Crystal Palace – Arsenal (2-2) : La Gunners Academy livre ses notes

Le train Unai s’arrête en gare de Palace.

Il fallait bien que la série s’arrête. Après tout, on était tous conscients des lacunes de cette équipe, ce n’est donc pas si étonnant qu’on finisse par se faire accrocher, qui plus est à l’extérieur, qui plus est à Crystal Palace. Ça fait juste chier par rapport à la manière, à cette baisse de combativité, à ce manque de percussion et de cohérence. Arsenal n’a pas perdu à Palace, mais bizarrement ce nul a comme un goût de défaite. Parce que pas une minute sur les quatre-vingt-dix on a été capables de produire notre jeu. Emery avait pourtant sélectionné un onze assez costaud, et ce même si Xhaka était à nouveau aligné à gauche pour compenser les absences de Monreal et Kolasinac. Mais il faut saluer le travail d’observation qui a été fait du côté de Palace et qui a rendu les Gunners presque inoffensifs en première période. Papy Hodgson avait en effet mis en place un bloc particulièrement dense dans l’axe, laissant le loisir aux latéraux de chercher directement Aubam’ ou Iwobi le long de la touche, mais avec une réussite forcément limitée puisque sans fixation vers l’intérieur. La paire Torreira-Guendouzi, alignée à plat au milieu, a quant à elle peiné à trouver la verticalité, avec un Özil complètement absorbé par le dispositif adverse, contraint de dézoner. Arsenal s’est donc retrouvé sans lien direct entre son attaque et son milieu pendant l’essentiel du match.

La première période n’est pas dégueulasse pour autant, on garde le ballon, on s’offre même deux occasions franches en passant par les côtés : une première frappe du gauche de Lacaz’, qui se loupe en perdant ses appuis, et une autre que Bellerin vendange, seule au point de penalty. Mais derrière, chaque percé balle au pied de Zaha ou de Townsend nous a posé problème. Grâce aux percussions de ces deux seuls joueurs – dont l’un est quand même l’archétype du squatteur de city-stade – Palace a réussi à chaque fois à s’approcher des buts, pour finir par s’offrir des occasions : un poteau d’abord, puis un loupé colossal de Townsend à cinq mètres des cages alors que toute la défense avait pris le bouillon. Jusqu’à un grand final mustafien à la 45e , qui voit l’Allemand toujours très sûr de son fait, se jeter comme un bienheureux sur un ballon de corner dévié pour atterrir deux secondes plus tard sur les chevilles de Kouyaté. Penalty, 1-0, merci Shkodran, tu ne déçois jamais.

On aurait pu espérer que la deuxième période soit différente. Question d’habitude. Mais elle a juste confirmé qu’on était passés à côté du match. Alors oui, vous allez me dire, on est revenus au score. Grâce à un pétard magique de Xhaka sur coup-franc, qui expédie le ballon dans la lunette d’Hennessey depuis l’angle droit de la surface. Et grâce à un corner de raccroc entaché d’une grosse main de Lacazette. Bien sûr, on prend, on prend tout. Mais disons qu’en termes de style, de domination, de niveau de jeu, c’est pas exactement ce qu’on peut appeler une réussite. Et ça s’est confirmé par la suite : à 2-1, Arsenal n’attaque plus et se coupe en deux défensivement cette fois. Le no man’s land entre Torreira et Guendouzi d’une part et Lacazette-Özil d’autre part se peuple de joueurs de Palace qui nous font courir comme des Garenne. Le pressing est bordélique, même si les hommes d’Hodgson ne sont pas de brillants techniciens, on ne remet plus le pied sur le ballon. Ils s’approchent à nouveau des cages. Meyer, entré en cours de jeu, touche l’équerre de Leno – non ce n’est pas sale. Zaha torture Lichsteiner, venu suppléer un Bellerin touché. Et finalement sur un énième contre durant les dernières minutes de jeu, Xhaka finit par le faire tomber dans la surface. 2-2, score final. Et on s’en sort pas trop mal. Encore une fois, Palace n’a pas été transcendant. Mais Arsenal n’a quasiment rien montré, et d’habitude ce genre de performance se paie cher. On a eu du cul, il s’agit de redresser la barre avant Liverpool.

LENO : 2/5
Première vraie titularisation devant Cech, qui était revenu de blessure pour Bernd – oui, on oublie un peu trop qu’il a un nom de chiotte. Et dans l’ensemble, c’est propre : son jeu au pied est toujours aussi clean, il fait les sorties qu’il faut… sauf sur le corner qui amène le premier penalty, où il part complètement à la pêche. Sanction.

BELLERIN : 3/5
Noté sur quarante-cinq minutes seulement. Plutôt une bonne perf’ pour notre gravure de mode locale. Il a débloqué quelques situations par son apport offensif, et s’est montré plutôt appliqué derrière – même s’il reste un adepte du recul-frein constant. Par contre, louper un ballon en or, tout seul, au point de penalty, c’est goulag.

MUSTAFI : 2/5
Quand même un sacré morceau de débilos. Le mec ne sait pas jouer sans se jeter par terre. Un clébard.

HOLDING : 4/5
Le petit gars qui monte. Je suis à chaque match un peu plus épaté par sa sérénité, y compris sous la pression, sa faculté à rester propre dans ses interventions et à choisir la bonne option à la relance. Il est vraiment en train de devenir quelqu’un.

XHAKA : 3/5
Oui, bon bah. Voilà, hein. Il se fait péter sur un duel avec Zaha, en toute fin de match, sur un contre. C’est pas son poste quoi, le mec est habitué à pouvoir mettre des coups gratos et à prendre son carton jaune par match. Là, la moitié du temps il doit défendre dans sa surface. Il sait pas faire. Heureusement, il a un pied, c’est le petit Jésus en culotte de velours. S’il travaille, il est bien possible qu’il en mette quelques-uns des coups-francs cette saison.

TORREIRA : 3/5
A l’exception d’une poignée de ballons perdus (parfois un peu bêtement, parfois parce qu’il se fait bouger), ce garçon est terriblement précieux et il nous a permis de surnager pendant les gros temps forts de Palace.

GUENDOUZI : 3/5
Lui aussi, très grosse partie. Volontaire, bagarreur quand il faut, il ne lui a manqué que la passe qui casse les lignes pour parfaire sa prestation. Avec Özil devant lui, il a eu tendance à rester trop bas, à la hauteur de Torreira alors qu’on aurait eu besoin qu’il apporte le surnombre.

ÖZIL : 1/5
Épinglé par un dispositif qui l’a mis en difficulté, il a essayé de dézoner, de trouver un espace pour se remettre dans le sens du jeu, toucher le ballon. Mais on ne l’a jamais vraiment trouvé, à l’exception de cette passe lumineuse pour l’occasion de Bellerin en première. Ça fait maigre, et il faut qu’il trouve le moyen de contourner ce genre d’obstacles, parce que ça risque quand même d’arriver souvent, hein.

IWOBI : 2/5
Volontaire défensivement, et c’est une bonne chose parce que devant on a retrouvé le type ultra-brouillon de l’année passée. Mais si, vous savez, celui qui fait son dribble et qui lève la tête après s’être enfermé dans un tunnel de jambes ?

AUBAMEYANG : 4/5
Une bonne note pour récompenser son match engagé alors que, quand même, on lui a pas filé grand-chose à se mettre sous la dent. Il sort complètement carbo après avoir multiplié les replis, les duels aériens, et même les tacles. Un but arraché en bonus. Il était au rendez-vous, ça fait plaisir.

LACAZETTE : 1/5
Match compliqué. Peu de ballons, un gros loupé, pas mal de mauvais choix – même s’il a participé à fluidifier le jeu par moments. Et cette main aussi stupide qu’inutile, qui aurait pu nous valoir un but refusé. C’est Gromerdier qui va être content, tiens.

LICHSTEINER (pour Bellerin à la mi-temps) : En district, tu fais rentrer le gros Bouboule pour mettre des chasses au petit milieu qui met la misère aux copains depuis 60 minutes. Nous, on fait rentrer Lichtsteiner pour attendrir les tibias d’un joueur de futsal dès la mi-temps. Thug life mon gars.

WELBECK (pour Özil à la 68e minute) : A un moment, il a fait un sprint, il a éliminé trois joueurs. C’était bien.

RAMSEY (pour Aubameyang à la 78e minute) : Il commence à s’habituer à faire banquette je crois. Là, y a même Guendouzi qui lui est passé devant. L’équipe vit bien.

Je m’excuse à nouveau de mon timing mertesacké. Ça devrait rentrer dans l’ordre dans les prochaines semaines, question de contraintes professionnelles et d’emploi du temps macroniste.

Toujours aussi sympa, Selhurst Park. Grosse ambiance, tout le monde reste jusqu’au coup de sifflet final. On vous recommande pour vos balades londoniennes.

En face, on a retrouvé l’inévitable Mamad’ Sakho ainsi que Jordan Ayew ou encore l’un de nos anciens voisins bruyants en la personne d’Andy Townsend.

Ce maillot turquoise est vraiment une atrocité. Puma va s’en aller sans qu’on les pleure. Oui, pour ceux qui seraient passés à côté, c’est Adidas qui deviendra notre équipementier à partir de 2019. En lâchant un gros chèque au passage.

Le Père Fidalbion

J'ai décidé de supporter Arsenal grâce à FIFA 99 : y avait Dennis Bergkamp sur la jaquette et c'était la première équipe disponible dans l'ordre alphabétique. Ce jour-là, j'aurais mieux fait de me péter une jambe.

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