Sochaux-OM (1-1, 4-3 tab.), La Canebière académie dérape

Episode dans lequel, non content de voir tant d’horreurs à la télévision, notre héros s’inflige en prime un Sochaux-Marseille.

Aïoli les sapiens,

Nous avions fini par oublier cette envie d’insulter nos joueurs qui nous taraudait tant les saisons passées. L’OM en était rendu à un tel point de déliquescence que même nos déroutes n’étaient plus traitées qu’avec la pire indulgence, celle qui masque en fait l’aveu d’une impuissance la plus complète : comment leur en vouloir, alors qu’ils sont nuls ?

Pour peu que les lendemains heureux promis par nos nouveaux dirigeants ne soient pas des paroles en l’air, l’équipe se renforcera, gagnera et s’exposera d’autant moins à nos afflux biliaires. Alessandrini et Diarra sont blessés, Sarr est (re)devenu bon l’espace d’un match : jamais depuis juin dernier et la finale de coupe de France notre envie d’insulter des aïeules n’avait été aussi basse.

Quand soudain, la faute de carres, la sortie de piste, l’accident malheureux : dans cette saison où il n’existe guère que les deux coupes pour nous faire vibrer un tant soit peu, nous nous vautrons lamentablement dès le premier tour chez un sociétaire de Ligue 2, sur un terrain même pas gelé et après avoir mené au score, qui plus est. Alors, non, tout le monde n’a pas été mauvais, oui il faut se garder de toute réaction exagérée. Nonobstant notre sérénité et notre candeur retrouvées, on aura toutefois du mal à réprimer un sourire grinçant au moment où Jacques-Henri Eyraud lancera l’OM Vos Mères Project, à destination de quelques-uns de ces chibres en plâtre qu’il enverra dans le premier charter vers n’importe où pourvu que ce soit un pays en guerre.

 

L’équipe

Fanni suspendu, Doria prend sa place. Par ailleurs, Rudi Garcia repose Sakai et Lopez en les remplaçant par Kamara et Khaoui et je vous arrête immédiatement, ce ne sont pas ceux-là qui ont merdé. Pas plus que Sarr, d’ailleurs, titularisé sur la lancée de sa bonne entrée à Dijon (je sais que c’est difficile à croire, mais nous avons les images).

 

Le match

Equilibré dans l’engagement, le match voit les deux équipes approcher des surfaces sur un rythme plutôt alerte. Au bilan, ce sont les Franc-Comtois qui se montrent un peu plus menaçants par quelques centres favorisés par leurs récupérations hautes. C’est d’ailleurs cette hauteur de placement qui les piège : après une intervention de déménageur de Doria, Khaoui récupère et joue un une-deux avec Thauvin : en deux passes, le bloc jaune est transpercé, et Saif-Eddine peut servir Bouna Sarr, si seul qu’il peut s’offrir le luxe de glisser et de quand même trouver la lucarne (0-1, 22e).

Les rapports de force ne sont guère modifiés par l’ouverture du score. L’OM maîtrise la balle mais peine à conclure ses quelques bonnes percées, tandis que Sochaux sait s’afficher incisif, en causant notamment bien du tracas à notre côté gauche. C’est pourtant de l’aile opposée que débute une action magnifique voyant nos adversaire nous disperser à coups de passes redoublées à une touche de balle. Le ballon passe de pied en pied à toute vitesse devant notre surface, pour aboutir à Sao. Non seulement lent mais devant en outre marquer deux joueurs à la fois, Hubocan arrive trop tard pour contrer le tir précis de l’attaquant (1-1, 36e).

Sans rire, c’est autorisé en Ligue 2, ce genre d’action ?

Enervé par cette égalisation contrariante quoique méritée, Thauvin décide aussitôt après de se farcir à lui tout seul la moitié de la défense jaune. Son exploit amène la balle aux 6 mètres où Khaoui puis Sarr voient leurs tirs miraculeusement sauvés par un défenseur puis le gardien. Contrairement au match de Dijon, nous pourrons cette fois-ci nous livrer au mastiquage gonadique précédemment évoqué face au remords causé par un tel manque de réalisme.

Mais n’anticipons pas : même sans Gomis, blessé et sorti à la pause, l’OM a bien l’intention de remettre ces outrecuidants à leur place. A la différence de la première période, les 45 dernières minutes voient une domination olympienne sans partage. Pour forcer la décision, Lopez remplace un Khaoui au demeurant satisfaisant, et entreprend avec son compère Thauvin de violer tout ce que le Doubs compte de footballeurs.

Après l’heure de jeu, la surface sochalienne est assiégée, pilonnée, martyrisée : seuls Ogier et Honorat parviennent à s’extirper du carnage en étant remplacés. Signe que la situation est désespérée, Valérie Boyer leur adresse d’ailleurs un tweet d’insultes en les traitant de lâches et en leur intimant l’ordre de retourner se faire étriper, avant de retourner prendre une camomille en regardant BFM TV.

Il n’en reste pas moins que, contre toutes les apparences, l’OM presse mais ne parvient pas à faire sauter le verrou. Sochaux résiste en contrant les tirs avec ce qu’ils peuvent, y compris une main d’un défenseur grossière mais jugée involontaire. Finalement, l’OM s’épuise et baisse nettement de rythme dans les dix dernières minutes. La LFP ayant décidé de supprimer les prolongations en Coupe de la Ligue à la demande du CSA – qui a déjà assez à faire avec Hanouna en matière de spectacle dégradant – la décision se fait aux tirs au but.

Au début, tout se passe à merveille. Thauvin montre la voie, Lopez pose ses couilles et Sarr montre sa maîtrise (si), pendant que Tardieu se rappelle ses racines provençales en ratant le premier tir sochalien. Alors que l’on s’attend à ce que les joueurs expérimentés finissent le travail, Rolando se souvient brusquement de devoir aller chercher ses enfants au poney-club tandis que Vainqueur est parti en ville regarder les illuminations de Noël, qu’un article lu dans le quotidien local annonçait comme particulièrement féériques cette année. C’est donc Doria qui s’avance, et comme dans les contes de fées, le vilain crapaud, la tête de turc, l’enfant brimé, saisit l’occasion de prendre une revanche éclatante et de révéler sa vraie nature avant, magnanime, d’octroyer son pardon aux moqueurs d’hier que son triomphe a jetés dans la contrition. Mateus est beau, Mateus prend le ballon, Mateus s’avance, et finalement Mateus se rate comme une vieille merde.

Vient ensuite le tour d’Aron Leya Iseka, bla bla, conte de fées, revanche éclatante, patin, couffin, rate comme une vieille merde. Karanovic conclut la séance, ce qui est fort dommageable pour nous d’un point de vue sportif, mais aussi pour la curiosité insatisfaite de savoir quelle excuse Rolando, Vainqueur, Sakai ou Hubocan auraient trouvé pour laisser tirer Zambo Anguissa en sixième.

 

Les joueurs

Pelé (3+/5) : Normalement, c’était censé suffire.

Hubocan (1+/5) : Son état de grâce va prendre fin plus rapidement que celui de François Hollande, à force de courants d’air, de fautes grossières et de grandes tartines balancées au hasard en guise de relance. A sa décharge cependant, si l’OM a pris le bouillon côté gauche, c’est aussi parce qu’il s’est plusieurs fois retrouvé seul contre deux attaquants.

Rolando (1/5) : 90 minutes passables, mais une séance de tirs au but qui s’est résumée à participer au tirage au sort initial. Le colosse avait une petite bite.

Doria (2-/5) : Lui, au prochain mercato, il va se faire envoyer dans une dimension parallèle, et cette fois-ci je vous garantis que le continuum spatio-temporel va être plus verrouillé qu’une élection interne au Parti socialiste.

Kamara (3/5) : C’est la période des stages d’observation, et celui du jeune Boubacar a été concluant. Nous l’invitons ainsi à signer l’attestation de stage. Voilà, ici. Signe. SIGNE.

Sakai (82e) : Entré pour apporter de la percussion offensive, ce qui a été concluant, et plus d’expérience que Kamara dans la séance de tirs au but, ce qu’on a pu se coller au cul.

Vainqueur (1/5) : Un match correct mais sans non plus atteindre des sommets. En revanche, pndant que ses camarades disputaient la séance de tirs au but, William a réussi à confectionner un adorable napperon en dentelle, signe que son assiduité à l’atelier de loisirs créatifs de la MJC de la Fourragère commence à porter ses fruits. Non, vraiment, William peut être fier de sa soirée.

Zambo Anguissa (2+/5) : Prestation honnête mais sans relief pour André-Frank. Face à un adversaire somme toute modeste, il aurait pu se montrer nettement plus actif sans risquer des zambolies pulmonaires.

[Note de la rédaction : cessez de l’encourager.]

Khaoui (3+/5) : Ce fut bref, mais ma foi bien agréable. Un chouïa plus de précision dans la dernière passe et c’eût même été très bon.

Lopez (56e, 4/5) : Montre le talent qu’on lui connaît balle au pied, engraine un Sochalien deux fois plus gros que lui et inscrit sans trembler son tir au but. Bref il n’attend plus que sa voix finisse de muer pour délivrer haut et fort son message déjà sous-jacent : « Le prochain qui m’appelle encore ‘le petit Lopez’, je l’encule. »

Thauvin (4/5) : Vole comme un papillon, pique comme une abeille : de cassos’ à Cassius.

Sarr (3+/5) : Une première mi-temps excellente (même si, sans vouloir cafter, c’était un peu à lui de suivre Sao sur l’égalisation), avait de disparaître complètement en seconde – parce que Florian n’avait plus d’yeux que pour son cher Maxime Lopez ? Même son tir au but parfait n’a pas laissé prise à la moquerie.

Gomis (1/5) : Sans être médecin, on peut avancer une explication à sa blessure : c’est son harnais d’attelage qui était trop serré. Si l’on avait su, on aurait dû le mettre sur le banc et le faire entrer à la 89e: cela n’aurait pas changé grand-chose à notre production au poste d’avant-centre et nous aurait épargné Little Spongebob en tireur final.

Leya Iseka (46e, 0/5) : Nous serons indulgents, eu égard à son jeune âge et au courage qu’il a montré pour tenter le tir décisif. Voici pourquoi sa note fait abstraction de son raté final et ne prend en compte que sa production pendant le temps réglementaire.

 

L’invité zoologique : Florian Tardigrade.

Il est là depuis la nuit des temps, il résiste au froid extrême et à toutes sortes de maltraitances, bref, alors que toutes les apparences sont contre lui, il est tout bonnement increvable. Le tardigrade était donc bien l’invité approprié pour commenter avec moi ce match contre ceux qu’on croit battre facilement mais finalement non.

– Les autres : L’engagement et le courage, on était prévenus. Leur capacité à marquer ce genre de but, en revanche, ce n’était pas inscrit dans les conditions générales de vente. Bonne route à eux.

– Le beau geste (rappel) : Notre ami Sisko organise une collecte de denrées pour les démunis samedi 17 décembre place Castellane. Plus de détails ici.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter.

Bonus poésie : à l’occasion des fêtes de fin d’année, la Canebière académie vous offre 20 secondes de relance slovaque.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

6 commentaires

  1. Hoojpavuooo ZDroit au but !! Hiiiì

    Anguissés bis à Haut ! Et sans les mains. Doriauraitmieuxfait.

    Allez l’OM !

    Pourrais-t’on bénéficier d’une butothèque pour ce championnat d’automne truculent ?

  2. Blaah, tu devrais piquer le réserve de Lexomil de Garcia quand tu regardes les matchs. C’est pas bon pour toi, les arrières slovaques. Tu en arriverai presque à ne plus remarquer un corner à deux foiré…

    • Alors soyons précis : il y a bien eu un corner à deux foiré par Maxime Lopez MAIS pas à cause de la combinaison. Maxime a raté son centre, mais il avait bien été décalé en position idéale par Thauvin, donc techniquement on ne peut pas classer cette phase de jeu dans la catégorie « corners à deux pourris ». Mais oui, ça a été remarqué.

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