Arsenal – Manchester United (1-3) : La Gunners Academy livre ses notes

Pour peu qu’on ait regardé le match comme moi, entre deux gorgées de bière au pub, sur un streaming de mauvaise qualité qui a eu le mérite de bouffer toute ma data (il faut définitivement que je change mon vieux forfait 5Go qui sent les pieds), on aurait pu croire qu’Arsenal avait encore sorti un gros match de merde. Le score pourrait laisser penser la même chose. On pourrait même se dire que vu la gueule des buts encaissés, c’était du classique de chez classique. Alors moui, c’est vrai, on a une nouvelle fois pris des buts de cons et perdu un match sur nos lacunes défensives, aussi ponctuelles furent-elles. Mais dans le contenu, c’était quand même bien différent.

C’était même pas mal du tout. Après des semaines et des semaines à demander plus de contrôle sur le match, Unai a enfin eu ce qu’il voulait : beaucoup de ballon, une grosse présence dans la moitié adverse, quasiment aucune place laissée pour notre adversaire du soir durant l’essentiel de la partie. Tout ça, c’est très bien, mais ça n’a fait que souligner nos difficultés récentes dans l’animation offensive et le manque de liant entre le milieu et l’attaque. Tenir le cuir, mettre la pression, empêcher de jouer, on l’a très bien fait et forcément, on en a tiré quelques situations intéressantes. Peut-être même qu’en gardant nos deux défenseurs titulaires sur le terrain, on aurait tranquillement fini par prendre le dessus sur une équipe d’United toujours bien fébrile, et qui avait accepté de jouer sur le reculoir.

Seulement voilà : on s’est trop souvent rétrouvés contraints, comme dans un étrange revival des dernières années d’Arsène, de faire tourner la balle de manière complètement stérile autour de la surface, sans pouvoir déclencher LE mouvement qui déséquilibrerait le bloc mancunien. Arsenal a eu des situations intéressantes par la force des choses, oui, mais en termes de ratio, c’était loin d’être suffisant. Et on a fini par payer ce manque de mordant après les sorties consécutives de Sokratis et de Koscielny : deux buts coup sur coup à la demi-heure de jeu, deux erreurs défensives colossales – individuelles ou collectives – qui ont placé MU dans la position idéale pour attendre et nous punir. Il a fallu attendre les dernières minutes du match, il a fallu qu’ils encaissent un premier but d’Aubameyang avant la pause et qu’ils résistent aux assauts répétés des Gunners pendant toute la deuxième période, que Romero sorte un arrêt réflexe sur une tête à bout portant de Ramsey, avant de pouvoir enfin mettre un terme aux débats sur un dernier contre.

Sensation bizarre donc. La frustration par rapport à un match qu’on aurait pu, qu’on aurait dû gagner ? Certes. Mais je crois que je préfère l’avoir perdu, en sachant qu’on a vraiment montré des choses, plutôt que se faire sortir sans aucune perspective. Unai a dit après la rencontre que la victoire s’était faite sur des détails. Je suis rarement d’accord avec ce genre de déclaration, mais en l’occurrence, je crois qu’il a raison. Maintenant, il va falloir régler encore la mire. Il veut être pragmatique, s’adapter à différents adversaires, différentes situations? Soit, mais il va falloir aussi adapter son jeu, y compris avec le ballon. A trop travailler dans les espaces, on est devenus incapables de faire éclater des blocs très bas et très compacts. Il va falloir adapter sa composition aussi. Des gars comme Ramsey et Aubameyang sont des bouffeurs d’espaces, pas des joueurs de petit périmètre. Enfin, il va falloir continuer de bosser derrière, malchance ou pas. Parce que prendre des buts aussi bidons, c’est vraiment plus possible.

CECH : 2/5
Pas franchement incisif dans les pieds d’Alexis, il oublie de se détendre sur le plat du pied tout moisi de Lingard. Si on ajoute à ça un jeu au pied toujours très délicat, on finit par se dire qu’il commence à faire ses 36 ans ce grand homme…

SOKRATIS : N/N
Démarrait bien son match avant de se tordre le genou sur un atterrissage foireux. Le voir maudire tout le panthéon grec au moment de sa sortie, c’était beau à voir, il y a de la niak et de la rage chez ce garçon. Ce serait bien qu’il les utilise à bon escient maintenant. Rendez-vous dans un mois.

KOSCIELNY : 3/5
Pas aidé par ses latéraux – l’un trahit l’alignement, l’autre oublie complètement un type dans son dos – abandonné par son partenaire initial, il a fini cette belle soirée par un déboitage de mâchoire sur un geste accidentel de Lukaku. A l’heure qu’il est, il mange à la paille.

MAITLAND-NILES : 2/5
De la volonté, mais pas assez pour camoufler le fait qu’il se soit fait marcher dessus. En wing-back, ça passe, en latéral, il risque de nous poser des soucis – et malheureusement, on y gagne pas tant que ça niveau projection.

KOLASINAC : 2/5
Même problème que pour AMN. Son entente avec Iwobi a illuminé le côté gauche de notre attaque pendant une heure. Mais alors, derrière, c’est la noyade. Le deuxième but est presque entièrement pour sa pomme, je conçois même pas qu’on puisse oublier un marquage comme ça à ce niveau.

TORREIRA : 2/5
En retard au marque de Pogba sur le premier but tandis qu’il le laisse complètement perforer dans l’axe sur le troisième. A côté de ça, son match est solide, mais il doit empêcher ce genre d’actions.

XHAKA : 3/5
De belles orientations, c’était un match pour lui ça. Balancer le ballon de gauche à droite, trouver le latéral opposé pour accélérer et déstabiliser, se regarder le nombril en faisant de jolis intérieurs du pied… Et puis, et puis, on a perdu Sokratis, puis Koscielny et il a fini en défense centrale où il a fait un job à peu près correct. Dommage qu’il ait tenté de battre le record de performance sur l’épreuve du 100m reculage, dite de Samuel Umtiti.

RAMSEY : 2/5
Pas à son aise. Sa version du numéro 10, qui se constitue surtout de courses dans tous les sens, s’est montrée beaucoup moins utile face au bloc de MU. Il n’a pas la capacité à briser les lignes par une passe et ça s’est ressenti. Son entente avec Lacazette est bancale, et ils n’ont pas arrêté de se marcher dessus et de se chicaner.

IWOBI : 4/5
Allez une note encourageante parce que dans ce genre de match, il arrive souvent à faire la différence, et il l’a montré encore vendredi soir – on attend toujours qu’Ashley pas-si-Young réussisse à l’attraper. Sa qualité de centre commence à vraiment s’affirmer, il s’agirait maintenant d’assurer les passes basiques, et on pourra peut-être en faire quelque chose.

AUBAMEYANG : 2/5
De l’envie, des replis, mais des mauvais choix à la pelle. Son but est un monstrueux coup de cul qui camoufle sa relative inutilité sur des matchs aussi fermés. Unai en viendra-t-il à la sortir un jour?

LACAZETTE : 2/5
Mppfffcrr. Je suis dur. Parce qu’il donne tout, qu’il propose, qu’il replie à fond pour récupérer des ballons dans les pieds adverses, qu’il arrive encore à se procurer quelques occasions. Mais il n’a pas réussi à se montrer assez dangereux – des frappes à chaque fois trop axiales pour être inquiétantes – et sa tendance à tenter de fluidifier le jeu en une touche peut parfois lui péter à la gueule cf sa talonnade osée au milieu du terrain, qui amène le dernier but de MU.

MUSTAFI (pour Sokratis à la 21e minute) : Ne s’est pas fait remarquer par sa traditionnelle grande bouche-slash-nullité. Alors on dit merci, et on se tait.

GUENDOUZI (pour Koscielny à la 65e minute) : Quelle prestance. Quel volume. Quelle aisance. Cesc? C’est ton âme qui s’est réincarnée dans ce corps frêle au bout touffu?

ÖZIL (pour Iwobi à la 65e minute): Olala, mais quelle souffrance de le voir là… Il y croit cinq minutes, lâche deux-trois passes sympas, et après rideau, il trimballe sa peine sur le terrain au point que ça en devient pitoyable. Va falloir prendre une décision avec lui, ça devient urgent.

Et ben, c’est quand même vachement plus classe de voir Ole sur le banc que l’autre tartuffe de centre commercial. « Football heritage« , qu’il disait. Bah tiens, en voilà. D’ailleurs, comme on est pas des bêtes, vous pouvez aller lire l’avis de Bobby Carlton. Il se la raconte un peu pour un mec qui revient de si loin, mais faut le comprendre, il a redécouvert le football il y a peu.

Une pièce de connards en trois actes : un coup de tête inutile de Kolasinac, dont la finesse est toujours aussi épatante ; une réaction merdique de Lingard, terriblement régulier quand il s’agit de ramener sa petit gueule de fouille-merde ; et enfin, un magnifique lancer de pièce de monnaie de la part d’un doux abruti dans nos rangs. On a vraiment pas besoin de ça, là tout de suite.

Unai a les dents luisantes et jaunâtres d’un fumeur. Vu comme il a l’air stressé, ça m’étonnerait pas qu’il se descende un paquet de sans filtre par jour de match, pépère.

Sur le terrain des négociations, les choses avancent. Denis Suarez devrait bientôt passer sa visite médicale (on a réussi à obtenir un prêt payant avec option d’achat cet été), tandis que Perisic et Carrasco font partie des dossiers en cours.

Le Père Fidalbion

J'ai décidé de supporter Arsenal grâce à FIFA 99 : y avait Dennis Bergkamp sur la jaquette et c'était la première équipe disponible dans l'ordre alphabétique. Ce jour-là, j'aurais mieux fait de me péter une jambe.

2 Comments

  1. Vous perdez en jouant bien, nous gagnons en étant nuls. Je vous propose que l’on fusionne, l’Europe du football n’aura qu’à bien se tenir. En plus vous récupéreriez Wojciech et vous garderiez Ramsey. Par contre en coupe d’Europe ça risque d’être compliqué.

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