La Calcio Académie vous présente la 9e journée de Serie A (20-21)

Ciao ragazzi,

Journée morose. Non pas par le spectacle : lui est toujours au rendez-vous. Non, journée morose parce que le joueur le plus fort que notre championnat n’ait jamais connu s’en est allé. Maradona n’était pas mon héros, après tout il est celui qui a fait gagner le Napoli, celui qui a fait cauchemarder Tardelli et Gentile en 82 (heureusement cette histoire-là finit bien). Mais il est aussi celui qui a qui a juré pendant les hymnes en finale du Mondial 90, celui qui s’amusait avec un ballon là où les autres jouaient – sinon sans âme, en tout cas avec moins d’âme que lui. Souvenez-vous sa détresse quand la FIFA l’a suspendu pour dopage, lui interdisant de jouer au football…

Vous me direz qu’à Turin on est toujours un peu plus sensibles au dopage qu’ailleurs, que les tricheurs ont fait la légende de notre club et que du coup ce n’est pas trahir que d’aimer un tricheur d’un club rival. Je ne sais pas si vous aurez raison ou pas, mais je peux vous dire une chose. C’est que si Diego n’était pas mon héros de son vivant, il l’est devenu dans la mort. Appelez-moi hipster de merde, opportuniste, ce que vous voulez. J’en ai rien à branler. J’aurais jamais pensé pleurer pour du foot une nouvelle fois, et pourtant… Et le Calcio dans tout ça ? Et bien le Calcio va bien. Sauf la Juve. Et Crotone. Ah, et Sassuolo. Et la Lazio. Bref, voici votre dose de football où on parle avec les mains (et aussi où on joue avec les mains parfois mais c’est une autre histoire).


Lazio – Udinese (1-3) :

Les animaux préhistoriques partouzeurs de droite n’y arrivent plus. Les Frioulans eux se la régalent. Une Lazio à mille lieues de la saison dernière n’a jamais fait illusion. Udine enchaîne et propose un contenu plutôt convaincant, laissant présager de nouveaux des jours heureux pour cette usine à talent emblématique de la Serie A. En tout cas on le leur souhaite.

Buteurs : Immobile (74e sp) pour la Lazio, Arsan (18e), Pussetto (45e +3) et Forestieri (71e ) pour Udine.


Benevento – Juve (1-1) résumé en une image :


Bologne – Crotone (1-0) :

Le Crotte Tour se poursuit, et les journées se suivent et se ressemblent pour elles. On prend le bus, le train, l’avion parfois quand il faut aller loin. Quelquefois on arrive la veille, d’autres on arrive le jour même. On joue tantôt avec le maillot domicile, tantôt avec celui extérieur. Mais au final, on encaisse et on perd. Les Bolognesi, eux, n’en demandaient pas tant. À croire que seuls les clubs piémontais sont incapables de gagner contre elles. Sacrées crottes va.

Buteur : Soriano (45e +2).


Milan – Fiorentina (2-0) :

Un Milan sans Ibrahimovic, Bennacer, Leao pour affronter la Fiorentina de Ribery et Castrovili qui se souviennent comme nous de leur victoire il y a un an contre ce même adversaire et sur ce même terrain. Même maillot, même tribunes (vides, cette fois), mais tout a changé dans les têtes, et notamment celles des Rossoneri.

Toujours invaincus en championnat et solides leaders de Serie A, les hommes de Pioli sont désormais en mission, bien menés par le Mister mais aussi par leur chef d’armes, le grand Suédois. Et comme toujours cette saison, Milan début bien en ouvrant le score. Sur corner, c’est Romagnoli, en difficulté ces derniers temps, qui se reprend au deuxième poteau. Dans la foulée, Saelemaekers, fauché dans la surface permet à Kessie de ne pas se louper et transformer un pénalty dont il hérite la responsabilité depuis qu’Ibrahimovic a délégué la fonction.

2-0 à la 25e, malgré un poteau trouvé par Castrovili : la Fiorentina s’embarque mal et peut même regarder les nuages quand Kessie se retrouve à nouveau face au gardien, sur le point de penalty. Grâce à Dragowski le score ne bouge pas et ne bougera plus jusqu’au coup de sifflet final, malgré le poteau de Çalhanoglu et les arrêts déterminants de Donnarumma, encore.

Milan n’avait jamais obtenu autant de points après neuf journées (sept victoires, deux nuls), la Fiorentina est 17e, bien mal en point.

Buteurs : Romagnoli (17’), Kessie (27’)


Torino – Sampdoria (2-2) :

Candreva-Quagliarella, 70 ans à eux deux, l’âge de retraités du football et pourtant héros de la Sampdoria ce soir face au Torino. Buteur et passeur décisif chacun, l’un pour l’autre à tour de rôle, c’est sur eux que compte Ranieri pour enrayer la machine granata dont l’obsolescence programmée a déjà quelques années d’avance.
Belotti et Meite marqueront côté Torino et le match nul n’arrange pas les locaux qui sont toujours relégables, à quelques jours du derby de Turin.

Buteurs : Belotti (25’), Meite (77’) ; Quagliarella (54’), Candreva (63’)


Atalanta – Verona (0-2) :

L’Atalanta est au bord de la crise. Nous exagérons un pochino bien sur. La Dea a eu les occasions pour faire la différence. Ilicic ou encore Muriel manquent de lucidité et loupent le cadre. L’Hellas en profite. Nous vous avons déjà vanté les mérites de Juric. Ses hommes vont se rappeler à notre bon souvenir. L’intenable Zaccagni s’amuse dans la défense. Les Bergamasques n’y sont plus. Les Venitiens l’emportent contre le cours du jeu. Visiblement le rythme effréné du début de saison fait souffrir les clubs qualifiés en Ligue des Champions. Un problème qui ne concerne absolument pas le Milan AC.

Buteurs : Veloso (62e), Zaccagni (83e)

Remède à la mélancolie : Une bonne assiette de Casoncelli alla Bergamasca


Genoa – Parma (1-2) :

C’était le show Gervinho. Un doublé, une barre, beaucoup d’occases ratées, il aurait pu en mettre quatre ou cinq avec un peu plus d’efficacité. C’était assez pour donner la victoire aux parmesans, mais le Genoa peut se bouffer les couilles car ils ont, eux aussi, eu beaucoup d’occasions malheureusement bien arrêtées par le gardien du Parma Calcio. Scamacca, Pandev, Badelj, Sturaro notamment peuvent avoir des regrets.

Buteurs : Shomurodov (50’) ; Gervinho (10’, 47’)


Sassuolo – Inter (0-3) :

Ahhh il valait mieux ne pas arriver en retard, en ce samedi après-midi ensoleillé, au Mapei Stadium. Remarquez, y a pas trop de danger que ça arrive, les matchs se jouent encore et toujours à huis-clos. Les tribunes ne résonnent plus, elles sont plantées là, vaguement utiles pour afficher un joli panneau d’affichage et y glisser quelques publicités. Elles sont là posées comme des vestiges d’un passé pas si lointain, pour nous rappeler avec mélancolie le football d’avant. Nous nous perdons en conjecture. Le Tifoso arme sa télécommande d’une main, de l’autre il se sert une Birra Moretti un peu chaude. Et c’est précisément à cet instant que tout se joue. Il convient d’appuyer sur la bonne chaîne au bon moment. C’est bien beau d’avoir tout préparé pour tout gâché en appuyant sur Francia Cinque et sa célèbre émission de merde « E nell’aria ». Et il ne fallait pas zapper en retard ni se tromper de chaîne, surtout pas. Il ne fallait pas manquer les deux saucisses de Chiriches. Le Roumain se vautre dans sa relance avant d’oublier de couvrir dans l’axe. Mais comme le Roumain aime le travail bien fait (ahhh on devine vos préjugés et y a pas de quoi être fier), il se débrouille pour tromper son gardien. Alors oui, ça manque de classe mais peu importe la manière, il est d’une efficacité sans faille.

L’Inter l’emporte donc dans un stade vide sans trembler. Même si les neroverdi se sont un peu sabordé tout seul, il faut bien reconnaître que l’Inter a surpris son monde. Les progrès doivent être désormais confirmés en coupe d’Europe. Un dernier mot pour conclure cette ode à la ponctualité : nous aurions aimé écouter le silence de ces tribunes pleines à craquer, rendant un ultime hommage à Diego. Ce n’est que partie remise. Enfin, nous l’espérons très fort.

Buteurs : Sanchez (4e), Chiriches (CSC, 14e) et Gagliardini (60e)


Cagliari – Spezia (2-2) :

Le score final est somme toute plutôt logique mais les regrets seront sans aucun doute sardes. Comme à son habitude, La Spezia commence le match tambour battant. Simone Bastoni, qui n’est pas le frère d’Alessandro, déborde comme un faux lent ou un vrai pas trop rapide (choisissez le terme qui vous convient le mieux). Il délivre un amour de centre pour le Ghanéen Gyasi et les Ligures mènent au score : c’est amplement mérité.

Joao Pedro et Pavoletti vont retourner le match en cinq petites minutes. Les hommes de Di Francesco ne pratiquent pas spécialement un beau football mais ils sont d’une efficacité sans faille. Heureusement pour les visiteurs, tous les Sardes n’ont pas le même sens de l’efficacité. Adam Ounas reçoit un ballon à dix mètres des cages de Provedel. Le portier est au sol, la défense est battue. Le Marocain n’a plus qu’à pousser la baballe dans le fifilet…mais il s’emmêle les pinceaux et se vautre lamentablement. Et ce qui devait arriver arriva. La Spezia obtient un penalty dans les dernières secondes. La révélation du moment, le Français M’bala N’zola s’en charge et égalise en sifflant. La Spezia ramène un point inespéré.

Buteurs : Joao Pedro (52e), Pavoletti (58e)/ Gyasi (35e), N’Zola (90e)


Napoli – AS Roma (4-0) :

Le Napoli a pleuré toutes les larmes de son corps. Depuis l’annonce de sa disparition (on va bien finir par le retrouver) Diego était partout, enfin plus que d’habitude. La ville s’est tue, l’instant d’une seconde. Le silence laissa place peu à peu à la stupéfaction et aux cris de désespoir. Diego est mort, Diego ne se relèvera pas, Diego ne rechaussera pas ses crampons une dernière fois. Il est parti pour toujours mais il est présent comme jamais. On peine à imaginer la vie sans lui, sans ce petit fou, ce gamin  au cœur en or qui a porté l’espoir insensé d’une nation et d’une ville. El Pibe avait besoin de ça. Il se nourrissait de cette folie, de cette démesure passionnelle et permanente. Le Napoli était fait pour lui. Maradona a rendu le sourire à ces petits gars du sud de l’Italie, moqués dans tout le nord du pays. Ils ont levé la tête et fêté fièrement les deux scudetti. Le Napoli a dominé l’Italie et Diego le monde entier.

Nous aurions tellement aimé voir ce stade rempli comme un œuf, affichant le plus beau des Tifo. Nous aurions aimé crier une dernière fois notre amour pour Maradona. Le Virus nous prive de cette émotion-là. Il faudra réparer l’erreur.

Le Napoli a rendu hommage à son héros de la plus belle des manières dans le respect des conditions sanitaires. Insigne inscrit un coup franc Maradonesque. La Roma n’y est pas. Les hommes de Gattuso finiront le travail avec application. Diego est parti mais il est toujours là. Il attend que le San Paolo vibre comme un seul homme. Il attend que son peuple se lève pour lui. Il attend que les chants résonnent dans le ciel. Nous attendrons avec lui.

Buteurs : Insigne (30e), Fabian Ruis (64e), Mertens (81e), Napolitano (86e)


Note Artistique de la Journée, en une image :

Assurément, le cliché du week-end.

Le Classement :

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même du Napoli.

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