OM-Troyes (3-1), La Canebière académie ne gâche pas les fêtes

Noël, Noël, on en fait tout un foin de Noël. S’il s’agissait réellement de fêter le véritable Sauveur, on réveillonnerait avant chaque match de Luiz Gustavo.

Aïoli les sapiens,

Pour mieux évacuer la déception lyonnaise, la réception de Troyes nous offrait la possibilité idéale d’aborder les fêtes l’esprit serein et la hotte garnie de trois points faciles.

 

L’équipe

Mandanda

Sarr (Sakai, 57e) – Rami – Rolando – Amavi

Lopez (Zambo Anguissa, 72e) – Luiz Gustavo

Thauvin (Ocampos 80e) – Payet – Sanson

Germain

 

L’équipe « joueuse » est préférée à l’équipe « prudente », c’est-à-dire que Sarr se trouve titulaire à l’arrière-droit tandis que Lopez est aligné à la place de Zambo Anguissa. Devant, que du classique à première vue, même si le déroulement du match nuance la composition ci-dessus : Payet et Sanson se sont avérés très libres, le second jouant parfois comme un second attaquant, surtout en première période.

 

Le match

Un round d’observation, des préliminaires de porno soft, la première des huit heures d’un conseil municipal marseillais… appelez ça comme vous voulez, mais le premier quart d’heure ronronne, entre timides escarmouches troyennes et maladresses olympiennes. Ce sont les Aubois qui secouent tout cela par une subite accélération dans l’axe. L’action se termine par un tir lointain de Pelé : Mandanda montre un temps de réaction équivalent à celui du parquet financier pour poursuivre les fraudes fiscales du PSG, et laisse la balle entrer au beau milieu du but (0-1, 14e).

L’OM profite de la secousse pour se mettre à dominer plus nettement, mais le jeu se montre toujours laborieux et alourdi par un déchet considérable. Au milieu des pertes de balle et des centres vomitifs, le spectateur ne se nourrit guère que d’une frappe de Luiz Gustavo et de quelques passes bien senties de Payet.

A force de posséder la balle cependant, l’OM se décide à en faire quelque chose de correct, et c’est ainsi qu’après de multiples échanges Thauvin adresse une longue balle en direction de Sanson, posté à la limite de la surface. Morgan exécute une habile remise pour Payet qui, lancé, s’infiltre et adresse dans la lucarne un extérieur du pied délicieux comme le rougail saucisse de Mamie, dont il se resservira huit fois comme à toutes les vacances de Noël (1-1, 31e).

L’OM a surmonté la contrariété du début de match, mais achève la mi-temps comme si la victoire s’apprêtait à lui tomber toute seule dans les bras. Si les corners (rarement bien joués) s’accumulent, si Thauvin et Luiz Gustavo adressent quelques tirs plus ou moins menaçants, la pause n’en survient pas moins sur cette impression de laisser-aller.

Le sentiment ne se dissipe pas au retour des vestiaires, bien au contraire. L’OM n’est pas mis en danger mais pédale sévèrement dans la semoule, ce qui nous amène directement à l’heure de jeu. Payet adresse un corner vicieux que le gardien est tout près de convertir en but contre son camp, mais la réussite nous fuit toujours. Luiz Gustavo décide alors que l’on ne va pas y passer la nuit, demande à tous nos attaquants de sortir leur carnet de notes, et entreprend de leur montrer une bonne fois pour toutes comment on fait : appel dans la profondeur, réception de la passe d’Amavi, enchaînement avec une frappe croisée, but. Puis il s’en retourne au milieu de terrain non sans avoir marmonné quelque chose comme « ‘pourtant pas compliqué, bordel » (2-1, 66e).

La difficulté à acquérir cet avantage induit chez notre entraîneur l’une de ces rétractations testiculaires que l’on croyait pourtant appartenir au passé. Zambo Anguissa remplace ainsi un Lopez pourtant dans le coup, puis, sans y voir de lien de cause à effet, Troyes se met à allumer le slipomètre plus souvent que de raison. Suk force ainsi Mandanda à claquer sa tête sur la barre transversale (je veux dire par là qu’il dévie son tir de la tête, pas qu’il lui casse la gueule sur son montant), avant de manquer le but grand ouvert sur le rebond qui s’ensuit. Contre toute attente, l’OM na pas épuisé pour autant un quota de chatte bien généreux ce soir, puisque quatre minutes plus tard l’arbitre s’abstient de sanctionner un contact litigieux entre Sakai et ce même Suk dans la surface.

De son côté, Payet s’applique à saloper les contre-attaques offertes par nos adversaires, si bien que la fin de rencontre s’annonce indécise. Les Champenois trouvent trop facilement de multiples positions de centre, et il faut un geste de kung-fu désespéré d’Amavi pour écarter un ballon ultra-dangereux de nos six mètres. A la sortie de la surface, Luiz Gustavo transmet à Payet, qui accélère et retrouve enfin son sens de la passe pour lancer Sanson. Morgan fixe les deux derniers défenseurs avant de décaler Germain qui n’a plus qu’à conclure aisément (3-1, 83e). Sans briller, l’OM s’assure un hiver au chaud et, reconnaissons-le malgré les errements de ce début de saison, totalement dans les temps du Projet ®.

 

Les joueurs

Mandanda (1+/5) : Depuis le temps qu’on se connaît, tu peux nous le dire… T’es amoureux en ce moment, ou bien tu te drogues ?

Rami (3-/5) : Pas de reproche précis, mais j’ai vu trop de Troyens batifoler aux abords de nos seize mètres pour être totalement serein.

Rolando (2+/5) : Une tripotée de retours autoritaires, mais il est en retard pour tacler Pelé avant son but. Surtout, il est battu par Suk juste avant le raté-miracle d’icelui, et quand on s’appelle le colosse du Cap-Vert, se faire bouffer de la tête par un Coréen est totalement prohibé par le Guide Thierry Roland des clichés honnêtes.

Sarr (2/5) : Surtout appliqué sur ses tâches défensives, ce qui est bien mais aussi un peu couillon vu que Rudi Garcia l’a aussi titularisé pour dynamiter le côté gauche troyen. Une fadeur dans le jeu qui l’a conduit à se faire plutôt promptement remplacer par le titulaire habituel…

Remplacé par Sakai (57e, 2-/5) : … léger souci cependant, puisque c’est le défenseur de formation qui passe tout près de faire sombrer son équipe en manquant de peu de concéder un pénalty.

Amavi (4/5) : Une première mi-temps timide offensivement mais marquée par des retours aussi spectaculaires qu’efficaces (peut-être aussi parce qu’il n’était pas bien placé au départ des actions, certes). Une énergie intacte en seconde mi-temps, agrémentée de quelques rentre-dedans appréciables, de cette belle passe décisive à l’origine du second but, et du sauvetage préalable à la contre-attaque du troisième.

Luiz Gustavo (4/5) : Luiz Gustavo a récupéré, Luiz Gustavo a passé, Luiz Gustavo a tiré, mais Luiz Gustavo a aussi raté quelques actions. Cela n’a énervé personne davantage que Luiz Gustavo lui-même, alors Luiz Gustavo a appelé la balle, Luiz Gustavo a tiré, et Luiz Gustavo a marqué. Et c’est ainsi que Luiz Gustavo est grand.

Lopez (3+/5) : Une sobriété qui confine à la timidité, il n’empêche que si tous les copains avaient montré un jeu aussi net que le sien ce soir, nos slips ne s’en seraient trouvés que plus blancs.

Zambo Anguissa (72e) : Puisque Troyes a refusé de se laisser abattre proprement, André-Frank est entré pour porter ses charges brutales au cœur de la bête affaiblie. La prochaine fois, vous serez gentils de perdre 5-0, cela nous évitera peut-être pareil spectacle.

Thauvin (2/5) : Le manque de réussite l’entête, si bien qu’au lieu de simplifier son jeu en attendant des jours meilleurs, Florian a multiplié les tentatives de dribbles et de tirs avec une remarquable constance dans l’échec. Si Florian faisait de l’alpinisme, sa persévérance forcerait l’admiration, mais dans un sport collectif, elle aurait plutôt tendance à casser les couilles.

Ocampos (80e) : S’est tellement converti aux vertus du collectif qu’il en vient à tenter des une-deux en talonnade avec Zambo Anguissa.

Payet (4-/5) : Tarif syndical pour son implication dans les deux buts et sa bonne tenue générale, mais quand l’on voit les situations qu’il est capable de gâcher, on n’a pas fini de se dire qu’il y a des coups de pieds au cul qui se perdent.

Sanson (3/5) : Comme s’il payait le rayonnement retrouvé de Dimitri, Morgan a eu du mal à influencer le jeu, pas aidé non plus par une qualité technique de poney sous gastro-entérite. Ceci étant dit, il s’en sort quand même avec deux passes décisives : si c’est cela que l’on nomme un match immonde, j’en veux bien chaque semaine.

Germain (3-/5) : Cette sensation inédite de recevoir des passes en profondeur de ses équipiers aurait pu le perturber, forte heureusement elle n’a pas perduré au-delà de la première période. Valère a ensuite fait mine de revenir à une invisibilité plus coutumière, pour mieux surgir et clore le score au moment opportun.

 

L’invité zoologique : Christophe Hérondelle

L’hirondelle est un charmant oiseau qui apparaît périodiquement dans nos contrées et dont, passé le moment où l’on dit « ah tiens, elle est revenue », l’on n’a globalement rien à foutre. L’hirondelle est bien l’invitée appropriée pour parler de ce club si insignifiant qu’il donne à peine l’envie d’en dire du mal.

– Les autres : C’est loin d’être l’équipe la plus dégueulasse que l’on ait vue jouer par chez nous. Dans la même veine, si l’on ne peut guère présager de l’avenir de Saif-Eddine Khaoui chez nous, au moins peut-on lui souhaiter d’emmerder longtemps des défenses de Ligue 1.

– Le classement : Rien ne change, et surtout pas nos rivaux.

– L’association : Etape importante dans le Projet®, l’association OM a changé de conseil d’administration et de président. Un succès acquis par Jacques-Henri Eyraud dans son style personnel mais efficace : souvenez-vous.

– Le plan Marçal : Toujours dans le cadre du Projet ®, Rudi Garcia a dévoilé en conférence de presse des axes d’amélioration de la relations entre l’OM et l’arbitrage, dont les deux piliers peuvent être résumés ainsi (en interprétant à peine) : d’une part faire la pute sur le terrain, plus et mieux qu’aujourd’hui ; d’autre part, savoir pleurer et foutre la pression plus efficacement dans les instances. La Canebière académie est depuis toujours convaincue que, par essence, l’arbitrage footballistique est aussi soumis à subjectivité que les compétitions de danse sur glace. Aussi approuvons-nous sans réserve toute initiative visant à nous concilier les bonnes grâces de ces enculés d’arbitres nos futurs partenaires dans la quête d’un football apaisé.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Waldo J. remporte un  concours zoologique. Celui-ci est particulièrement dédié à Roland Gromerdier, avec toute notre compassion.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 commentaires

  1. correction à faire, tu parles de « mais achève la seconde mi-temps comme si la  » en voulant parler de la première
    et j’avais bien vu une 2 ème faute mais bon je vais pas faire tout le travail pour toi, il est quand même 3 heures du matin ici
    alors bravo pour ton acad et bonne nuit

  2. Effectivement Lopez a été un peu timide, mais c’est sans doute parce qu’il a besoin de temps avant de retrouver parfaitement confiance en son jeu.
    Il est en tout cas plaisant de finir l’année sur une victoire.

    Par ailleurs, notons que la pré-saison de Bordeaux est catastrophique.

  3. Plus que 4 points et le maintien en Ligain est assuré. Nos rivaux historiques, les acoquinés que sont Bordeaux et Saint-Etienne, ne peuvent pas en dire autant.

    Amitiés

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