé en début de seconde période, mais pas trop longtemps, il y avait école le lendemain.

Sanson (2-/5) : Chef d’orchestre manchot pour trompettes asthmatiques.

Payet (68e) : Une entrée trop tardive pour convaincre le jury de lui maintenir sa 17e place au Ballon d’or.

Ocampos (1/5) : A réussi à ne pas recevoir de carton rouge alors que tout semblait concorder à ce qu’il dérape. Du n’importe quoi, oui, mais licite.

Njie (1+/5) : A la différence d’Ocampos, on voit qu’il tente de réfléchir. Dans ces moments, il est d’ailleurs encore pire que lorsqu’il joue à l’instinct.  

Germain (76e) : Caramba, encore raté. Mais c’est pas passé loin.

 

Les joueurs de l’OM n’ont pas manqué de célébrer la qualification avec leur public.

 

L’invité zoologique : Poule Miranda

Une bête volaille morte conviendra bien à cette équipe sans âme d’autant que pour les coupes d’Europe, si j’ai bien compris, la marque au taureau ne peut pas figurer au nom du club pour de sombres raisons réglementaires. Voici donc, prête à remplacer le taureau au pied levé, la Raide Poule de Salzburg.

– Les autres : Pas plus beaux que nous, mais au moins font-ils mine de savoir quoi faire du ballon. Nous avons apprécié leur attention consistant à tirer les corners aussi mal que nous.

– Le classement : Deux victoires, deux nuls et deux défaites ponctuent ce parcours dans un groupe remarquable notamment par son niveau de branques. « Le sportif intelligent évite l’effort inutile », comme on dit.

– La suite : Le tirage au sort nous désignera lundi un adversaire parmi : Arsenal, Red Bull (eux on peut) Leipzig, Bilbao, Villarreal, Atlético de Madrid, Atalanta Bergame, AC Milan, Lazio, CSKA Moscou, Zenit Saint-Petersbourg, Lokomotiv Moscou, Sporting Braga, Sporting du Portugal, Viktoria Plzen, Dinamo Kiev. Contrairement à ce que nous écrivions au match précédent, pas de regret de ne pas avoir fini premiers, vu notre niveau l’adversité aurait paru aussi forte.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Didier A. remporte le concours zoologique.

 

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 commentaires

  1. c’est le contraire non ?Leipzig on ne peut pas d’où ils s’appelent RB et Salzbourg on peut..sinon j’ai rien compris à ta blague (comme Rudi au foot

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