La Bianconero Académie n’est pas d’humeur

On s’en branle.

Maintenant qu’on va pouvoir se déconfiner pépère, aller infecter les grands-parents de nos chiards en leur toussant à la gueule, remplissant ainsi les chambres froides des restos vides de cercueils pour ne pas que la puanteur n’envahisse les rues de nos belles (non) cités, qu’on va pouvoir détester notre prochain un peu plus concrètement que derrière un écran en croisant son regard nîmoisement dans les transports en commun fraîchement upgradés pour que le capitalisme puisse continuer à nous dévorer dans la joie tout en respectant les gestes barrières donc ça va… Maintenant que nos misérables existences vont reprendre leur cours, il va falloir faire semblant de s’intéresser au football de nouveau. Pour le bien de tous, mais surtout de ceux qui ramassent le pognon magique de dingue.


On a tous vu la même chose pendant ce confinement. Beaucoup de porno de qualité variable, mais aussi des dirigeants et des instances footballistiques se livrant à d’absurdes joutes pour savoir comment serait résolue la question du calendrier. Saison blanche ? Matches allers uniquement pris en compte ? Reprise ? Classement au prorata de chépaquoi ? Le bon sens ferait passer l’aspect sanitaire avant le profit. Mais personne n’est assez con pour y croire, si ? Le cynisme de la politique professionnelle a depuis longtemps infecté le ballon. Donc on lit les déclarations des Aulas, Eyraud, Lotito et tant d’autres avec une bassine sous le coude pour dégueuler proprement. Tout le monde n’en a que pour sa chapelle et se fout bien de la santé des autres. Les gens peuvent bien crever, il faut bien que la machine tourne. Je vous épargne le laïus sur la gestion de certains clubs à propos des salaires des joueurs, la bassine n’est pas assez profonde et je vais en foutre partout sur le tapis.


Le jeu « football » n’est plus qu’un prétexte, et c’est pour cela que je disais qu’il allait falloir faire semblant de s’y intéresser de nouveau. Je dis nous mais je ne veux pas parler pour vous hein. Je me suis émerveillé des centaines, des milliers de fois devant un match de ballon. Seul ou entouré, peu importe. Mais je ne sais pas quand est-ce que ça m’est arrivé pour la dernière fois. Et ce que l’on entrevoit du foot d’après ne fait pas rêver. Du moins pas les rêves sympas mais louches que Camelus nous narre sur Twitter.

Le football qui s’offre à nous est froid et factice comme les implants mammaires de Lolo Ferrari.

Je ne serais pas étonné de le voir, à l’instar du capitalisme, déployer des mécanismes de préservation nauséabonds. L’arlésienne de la Ligue des champions-Disney dont on parle mais pas trop, mais quand-même un peu depuis des années, pourrait bien arriver plus tôt pour compenser les pertes des pauvres clubs. On verra. Je dis peut-être n’importe quoi. Je suis même pas bourré. C’est sûrement ça le problème. Je me prétends pas expert de quoi que ce soit, mais avouez que la tendance est à la nécrose de ce qui nous a fait aimer le football la première fois : le jeu. Certains d’entre vous arrivent à faire abstraction du Moloch libéral en se concentrant sur la tactique et franchement je ne sais pas si je dois vous envier ou vous plaindre. Vous arrivez à prolonger l’amour que vous avez pour le ballon et je vous jalouse un peu pour ça je crois, comme je jalouse le chien qui dit IT’S FINE dans une baraque qui crame.

Les stades d’Italia 90 construits en Lego chez Nono en jouant à Toto Schilacci des aprèms entières, l’OM, l’Ajax de Van Gaal, ma Juve héroïque de 96, Robbie Fowler, le but du Scudetto à San Siro, Istanbul, la Squadra qui pleure, puis qui triomphe… Tout ça appartient à une autre vie, à un autre sport. Je vous emmerde avec ma nostalgie de pseudo vieux réac’ du foot hein ? Au lieu de me faire chantre du cétémieuavantisme, je ferais peut-être mieux d’essayer de changer le foot à mon échelle de péquenaud au lieu de bavasser ici sur le monde d’avant. Ouais, il faudrait que je fasse ça.

Mais je préfère me plaindre mollement via un billet d’humeur, c’est plus facile. C’est comme voter pour que les choses changent.

Une conclusion peut-être ? J’ai enfoncé quelques portes ouvertes, usé de poncifs demi-gauchiasses ascendant scorpion, tout ça pour rien dire et surtout pour ne pas parler de foot et encore moins de la Juve. Ça ressemble beaucoup à la Bianconero Académie en fait ! Mais le plus important, c’est de vous avoir fait passer cinq minutes dans une journée qui ressemble à hier et à demain en même temps. Le reste, c’est comme le foot : on s’en branle.



Fino Anal Fine.



Roberto.

Roberto Bettégras

Humain, donc ordure.

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