Angleterre – RFA (4-2): La Three Lions fait dans la nostalgie

Salut les gueux !

Cette période de confinement est hautement intéressante à plusieurs titres :

  • Tu découvres qu’en télé-travail, tu en fais aussi peu que d’habitude, mais en slip. Et que tu n’as plus à écouter ton chef dans des réunions interminables. Non maintenant, tu dois faire « ooooh » quand son chat débarque à l’improviste sur Zoom , Teams ou Skype.
  • Tu peux prendre une picture de ton gamin, de ton laptop, de ta view à la fenêtre de ton desk et post sur LinkedIn pour montrer que tu t’amuses tellement en home-working.
  • Tu découvres que ton meilleur pote est hystérique et complotiste. Ou pire qu’il poste des photos de sa bouffe sur IG.
  • Ton voisin, qui n’a jamais couru de sa vie, vient de demander des conseils et du matos parce que c’est enfin l’occasion de se mettre au running. Il sera le premier à hurler « distance de sécurité » quand tu le doubleras sur un trottoir large d’un mètre, pendant ton entraînement fractionné ou ta sortie de 20 km.
  • Te découvrir une soudaine passion pour le bricolage ou le jardinage parce que Sophie W a autorisé la réouverture de ces magasins en Belgique.
  • Tu peux faire des chouettes quizzes et finalement te rendre compte que ta culture footballistique est ridicule.
  • Tu peux enfin regarder les matchs qui ont fait l’histoire de ton équipe favorite.

Comme par exemple, une finale de Coupe du Monde en 1966. Mais avec les yeux d’un supporter de 2020, c’est-à-dire avec les hypothèses suivantes:

  • Les joueurs vont forcément avoir les cheveux aussi longs que leurs shorts seront courts
  • L’Allemagne (de l’Ouest) va forcément avoir un jeu dur ; l’Angleterre faire du « kick & rush ».
  • Ca va être une bouillie stratégique sans rythme.

Un mot sur la Coupe du Monde 1966

Figurez-vous, mes bons, que la première mascotte de la Coupe du Monde date de 1966 et s’appelle Willie. C’est un peu comme si Footix s’était appelé Bitix. C’était le moment poésie, je vous en prie.

Willie donc.

Le Brésil (tenant du titre) de Pelé / Garrincha n’a pas passé les groupes, tout comme l’Italie, la France ou l’Espagne. Le Portugal d’Eusebio (meilleur buteur) sera éliminé par l’Angleterre de Banks / Charlton en demies, l’Allemagne de Beckenbauer éliminant l’Union Soviétique de Lev Yashin.

Les gars

La flemme, illustration.

Le match

Après quelques minutes à s’adapter au noir & blanc, le match est agréable à regarder. Les deux équipes jouent avec une justesse technique appréciable, essayant de multiplier les passes courtes ou longues et les transversales. Contrairement au jeu « moderne », il y a peu de dribbles et de tentatives de passer l’adversaire, même par la vitesse. Chaque dribble réussi entraîne d’ailleurs une belle clameur dans le stade.

Le match est lent d’après les standards modernes mais assez rythmé. Les joueurs ne font pas l’effort pour se replacer entre phase d’attaque et de défense; certains joueurs marchent. Le pressing est assez inexistant. Les deux équipes se procurent des belles actions de but et le jeu n’est pas haché par les fautes.

Le plan de jeu consiste à trouver le décalage ou l’homme libre dans les couloirs afin de centrer pour Peters ou Hurst. L’absence de latéraux (au sens moderne du terme) permet de nombreux centres, relativement bien contrés par le marquage individuel des défenseurs allemands.

Curieusement, le jeu au milieu est assez inexistant. Pas de construction, pas de complexité, pas de coulissement: les trois milieux anglais servent essentiellement de lien entre les attaquants et les défenseurs. Ce qui est en fait le principe de base, quand on y en pense.

Les deux équipes n’hésitent pas à tirer de loin, plutôt qu’à tenter d’entrer ballon au pied dans le but (une tare du football moderne,selon moi). Avec un succès assez mitigé et de nombreux journalistes amochés de part et d’autre des buts. L’Allemagne, une fois menée, va essentiellement jouer sur Beckenbauer placé devant la surface en situation de tir, sans succès.

Le jeu est correct mais viril. Les tacles sont maîtrisés mais décollés. Il me semble qu’il y a une sorte d’accord tacite entre tacleur / taclé je m’occupe du ballon, c’est à toi de sauter si tu ne veux pas être découpé. La rencontre a un très bon état d’esprit, les joueurs s’excusant d’une tape sur la main pour chaque faute sifflée. Pour information, les expulsions existaient déjà mais le carton jaune sera utilisé à partir de la Coupe du Monde suivante (1970 donc).

Les buts

-Centre mal repoussé par un défenseur anglais sur Haller qui bat Banks d’un tir croisé (0-1,12e).

-Centre de Moore sur coup-franc pour Hurst laissé seul par la défense allemande, qui marque de la tête. (1-1, 18e).

-Premier tir de Hurst contré par la défense. Cela revient sur Peters qui marque (2-1,77e).

-Double billard dans la surface anglaise, Weber conclut de près et envoie les deux équipes en prolongation (2-2,89e).

A noter qu’en 1966, il n’y a pas de remplacements (même sur blessure).

– Décalé à droite, Hurst tire sur la barre transversale. La balle rebondit-elle sur la ligne, derrière ou devant ? L’arbitre suisse accorde le but après consultation avec son assistant azéri. C’est le « Wembley Goal », (3-2, 98e).

-Lancé en contre, Hurst marque d’un tir direct alors qu’il avouera avoir voulu dégager le plus loin possible pour gagner du temps (4-2,120e).

L’Angleterre remporte la Coupe du Monde 1966 à domicile !

Quelques commentaires

La caméra est relativement loin du terrain, il n’y a pas de gros plan sur tel ou tel joueur. Pas de gros plans sur Kiki qui crache ou sur FloTov qui râle, c’est agréable d’avoir du recul sur l’action. Pas de ralenti sur chaque action ou chaque faute, juste un ralenti (et un seul!) par but. Pas de publicités autour du terrain, pas de pop-up publicitaires à l’écran et surtout pas de temps affiché à l’écran. Juste ça de temps à autre :

Le chronomètre de ton prof d’EPS.

L’arbitre est assez guignolesque dans le sens Chaplin du terme donnant des remontrances les mains sur les hanches. J’imagine que le noir & blanc y contribue. Il communique avec les joueurs et explique avec moult gestes les fautes. Il n’y a pas de réclamation avant ou après fautes, ce qui change et est fort agréable.

Le capitaine anglais (Moore) est le premier à recevoir la Coupe des mains de la Reine, ce qui évite cette longue attente et file de joueurs avant de brandir la coupe. Qui n’est d’ailleurs pas le trophée actuel.

Connaître le résultat à l’avance (forcément) n’empêche pas de ressentir un certain plaisir au coup de sifflet final. Pour conclure, ce fut une expérience intéressante et voir du football en cette période de sevrage est vivifiant !

A la prochaine ! Farewell !

Ken

Ken SingTown

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