Pronto mamma, Bobo (Antipasti 4)

Un taureau avec des muscles de miel, voilà qui est Christian « Bobo » Vieri.

Et quand on dit bobo, on parle pas de l’immonde engeance qui peuple les coins branchés des grandes villes (et des néo-ruraux en birkenstock) en s’inventant une conscience politique vaguement de gauche.

Non, Bobo, c’est le fils de Bob Vieri. Attaquant peu prolifique du Calcio des 60’s et 70’s, il finira sa carrière en Australie aux Marconi Stallions, le club des immigrés italiens en manque de football. Les Étalons verront ensuite grandir dans leurs équipes de jeunes non pas un fier destrier, mais un taureau musculeux. Pas avare en conneries hors du terrain, Christian est également généreux en buts, lui qui joue arrière gauche. Il demande à son coach de l’époque de le replacer devant.

Le reste appartient à l’histoire. Bobo s’envole pour l’Italie, pays qui n’est sien que par droit du sol mais qu’il rêve de conquérir. Il commencera par faire ses gammes à Prato en Toscane ou Luciano Diamanti, père d’Alessandro Diamanti le rasta blanc, sera son entraîneur. Le Toro, en la personne de Serino Rampanti, viendra rapidement le chercher. D’abord réticent, le président de Prato acceptera de vendre son bébé bomber à condition que son fils fasse le voyage avec lui. Le football italien dans toute sa splendeur quoi. Une saison avec la primavera, une autre avec la A et puis s’en va. La Serie B découvre Bobo. Pise, où il ne laisse pas un souvenir impérissable, puis Ravenne et Venise où il fait une saison honorable à chaque fois.

Un si bel homme, avec un si beau maillot, comment ne pas l’aimer ?

Mais déjà, une tendance se dessine. Christian ne dépasse jamais la barre des trente matches par saison. La faute à des blessures musculaires récurrentes malgré son jeune âge. Ce qui n’empêche pas l’Atalanta de poser un gros paquet de lires (soit un petit paquet d’argent pour les plus jeunes) pour ramener Bobo en Serie A en 1995. Il y rejoindra un certain Paolo Montero, mais c’est une autre histoire. 21 petits matches, 9 buts et puis s’en va à la Juventus, fraîchement auréolée de son titre de championne d’Europe des Clubs Champions dans l’Europe. Il connaîtra la gloire et la déchéance à Turin. Un scudetto certes, le seul qu’il ait gagné au cours de sa carrière, mais aussi une cruelle défaite (la putain de leur race) en finale de C1 contre Dortmund.

Mais Bobo a la bougeotte, en plus d’un physique de lâche. L’Atleti et les gros myions de son gros président Jesus Gil seront une trop belle opportunité pour lui, il confessera même dans son autobiographie y être allé seulement pour l’argent. Il y fera sa saison la plus accomplie, marquant une chiée de buts et finissant ainsi pichichi de Liga cette année-là. Puis, l’opportunité de rentrer au pays et de continuer à palper après un mondial plutôt réussi (Di Biagio je te hais) viendra par l’intermédiaire de la Lazio de Sven-Goran Eriksson, où il enrichira son palmarès d’une C2.
Fait amusant, c’est lui qui ouvrira le score lors de la finale contre Majorque, dernier match de l’histoire de cette compétition qu’on rêve tous de voir renaître pour se la raconter en soirée comme des hipsters de merde (en vérité c’est simplement parce qu’on aime le foot les amis, alors allez tous vous faire f…).

Mais… ouais bon vous avez compris la musique hein. Avec Bobo, c’est une saison et puis s’en va.
Enfin, ça c’était avant l’Internazionale et ses 90 myiards de lires (soit tout de même quasi 50 myons d’euros, record du monde dans le monde pour l’époque). Gageons que le contrat allait avec, mais là n’était pas l’essentiel (tout comme la concordance des temps dans mes articles).
À Milan, Vieri commence par former une attaque de feu au physique de miel avec Ronaldo. Puis les mister s’enchaînent tout comme les désillusions. Le scudetto qui échappe en 2002 malgré les 22 buts en 25 matches. Peut-être que s’il avait joué dix matches de plus… Pareil en 2003, où il finit cappocanoniere en championnat mais où il doit regarder ses coéquipiers perdre contre l’AC Milan en Champion’s League depuis les tribunes, blessé. Cette blessure ne guérira jamais comme il faut, et Vieri ne redeviendra plus l’attaquant racé qu’il avait été.

Il partira au Milan AC, le temps d’y gagner un bidone d’oro en 2005. Monaco, la Samp’ et un dernier retour à Bergame pour 1500€ par mois, plus une prime de 100 000 à chaque but et avouons que celui-ci les vaut bien

voilà à quoi ressemblera la fin de carrière de Christian Vieri.

Reste un goût amer, comme de la Suze mais en moins bien. S’il n’avait pas été emmerdé par ses muscles fragiles, qui sait jusqu’où serait allé Vieri ?

On se contentera de ses 235 buts, un total plus qu’honorable pour un des attaquants majeurs de cette période bénie du Calcio.

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même du Napoli.

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