La Calcio Académie vous raconte la 24e journée de Serie A

Salut à toi l’Italien,

On est apnée comme jamais à la Calcio Académie. La Serie A devient irrespirable mais pas pour les habituelles mauvaises raisons que sont le racimse et la corruption. Non, le football est redevenu maître à bord alors qu’il reste treize journées avant le que le rideau ne tombe. Le Milan se remet à gagner (et s’en remet à Rebic pour le faire) de manière régulière et, s’il est à 10 points de la Dea et de la place qualificative en Champion’s, se remet en tout cas à rêver de cette Europ…a League qui lui va bien. Le trio de tête toussote, et avant les confrontations directes entre la Juventus et l’Inter dans deux semaines et le Juve-Lazio de la 34e journée, on avait un monstrueux Lazio-Inter en tête d’affiche. Et nous n’avons pas été déçus. Dans le calcio d’en bas, Lecce va mieux, au contraire du Toro qui n’en finit plus de perdre. Et que dire des clubs de Gênes, respectivement 17e et 18e ? Le derby de la Lanterne de mai bordel, on vous en parle depuis des lustres ici. On le ratera pas, et vous non plus on suppose puisque vous êtes des gens de goût. Asseyez-vous tranquille, servez-vous un petit Spritz (nous on est plus grappa à la bouteille mais chacun fait sa vie) et plongez dans ce que le football a de meilleur à offrir, c’est cadeau.


Lecce 2 – 1 SPAL

Buts : Mancosu, Majer / Petagna

Les supporters Giallorossi ne font pas dans la demi-mesure. Dans les travées du Stadio via del Mare, fleurissent les panneaux revendiquant ouvertement « Falco in Nazionale ». Faut dire que le petit Filippo (aucun lien de parenté avec Hubert le maire de Toulon également ailier exclusivement à droite voir à l’extrême droite) réussit une saison en tout point exemplaire. Le Messi du Salento confirme en réalité son potentiel impressionnant. Le Trequartista a enfin retrouvé sa maison et il s’y est imposé. Sa carrière ressemble à la carrière de n’importe quel gamin formé dans la botte. Filippo est prêté partout pour quelques mois avant de revenir à la case départ en attente d’une nouvelle destination et d’un nouveau point de chute. Après avoir visité la Reggina, la Juve Stabia et Trapani, notre petit jeune croit enfin sortir de la précarité en signant à Bologne à l’été 2015. Mais le pauvre ne va pas être déçu. Les Rossoblu ne veulent pas changer ses bonnes habitudes. Le jeune homme voyage bien, son attitude est bonne et personne ne s’en plaint. Mais les années passent et le potentiel du garçon commence à poser question. En trois années en Emilie Romagne, Falco ne jouera que neuf petits matchs, une broutille. Vous imaginez bien que son retour dans les Pouilles se fera plutôt dans l’anonymat. Le 04 Juillet 2018, Le Messi du Salento revient donc enfin à la maison. Il lui a fallu une saison pour convaincre les tifosi, il lui faudra un peu plus de temps pour convaincre les Italiens de la nécessité de le sélectionner. Mais rien ne semble l’arrêter.

Le héros de tout un peuple.

Samedi, Filippo réalise un match plein. Mais il n’est pas à l’origine des deux buts. Contre une SPAL déterminée à vendre chèrement sa peau, les locaux ont dû batailler pour l’emporter. Ils ont tout d’abord bénéficié de l’aide de l’arbitre en obtenant un penalty généreux. Petagna égalise à la Petagna sans chichi ni roulette mais un but, c’est un but. Mancosu est encore à l’origine du but de la victoire. Il décale merveilleusement bien Majer qui ne loupe pas l’occasion. Dorénavant quand un attaquant réussira son face à face, nous pourrons déclarer qu’il a réussi sa Madjer. Voilà, voilà…

Sinon Lecce respire et la SPAL commence à s’intéresser au calendrier de la Serie B.


Bologne 0-3 Genoa

Buts : Soumaoro, Sanabria et Criscito

Bologne s’est sabordé avec une application qui confine au génie. On imagine que les Rossoblu s’attendait à un autre match en recevant les Rossoblu. Et oui, c’est le derby des Rossoblu. On ne va pas en faire un évènement. Ce n’en était assurément pas un. Le Genoa résiste au rythme de Lecce. Ils s’imposent à la surprise générale en dominant une équipe de Bologne complètement dépassé par les évènements.

Tout commence par une reprise de Sanabria stoppé sur sa ligne par un Skorupski attentif. Les locaux n’ont pas bien compris la leçon. L’action suivante, Masiello trouve en première intention l’ancien lillois Soumaoro qui n’aura pas mis longtemps à s’adapter à l’Italie. Le solide défenseur ouvre le score d’un tacle énergique. Comme la mission n’était pas assez compliquée comme ça, le maladroit Schouten tacle pied en avant dans la jambe d’un Génois. Après un rappel de la VAR, le dangereux Hollandais est expulsé en toute logique. Sanabria profite alors des espaces dans la défense Bolognaise pour se promener avec le ballon avec une facilité déconcertante. Il a le temps de cueillir des champignons, prendre un café, se taper une petite sieste avant de déclencher une frappe croisée imparable. Bologne ne reviendra pas.

Le Genoa continue sa bonne petite série. Ils se retrouvent à un petit point de la Samp’…

le match du Genoa in a nutshell

Atalanta 2 -1 AS Roma

Buts : Palomino, Pasalic / Dzeko

L’Atalanta a eu peur mais la Roma n’y est pas pour grand-chose. Après avoir ultra dominé la première période (des frappes de Gomez et Ilicic notamment), le pauvre Palomino s’emmêle les pinceaux. Dzeko en profite. La Roma mène au score contre le cours du jeu, presque contre le jeu tout court tellement la performance d’ensemble laissait à désirer.

Mais le miracle n’aura pas lieu et c’est probablement mieux ainsi. Palomino rattrape son erreur en se jetant au second poteau comme un mort de faim. Il reste alors plus de trente minutes à jouer et on sent bien que le sort du match est déjà scellé. Sur son premier Ballon, Pasalic vient punir des Romains complètement à la rue. Bergame remporte la partie sans discussion possible. Au-delà du bilan comptable, c’est la prestation romaine qui pose question. L’Atalanta ne joue pas dans la même cour. Ce terrible constat est certes douloureux pour les Romains mais il est incontestable.

Udinese 0-0 Hellas

Pas de vainqueur au Friul. Chaque équipe a eu sa période. Verone a dominé la première de la tête et des épaules. Sans un Musso (rien à voir avec Guillaume) en grande forme, le score ne serait pas resté vierge (rien à voir avec Marie). L’Udine a tout donné sur la seconde période mais l’ensemble était bien trop brouillon. Les deux équipes se contentent du match nul. Malgré tout, Vérone doit repartir avec quelques regrets. A quelques secondes de la fin du match, Zaccagni s’est retrouvé devant la cage sans gardien mais avec… quatre défenseurs sur la ligne. Perturbé, Mattia ne parvient pas à trouver la solution.

L’Udine garde une petite marge pour le maintien tandis que l’Hellas doit sérieusement commencer à espérer une qualification européenne. Qui aurait cru ça en septembre ?

Sassuolo 0-1 Parme

But : Gervinho

Ce match sent bon le ventre mou du classement, bien gras et bien épais. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir Gervinho, le bide d’Arsenal et de la Roma, régler les comptes du Sasol. On ne le répètera jamais assez, il ne suffit pas de pratiquer un football sympa pour gagner, il faut se montrer efficace. Et c’est justement ce qu’il manque au Neroverdi cette année.



Ceci est un ventre mou. Ce n’est pas une plaisanterie. C’est une œuvre. Elle a été vendue, mieux elle a été achetée…

Juve – Brescia (2-0) : Quelle vie que celle de tifoso de la Juventus. Constamment en train de râler à propos de la tiédeur de son équipe, jamais satisfait alors même qu’elle est en lice pour un neuvième scudetto de rang… Alors oui, le tifoso juventino n’est pas content de ce match. Malgré la victoire. Mais comment lui en vouloir en même temps ? La joie de revoir Giorgio fouler la pelouse du Juventus Stadium (et celle de ne plus voir le brassard au bras de ce sac à merde de Bonucci) aura été à peu près le seul motif de réjouissance de ce match. Avec les trois points, ok. Et avec l’homme velours enveloppé de soie qui porte le maillot floqué du 10. Et ben alors ? Pas content pour autant le bianconero ? Mais c’est qu’il est difficile le garçon ! Sûrement la faute à cette chienne de vie à laquelle on essaie de donner un sens alors qu’elle n’en a pas, que tout est issu du chaos et que les signes que l’on pense y dénicher ne sont que le fruit du hasard et de la faiblesse de l’esprit humain. Ou bien la faute à Sarri, ou à Macron.

Les buteurs : Dybala (38e) et Cuadrado (75e).


Sampdoria 1-5 Fiorentina

Buts : CSC, Valovic (X2), Chiesa (X2)

I Doria commence à aller un petit mieux. Ils vont donc, tout naturellement, profiter de la venue des Toscans (de Florence et non Duplantier, oui on la refait) pour gagner à nouveau à domicile. A moins que….

8e : But contre son camp sur la première occasion florentine

18e : Peno pour la Fio pour une main aussi inutile que débile

40e : Re-Peno pour un coup de coude aussi inutile que débile

40e : Expulsion de Murru pour ses interventions aussi inutiles que débiles

45e : Badelj se fait expulser par solidarité.

57e Vlahovic inscrit son doublé sur la quarante troisième occasion des viola.

78e Chiesa marque encore. C’est tellement facile que même son père aurait pu marquer, à quarante-neuf ans.

81e : Ghezzal remplace Chiesa. On se permet de troller les locaux visiblement en jouant à neuf.

90e : Gabbiadini réduit le score mais pas l’humiliation.

Finalement la Doria ne va pas tellement mieux. Les tifosi recommencent à trembler. Et ils ont bien raison.

Cagliari 0-1 Napoli

But : Mertens

Dans un match sans rythme et sans jeu, le Napoli a fait l’essentiel sur une merveille de Dries Mertens. Le belge offre un peu d’oxygène à Gattuso. Les Gli Azzurri reviennent dans la course à l’Europe. Avec un Ospina sérieux et appliqué et un peu de jeu offensif, ça devrait pouvoir être possible. A défaut de réussir sa saison, le Napoli peut sauver les meubles.

Quant aux Sardes, cette nouvelle défaite pose question. Si les hommes de Rolando Maran n’avaient pas fait un super début de saison, ils seraient menacés par la descente. Le jeu se délite et la défense explose. L’heure n’est pas encore à l’urgence, mais pas loin…

Lazio 2-1 Inter

Buts : Immobile, Savic / Young

Le choc de cette vingt-quatrième journée de Serie A a tenu toutes ses promesses. La Lazio a gagné comme une grande. Pourtant l’Inter a fait son match. La première période est très équilibrée. Savic nous fait admirer sa frappe de balle. Son missile vient heurter la barre de Padelli. L’Inter répond par Brozovic. Le Croate est absolument partout. Sa capacité à couper les lignes par ses passes, en étant pressé, est absolument précieuse en plus d’être un délice pour les yeux. Elle permet aussi et surtout à l’Inter de remonter son bloc. Peu de temps avant la pause, Candreva tente sa chance. La frappe est puissante et flottante. Strakosha repousse comme il peut. Young est à l’affut. Il claque sa reprise au fond des filets. Les nerazzurri prennent l’avantage.

On ne parle probablement pas assez de Simone Inzaghi (nous aurons l’occasion de vous en reparler dans une académie un peu spéciale). Il a réussi à construire, en quelques années, un collectif impressionnant. Immobile reçoit la lumière et les louanges mais résumer la Lazio à lui seul est un écueil à éviter impérativement. Car les biancocelesti ont un véritable projet de jeu basé sur une défense solide mais joueuse et un milieu de terrain absolument dingue. Luis Alberto et Savic sont les véritables fers de lance des Laziales.

Simone Inzaghi aura su trouver les mots. Les Biancocelesti reprennent la seconde période tambour battant. Profitant de la fébrilité de Padelli, Immobile obtient un penalty qu’il transforme sans hésitation. Les deux équipes se rendent coup pour coup, l’intensité est incroyable. Les locaux vont finalement prendre l’avantage par l’inévitable Milinkovic-Savic. Le Serbe trompe un Padelli qui visiblement n’a pas trop le niveau, même en tant que doublure pour évoluer à l’Inter (et même ailleurs). Les hommes de Conte vont tout tenter mais les dernières occasions seront laziales.

L’Inter et la Serie A, une allégorie.

La Lazio remporte un match épique. L’Inter se consolera en conservant l’avantage de la différence particulière, ça peut compter en fin de saison. Mais, sans vouloir se la jouer à « l’école des fans », ce dimanche soir, c’est toute la Serie A qui a gagné. On redemande des chocs aussi intenses, aussi vivants et aussi puissants chaque semaine.

Le résumé à ne pas louper

Milan 1-0 Torino

But : Rebic

Le Milan ne voulait pas tomber dans le doute. Le hasard fait parfois bien les choses. Le Toro est l’adversaire parfait pour se relancer. Les Piémontais enchainent les défaites et les prestations faméliques avec une constance qui force l’admiration. Les Milanais ne vont jamais vraiment souffrir sans se montrer particulièrement dangereux. Avec cette victoire facile, les Rossoneri recollent avec les places européennes. Les Turinois gardent un petit matelas sur la zone rouge. Pourtant, alors que le Genoa et Lecce enchainent les résultats, le Toro ne fait que perdre. On ne voit pas bien ce qui pourrait changer leur dynamique. Attention Danger !!!


Note artistique de la journée : 4/5

On a aimé :

– Le but de Mertens contre Cagliari. Il n’aura aucun mal à trouver un club en juin ce garçon, c’est moi (c’est tout le monde en fait) qui vous le dis.

On a adoré :

– Le retour de Chiellini sur le pré, six mois après. Bentornato Giorgio Abitbol.

On a détesté :

– Le Toro. Roberto les déteste à titre personnel, mais c’est une autre histoire. Non, ce qui nous chagrine c’est que le Toro soit perdu pour le foot. La dernière fois qu’il a gagné, on payait en lire. Alors bon…

Le lien youtube de la Serie A  pour voir de beaux buts et les résumés de tous les matchs


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Bacci anali

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même de l'Inter.

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