La Calcio Académie vous présente la 5e journée de Serie A (20-21)

Ciao ragazzi,

On vit une drôle de période. L’AC Milan ne perd plus, la Juve n’écrase pas tout, le Napoli est encore à peu près serein, la Samp ne fait plus pitié et Lo Spezia Calcio rêve du maintien… C’est quoi ce bordel ?
Il reste heureusement nos arbitres pour nous faire rigoler. Les penalties s’enchaînent avec une frénésie confondante. Ils sifflent tout et n’importe quoi et surtout n’importe quoi. Chaque week-end c’est le même cirque, le même sketch. Tout est bon pour faire augmenter la moyenne de buts ?

Faut reprendre les bases


Genoa – Inter (0-2) :

L’Inter est encore malade après sa défaite dans le derby. Pour se remettre d’aplomb, rien ne vaut un affrontement contre le Genoa. Après un match sans excitation ni suspense, les hommes de Conte ont rempli le contrat et sauvé l’honneur. Lukaku inscrit un but tout en puissance et D’Ambrosio vient pousser le ballon après une brillante déviation de Ranocchia.
A noter du côté Interiste, la bonne performance d’ensemble de Matteo Darmian et le match impeccable de Nicolo Barella. Cet Inter n’est toujours pas guéri mais le traitement semble efficace.

Buteurs : Lukaku (64′) et D’Ambrosio (79′)


Parme – Spezia (2-2) :

La Spezia n’a pas fait le court déplacement jusqu’à Parme pour faire de la figuration. Le petit poucet du Calcio a encore surpris son monde. À ce rythme, on va commencer à rêver du maintien chez les Aquilotti. Nous vous avions présenté quelques joueurs en début d’année. Le ghanéen Gyasi a comme prévu gagner sa place dans le onze. La Spezia Calcio aurait mérité de l’emporter. Par trois fois, ils ont touché les montants et on ne compte pas les occasions franches gâchées après une dernière passe précipitée et un crochet inutile. Mais l’arbitrage en a décidé autrement. En accordant un penalty varesque aux locaux, l’arbitre a offert un cadeau inespéré aux hommes de Liverani. Cependant l’avenir s’annonce bien sombre si les Parmesans ne parviennent pas à jouer un peu plus en équipe. Les individualités sont encore là mais elles ne suffiront pas à se sauver.
De son coté, La Spezia surprend. Le Colombien (Kevin de son prénom, et oui même en Colombie) Agudelo, prêté par le Genoa et Agoumé, prêté par l’Inter, ont vraiment apporté un truc en plus à cette équipe. L’impossible devient envisageable et on ne va pas se mentir, on s’en réjouit !

Buteurs : Gagliolo (34′), Kucka (92′) / Chabot (28′), Agudelo (31′)


Atalanta – Sampdoria (1-3) :

La Sampdoria a retenu la leçon de la saison dernière. Les hommes de Ranieri abordent le championnat comme des morts de faim. Si le jeu n’est pas toujours au rendez-vous, force est de constater que l’ensemble collectif est plutôt solide et cohérent. L’équipe ne ressemble plus à une passoire géante, une essoreuse grandeur nature qui asséchait le talent des quelques jeunes espoirs lancés en désespoir de cause.
Après un début de saison canon, l’Atalanta restait sur une défaite humiliante contre le Napoli. Malgré la Ligue des champions qui approchait et la future réception de l’Ajax, Gasperini n’avait pas vraiment le choix : il fallait s’imposer contre les Ligures. Il laisse sur le banc Zapata et Muriel. Ilicic et Papu Gomez portent les ambitions collectives. Et ça commence plutôt bien. L’Atalanta a le ballon. Les Lombards jouent haut et menacent la Samp’. Après un jeu en 1-2-3 (passe et va puis remise en profondeur), Gomez est à deux doigts d’ouvrir le score. La chance est passée, elle ne reviendra plus.
Si la Sampdoria ne brille pas spécialement dans le jeu, elle réagit en équipe. Elle défend comme elle peut et tente des contres éclairs. Le jeune Danois Damsgaard trouve Quagliarella d’une passe remarquable. L’international Italien ne souffre plus de ses rhumatismes. Il fait son combo habituel, un crochet sur le côté qui décentre et une frappe décroisée puissante et imparable. La Sampdoria n’est pas venu faire de la figuration. Une nouvelle fois, un joueur du grand nord vient les délivrer. Thorsby est norvégien. Il a du football plein les pattes et une gueule à passer pour le fils de Boris Johnson dans les pubs à Oslo (ça doit exister, faut juste être prêt à payer sa pinte cinq cent boules). C’est de sa tête que le Norvégien parviendra à creuser le score et tuer le match définitivement. Il profite du travail admirable une nouvelle fois de son Danois. On tient un sacré joueur. Ranieri le sait.

Oui faut déjà être un peu bourré pour le prendre pour le fils de Boris.

La fin du match est anecdotique. L’Atalanta passe complètement à coté de son sujet. Sans un « pénalty varesque », la Dea n’aurait jamais su comment marquer. Jantko vient même pousser la blague en inscrivant le troisième but. On ne sait jamais, un recruteur passait peut-être par là…

Buteurs : Muriel  (80′) / Quagliarella (13′), Thorsby (59′) , Jantko (91′)


Fiorentina – Udinese (3-2) :

C’était LE match de Castrovili.
On vous a déjà parlé de ce très bon numéro 10 de la Fiorentina, un peu dans l’ombre des fantaisies techniques de Ribery mais remarquablement juste et décisif. Dans ce match, deux buts et une passe décisive pour lui, rien que ça.
Numéro dix dans le dos, l’Italien de vingt-trois ans a permis à la Fio de gagner un match qui l’empêche de toucher la zone rouge. En face, l’Udine n’a pas déçu mais le doublé de Stefano Okaka ne change pas l’issue de la partie. Quatre défaites en cinq matchs pour les Frioulans, ça commence à sentir mauvais quand même.

Buteurs : Castrovili (11’, 51’), Milenkovic (21’) ; Okaka (43’, 86’)


Benevento – Napoli (1-2) :

Les deux frères qui s’affrontent dans le derby de la Campanie, Antonio et Lorenzo, l’un avec Benevento, l’autre capitaine du Napoli, les deux buteurs ce dimanche après-midi… comme un signe.
Antonio Insigne marque le premier but du match et permet à Benevento de matérialiser son bon début de match. Belle petite équipe que ce promu avec déjà deux victoires en cinq matchs et un jeu offensif plaisant.
Naples entre finalement dans son match et torpille le but de Montipo. La barre, le gardien…, finalement la montre de l’arbitre accorde un but magnifique à Lorenzo Insigne, qui enroule (comme d’habitude) du pied gauche : barre rentrante derrière la ligne. La révolte est sonnée et signera, grâce au buffle Petagna, la fin de Benevento quelques minutes plus tard.
Gattuso gagne finalement le derby contre son ami Inzaghi. Les nostalgiques du Calcio auront la larme à l’œil mais un petit sourire en coin… car c’est une certitude, on n’a pas fini de voir les deux anciennes bandiere du Milan sur les bancs de touche de Serie A.

Buteurs : Insigne (30’) ; Insigne (60’), Petagna (67’)


Lazio – Bologne (2-1) :

Pas le match le plus fendart du weekend, en même temps le cru Laziale 2020-2021 n’est pas le plus excitant pour le moment… et c’est tout d’abord la VAR qui sauve les Biancocelesti d’une douche froide avec ce but refusé pour Bologne. La Lazio répond timidement mais après la vidéo, c’est la barre de Reina qui fait tomber le ballon du bon côté du but et qui empêche Bologne de marquer. Dans les cas-là, comme souvent, tel est pris qui croyait prendre et Luis Alberto ouvre le score avant qu’Immobile ne double la mise en fin de match. Bologne pourra revenir à la 91e, ça n’y changera rien, la Lazio s’impose en patron mais toujours sans convaincre. Trois points qui donnent de l’air.

Buteurs : Luis Alberto (54’), Immobile (76’) ; De Silvestri (91’)


Cagliari – Crotone (4-2) :

La chasse d’eau qui attend mes petites crottes en fin de saison s’annonce brutale et sans pitié. Je les aime bien, mais Cagliari avait plus la dalle. Laissons-les tout de même profiter de leur tour de Serie A en entier, ils l’ont bien mérité. Et en même temps on n’a aucun pouvoir pour leur interdire quoi que ce soit. On est juste des branleurs derrière nos ordis, nos claviers pleins de poils pubiens et de miettes de curly.

Enjoy the ride, poops.

Les buteurs : Lykogiannis (25e) Simeone (35e) Sottil (45e) et Galvao (84e) pour Cagliari, Mesias (21e) et Molina (43e) pour Crotone.


Milan – AS Roma (3-3) :

Donnarumma positif au covid la veille du match, c’est Tatarusanu qui prend place dans les buts du Milan… avec les risques que les tifosi imaginent. Cent pour cent de victoires pour le Milan, sage leader de Serie A qui accueille une Roma qui reprend du poil de la louve.
Leao, en bonne forme depuis le derby, envoie sur orbite un Ibrahimovic toujours plus vif que les défenseurs dès la deuxième minute. Bis repetita du derby. À peine quatorze minutes plus tard on se rend compte de la valeur de Donnarumma dans les buts du Milan. Corner romanista, sortie complètement loupée de Tatarusanu et Dzeko seul devant le but vide pour égaliser. Le manque de Gigio va faire mal à Milan encore quelques matchs. Début de match fou, attendez la suite.
Au retour des vestiaires, Leao, toujours lui, double son nombre de passes décisives et envoie Saelamaekers marquer un beau but. Après le show Leao, voici maintenant, à partir de la 71e, le show Giacomelli. L’homme en jaune a décidé de pourrir le match vingt minutes avant son coup de sifflet final : deux pénalties totalement invisibles, irréels, sifflés, l’un pour la Roma, l’autre pour Milan, qui donnent un but de plus à Veretout et à Ibrahimovic au classement des buteurs et qui chauffent des joueurs s’envoyant des taquets et récoltant des jaunes. Milan croit glaner une énième victoire mais la Roma a décidé de marquer tous ses buts sur coups de pieds arrêtés et égalise sur un nouveau corner en fin de match. Milan peut se bouffer les noix, la Roma continuer de bosser les phases arrêtées, et l’arbitre du jour réserver ses vacances pour les deux prochains mois, suspendu par la Serie A pour sa mauvaise copie du jour. Milan, toujours invaincu, toujours leader, une Roma qui remonte tranquillement la pente, tout le monde se fait la bise (avec distanciation), tout le monde est content.

Buteurs : Ibrahimovic (2′, 79′), Saelemaekers (47′) ; Dzeko (14′), Veretout (71′), Kumbulla (84′)


Sassuolo – Torino (3-3) :

La caution spectacle du Calcio. Sauf une. Sassuolo sexy, qui score sans s’arrêter, est cette fois tombé sur un os. Dans le brouillard/fumée de Turin, ce sont bien les Granata qui prennent l’avantage par Linetty. Le match est plaisant jusqu’aux vingt dernières minutes où il devient carrément dantesque©. Sassuolo se remet à y croire quand Duricic marque d’une superbe madjer (qui ne vaut rien face à l’immense Djamel Belmadi, rappelons-le). Mais voilà, l’immortel Belotti y va de son but, puis il sert Lukic qui finit d’enfoncer la saucisse. Il reste dix grosses minutes, le Toro tient sa victoire à la maison. Vraiment ? Chiriches marque sans aucun doute le but de la journée, une frappe Hagiesque (mais du droit ) qui ne laisse aucune chance à Sirigu. Mais Belotti n’est pas le seul immortel sur la pelouse. Caputo arrache le point du nul d’une jolie tête alors qu’il ne reste que quelques minutes à jouer. Calcio plaisir.

Les buteurs : Linetty (33e) Belotti (77e) et Djukic (79e) pour le Toro, Duricic (71e) Chiriches (84e) et Caputo (85e) pour les neroverdi.


Juventus – Hellas Verone (1-1) :

Retrouvez la magnifique Bianconera Academie, du non moins magnifique Roberto Bettegras, de retour du Jura, encore un peu ivre, pardonnez le. 


Note artistique de la journée : 4/5

Les journées se suivent et ne se ressemblent pas, mais le plaisir de voir le Calcio tuer le mythe d’un championnat frileux semaine après semaine ne connaît pas de limites. Enfin, il y en a bien une qui commence à nous faire chier mou. Que ce soit d’un côté des Alpes ou de l’autre, la morosité est de mise. La saloperie de Covid-19 n’en finit pas de tout remettre en cause. Le foot ne fait pas figure d’exception. On espère que vous êtes en bonne santé et que vos proches aussi, même si vous êtes tifoso de l’Inter (un enfoiré de bianconero a rédigé cette note artistique, saurez-vous le reconnaître ?).

Bacci anali de loin.

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même du Napoli.

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