OM-Toulouse (2-0), La Canebière académie déroule

 Optimistes, on ne sait pas. Satisfait d’une victoire enfin facile, en revanche ça, oui.

Aïoli les sapiens,

Nous avons quitté Amiens avec un incendie éteint pour un temps, par la grâce d’une victoire solide à défaut d’être totalement convaincante. Prenant acte de la bonne volonté de Rudi Garcia quant à l’amélioration de son équipe et la mise à l’écart des boulets, les plus optimistes se résignent à voir notre OM vivoter de ses pénibles gains. Après tout, si Elie Baup est parvenu à nous hisser à la fois au sommet du classement et de l’ennui, pourquoi Rudi ne serait-il pas capable de nous faire ainsi patienter jusqu’à l’arrivée d’un profil plus flamboyant ? Seules les premières rencontres contre des rivaux directs pourront nous en dire plus à ce sujet.

Dans l’attente, cette réception de Toulouse entre dans cette catégorie de matchs dont l’on n’attend à priori pas grand-chose, si ce n’est trois points. Tout le reste ne pourrait être bonus aussi heureux que surprenant.

 

L’équipe

Mandanda

Sakai  – Rami – Rolando  – Amavi

Luiz Gustavo – Zambo Anguissa

Thauvin (Sari, 92e) – Payet – Ocampos (Sarr, 76e)

Njie (Germain, 69e)

 

A l’exception d’une légère fasciite nécrosante au mollet droit compliquée d’une petite intoxication botulique, Mitroglou va plutôt bien et ne devrait pas tarder à être opérationnel, promis-juré. Evra, lui, est écarté du groupe, le temps de soigner un pépin physique, une bête déchirure de l’égo à l’adducteur gauche. Sanson est suspendu et Abdennour toujours aux soins mais, sorti de ça, tout le monde est sur le pont. Mandanda revient et Sari en profite pour faire sa première apparition dans le groupe. A l’exception de notre gardien, les titulaires du match précédent sont reconduits, y compris Njie dont le doublé contre Amiens lui vaut de supplanter encore Valère Germain pour ce soir.

 

Le match

Chacun sait qu’un pressing haut est le meilleur moyen de nous mettre en difficulté, en coupant la relation entre premiers relanceurs et joueurs offensifs. Tout le monde le sait mais Dupraz-la-Science, plus malin que tout le monde, choisit plutôt de quadriller son propre camp en nous laissant la maîtrise de la balle. Sur le plan du bétonnage, les résultats de cette stratégie n’ont rien à envier à ceux des cimenteries Lafarge, du moins leur filière syrienne : non seulement les Toulousains ne proposent rien, mais de surcroît leur défense se fissure plus vite qu’un anus de novice à la biennale du fist. Sans nous montrer géniaux, nous proposons un jeu fluide ponctué d’occasions régulières. Des centres manqués de justesse, des sorties efficaces du gardien toulousain, préservent la virginité du score. Néanmoins, avec un tel repli, nos adversaires s’exposent à un coup du sort ; celui-ci survient à la demi-heure. Ocampos lance Thauvin, qui se met en tête de dribbler deux défenseurs dans la surface. Il y échoue, mais le ballon dévié par Jean remet en jeu Lucas dans les six-mètres. Au terme d’un beau cafouillage, Florian récupère et allume Lafont de près. L’arbitre valide le but, tandis que les rares acharnés à vérifier l’absence de hors-jeu au cours de cette action imbitable sont à l’heure actuelle encore en train de saigner des yeux devant les ralentis (1-0, 33e).

Nous atteignons la pause nantis de ce maigre avantage, insuffisant au vu de notre domination. On imagine une seconde période autrement plus accrochée, suite à l’inévitable discours galvanisant de Pascal Dupraz dans les vestiaires. Dès la reprise, il apparaît toutefois que l’entraîneur toulousain n’a galvanisé que dalle, comme en témoigne le sombrero infligé à un violet par Zambo Anguissa après 22 secondes de jeu. Seul joueur un tant soit peu concerné, Durmaz fait des misères à notre milieu par un raid solitaire s’achevant par une faute d’André-Frank. Au bilan, un coup-franc dangereux concédé mais la principale menace adverse mise hors-circuit, ce qui représente un compromis honnête. Passée la légère frayeur consécutive au dit coup-franc, dévié de peu à côté, l’OM réinstalle sa maîtrise. A l’heure de jeu, un corner de Payet, manqué au premier poteau par Luiz Gustavo, atterrit sur la hanche de Lucas Ocampos qui n’en demandait pas tant (2-0, 61e).

Un face à face expédié en tribune par Njie puis une magnifique sortie de Mandanda à bout portant animent les minutes suivantes, avant que l’absence de révolte toulousaine ne fasse sombrer ce match dans un ennui pas désagréable. Un dernier joli arrêt de Lafont devant Germain met un terme à cette victoire sans accroc, en forme de match de préparation avant des échéances bien plus ardues.

 

Les joueurs

Mandanda (4+/5) : Un seul ballon chaud à négocier, mais de quelle manière ! Non Môssieur Pelé, vous n’avez pas le monopole des clineshiteus.

Rami (4-/5) : Coupe une multitude d’actions toulousaines une main dans le slip MAIS son abus de facilité l’a conduit à perdre des ballons d’une manière aussi bête que dangereuse. Le même genre de fantaisie contre Nice ou Paris pourrait légèrement dégrader ma jovialité actuelle.

Rolando (4/5) : Les attaquants toulousains sont aux attaquants ce que le vaccin contre la grippe est à la grippe. Rolando nous a phagocyté tout ça en deux temps trois mouvements, espérant en tirer confiance pour les batailles ultérieures.

Sakai (4-/5) : Encore aux avant-postes à la 90e pour donner une passe presque-décisive à Germain. C’est donc vrai, que ces gens-là ne se reposent jamais.

Amavi (3+/5) : Une prise de contrôle soudaine du côté gauche marseillais, comme Mélenchon mais avec un peu plus de perspectives d’avenir.

Luiz Gustavo (3+/5) : A l’exception d’une séance de samba infligée par Durmaz, un match solide marqué par une volonté constante d’aller de l’avant. Reste hélas cet énième tiers-de-sertic reçu après 20 minutes (rappelons aux nouveaux lecteurs que les cartons de Luiz Gustavo sont désormais comptabilisés en tiers-de-sertics, afin de mieux matérialiser la nature exacte de la sanction que ses suspensions font peser sur l’équipe).

Zambo Anguissa (4-/5) : A regardé Imbula dans les yeux, a aspiré son âme, l’a recrachée en rayons de lumière sur tout le milieu de terrain. Visiblement, la déesse Erzulie l’a fait passer en classe supérieure à l’école du vaudou.

Thauvin (4-/5) : Réussit à force de persévérance et de combativité, malgré des pertes de balle toujours aussi exaspérantes. L’important est qu’il ne considère pas son but chanceux comme une autorisation de tenter encore plus de dribbles à un contre trois.

Sari (92e) : Bienvenue parmi nous.

Payet (4-/5) : Le filet d’huile sur les pâtes, le lubrifiant dans le moteur, la sécrétion sur les muqueuses, bref, Dimitri est l’élément indispensable pour faire en sorte que tout glisse comme il faut. Seul bémol encore, cette appétence pour les duels défensifs qui n’a d’égale que celle des tennismen français pour l’impôt.

Ocampos (4+/5) : A force de se battre jusqu’à épuisement pour gratter des ballons dans toutes les positions, Lucas a été récompensé d’un truc ressemblant à une passe décisive, et d’un autre truc ressemblant à un but. Moche, mais mérité.

Sarr (76e) : Bien dans le ton.

Njie (2-/5) : Le revers de notre nette domination, c’est que Clinton Njie a disposé de temps pour tirer au but. En bon joueur d’instinct, il a donc logiquement fondu les fusibles et fait n’importe quoi devant les multiples solutions qui s’offraient à lui.

Germain (69e) : Entré au moment où le rythme ralentissait, il a dû attendre le temps additionnel pour se procurer une grosse occasion, toujours sans réussite hélas.

 

L’invité zoologique : Pascal Dupraresseux

Ne rien foutre en attendant que le temps passe, tel est le projet de vie du paresseux, et tel semblait être celui de l’entraîneur toulousain hier soir. Nous avons donc décroché l’aï de sa branche pour nous livrer ses observations sur ce match.

– Les autres : Nuls techniquement, nuls tactiquement, nuls dans les duels, seuls Durmaz et Lafont sont à sauver de cette faillite. Pour trouver un naufrage équivalent à celui de Pascal Dupraz hier soir, il nous faut remonter au débat présidentiel de Marine Le Pen en mai dernier, ce qui n’étonnera finalement personne. A moins que le but ne soit de précipiter les Toulousains au fond du classement pour mieux les motiver et les sauver de la relégation au printemps, le projet de cette équipe est incompréhensible. Bref, vous l’aurez compris, les notes olympienne détaillées ci-dessus sont à relativiser au regard de l’inanité de l’opposition et j’arrête de parler d’eux sinon je vais vomir.

– Le classement : Nous progressons à la cinquième place, avant de passer au révélateur niçois dimanche prochain.

– Le boss : On entend depuis hier des nouvelles peu réjouissantes de l’état de santé de Bernard Tapie. Ce qu’il a apporté à l’OM, le tort qu’il lui a causé, tout ceci est une autre affaire ; la seule chose que je sais, c’est que la famille sait se serrer les coudes dans l’épreuve. Courage à toi, vieille canaille.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Homerc remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

5 commentaires

  1. Excellent compte rendu.
    Pas un mot de l’agression sur Zambo à la 84ème, qui voit l’arbitre sanctionner Zambo d’un jaune ?

  2. Merci!

    J’aurais ressorti un autre joueur toulousain du lot en outre de Lafont et Durmaz: Somalia. (Désolé si j’écorche).

    Sinon, je bande encore sur Payet. Ce mec a la classe. Il revient en jambes, en confiance, dans l’axe… Fichtre, j’ai encore mouillé mon string.

  3. Je tiens à Mea culper… Sur Sertic, tu as eu raison. Même en très fin de banc, il ne sert à rien

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