LA CALCIO ACADÉMIE VOUS RACONTE LA TROISIÈME JOURNÉE DE SERIE A

Cari amici,

À peine trois journées de A et déjà beaucoup d’amour. On aime le retour de Maurizio « Lucky Strike » Sarri et ses premières jérémiades. On goûte le travail léché des plâtriers napolitains qui ont retapé les vestiaires du San Paolo en 48 heures après s’être fait brasser par mister Carlo Ancelotti. On apprécie (non) l’anti-football pratiqué par le Milan, le gros match entre Brescia et Bologne et la défaite de la Schutzstaffel Lazio. On adore la gifle reçue par Candreva, d’un geste pur et habilement réalisé, un peu moins le rouge qui en découle. Bref. Le calcio est enfin de retour, après une pause internationale qui nique toujours autant l’ambiance.
Les choses sérieuses reprennent enfin.

Fiorentina-Juventus (0-0) : La sensation d’un « déjà-vu ». L’impression d’assister depuis des mois et des mois au même match et l’envie de se foutre en l’air devant tant de merde. Alors ouais, t’as des quelques actions sympa, « à une touche de balle », qu’on a trop tendance à nommer « sarrismo ». Évidemment qu’on ne peut pas juger le travail du coach napolitain au bout de trois mois. Heureusement d’ailleurs. Mon cri n’est pas un cri d’alerte mais plutôt un cri d’amour. L’amour voué au trop mésestimé Maximilien. Laissons le temps au temps mais n’oublions pas.
Face à une équipe florentine hargneuse, la Juve n’a simplement pas vu le jour. Le pressing haut mis en place par Montella a bien failli faire craquer l’arrière garde bianconera et notamment Szczesny, auteur d’une belle bourde en première mi-temps. La bave au bec, Franck Ribery a éclaboussé de toute sa classe un stade qui n’avait d’yeux que pour lui. À la fois à la récupération et à la construction, le Français montre clairement que la retraite pourra attendre. Et on ne peut qu’admirer. En face les juventini tombent comme des mouches : d’abord Douglas Costa puis Pjanic sont sortis sur blessure musculaire. La merde, d’autant que mercredi débute les affrontements européens. Blablabla le staff médical d’Allegri.

SPAL -Lazio (2-1) : Le match plaisant du dimanche aprèm où l’on amène femme et enfants. Le péno accordé par la VAR, la domination laziale avec un Caicedo maladroit dans la finition, le joli but pour l’égalisation, puis le poignardage de cul saucissonné à la 92e minute par Kurtic (l’Arsouille). Ce SPAL-Lazio nous a fourni tous les poncifs du match de foot qu’on aime bien le regarde affalé sur le canapé de beau-papa en rotant les alouettes sans tête, la main sur les couilles et les dents pleines de persil.

Les buteurs : Immobile (17 SP) pour la Lazio, Petagna (63e) et Kurtic (90e+2) pour les spalini.

Roma – Sassuolo (4-2) : La Roma avait besoin de lancer la machine à gagner. Sassuolo avait très envie de continuer sur sa lancée après avoir poutré la Samp’. La chance ne pouvant pas sourire à tout le monde sous les sabots d’un cheval (ou quelque chose comme ça), la Louve a fait le taf. 4-0 au bout de 33 minutes, ça permet d’aborder sereinement la suite du match. Les deux buts de Berardi en seconde période, dont un coup-franc de toute beauté, n’y changeront rien. La Roma démarre, Sassuolo prend l’eau.

Les buteurs : Cristante (12e) Dzeko (19e) Mkhitaryan (22e) Kluivert (33e) pour la Roma, Berardi (53e et 72e) pour Sassulolo.

Torino – Lecce (1-2) : Le parcage visiteurs était plein à craquer, parce que oui les ultras peuvent traverser le pays des Pouilles au Piémont on n’est pas en France bordel. Et les voyageurs en ont eu pour leur argent. Oh et puis nique l’argent, on parle d’émotions là. Alors voir un parcage plein, torse-nu, célébrer la victoire de son équipe en terre piémontaise (la partie du Piémont qui ne gagne jamais je veux dire) ça fait du bien. Et puis bon, Fabio Liverani entraîne Lecce, et il ressemble à Pascal Dupraz après deux semaines de vacances au Club Med. Un peu de baume au cœur pour les copains de la Croix de Savoie Académie.

Les buteurs : Belotti (58e SP) pour le Toro, Diego Farias (35e) et Mancosu (73e) pour Lecce.

Inter Milan-Udinese (1-0) : Le football a repris ses droits et nous pouvons nous en féliciter. Comme nous l’avions signalé la semaine dernière, le football italien a tenté de camoufler une fois de plus les cris de singes à l’encontre de Lukaku. La Curva Nord de l’Inter se fend d’un communiqué qui exprime à lui seul la gravité de la situation en Italie. On va vous le résumer. La Curva Nord est tout d’abord pleine d’empathie et d’amour pour Lukaku. On aurait dû s’arrêter là, faire les innocents et ne pas lire la suite. Les ultras assument complètement les chants racistes, ils défendent leurs homologues sardes. En sommes, ce n’est que du folklore, ni plus ni moins. Vous pensiez avoir touché le fond ? Attendez un peu. Le propriétaire de l’Inter en remet une couche. Le propriétaire Steven Zhang estime que les supporteurs n’ont pas fait les cris de singe pour blesser, mieux « l’intention n’était pas mauvaise ». Tant mieux, on commençait à s’inquiéter.
Mais le football a repris ses droits, le problème du racisme est caché sous le paillasson. S’il devient trop gênant, on trouvera bien une bande d’albanais pour nous en débarrasser. L’Udine venait donc de son frioul pour tenter de jouer un mauvais tour à l’Inter. Il aurait fallu leur expliquer deux ou trois trucs. Déjà, c’est plus simple de jouer à onze. De Paul prend un carton rouge complètement stupide. Bon, on a tous eu envie de foutre une claque derrière la tête de Candreva. C’est humain. Mais quand tu te fais manger depuis le début du match, il faut parfois faire le dos rond, défendre et sauver ce qui est sauvable. Sensi ouvrira finalement le score sur un très joli centre Godin. L’Inter remporte son troisième match et attend avec impatience le derby de la semaine prochaine.

Le buteur : Sensi (44e)

Genoa-Atalanta (1-2) : L’Atalanta se déplaçait à Gênes pour reprendre sa marche en avant. Le Genoa espérait confirmer son très bon début de saison (victoire contre la Fio et nul à Rome). Le match se résumera à une histoire de pénalty. La VAR ouvre le score par l’intermédiaire de Muriel qui inscrit son 52e but en série A. Le Genoa égalisera dans les dernières secondes sur une nouvelle décision arbitrale comique. Lerager décale Kouamé qui s’écroule par désespoir dans la surface. L’arbitre est visiblement sensible à sa souffrance. Il désigne le point de péno.
On était parti pour en rester là. Mais le football est magique. Zapata déclenche une merveille de frappe à la toute dernière seconde. L’Atalanta repart avec les trois points, le Genoa revient avec des regrets et l’arbitre aura assurer le spectacle. Merci pour tout.

Les buteurs : Criscito (91e) / Muriel (64e) et Zapata (95e)

Brescia-Bologne (3-4) : Les Bresciani attendaient ça depuis huit ans. Au pied des alpes, dans la plaine du Pô, les occupations ne manquent pas pour les locaux, mais rien ne remplace la passion du ballon rond. Alors, vous imaginez bien que le rendez-vous contre Bologne était coché depuis longtemps. Le stade était rempli comme un œuf. Balotelli est encore suspendu. Il faudra donc compter sur les héros de l’année dernière. Donnarumma, à la coiffure douteuse, confirme son statut de buteur. Il claque rapidement son doublé. A la pause, totalement asphyxié, Bologne est mené 3-1. Heureusement, on peut encore compter sur les locaux pour gacher la fête. On commence par le gardien finlandais Joronen. Ses sorties aériennes sont moins sûr qu’un Tupolev d’occasion affrété par une compagnie aérienne loufoque.
Mais le Finlandais n’aurait pas réussi à gâcher la fête tout seul. Daniele Dessena comprend le message. D’un plongeon grotesque, il obtient un magnifique carton rouge. C’est incontestablement le tournant du match. Les Lombards paniquent, reculent et ce qui devait arriver… arriva. Après un but du vieillard Palacio et un CSC de toute beauté, Bologne remporte une victoire inespérée balayant une défense aux abois.

Les buteurs : Donnarumma (10e et 19e) et Cistana (42e) / Bani (36e), Palacio (56e), CSC (60e) et Orsolini (80e)

Parme-Cagliari (1-3) : 
Comment veux-tu gagner quand tu joues sans Karamoh et Cornelius ? Hein quoi ? On dit des conneries ? Et ça vous étonne ? Parme va devoir reprendre ses esprits. Sans forcer Cagliari gagne donc grâce à un doublé de Ceppitelli, le défenseur buteur dans un match qui se termine finalement à la 102e… exploit à attribuer à M. Pasqua (le fils de Charles), ça ne s’invente pas, le record n est plus très loin. La VAR c est presque la garantie de jouer la prolongation en championnat. Et ça c est chouette.

Les buteurs : Barilla (58e) / Ceppitelli (23e et 39e) et Simeone (77e)

Hellas Verone-AC Milan (0-1) : Milan gagne mais Milan galère. A 11vs10 pendant 70 minutes, Milan n’a trouvé la solution que sur penalty. Sans fond de jeu, malgré les changements répétés, Giampaolo ne convainc pas encore, balbutiant son football, pourtant léché qu’on lui connaissait. Laissons le temps, cela viendra peut-être. Après tout six points en trois matchs, et une 4e place au classement, c’est pas si mal ; autant que Naples et l’Atalanta, plus que les deux romaines.
On aimerait passer sur les cris racistes de la curva ultra épouvantable du Hellas Verone que l’on sait tous d’extrême droite et qui s’en est une nouvelle fois prise à Kessie, mais ne rien dire serait banaliser les choses et on ne banalise pas le racisme, jamais.

Le buteur : Piatek (68e)

Naples-Sampdoria (2-0) : Une victoire en deux matchs pour le Napoli, déjà 7 buts encaissés pour autant d’inscrits, du jeu, des occasions, on ne s’emmerde pas et ça change (suivez mon regard vers le club italien le plus titré d’Europe) … Tranquillement mais surement, le Napoli se crée les meilleures occasions grâce notamment à Di Lorenzo, latéral droit qui dépose un caviar pour Mertens qui traînait là (1-0). Meret impeccable dans les buts, Koulibaly qui a retrouvé sa hargne aussi bien dans sa surface que dans celle de l’adversaire et Mario Rui qui … non rien, on attend toujours un bon centre de sa part. Mertens double la mise et Insigne aurait pu suivre derrière s’il n’avait pas été aussi maladroit que @LeGrasAuLly en crampons. Les points, du jeu, c’est ce que Ancelotti souhaitait avant la réception de Liverpool en Ligue des Champions.

Les buteurs : Mertens (13e et 67e)

LeGrasAuLly qui tente de mettre ses crampons pour la 1e fois

Note Artistique de la Journée : 0/5.

On ne peut tolérer ni banaliser le racisme. On l’a dit plus haut et on le répètera toutes les semaines. Des cris de singe en Serie A, à l’échelon le plus haut du football en Italie c’est intolérable. Qu’il soit banalisé, qu’il soit encouragé (à la radio, vous n’avez pas raté la polémique ou sur le compte twitter du Hellas), qu’il soit impuni, c’est grave et honteux.
Pour toutes ces raisons, la note de 0 s’impose et nous attriste, mais on ne traite pas le racisme sur le même plan qu’un résultat de match ou qu’une décision de la VAR.
L’Italie doit sortir de cette horreur, pour elle-même, pour ses joueurs de couleur qui viennent vivre et jouer dans ce si beau pays, pour son image qu’elle détériore, pour ses supporters, assidus comme nous ici, qui gâchent leur plaisir de voir un match arrêté ou entaché de chants obscènes.
Seulement la 3e journée et déjà 2 weekends gâchés par ce monstrueux problème.
On a par habitude hâte de la suite, des matchs qui arrivent, du derby de Milan ce samedi, mais en ce moment, on vous le dit, ça n’est plus vraiment le cas.

Le Classement : 

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même de l'Inter.

3 commentaires

  1. Alors déjà : Chapeau pour le taf. C’est vraiment cool d’avoir ça sur le site.

    Et non, je ne relèverais pas l’attaque personnelle… bande d’enfoiré !

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