Strasbourg-OM (3-3), La Canebière académie est imprévisible

Une chose est certaine : si l’on avait battu Strasbourg avec le propre 3-0 qui s’imposait, ce match se serait avéré nettement moins riche en émotions.

Aïoli les sapiens,

Après une trêve internationale d’autant plus cruelle qu’elle nous aura permis de voir, chez quelques équipes nationales, des explosions de joie telles qu’on n’en a plus vu à Marseille depuis au moins 2010, voici l’heure de revenir à l’ordinaire olympien. Ce déplacement à Strasbourg devait nous permettre, dans la foulée de notre belle performance niçoise, de faire le plein de points et de confiance avant le massacre l’affiche de dimanche prochain contre le PSG.

 

L’équipe

Mandanda

Sakai (Lopez, 86e) – Rami – Rolando  – Amavi

Zambo Anguissa – Sanson

Thauvin (Germain, 77e) – Payet – Njie (Sarr, 45e)

Mitroglou

 

Contre toute attente, la suspension de Luiz Gustavo n’équivaut pas à une peine d’un sertic ferme, puisque Rudi Garcia n’aligne pas le Quasimodo de la Gironde : c’est Morgan Sanson qui prend place au milieu. La suspension d’Ocampos est quant à elle palliée par l’expatriation de Njie côté gauche, tandis qu’en pointe Mitroglou est enfin apte à être titularisé.

 

Le match

Alors que chacun, à l’image de la grande époque du Flying Circus, attend le sketch inaugural toujours semblable mais sans cesse renouvelé, les Marseillais se décident maintenant pour quelque chose de complètement différent : un but, oui, mais marqué, et qui plus est au terme d’une belle action construite avec jeu à une touche et tout et tout. Payet, Thauvin, Njie et Mitroglou affolent les Alsaciens pour décaler Amavi, dont le centre à ras de terre retrouve Dimitri qui conclut une main dans le slip (0-1, 6e).

L’OM montre ainsi qu’il sait plutôt bien jouer au football et, satisfait de cette démonstration implacable, décide de cesser. Le ballon est alors abandonné aux Strasbourgeois dans une séance de blocquéquipe on ne peut plus rudigarciesque. Le problème, plutôt rédhibitoire dans une telle stratégie, est qu’en première période notre milieu renouvelé peine à se situer. Nos adversaires sont plusieurs fois trouvés entre nos lignes, et Mandanda doit s’employer à plusieurs reprises. Ajoutons à cela des duels défensifs difficiles, et le refus de jeu olympien est bien loin de la tactique sécuritaire qu’il entend représenter. Ainsi, mal placé à la retombée d’un centre, Amavi ne peut extraire facilement la balle et la perd devant notre surface : lancé dans le dos de Rolando, l’attaquant échoue sur Mandanda, mais la balle revient sur Aholou que personne n’avait pris soin de surveiller aux 16 mètres. Sa frappe est déviée par Sakai puis Rami pour un contre-pied immonde. Notre attitude ne méritait de toute façon pas une égalisation plus élégante (1-1, 31e).

En revanche, ce but a le mérite d’offrir à notre équipe l’électrochoc  – pour ne pas dire le bon coup de pied au derche – dont elle avait besoin pour enfin se remettre à jouer. Njie rate ainsi le cadre après un amour de passe de Thauvin, avant qu’une attaque slipométrique strasbourgeoise ne se transforme en contre magistral emmené par Payet. Dimitri adresse un caviar à Mitroglou ; soucieux de ne pas susciter trop d’attentes trop vite, le Grec prend soin d’éviter toute enflammade à son sujet en manquant son face-à-face avec le gardien.

Devant tant d’incertitude, Rudi Garcia décide à la pause un coup de poker de belote contrée de pouilleux : Njie est remplacé poste-pour-poste par Bouna Sarr. Pas le temps de se poser des questions, le match reprend tambour battant : sur une bête touche, Sanson est libre de placer un centre, qui finit dans la cage. Honnête et soucieux de ne pas susciter trop d’attentes à cause d’une première trop réussie, Mitroglou s’empresse de nier avoir dévié la balle : de fait, c’est Koné, à la lutte avec Kostas, qui est l’auteur contre son camp de notre deuxième but (1-2, 48e).

Ayant retenu la leçon de la première mi-temps, l’OM ne recule pas et gère d’autant plus tranquillement la rencontre, plaçant quelques occasions au passage. Le problème des espaces dans le dos de Zambo Anguissa et Sanson semble avoir été résolu, les Strasbourgeois sont inoffensifs et la vie est belle.

Soudain, peu avant l’heure de jeu, abracadabra, la méchante sorcière décida de transformer nos joueurs en viers marins, comme ça, paf, sur un coup de tête. L’OM n’avance plus, l’OM ne va plus au duel et, bien évidemment, l’OM ne met pas cinq minutes à s’en mordre les couilles. La mollesse d’Amavi force Sarr à concéder un corner évitable, converti en but par un gros coup de boule de Koné au-dessus de Rami (2-2, 60e).

On en vient dans le quart d’heure suivant à se demander si le bon docteur Rongoni n’a pas limité nos joueurs à 60 minutes d’autonomie physique, tant ceux-ci semblent subitement se traîner. Pourtant, un éclair de Thauvin et Payet est tout près de rétablir la situation, mais Kostas Mitroglou, soucieux de ne pas susciter tant d’attentes, etc., met un quart d’heure à enchaîner contrôle et frappe : il finit évidemment contré. Pire, deux minutes plus tard, Liénard envoie une frappe anodine, mais que Rami croit bon de dévier d’un coup de tête parfait pour placer la balle hors de portée de Mandanda (3-2, 75e). Certes, sur les trois buts alsaciens, deux proviennent d’invraisemblables coups de chatte ; nous aurions toutefois mauvaise grâce à nous plaindre de la chance d’autrui, quand c’est nous qui lui avons ouvert la porte du tabac puis prêté 2€ et un stylo pour qu’il tente sa grille d’Euromillions.

Bref, l’OM s’est mis dans la panade tout seul, et dispose d’un petit quart d’heure pour sauver ce qui peut l’être. A la 79e, coup de théâtre : dans une soirée où beaucoup de mères de joueurs auront été dilatées sinon en actes du moins en paroles, c’est un Strasbourgeois qui emporte le pompon. Au départ, une défense marseillaise éparpillée en trois passes et un tir déjà envoyé sur le poteau par un attaquant situé à un mètre de la ligne. Le ballon revient sur Terrier, qui n’a plus qu’à partir se cacher dans le sien après avoir raté le but grand ouvert sans aucune opposition.

Conscient du miracle qui vient de se produire, l’OM impose une grosse pression sur la surface strasbourgeoise. Après un énième tir contré, le ballon revient sur Amavi, qui contrôle et adresse une lourde flottante bien empoisonnée. Le gardien adverse se foire, et Mitroglou, soucieux de ne pas faire trop bonne impression mais quand même aussi un peu de ne pas se faire cambrioler son appartement tout de suite, ne rate pas l’occasion d’égaliser (3-3, 88e).

Un coup-franc slipométrique est concédé par Rolando, mais le ballon décide pour une fois de rebondir ailleurs que dans notre but : l’OM peut achever le temps additionnel en tentant d’arracher les trois points, mais doit se contenter de ce match nul regrettable.

 

Les joueurs

Mandanda (4/5) : Le dieu du football a décidé de nous faire payer les clean-sheets de Pelé en condamnant Steve à encaisser des frappes déviées de merde jusqu’à la fin des temps.

Rami (2-/5) : Malchanceux sur le premier but, nettement battu sur le second, maladroit et malchanceux sur le troisième. La relève de Pierre Richard est assurée.

Rolando (1/5) : Je ne sais pas si le colosse a les pieds d’argile, mais en tout cas son cul était en plomb.

Sakai (3/5) : Intraitable sur son côté droit, ardent au pressing, disponible et adroit pour les offensives, et réduit à l’état d’épave passée l’heure de jeu.

Lopez (86e) : Une entrée emplie de combativité.

Amavi (3-/5) : Décisif dans plusieurs buts : les premiers (le nôtre et le leur), un deuxième (le leur) et un troisième (le nôtre). Il sera de plus suspendu contre Lille après avoir reçu son troisième tiers-d’évra (c’est comme un tiers-de-sertic, mais pour un latéral gauche).

Zambo Anguissa (2+/5) : On craignait le pire en l’absence de son tuteur Luiz Gustavo mais, malgré une première période difficile, le protégé d’Erzulie a su tenir la maison. Une maison moche avec des tuiles qui fuient, certes, mais il l’a tenue.

Sanson (3+/5) : Je suis d’accord sur le fait qu’il doive encore musclesonjouer mais tout de même, avoir à ce poste un beau footballeur et pas un troisième-ligne, c’est agréable aussi.

Thauvin (3+/5) : Distributeur de confitures à des gorets pendant une bonne partie de la première heure, avant de faiblir puis de se perdre dans d’improductives chamailleries.

Germain (77e) : Période difficile. Il se consolera en se disant qu’il reste toujours plus utile que notre autre Valou, celle qui compte les croix sur les pots de yaourt.

Payet (4/5) : Laissez-moi ce bel homme au milieu de tout, comme la chapelle de la Vieille Charité, là où tout le monde peut le voir donner de la foi aux mendiants et de l’espoir aux pestiférés.

Njie (2+/5) : Très impliqué, mais sa manière de se faire trop facilement éliminer en défense et surtout de saloper la délicatesse offerte par Thauvin lui interdisent la moyenne.

Sarr (3/5) : Se fait traiter de nul aussi constamment que Christophe Castaner est traité d’imbécile. Tout ce que je peux dire, c’est que l’une des deux appréciations est un peu injuste.

Mitroglou (3-/5) : Si on y regarde de plus près, il participe à la construction du 1er but, pousse Koné au CSC pour le deuxième et inscrit le 3e, ce qui paraît un peu beaucoup pour nous autoriser à lui chier à la gueule après ses ratages majuscules.

 

L’invité zoologique : Stéphane Bahokentuckyfriedchicken

Morne, chétif et plus trafiqué qu’un appel d’offres varois, le poulet de batterie n’en est pas moins redoutable par sa propension à favoriser infarctus et AVC chez quiconque en ingère trop souvent. Le monstre était donc bien l’invité approprié pour nous raconter ce match chez ce promu qui n’a l’air de rien, mais redoutable avec ses buts piqués aux hormones.

– Les autres : Trop mous du gland pour profiter de notre propre apathie, ils ont eu recours à deux beaux coups de bol pour attraper ce résultat flatteur. Mais au moins ont-ils eu le mérite de ne jamais relâcher leurs efforts dans ce match, nous ne pouvons pas en dire autant.

– Le classement : Ne comptez pas sur moi pour commenter ceci, ça ne ressemble à rien.

– La citation : « Au moins avec le marquage individuel, on sait qui sont les fautifs. » Je sais gré à Rudi Garcia d’avoir corrigé certains défauts du début de saison, mais pour ce qui est d’acquérir une forme d’élégance je crains qu’il ne s’agisse d’une cause perdue.

– L’icône : A l’occasion de sa 453e rencontre sous nos couleurs, le grand Steve Mandanda détient désormais le record de matchs officiels disputés avec l’OM. Notre gardien a rappelé à cette occasion que dans les entreprises, ce genre de moment historique donne lieu à un petit cadeau, et qu’il aurait par exemple bien souhaité se voir offrir une défense. Malheureusement il était trop tard, Jacques-Henri Eyraud lui avait déjà acheté un mug.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Padls remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 commentaires

  1. Bonjour Blaah ! Très indulgent avec Payet qui croque des contre-attaques avec sa double remorque accrochée à son noble postérieur. Il se fait reprendre au moins à 2 reprises alors qu’il a 5 mètres d’avance et des possibilités de passes des 2 cotés. Encore trop de suffisance dans son jeu, défaut qui est malheureusement commun à beaucoup de nos joueurs et que l’on retrouve dans toutes nos lignes. Match laborieux et l’on s’aperçoit malheureusement que le résultat contre Nice tient plus du miracle que de la prise de conscience. Espérons que la traditionnelle fessée face au PSG soit moins douloureuse que la précédente sous peine de retomber de nouveau en lente et profonde dépression (la tête dans le siphon).

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