La Calcio Académie vous raconte la 23e journée de Serie A

Ciao ragazzi,

A quelques jours de la Ligue des Champions qui ne concerne plus que la Juve (et un peu le Napoli d’accord), à quelques jours de la Coppa Italia qui concerne encore tous les gros, à quelques jours du prochain licenciement d’un coach (oui ça arrive toujours très vite en Italie), la Serie A dispute sa 23e journée et non des moindres.

Le derby de la madonnina est la star du jour, les deux équipes de Milan se disputent le stade le temps d’un soir, la Curva Nord répond à la Sud, les tifos à droite et à gauche se répondent … San Siro est à guichets fermés ce soir. 80 018 supporters pour l’un ou pour l’autre se sont donnés rendez-vous dans le plus beau stade d’Italie. Et le spectacle était au rendez vous comme d’habitude, dans les tribunes et sur le terrain, on vous en parle plus bas.

Fiorentina-Atalanta (1-2) :

Saviez-vous que l’Italie est le dernier bastion des gardiens de but à casquette ? Maintenant c’est le cas, et une fois n’est pas coutume, match à 15h ensoleillé = casquette sur la tête vissée. Les attaquants de l’Atalanta déroulent comme d’habitude et butent déjà trois fois sur le gardien florentin … en quinze minutes. Tout porte à croire que les 90 minutes seront longues pour la viola, mais Federico Chiesa décide par une frappe pure de 25m de contrecarrer les plans des parieurs et de Gasperini qui s’agite sur son banc en réclamant une faute inexistante. La Fiorentina remballe les gaules avec l’avantage au score.
Vous connaissez les ressources de l’Atalanta et avez déjà compris l’issue du match … (ou alors vous avez lu le score quelques lignes plus haut). Papu Gomez régale les 30 derniers mètres adverses de déplacements, de dribbles et d’une très belle passe décisive comme il est habitué ces derniers temps, à défaut de marquer (tant pis pour mon MPG). L’Atalanta torpille le but florentin et égalise donc par Zapata (de retour) puis Malinovsky (encore lui).
Plus de 3 buts de moyenne par match sur les sept derniers matchs, quatre victoires, deux nuls, une défaite, l’Atalanta déroule, l’Atalanta reste accrochée à la 4e place.

Buteurs : Chiesa (32e) ; Zapata (49e), Malinovsky (73e)

Parme – Lazio (0-1) :

C’est un aigle qui porte un parmesan dans ses serres. C’est beau non ? Non ? Non.

Buteur : Caicedo (41e)

Napoli-Lecce (2-3) :

Après le Torino, c’est Naples qui fait les frais de l’Unione Sportiva Lecce. Improbable mais vrai, Lecce s’impose au San Paolo en dominant son adversaire, en menant quasi tout le match. Bien qu’Insigne revienne en forme et soit assez dangereux, c’est donc Lecce qui mène au score, qui double la mise et qui la triple avec peut être le but du weekend, cette merveille de coup-franc direct de Mancosu. Rien ne va plus à Naples, mais ça vous le savez déjà. On pensait que la victoire contre la Juve avait pansé des plaies, elle les a simplement cachées. On en reparlera plus longuement mais on se dirige vers un vrai changement d’ère pour le Napoli qui aura du gros gros boulot cet été pour faire le ménage et se bâtir une équipe, qui ne jouera certainement pas l’Europe l’an prochain.

Buteurs : Milik (48e), Callejon (90e) ; Lapadula (29e, 61e), Mancosu (82e)

Toro – Samp’ (1-3) :

On peut changer la recette de la Gardiane de Toro tant qu’on veut, mais au final elle a toujours un arrière-goût de merde. Quatrième défaite de rang pour les granata qui n’en finissent plus de dégringoler au classement. Le changement de Mister n’aura pas eu l’effet escompté. Vu de la partie blanche et noire de la ville, ça fait bien marrer. La Samp’ elle n’en a rien à foutre des soucis du Toro, bien trop occupée par les siens. Une victoire qui lui donne un peu d’air et quatre points d’avance sur le premier relégable qui n’est autre que le Genoa, frère ennemi qu’elle affrontera en mai pour un derby de la Lanterne qui s’annonce déjà bouillant.

Les buteurs : Verdi (55e) pour le Toro, Gaston Ramirez (70e et 75e), Quagliarella (79e) pour la Samp’

Brescia-Udinese (1-1) :

Brescia va encore ouvrir la boite à regrets. Dans un match ennuyeux à souhait, les locaux avaient pourtant ouvert le score. Le but n’est pas spectaculaire mais il était essentiel dans la perspective d’un maintien qui devient de plus en plus hypothétique. Bisoli reprend du droit un coup franc anodin. Nous jouons la 81e et les hirondelles se relancent complètement. L’Udine n’est plus qu’à six points. L’espoir renait. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Brescia en fera une nouvelle fois l’amer expérience.
Les hommes de Luca Gotti ont de la ressource. A la dernière seconde, le magnifique argentin De Paul égalise d’une frappe taclée improbable. L’Udine vient probablement d’annihiler les derniers espoirs Bresciani. Brescia aura tout fait pour gâcher son retour dans l’Elite. Et ça, ils l’ont parfaitement réussi.

Buteurs : Bisoli (81e) ; De Paul (92e)

Brescia et la Serie A, allégorie

Hellas Verone-Juventus (2-1) :

Le lien de la magnifique bianconera académie, du non moins magnifique Roberto Bettégras

AS Roma-Bologne (2-3) :

Rome ne s’est certainement pas faite en un jour. C’est une leçon que les romains connaissent par cœur. La Lupa a renoncé depuis longtemps à des ambitions grandioses. La raison a pris le dessus sur la passion. Mieux, en accrochant la Lazio, la Roma a presque réussi sa fin de saison. Mais la dure réalité reprend le dessus. Il reste un dernier combat à mener, une lutte vitale pour l’avenir du club (enfin de ses ambitions hein) et de « ses tifosi ». La Ligue des Champions reste à portée de points. En toute sincérité, l’Atalanta semble bien meilleur, bien mieux armé mais la Roma est encore dans la course et par le truchement du hasard…
Le match contre Bologne devait permettre au Giallorossi de mettre la pression sur les lombards. Ce fut un échec authentique, presque un chef d’œuvre de sabordage. Bologne a scoré trois fois. Le premier but vient de son petit génie Orsolini, complètement oublié par la défense romaine. La défense continue de prendre l’eau. Chaque assaut du club de la Grasse se termine en action dangereuse. Mancini est complètement à l’ouest et Smalling se la joue petit. Le pirate (ou ce juriste) de Barrow profite de léthargie générale pour inscrire son doublé. Les hommes de Paulo Fonseca ne pourront jamais vraiment rivaliser avec les Rossoblu. Et la fin de saison ne s’annonce pas si reposante que ça finalement…

Buteurs : CSC Denwill (22e), Mkhitaryan (72e) ; Orsolini (16e), Barrow (26e, 51e)

Genoa-Cagliari (1-0) :

Le Genoa ne veut rien lâcher. Ça tombe bien, ils affrontaient ce weekend un Cagliari qui ne veut rien tenir. Les sardes s’entraînent pour la spéléo de cet été. C’est chouette la spéléo, mais ça ne fait pas gagner de match.
Le niveau de jeu des hommes de Rolando Maran devient absolument hallucinant, on ne reconnait plus l’équipe qui nous plaisait tant en début de saison. La défense s’emmêle les pinceaux, le gardien enchaîne toile sur toile, à défaut de jouer l’Europe, les gars peuvent entrer aux beaux-arts. Sur une passe de Sturaro, le vieux Pandev vient fusiller le pauvre Cragno. Cagliari ne réagira pas. Le Genoa de Davide Nicola continue de croire au maintien. Et ils n’ont pas intérêt à trainer en route.

Buteur : Pandev (43e)

Rendez-vous la semaine prochain pour le prochain numéro de « Les sardes et le toboggan ».

SPAL – Sassuolo (1-2) :

La SPAL est en soins palliatifs en attendant la B. Sassulolo doit engranger le max de points pour se maintenir, même si c’est bien embarqué pour les neroverdi. Je vous fais pas un dessin. D’abord parce que je dessine comme une pine, mais surtout parce que oui, vous aviez deviné l’issue du match avant même qu’il ne soit joué. Une SPAL qui joue le couteau entre les dents et qui prend l’avantage, puis elle commet l’irréparable (un tacle débile sur Boga dans la surface aujourd’hui) et se fait égaliser avant de craquer dans les arrêts de jeu sur une tête du même Boga, homme de la partita à n’en pas douter. Allez, que la saison se termine et vite pour les spallini.

Les buteurs : Bonifazi (24e) pour la SPAL, Caputo (65e sp) et Boga (90e) pour Sassuolo.

Inter – AC Milan (4-2) :

Le point de vue interista :

Le derby de la Madonnina est un événement à part en Italie et dans le monde (enfin pour les fans de foot bien sûr). Il fut, à une époque, redouté par les Nerazzurri. Désormais c’est au tour des rossoneri de trembler. Le Milan n’en finit plus de décevoir. Mais le retour de Zlatan a, semble t’il, un petit coup de verve et d’énergie au Tifosi. Quand on y pense, c’est un peu triste de placer autant d’espoirs dans un plan sans lendemain. Le Suédois a 38 ans et deux années de MLS derrière lui. Il n’a franchement pas la gueule du sauveur et du messie. Et pourtant, il faut bien l’avouer nous nous sommes lourdement trompés. A lui tout seul, Ibra Cadabra a relancé l’intérêt du derby, à lui tout seul il a redonné des couleurs aux Milanais et l’espoir de vaincre.

Le début de match est un enfer (pour un Nera). Le Milan domine et campe chez les nerazzurri. A force d’insister, les Rossoneri finissent par trouver la faille. Ibra remise pour Rebic. Padelli plonge pour la photo mais le mal est fait. Quelques minutes plus tard, Skriniar oublie… Ibra (alors que c’était le seul à marquer bordel) au deuxième poteau. Padelli nous refait le coup de l’intervention fantôme. Le Milan mène 2-0. Les illusions de Conte semblent s’envoler définitivement.

On ne connait pas exactement les mots de Conte à la mi-temps mais on raconte que les murs tremblaient de trouille. Galvanisé, l’Inter va se relever en l’espace de deux minutes. Brozovic claque une volée surpuissante, Vecino reprend un centre de Sanchez (à la limite, limite, limite du hors-jeu). Le sort était jeté. Le Milan allait se faire punir. C’était écrit.
De Vrij d’une tête rageuse et Lukaku en touriste terminent le boulot. Le Derby a tourné. On attendra quelques mois avant de revoir les Tifo, les chants, le petit chambrage nécessaire et indispensable entre les tifosi. Ça nous manque déjà…

Le point de vue rossonero est ici dans une académie écrite par Franco Barésilles, triste comme la pluie.

Buteurs : Brozovic (51e), Vecino (53e), De Vrij (56e), Lukaku (93e) / Rebic (40e), Ibrahimovic (45e)

Le résumé à ne pas louper

Note Artistique de la journée : 4/5

On a aimé :

  • L’ambition par le jeu du Hellas et du Bologne de Mihajlovic, en rémission. Grosse force, gros courage à lui et aux tifosi.
  • Dans la continuité le superbe match de Barrow pour Bologne qui a tout fait aux romanisti, qui ne s’en sont pas plaints et qui en ont même redemandé.
  • Les buteurs so 2010 du Hellas Verone face à la vieille dame, Pazzini et Borini, qui rappellent les heures les plus sombres de l’AC Milan des dernières années.

On a adoré :

  • L’ambiance, les tifos, l’intensité du derby de la Madonnina. Encore une fois on s’est régalé, peu importe que le coeur soit rouge ou bleu, le match était magnifique à regarder, l’ambiance avait l’air admirable.
    Voyez plutôt :


    et


    Joli

On a détesté :

  • On a pas vraiment détesté mais disons que le Pjanic de 2020 déçoit énormément. Roberto Bettegras vous en a déjà parlé, Sarri avait tout misé sur ce milieu de terrain, à tout (bien) faire et c’est une réelle déception. Alors il n’est pas seul responsable du jeu ennuyeux de la Juve cette saison, mais il en est au moins un acteur principal.

Le Classement :

Le lien youtube de la Serie A  pour voir de beaux buts et les résumés de tous les matchs


N’oubliez pas les deux boutons en dessous, pour que vive l’alterfoot et que s’abreuvent les académiciens.

Bacci anali

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même de l'Inter.

Un commentaire

  1. La mort de Brescia, un beau derby, il y avait tout pour faire une bonne acad’, mais c’est quoi cette critique fumeuse ?

    Pjanic merde… On ne touche pas ! On sanctifie à la limite ! Honte à vous messieurs.

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