OM-Strasbourg (2-0), La Canebière académie prend de l’élan

Aïoli les sapiens,

La plaine avant les Alpes, les olives avant la daube, les délégués de classe avant la mairie de Marseille, bref, l’abordable avant le dantesque : au sortir de la trêve internationale, et accessoirement d’une série de quatre matchs sans victoire, l’OM avait tout intérêt à acquérir les trois points contre de faibles Strasbourgeois, avant un enchaînement Paris-Lille-Lyon propre à faire revisiter tous les camaïeux de marron aux artistes en peinture sur slip.


L’équipe

Mandanda
Sarr – Kamara – Caleta-Car – Sakai
Lopez (Amavi, 86e) – Strootman – Rongier
Germain (Aké, 75e) – Benedetto – Radonjic (Khaoui, 66e)

Kamara retrouve sa place en défense après avoir purgé sa suspension. Amavi conserve sa place sur le banc après avoir purgé l’entraîneur de sa patience. Sanson est suspendu pour accumulation de cartons jaunes, tandis que Payet continue de purger sa punition pour avoir traité naguère Amaury Delerue de fils de pute d’enculé de sa race, ou un terme approchant. Thauvin étant lui-même, rappelons-le, indisponible jusqu’en janvier, le bricolage s’organise autour de l’inamovible Benedetto.


Le match

À peine le temps de saloper les tifos par un spectacle son et lumières destiné aux quelques mongoliens qui se seraient égarés au Vélodrome en croyant se rendre au Puy du Fou, que l’OM pose sa patte sur la rencontre. Un Strasbourgeois distrait descend Radonjic à l’angle de la surface au lieu de le laisser réussir son dribble et perdre la balle un peu plus loin. Benedetto tente un tir direct qui, dévié par le mini-mur, parvient à Strootman côté opposé. Kevin donne en retrait à Kamara, dont le tir sans contrôle est dévié par un défenseur hors de portée du gardien (1-0, 3e).

Malgré quelques flottements défensifs comme autant de rappels de ne pas détendre nos sphincters trop vite, l’OM joue plutôt bien, ou en tout cas de manière volontaire et cohérente. Chacun semble savoir ce qu’il a à faire, et nos joueurs se montrent attachés se rendre disponibles et jouer vers l’avant autant que possible. C’est ainsi qu’une percée de Caleta-Car est relayée par une subtile talonnade de Radonjic, qui envoie Duje seul en pleine surface. Un petit pas pour la réconciliation serbo-croate, mais aucun bond pour notre avantage au score puisque la lourde de notre défenseur fracasse le poteau strasbourgeois.


L’OM progresse par à-coups, alternant de longs moments de possession laissée aux Alsaciens avec des projections soudaines aux avant-postes. La tactique se défend mais présente deux inconvénients majeurs : notre marge de sécurité défensive est si faible qu’elle aurait pu être certifiée par Boeing, et nous nous privons d’accroître notre avance par quelques occasions rageantes peu avant la mi-temps. C’est tout d’abord Maxime Lopez qui, servi dans la surface par une transversale orgasmique de Benedetto, tergiverse et adresse un centre que le gardien avait anticipé une main dans le slip. C’est ensuite et surtout Bouna Sarr qui, au sortir d’un corner défensif, se refuse à lancer nos deux attaquants partis plein axe dans une défense béante. Finalement, au bout d’une demi-heure de réflexion, Bouna se décide enfin à passer la balle à Benedetto ; encore énervé de ne pas avoir été sollicité plus tôt, l’Argentin achève de saloper une position pourtant pas si dégueulasse, en adressant un tir piteux facilement bloqué.

À l’image des rugbymen français, le matin même, l’OM se montre attrayant, mais manque trop de constance et de sérénité pour inspirer une confiance absolue (pour parfaire la comparaison, Hiroki Sakai y est même allé de son coup de coude à la tempe d’un Strasbourgeois, bien involontairement ceci dit).


L’OM prend d’assaut la surface adverse dès la reprise. Pas en reste, Strasbourg réplique par quelques actions mal conclues mais néanmoins inquiétantes. Plus inspiré qu’à l’accoutumée, du moins quand il pense à lâcher le ballon, Radonjic est à deux doigts d’inscrire le second but, mais sa volée à la tombée d’un centre de Germain finit sur la barre.

Il est à ce moment-là 4h du matin en Chine. Chacun semble alors se dire que là-bas, même le plus intégriste aficionado de notre championnat est couché, et que la Ligue 1 n’a donc plus lieu de se faire chier à afficher un niveau propre à émerveiller l’Oriental. L’OM laisse donc de nouveau le ballon aux Strasbourgeois, d’une manière trop timorée pour sembler volontaire. De leur côté, si la crainte d’une égalisation est bien réelle, elle se fonde moins sur la menace réelle posée par les Alsaciens que par la capacité de nos défenseurs à produire une connerie fatale à tout moment.

Notre nouvel entrant Khaoui adresse un joli tir à côté, quelques moments de stress surviennent dans les deux surfaces, et la rencontre s’achemine enfin vers le temps additionnel. L’OM a la bonne idée de passer ces 4 minutes supplémentaires dans le camp adverse, une saine attitude sans doute facilitée par cette entrée de Jordan Amavi en forme de message : « par pitié, jouez loin de notre but ». Pressés par le temps, les Strasbourgeois usent d’expédients pour récupérer la balle, tel ce défenseur qui démantibule le jeune Marley Aké qui venait de lui chiper le ballon pour partir seul au but. Puis Bouna Sarr se trouve de nouveau en possession du ballon à la sortie d’un corner défensif. Il s’octroie encore une demi-heure de réflexion pour savoir si l’attitude de Dario Benedetto, qui court vers le but avec un gyrophare sur la tête et une pancarte où clignote en lettres de néon « fais-moi la passe bordel », constitue ce que l’on nomme un appel de balle. Le pire reste toutefois la défense strasbourgeoise, infoutue de mettre l’Argentin hors-jeu lors de cet intervalle interminable. Au terme de cette action la plus dégeulassement synchronisée de l’histoire du championnat, Dario part au but et mystifie Simakan d’un dribble didierdrogbesque derrière la jambe d’appui, avant de se trouver admirablement déboîté par le bourrin en question. S’ensuit donc un pénalty, que Strootman transforme d’un contre-pied sans aucune espèce d’émotion (2-0, 95e).

Notre équipe n’est pas terrible, mais du moins ressemble-t-elle à une équipe. C’est un progrès que l’on apprécie, quoique peut-être insuffisant au vu des échéances prochaines.


Les joueurs

Mandanda (3/5) : Nourri de son expérience en buts encaissés à la con, Steve a passé son temps à attendre l’erreur défensive abominable qui anéantirait tout. Finalement, chacun a pu se rendre compte que face aux attaquants de Strasbourg, la seule chose que nous avions à craindre, c’était la peur elle-même.

Sarr (3+/5) : Des retours défensifs salvateurs, une activité de tous les instants, un nombre de centres au septième poteau relativement restreint… oui, il est temps de dire « je crois en Bouna Sarr ». Je veux dire, si on tient absolument à prononcer cette phrase, c’est maintenant qu’il faut le faire. Avec le mois de novembre qu’on s’apprête à passer, ensuite il sera peut-être trop tard.

Kamara (4/5) : Une reprise victorieuse pleine de grosse chatte spontanéitéqui nous évite bien des complications, et une grande sûreté derrière. Indispensable en défense, espérons qu’il s’expose moins aux suspensions par la suite tant celle qui vient de s’écouler s’est avérée préjudiciable. Dans cette perspective, nous avons apprécié qu’il se comporte en joueur-modèle, en s’abstenant par exemple de crier en face des caméras « Amaury Delerue, ce but il est dans le cul de ta grosse daronne syphilitique », ce qui aurait représenté un manquement inadmissible à la discipline.

Caleta-Car (3/5) : Je connais des gens qui n’ont aucun problème à faire des sauts à l’élastique de 40 mètres, mais qui vivent des crises d’angoisse à l’idée de remplir leur fiche d’inscription à la bibliothèque. Eh bien Duje c’est pareil : dès qu’un attaquant de Strasbourg se pointe on a l’impression qu’il respire dans un sac en papier pour ne pas s’évanouir, et pourtant il n’a pas peur de tenter des une-deux avec Radonjic.

Sakai (3-/5) : C’est dans ces moments qu’Hiroki regrette peut-être d’avoir choisi football plutôt que médecine. Encore que non, finalement, vu l’état de nos hôpitaux il lui arriverait peut-être la même chose :
« Hiroki, on t’a programmé sur la reconstruction faciale de Mme Flumette, demain, le chirurgien qu’on avait prévu a dû partir en désintox.
– Mais je suis proctologue, moi !
– T’es médecin, non ? Bon, ben ça ira, t’auras qu’à lui coudre des anus à la place des narines. C’est ça ou on n’aura personne de toute façon. »

Strootman (3+/5) : Il a bien retenu le B-A-BA de toute dissertation : l’important c’est de soigner l’introduction et la conclusion, ce qu’il y a au milieu, même si c’est balourd on s’en branle.

Rongier (3+/5) : Sans doute pas parfait, mais en tout cas c’est reposant d’avoir affaire à un milieu de terrain qui semble savoir ce qu’il a à faire au lieu de foncer partout en criant « AAAAAAAAH ».

Lopez (3+/5) : Partout, toujours juste, toujours vers l’avant, et malheureusement toujours rincé avant l’heure de jeu.

Amavi (86e) :André Villas-Boas l’a convoqué à côté de lui sur la touche pendant de longues minutes, vêtu de sa très voyante chasuble rose comme pour dire à tous les Olympiens sur la pelouse : « Eh oh ! Regardez-le, je vais le faire entrer ! Si si, je vais le faire, si vous ne marquez pas le deuxième but je vais le faire entrer ! » Bon, l’inconvénient de cette astuce de motivation, c’est qu’il a bien été obligé de le faire entrer, au bout d’un moment.

Germain (3-/5) : «Ah, Valère,faut que tu fasses l’ablation du testicule de M. Blipon, demain, le chirurgien a eu un accident de trottinette.
– Mais je suis ophtalmo !
– Qu’est-ce que tu veux que je te dise, on n’a personne d’autre. T’es bien médecin, non ? Si tu veux t’auras qu’à lui mettre un œil de verre. »

Aké (75e) : A pu mesurer tout ce qu’impliquait le port du noble maillot olympien (en l’occurrence, que se faire défoncer en partant seul au but ne valait qu’un carton jaune, chez nous).

Radonjic (3/5) : Chaque touche de balle semble lui fumer une centaine de neurones. Mais lorsqu’il lâche le ballon suffisamment tôt pour ne pas avoir atteint le QI de Christophe Castaner un soir de cuite, ce garçon sait faire des choses intéressantes.

Khaoui (66e, 3/5) : Pas entré dans notre meilleure periode, une prestation tout à fait passable cependant.

Benedetto (3+/5) : Décisif en obtenant le pénalty de la 95e minute. Avant cela, une prestation de classe, alliant le mordant dans les couilles des défenseurs adverses aux services grand luxe adressés aux coéquipiers. L’honnêteté commande cependant de préciser qu’il ne fut pas le dernier pour ce qui est de saloper des situations de tir.


L’invité zoologique : Ludovic Age-orque

Noble prédateur, l’orque sauvage tape à l’œil des propriétaires de zoo par l’élégance de sa livrée et son port altier, tout ça pour, une fois mis dans son bassin, devenir un obèse dépressif à l’aileron flapi et aux illusions perdues. Il s’agit donc de l’invité zoologique approprié pour narrer ce match contre une équipe extraite pour plaire au public de ses eaux naturelles de la ligue 2, où elle sera rejetée sans ménagement une fois usée jusqu’à la moelle.

– Les autres : Un beau profil de relégable. Sans m’avancer, je crains que même le dix-septième du championnat, que nous rencontrons bientôt, sera un adversaire bien plus coriace que celui-ci.

– Le classement : Tous nos concurrents ont perdu des points ce qui, dans ce championnat excessivement resserré, nous fait passer en une soirée de la dixième à la quatrième position.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Anthony Ch. gagne le concours zoologique avec une proposition peu innovante au-delà du raisonnable, mais qu’il a su placer avec efficacité.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

8 commentaires

  1. On a presque l’impression que Camelus est triste quand l’OM gagne :-)

  2. Très belle Acad’, qui enfonce les points sur les i (d’Amavi notamment), comme on aimerait les enfoncer en Piètre Ménès l’infâme…
    Le Puy du Fou et Boeing m’ont achevé !

  3. Magnifique. Quel talent pour imager la super-substantifique moelle des actions olympiennes. Sarr et son rythme cérébral n’ont jamais été aussi bien sketché. Bravo Blaah

  4. LA meilleure acad que j’ai vu depuis longtemps, Jerry du début à la fin.
    La bise

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