La Calcio Académie vous raconte la 19e journée de Serie A

Salut à toi l’Italien,

Les journées se suivent et ne se ressemblent pas. Sauf pour la Lazio qui ne s’arrête plus de gagner, et pour Cagliari qui ne s’arrête plus de perdre. La constance du terrain prendrait-elle sa source dans la fange des tribunes? Toujours est-il que le début de saison canon des Sardes n’est plus qu’un lointain souvenir. La bonne opération du week-end pour le peuple d’en bas est à mettre au crédit de la Samp’, seule équipe entre la quinzième et la vingtième place à s’imposer. Pour l’aristocratie bourgeoise (qui s’approche chaque jour un peu plus de sa fin sanglante sans même s’en douter mais chut taisez-vous ça reste entre nous) c’est la Vieille Radasse et sa veste en fourrure d’hermine noire et blanche qui rafle la mise, et la tête du championnat par la même occasion. Le plan se déroule sans accroc côté turinois, si l’on omet la grave blessure de Merih « Baby Montero » Demiral. A noter également l’autre grave blessure du match : celle de la pépite Zaniolo. Autant la blessure (et le forfait pour l’Euro) de Demiral n’attriste que moi dans la Calcio Académie, autant celle de Zaniolo nous fait unanimement chier. Parce que si on se déchire par amour pour nos clubs respectifs (bien que les rayures noires nous plaisent à tous les trois), on aime la Squadra, celle avec un S majuscule. Et la voir en juin sans Zaniolo, ça fait comme chier par la bite.

NDRB :J’ai pas parlé de Lecce qui fait la même série anale que Cagliari mais ça aurait niqué ma vanne sur la fange des tribunes. Et comme elle était déjà pas terrible…

Fiorentina – SPAL (1-0) :

Neuf. Neuf putain de journées que la Fio court après la victoire en Serie A. Rien de tel qu’une lanterne rouge dans le mal pour rallumer la chaudière (ou bien un café-Suze-Viandox, on juge personne ici). Mission accomplie pour la Viola grâce à un boulet de canon de la tête du capitano Pezzella. La douce météo toscanale aura eu le mérite de rendre le moment agréable pour les tifosi en tribunes, à défaut de football. Bon je suis un peu dur mais c’était pas la fête du ballon rond quand-même. La Fio s’en fout, elle renoue à la victoire et peut espérer une fin de saison intéressante (grâce à la Coppa hein, il va encore falloir cravacher pour se maintenir).

Le buteur : Pezzella (82e).

Sampdoria-Brescia (5-1) :

Brescia avait pourtant commencé le match de la meilleure des manières. D’une tête opportuniste, Chancellor ne chancelait pas, il a préféré marquer. La Sampdoria était une nouvelle fois menée au score. Quelques semaines auparavant, les Génois auraient sans doute sombré lamentablement. Mais les temps ont changé. Malgré le but encaissé, Il Doria ne cesse de monter à l’assaut des buts de Joronen. Linetty finit par trouver l’ouverture. Le polonais amortit de la poitrine et enchaîne une volée croisée. Le but ne passera probablement pas à téléfoot et encore moins à Stade 2 (ça existe encore ?) mais il mérite assurément le coup d’œil. La Sampdoria égalise et prend l’avantage dans la foulée sur une autre volée de Jankto. C’est décidément le jour des volées et Brescia réclame la sienne…
Les Génois finiront donc par écraser de bien tristes Biancazzurri. Fabio Quagliarella claquera même son doublé (dont une merveille de petit lob). Fabio retrouve petit à petit ses esprits et ses jambes. L’ancêtre était au abonné absent depuis le début de saison. L’arrivée de Ranieri a complètement changé la donne. Fabio est bien impliqué dans le collectif, il est nettement plus disponible pour ses partenaires. Comme quoi, un entraîneur peut changer bien des choses.
Le stade Luigi-Ferraris peut exulter. La Samp s’impose et s’éloigne de la zone rouge.

Buteurs : Linetty (34e), Jankto (45e), Quagliarella (69e, 92e), Caprari (77e) / Chancellor (12e)

S’il y a un résumé à voir, c’est bien celui-là…

Torino-Bologne (1-0) :

Le Toro peut remercier Palacio et sa queue de Jedi. Ça fait très récit zoophile mais rassurez vous, on ne parle là que des occasions ratées par Palacio, seul face au gardien, qui permettent au Torino de gagner un match pourtant bien et vite embarqué par Berenguer sur une magnifique action de Verdi et de Belotti. L’ouverture du score suivi d’un poteau de Simone Verdi rassurent i granata qui remportent un match important pour recoller à la 8e place non loin de la 6e qualificative pour l’Europa League. Après la victoire à l’Olimpico contre la Roma, le Toro gagne un deuxième match de suite et fait le trou devant le Milan et le Napoli.

Buteur : Berenguer (11e)

AS Roma – Juve (1-2) :

Le râle fût complet. Un but rageur au bout de seulement trois petites minutes de jeu, une blessure terrible un quart d’heure plus tard. Merih Demiral a marqué son premier but et joué son dernier match de la saison à l’Olimpico de Rome. Genou massacré, opération et retour sur le pré prévu en juillet. Pareil pour la Zaniole (personne, jamais) côté romain. Une grave blessure, un rigore transformé, les deux équipes ont eu droit aux mêmes faits notables. Sauf que Demiral avait marqué avant que tout ça n’arrive. Et que la Juve remporte ce duel au presque sommet, et repasse devant l’Inter. Salutate la capolistanale.

Les buteurs : Demiral (3e) et Cristiano Ronaldo (10e s.p.) pour la Vieille Dame, Perotti (68e s.p.) pour la Roma.

Inter-Atalanta (1-1) :

L’Inter s’en sort bien. Après avoir ouvert le score dès la quatrième minute de jeu, les Nerazzurri avaient cru avoir fait le plus dur. C’était mal connaitre l’Atalanta et sa puissance de feu. Les Bergamasques n’ont jamais renoncé. Monsieur Rocchi ne leur facilitera pourtant pas le travail. L’arbitre du jour ne siffle pas un pénalty pourtant fort évident. Le car régie devait dormir à point fermé. Malgré les cinquante ralentis, les préposés à la VAR ne signalent pas son erreur manifeste à l’homme en jaune (non, on ne parle pas de cyclimse) et s’offrent la polémique du week-end. L’inter n’a pas retenu la leçon. Gosens égalise du bout du pied prenant à revers Handanovic. L’égalisation est amplement méritée.
Le gardien slovène sauvera même les siens en sortant le penalty de Luis Muriel à la 88e après une faute de jeunesse de Bastoni. L’Atalanta confirme ses ambitions. L’Inter laisse des points en chemin. Les prochaines semaines des Nerazzurri s’annoncent brûlantes.

Buteurs : Martinez (4e) / Gosens (75e)

La VAR, une nouvelle fois au top

Cagliari-AC Milan (0-2) :

Il change tout. Eh oui, comme on prévoit souvent la mirabelle de trop en soirée, qui fait du bien mais du mal à la fois, la venue d’Ibrahimovic fait du bien instantanément à l’équipe. Telle la liqueur du fruit d’or qui glisse dans la gorge, l’influence dans le jeu d’Ibrahimovic est très plaisante pour tout supporter du Milan. Son duo avec Leao, qui coïncide avec le changement de système tactique de Pioli (442, plutôt que 433), avec deux pointes donc, permet à Ibrahimovic (de trouver le poteau très rapidement) et Leao de bien se trouver, de toucher beaucoup de ballons … et ça paye. Leao ouvre le score sur une filouterie de Castillejo, pas incroyable mais mieux que ses matchs précédents, puis à Ibrahimovic d’ouvrir son compteur but grâce à l’inévitable Théo Hernandez, passeur décisif et lui aussi très très très influent dans le jeu. Quelques minutes plus tard, le duo Hernandez-Ibrahimovic refait des siennes, dans le même ordre, mais la VAR s’oppose aux doublés de passe et de but. On en reste là, Ibrahimovic, Hernandez (et toujours Donnarumma, ne l’oublions pas) ont fait le taf, le Milan a été intéressant à regarder et gagne … on s’en contentera.

Buteurs : Leao (46e), Ibrahimovic (64e)

Udinese-Sassuolo (3-0) :

LE match du milieu de tableau par excellence. 12e contre 15e et avec conviction c’est Udinese qui gagne et qui engrange des points avant d’affronter la Juve en coupe et le Milan en championnat. Trois buts dans la musette et Sassuolo perd le large, se retrouve le cul collé aux poursuivants dont le feu de la relégation chauffe doucement mais surement leurs attributs. Okaka et De Paul encore eux, permettent à l’Udinese de gagner, de prendre dix points d’avance sur la zone rouge, d’assurer quasiment leur maintien et d’égaler le nombre de points du Napoli, ce qui n’est pas un record en soi aujourd’hui.

Buteurs : Okaka (14e), Sema (68e), De Paul (90e)

Hellas-Genoa (2-1) :

L’Hellas s’est payé la honte. Non les Véronais n’ont pas osé perdre contre le Genoa. Faut pas pousser trop loin le bouchon. Mais les locaux ont encore fait parler d’eux. Le match a commencé avec une bonne vingtaine de minutes de retard. Pourquoi ? Le responsable du traçage du terrain avait dû abuser du Spritz à l’apéro. Le terrain n’était, tout simplement, pas aux bonnes dimensions. Bref, du travail d’arabes… (on essaie d’apaiser les supporteurs locaux avec des blagues qu’ils peuvent assez aisément comprendre et accepter).
Sur le terrain, Vérone domine de la tête et des épaules de pauvres Rossoblu bien passifs. Lazovic (qui porte le numéro 88 probablement par hasard, on ne pourrait pas croire qu’il s’agit d’une séduction déguisée pour son public adoré…) tente des gestes improbables. Le Serbe met le feu mais Perin, le courageux portier génois, réalise à chaque fois des petits exploits.
A la surprise générale, le Genoa va même ouvrir le score sur une action d’école, la seule du match. Barreca remise instantanément sur Sanabria, le paraguayen frappe sans contrôler. Le Genoa mène totalement contre le cours du jeu. On se dit que les Génois vont nous montrer un autre visage. On se trompait lourdement. Ils reviennent dans le même état d’esprit. Ils défendent avec autant de vigueur qu’ils attaquent avec entrain. Sur une action anodine, une nouvelle fois initiée par Lazovic, Romero vient sécher Zaccagni. Le pénalty est évident. Verre ne tremble pas, le Genoa si.
Les hommes de Davide Nicola montrent des signes vraiment inquiétants. L’équipe semble complètement désorganisée. On retrouve un semblant de collectif et enchaînement sur quelques actions mais l’ensemble est noyé dans un océan de médiocrité. Finalement le Genoa s’incline logiquement. Perin relâche un ballon, Zaccagni est encore là. Le stade Mercantonio Bentegodi explose. La bonne saison de l’Hellas continue, et sur le terrain, c’est amplement mérité.

Buteurs : Verre (55e), Zaccagni (65e) / Sanabria (41e)

Plus fort que la Goal Line technologie, la ligne de but au six mètres.

Lazio-Napoli (1-0) :

Le Napoli tangue, le Napoli coule, son bateau ivre ne ressemble plus qu’à une charpente tenant à peine sur les flots. Une seule victoire lors des onze derniers matchs pour l’équipe coachée par Gattuso … réfléchissez à ce chiffre, qu’on n’arrive pas à croire. Alors oui, la Lazio c’est pas le premier venu et c’est pas une équipe simple pour se relancer, mais on attend plus de Naples, dans les résultats bien sûr mais aussi dans le jeu. C’est pauvre, sans envie, hormis un poteau aujourd’hui, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Terminés les une-deux dévastateurs, les contres rapides, bienvenues frappes de loin entre les poteaux, frappes de loin dans les gants du gardien, … Naples perd sur une énorme boulette de Ospina, mais peu importe, Naples perd encore et la bourde du gardien est finalement très symbolique, d’une incapacité, d’une absence de résistance. Ça ne peut pas durer, on l’espère pour les tifosi du Napoli, difficile de croire que Naples, avec ces joueurs ne peut pas gagner davantage … ce n’est pourtant pas la venue de Gattuso qui rassurera tout le monde, mais avec ces joueurs, en fin de contrat, qui rêvent d’ailleurs, Naples peut espérer au moins, un sursaut d’orgueil individuel. Pour sauver la mise, au jour le jour, avant la grande révolution cet été. On espère pour eux.

Buteur : Immobile (82e)

Parme-Lecce (2-0) :

Roberto d’Aversa a connu une carrière de joueur des plus anonymes. Il a passé sa jeune à écumer l’Italie, de prêt en prêt. C’est la vie ordinaire d’un gamin formé au Milan. Mais le milieu de terrain ne s’est imposé nulle part. C’est donc en toute logique qu’il commence sa carrière d’entraineur dans l’anonymat (c’est le thème du résumé du jour) le plus complet. La Virtus Lanciano venait de signer une saison honnête en Serie B. Roberto remplace alors Marco Baroni qui fut également son dernier entraineur, étrange passage de témoin. Dans la quiétude des Abruzzes, Roberto va faire ses classes sans en manquer. Il maintient le club sans difficulté en 2015. La saison suivante commence plutôt bien, suffisamment pour éveiller la curiosité de Parme.

Les Parmesans sont alors en Série C. Le club s’était déclaré en faillite et les trophées vendus aux enchères pour payer les nombreuses dettes. Racheté par la famille Barilla (comme les pates) et Dallara (comme les voitures), I Ducali ne veut pas trop traîner en route. Luigi Apolloni avait fait le travail jusqu’à présent. Il avait assuré une montée en Serie C non sans mal. Mais le technicien Italien allait payer l’impatience de ses dirigeants. Le malheureux est renvoyé manu militari. Le président Marco Ferrari peut alors se vanter d’avoir eu un feeling incroyable. Il contacte Roberto d’Aversa pour prendre le relais. Le natif de Stuttgart n’hésite pas une seconde. Il fonce en Emilie Romagne. La grande histoire peut alors commencer.

Roberto s’impose tout de suite. Il crée un collectif et une touche technique à son équipe. Les résultats sont là. Parme remonte dans l’antichambre avant de rejoindre l’élite la saison suivante. Parme n’a plus les mêmes moyens. Ici, personne n’en fait un fromage. On vend fièrement sa peau même si tout le monde croit que c’est un peu râpé d’avance. Le club tente des jolis coups sur le marché des transferts. Enfin, ils prennent les joueurs qu’ils peuvent avec les moyens du bord, à Roberto de se débrouiller pour transformer tout ça en vrai équipe de foot. Et il y parvient le bougre, saison après saison.
Le technicien s’appuie entre autre sur un gardien sous-estimé, Sepe, un défenseur expérimenté, Iacopini, un milieu revanchard, Hernani, un jeune plein d’avenir, Kulusevski et un super sub improbable, Cornelius. Parme joue bien, le maintien est en chemin et une chose est certaine, Roberto d’Aversa n’y est certainement pas pour rien. On en reparlera assurément.

Il peut fumer sous la douche

Le match ? Quel match ? Il n’y en a pas eu. Lecce s’est fait manger tout cru. A force de subir et de défendre aussi bas, le club des pouilles s’est fait littéralement dépouillé. Iacopini joue les opportunistes et Cornelius achève le travail en executant de prés Gabriel. Parme gagne logiquement et termine de la plus belle des façons cette phase aller. Lecce peut trembler. C’est déjà un petit miracle qu’ils soient encore au-dessus de la ligne de flottaison au vu du niveau de jeu affiché !!!

Buteurs : Iacoponi (57e, Cornelius (72e)

NOTE ARTISTIQUE DE LA JOURNÉE ( 3/5) :

La moyenne haute pour une journée…moyenne mais haute. Bon ça veut rien dire, mais il est tard. Alors bon hein oh.

On a aimé :

– La belle Atalanta qui aurait mérité mieux qu’un partage des points contre l’Inter. (voir le résumé ici)
– Revoir Cutrone en Italie. Bentornato bomber.

On a adoré :

– L’horizontale de Handanovic sur le rigore de l’Atalanta.
– Revoir le nom de Quagliarella dans la liste des buteurs à Luigi Ferraris, huit mois plus tard.

On a détesté :

– La brouille Verdi-Mazzari. Je te remplace, tu fais la gueule, je te déglingue en conférence de presse…
– Le racimse. Il a dû bien faire irruption quelque part donc on le mentionne.
– La police qui assassine impunément sous le regard complice des médias bourgeois.
– Le retour de Zlatan au Milan. Surtout parce que le Milan aurait pu (dû) récupérer Cutrone à la place.

Well, until next time.

Le lien youtube de la Serie A  pour voir de beaux buts et les résumés de tous les matchs


N’oubliez pas les deux boutons en dessous, pour que vive l’alterfoot et que s’abreuvent les académiciens.

Bacci anali

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même de l'Inter.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.