Valenciennes-AC Ajaccio (1-1) : « Je n’suis pas un Hainaut », mais j’étais au Hainaut

On a joué un mardi soir, comme le Real Madrid, le Bayern ou Liverpool. Mais on ne jouait pas en Ligue des Champions. Et on affrontait Valenciennes. Et ça, c’est une bien meilleure soirée qu’un multiplex de C1.

Les déplacements se suivent et se ressemblent. Huit jours après mon déplacement rocambolesque à Guingamp, me voici parti à Valenciennes. Pour l’obtention d’une accréditation, cela a été un jeu d’enfant, le VAFC acceptant rapidement sans sourciller. Merci à eux et à Julien, le media manager du club, arrivé dans le Nord le 1er octobre. La 106 étant toujours dans le coma – je n’ai pas encore eu le temps de m’occuper d’elle (je sais, je suis un propriétaire indigne) -, je me dirige vers une autre voiture. Après la C1 de mon père, voici la C3 de ma mère. Vivement mon prochain déplacement, que je prenne le C15 de mon grand-père (c’est faux, mes deux grands-pères sont morts). Une voiture neuve, essence, spacieuse, confortable, avec un limitateur de vitesse, du chauffage constant, un détecteur de dépassement de ligne blanche, un tableau de bord digital… Bref, je m’embourgeoise. Et je n’en ai pas l’habitude.

La route est longue, plus de 1100 km à faire dans la journée, pour environ treize heures de trajet. Comme je m’embourgeoise, je prends l’autoroute. L’arrivée dans le Hainaut se fait aux alentours de 16h. Direction le Auchan du coin pour faire quelques provisions pour le retour. Après avoir demandé conseil à des Valenciennois, je me dirige vers du Lucullus, de la Jenlain… Vous verrez tout cela plus tard. Puis se profile à l’horizon la silhouette élancée et arrondie du stade du Hainaut. La Citroën C3 se gare sur le parking bordant l’enceinte aux alentours de 17h30. Julien, le média manager, arrive en même temps que moi, me reconnaît et vient frapper à ma vitre. Il me souhaite la bienvenue, repart dans sa voiture et revient me voir en lançant : « on a appris que tu avais été papa, alors le club a un petit cadeau à t’offrir », en me tendant un body rouge du VAFC taille 3 mois floqué « Futur champion du Valenciennes FC », avec un cygne jouant au foot. L’hospitalité nordiste n’est pas une légende, en voici encore la preuve, avec celles apportées la saison dernière. Merci au VAFC pour ce cadeau ! (Bon, je ne suis pas sûr que mon bébé le mette un jour, mais c’est le geste qui compte).

Après cette rencontre, en vient une nouvelle. Un supporter de VA qui passait par là vient me voir et se lance alors une longue discussion footballistique sympathique. Je ne le dis pas assez, mais merci à tous les supporters du pays qui m’accueillent à bras ouverts partout, avec gentillesse, bienveillance et curiosité. Après avoir récupéré mon accréditation, je me dirige vers la tribune presse du stade du Hainaut. Mais avant cela, je descends au -1, pour me rendre sur la pelouse. Quel plaisir pour un supporter de se retrouver à quelques centimètres de la pelouse que ses joueurs préférés vont fouler quelques secondes plus tard. J’entame alors une sympathique discussion avec le président de l’ACA, Christian Leca. Je m’imprègne de l’odeur du gazon, je suis attentif à chaque mouvement qui se fait autour de moi, j’apprends. Ce n’est pas la première fois que je me retrouve sur une si belle pelouse, dans un si beau stade, mais chaque seconde passée ici est un bonheur. Après ces longues minutes de plaisir intense, je remonte au niveau 2, pour prendre place dans la tribune de presse. Au total, une dizaine de journalistes ou de membres du VAFC s’y sont installés. La tribune de presse est longue, avec de nombreux postes confortables. Je m’assois et peut admirer ce très beau stade depuis un point de vue inédit pour moi ici. La pelouse est parfaite, la vue est sublime et la pleine lune brille dans un coin. Que demander de mieux ? Être en parcage avec ses collègues, dans un stade plein et sans masque. Mais ça, ce n’est pas possible. Alors autant profiter de l’endroit où je suis et du moment que je vis.

La composition annoncée d’Olivier Pantaloni est un 4-3-3. Une feuille de match qui chagrine quelques journalistes locaux autour de moi qui m’ont reconnu et qui viennent me voir pour de demander des détails sur l’ACA et ce onze, que voilà.

Rapidement, sur le terrain une fois le coup de sifflet donné, on remarque que le 4-3-3 acéiste se transforme vite en 4-4-2 ou 4-2-3-1 en phase offensive, Marchetti prenant le poste d’ailier gauche et Barreto repiquant dans l’axe. Au coup d’envoi, nos deux ailiers, Nouri et Barreto portent respectivement les numéros 5 et 4. Quelle autre équipe peut se vanter d’une telle curiosité de numéros ? (En vrai, tout le monde s’en fout)

Le seul avantage du huis clos, c’est que l’on peut écouter ce qu’il se dit sur la pelouse. Ce soir-là, c’est Riad Nouri qui s’est illustré dans ce domaine, multipliant les cris pour déstabiliser les adversaires, avec des « ish ish » et des « laisse, laisse, laisse ». Le latéral en face de lui :

Comme c’est le cas depuis plusieurs semaines maintenant, l’animation offensive de l’ACA est plaisante à voir, avec des changements de poste, du dépassement de fonction, du mouvement, des attaquants de pointe qui vont au charbon dans les airs et qui pressent… À la 24e minute, un corner tiré de la gauche arrive au premier poteau pour Moussiti-Oko, qui semble détourner le ballon d’une Madjer. BUT !! Finalement, le but sera attribué à Masson, contre son camp. Mais c’est toujours bon à prendre pour l’ACA et pour Moussiti-Oko, qui continue de reprendre confiance petit à petit.

La deuxième période sera plus ouverte, les deux équipes étant plus désorganisée. Il y aura moins de jeu – voire plus du tout -, du déchet, beaucoup de déchet et dans les trente dernières minutes, on sentait que le KO pouvait arriver des deux côtés, avec beaucoup d’espace, des contres-attaques… Ah oui, Baptiste Guillaume avait égalisé à la 58e minute. Côté acéiste, l’équipe avait changé avec la sortie de Vincent Marchéti* (selon la speakerine du VAFC) et l’entrée de Mohamed Youssouf. Ce dernier prenait le poste d’ailier droit, Barreto se recentrait et la paire de 6 était composée de Coutadeur et Laçi. Score final : 1-1. L’ACA repart de Valenciennes avec un bon point pris à l’extérieur, ce qui permet à Olivier Pantaloni et à ses hommes de rester sur une série de quatre matchs consécutifs sans défaite à l’extérieur. Il faudrait maintenant bonifier ces points avec des victoires à domicile. Car si le contenu est bien meilleur qu’en début de saison, l’ACA fait du surplace en queue de classement. Mais pas d’inquiétude, la chance va tourner, l’ACA va enchaîner les victoires et on finira à la 11e place du classement à la trêve hivernale.

Au coup de sifflet final, direction les chiottes de la tribune de presse du Stade du Hainaut. Les couloirs pour y accéder sont en moquette fine, on a l’impression d’être à la maison, dans un bon confort. Une fois la porte des toilettes ouverte, c’est l’émerveillement (bon, j’exagère un peu). À l’intérieur, tout est noir mat, tout semble neuf. On y trouve tout ce dont on a besoin. Il y a du savon, de l’eau, un séchoir à mains, une chiotte qui ferme, du PQ… Tout est propre, sauf le tour de la cuvette du WC. Mais bon, ce n’est pas grave, c’est juste un mec qui a pissé à côté, mais il a une excuse : il faisait froid, il n’avait pas dû trouver sa bite. Allez, on met une note : 4,5/5. Bravo !

Il est maintenant l’heure de rentrer. Je vous laisse deux réflexions que j’ai eues sur la route du retour :

  • Je vous jure, la Red Bull de nuit, au retour d’un dép’, n’a pas le même goût que si tu la bois à un autre moment de ta vie. C’est exquis.
  • L’avantage d’avoir une voiture neuve sans lecteur CD mais avec la radio, c’est que tu peux retourner en enfance : ça m’a permis d’écouter la radio libre de Difool, de 21h à 00h. Chose que je n’avais plus fait depuis mes 15 ans. Et c’est toujours les mêmes, Romano, la Marie, Samy, Cédric le Belge. Ils parlent toujours des mêmes sujets : la sodomie, la Gothique etc… C’est incroyable de longévité. Comment est-ce possible ? Petite déception toutefois : le clash de la drague semble ne plus exister.

L’arrivée chez moi se fait aux alentours de 4h30 du matin. ET C’EST L’HEURE DU CASSE-CROUTE ! On décapsule la Jenlain IPA, on ouvre le Lucullus et on déguste. Je vais vous dire ce qu’est le Lucullus : c’est tout simplement un bloc de foie gras marbré avec des couches de langue de bœuf. Ça ressemble à de la pâté pour chat, mais c’est très bon. J’ai juste une question : pourquoi un truc fait avec du foie gras se retrouve spécialité de Valenciennes ? Merci d’avance pour vos réponses sur l’histoire du Lucullus. C’est le ventre plein et des souvenirs plein la tête que j’ai pu aller me coucher. En pensant déjà au prochain déplacement, à Niort.

Perfettu

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

Un commentaire

  1. Une voiture neuve, de la corruption (oui, j’assimile un cadeau comme un body à de la corruption. Prochaine étape, du Costière de Nîmes ?), une tribune confortable, du foie gras… Là, on est au-delà de l’embourgeoisement. Là, c’est carrément l’encartement à LREM (ou LR, c’est kif-kif) ! Je saurai à l’avenir que je pourrai vous demander conseil pour bien choisir les mocassins à glands.

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