Rodez-AC Ajaccio (0-2) : déluge sur le piton ruthénois

Tu sais que tu es un papa qui fait des déplacements quand pendant tout le long du trajet tu entends le camion en plastique de ton fils se balader sur la banquette arrière dans tous les virages.

Il y a un an, pratiquement à la même époque, l’ACA n’était pas très fringant, je faisais mon premier déplacement à Rodez, les matchs étaient à huis-clos et le stade Paul-Lignon avait deux grandes tribunes. Ce samedi 18 septembre, l’ACA est invaincu en Ligue 2, je viens pour la deuxième fois à Rodez, plus de 1500 personnes étaient présentes et le stade Paul-Lignon n’a plus qu’une tribune, la deuxième ayant été démolie dans un vaste projet de nouveau stade fermé « à l’anglaise » de 6800 places qui devrait être livré d’ici à trois ans.

La route se fait en un peu moins de 4 heures. Sur place, je récupère Joachim, un supporter acéiste de 16 ans qui fait son premier déplacement pour soutenir son équipe de cœur. Le stade étant en travaux, il faudra bien dix minutes pour trouver l’entrée du parking visiteurs, qui est en fait une rue barrée et sécurisée pour l’occasion, le long de la gendarmerie. Le pass sanitaire est contrôlé, une fouille est effectuée et les stadiers ne laissent pas entrer le sac de la bâche (mais la bâche, oui). Ils nous accompagnent ensuite dans un dédale de travaux jusqu’à la billetterie, qui est aussi la buvette du parcage visiteurs. Les deux bénévoles sont sympathiques. Nous prenons place dans le parcage visiteurs, qui se situe donc à une extrémité de la tribune d’honneur du stade Paul-Lignon. Un parcage provisoire le temps des travaux. Un vieux Ruthénois de l’autre côté des barrières m’interpelle avec une capture d’écran d’une photo de ma 106 et moi et me demande si c’est bien moi. Il me racontera sa vie pendant cinq minutes, m’affirmant qu’il a entraîné des U9 pendant 35 ans de sa vie. Sympathique.

Un premier problème intervient : c’est le déluge sur Rodez. Heureusement, le toit de la tribune nous protège. Deuxième problème : notre bâche est trop longue (ou le parcage est trop petit plutôt) et elle ne tient pas dans toute sa longueur. Au total, en parcage, nous sommes une petite dizaine de supporters de l’ACA, puis, en cours de match, nous serons 15, une famille ajaccienne migrant depuis la tribune adjacente. Ne serait-il pas l’heure d’aller voir les chiottes ?

Nous les avons vu depuis notre entrée dans le parcage : les toilettes sont des chiottes de chantier, une cabine rougeâtre, délavée. À l’intérieur, tout est en plastique. Pour que l’eau sorte, il faut appuyer sur une pédale, un rouleau de PQ est posé sur une socle spécial et le fond de la cuvette est d’un jaune fluorescent plutôt inquiétant. De mémoire, l’intérieur n’est pas sale. Mais pour le confort, on repassera. Comme me le diront les bénévoles du parcage, pour les hommes, ça passe, mais pour les femmes, ce n’est tout de même pas l’idéal. Et puis heureusement que nous sommes 15 et pas 150, sinon v’là l’état des chiottes à la fin. Bon ok, il s’agit de chiottes provisoires le temps des travaux, nous comprenons bien que le club ne pouvait guère faire autrement, mais nous mettons tout de même un 0,5/5.

Le match peut commencer, toujours sous la pluie. Très vite, Bevic Moussiti-Oko ouvre la marque de la tête, sur un coup-franc bien tiré de Mathieu Coutadeur. En parcage, on met quelques secondes à s’en rendre compte véritablement, tellement il est improbable de marquer si tôt et surtout, nous pensions que l’arbitre allait lever son drapeau de touche pour indiquer un hors-jeu. Devant au score, l’ACA recule et maîtrise. Benjamin Leroy entre en action pour détourner plusieurs tentatives des locaux. À la pause, l’ACA est devant au score, 1-0, après une première période marquée par une petite échauffourée dont le climax est l’expulsion du président ruthénois, qui était même entré sur le terrain.

La deuxième période est du même acabit : le RAF domine autant dans la possession que dans le nombre d’occasions, mais Leroy veille toujours au grain. À noter que le milieu de Rodez Bradley Danger m’a fait une très bonne impression. Un ancien de Chambly, tout comme notre Oumar Gonzalez national, sorti à la mi-temps par Pantaloni pour qu’il évite un carton rouge qui lui pendait au nez. Malgré la domination adverse, c’est bien l’ACA qui doublera la mise par l’intermédiaire de Riad Nouri, qui inscrit par la même occasion son 75e but en Ligue 2, confortant sa place de meilleur buteur en activité du plus beau championnat du monde. On notera également la débauche d’énergie toujours impressionnante de Gaëtan Courtet qui vient récupérer des ballons à 20 mètres de son but à la 80e minute. Bref, c’est terminé, l’ACA boucle ainsi sa troisième victoire en une semaine, avec trois clean-sheets et toujours une invincibilité depuis le début de saison.

Et du côté de la buvette alors ? Allons voir du côté du CASSE-CROÛTE !

Les + :

  • Parcage provisoire, mais buvette quand même, avec des sandwichs et des boissons, et même des paquets de chips.
  • On est parti sur le sandwich dinde-fromage et l’ensemble était plutôt consistant, avec une petite baguette moulée, plusieurs tranches d’emmental et plusieurs tranches de dinde. On a connu bien moins généreux ailleurs.
  • Ceci est agrémenté d’une bouteille de coca pour un peu plus de 6 euros, de mémoire.
  • Le personnel de la buvette était rigolo.

Les – :

  • Il n’y avait pas beaucoup de choix.
  • Le plus embêtant, c’est sans doute cette différence entre la buvette du parcage visiteurs et celle du reste du stade : on a eu droit à un sandwich (plutôt bon) et à un Coca alors que dans le reste du stade étaient vendus de la bière (on voyait les mecs à 3 mètres de nous se ramener avec des pichets de bière (!!!), c’est du jamais-vu dans un stade professionnel) et paraît-il des excellents ris de veau et de l’aligot-saucisse. Et ça, on aurait forcément voulu goûter. (PS : on m’a dit que la bière vendue était sans alcool).

Note sur le guide Michelin/Perfettu des buvettes de Ligue 2 : 2,75/5. Le sandwich est meilleur et plus garni qu’ailleurs. On regrette toutefois le manque de choix et le fait de ne pas avoir droit aux mêmes privilèges que le reste du stade.

Le retour se fait après le match, après avoir rencontré quelques sympathiques supporters locaux. On devait se retrouver à Bastia, pour un derby très attendu, mais malheureusement, la préfecture en a décidé autrement. À très vite quand même.

Perfettu

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

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