Leeds – Brighton (0 – 1) : La Hipster académie se prend pour Stanislavski

La Mouette c’est probablement une des meilleures de pièces de Tchekhov…

… Mais on ne peut pas toujours retenir un bâillement de temps à autre, ni même, au fur et à mesure que l’intrigue se développe, sentir que cela va mal se finir. Surtout dans une mise en scène de Stanislavski. En revanche, on ne peut pas nier un certain talent de Nostradamus à ce médecin russe qui décrit la déchéances de propriétaires dans les campagnes russes. Correctement interprétées, comme ce que nous allons montrer plus bas, ces textes permettent de prédire le résultat des match de football : Voyez plutôt ce passage extrait de la Mouette, presque à la fin de la pièce. C’est un assez bon résumé du match qui est proposé et que nous avons décodé :

> BIELSA, s’apprête à coacher; il relit son plan de jeu. Moi qui ai tant parlé de formes nouvelles, je me sens glisser vers la routine.
> *Il lit : * « L’ailier et le latéral dédoublaient sur la gauche… » – « Luke remontant la balle sur la moitié du terrain avant de trouver une passe en profondeur… » Dédoublait, remontant… Ce sont des clichés.

>Il biffe. Je commencerai par le passage où le central claque une transversale de 70m. Tout le reste est à supprimer. Ma construction du jeu en attaque est trop longue, trop recherchée. Graham Potter, lui, s’est créé des procédés ; tout lui est facile. Le goulot d’un milieu cassé qui signale la compensation de la digue, l’ombre noire de l’avant-centre qui accompagne l’action, et voilà son action décisive toute prête ; chez moi, il y a la frappe de Klich frissonnante, le doux scintillement des canines d’Alioski, les sons lointains d’un gardien qui engueule sa défense parce qu’il va encore ramasser sur corner, qui précèdent le boxage du ballon dans l’air calme et parfumé. Quelle torture !

> Un temps. Oui, je suis de plus en plus convaincu qu’il ne s’agit pas de formes anciennes ou modernes, mais de coacher sans penser à tout cela, pour libérer son cœur, simplement.
>Quelqu’un frappe à la fenêtre la plus proche de la table. Qu’est-ce que c’est ?
>Il regarde par la fenêtre. On n’y voit rien avec ce temps anglais.
> Il ouvre la porte vitrée et regarde dans le jardin. Quelqu’un a descendu les marches en courant.
> *Il appelle / * Qui est là ?
> Il sort ; on entend ses pas précipités sur la terrasse ; quelques instants après, il revient avec Kalvin Phillips. Kalvin ! Kalvin !
> Kalvin pose sa tête sur la poitrine de Bielsa et sanglote sourdement.

>>>>##### La composition #####<<<<<

Pour avoir pris une biscotte tout à fait stupide et inutile dans les dernière minutes du match contre Jouzé, Bielsa doit faire sans Kalvin Phillips, remplacé numériquement par Struijk, qui a déjà souffert de la comparaison avec le suspendu. A part cela, nous notons le retour du vaillant (à défaut d’être brillant) Coop, qui nous permet d’avoir 1 central de métier valide sur le terrain.

Et Marcelo a vu un truc sur la défense des Seaguls, qui l’a incité à faire changer Raphinha et Harrisson de côté. Nous n’avons pas compris, mais c’est loin .

Meslier
Dallas Centrayling Cooper Alioski
Struijk
Harrisson Rodrigo Klich Raphinha
Bammie

Puis, en à l’heure de jeu, et constatant l’ennui profond dans lequel les spectateurs sont plongés, et le but encaissé au quart d’heure de jeu toujours pas effacé, Marcelo fait évoluer l’équipe en ceci :

Meslier
Latérayling Struijk Cooper Dallas
Klich
Poveda Roberts Pablo Harrisson
Bammie

>>>>>##### Le match #####<<<<<

Avec peu de jeu court pour repartir depuis nos lignes arrières (probablement une consigne, qui s’étiolera avec le temps et à mesure que l’on jouait mieux ou qu’ils reculaient), il n’y a pas eu beaucoup d’actions où l’on sentait arriver la salissure de slips. Les deux plus marquants sont aussi à retrouver dans la pièce de Tchekhov :

> Pascal C’est le ballon, mon puissant adversaire, qui approche. Je vois ses yeux pourpres, terrifiants… »
> Liam – Ça sent le pipi. C’est Pascal ?
> Luke Oui.
> Liam, riant Oui, ça lui fait de l’effet…
> Pascal Maman !
> Luke On s’ennuierai sans ses conneries…
> Kiko, au public Vous avez enlevé votre slip. Remettez-le, vous allez prendre froid.

Un autre animateur des pertes de balles slipocide fut Matteusz, comme le montre cet extrait :

> Matteuz sans adversaire direct, portant un ballon et une frappe de bébé mort. Vous êtes seule ?
> Raphinha Oui. Matteusz dépose la balle loin de ses pieds. Qu’est-ce que ça veut dire ?
> Matteusz J’ai eu la bassesse de rater une frappe aujourd’hui. Je la dépose loin de vos pieds.
> Raphinha Qu’avez-vous ? il se tourne vers la balle et regarde l’adversaire s’éloinger avec.
> Matteusz, après un silence – Je me tuerai bientôt d’autres offensives de la même manière.
> Raphinha Je ne vous reconnais plus.

Les x•G se sont fait assez discrets, nous attendions une puissante stimulation sur ce match, peut-être pas équivalente aux balais, mais eux sont vraiment très nul. Nous n’avons trouvé que dans le dernier quart d’heure un certain allant qui parvenait à rendre le souffle un peu court :

>L’équipe, en cœur Non. Je partons pour assiéger Brighton à la fin. C’est indispensable. J’ai hâte de conclure un but, puis nous avons promis de donner quelque joie pour les supporters. Bref, c’est toujours la même histoire.
> Pendant qu’ils jouent, dans notre salon Candy et Sandy poussent et découvrent leur salle de jeu au milieu de la pièce, Mandy nous allume, apporte des huiles de massage. Nous sortons un jouet de société de l’armoire.
> L’équipe La défense nous a plutôt mal accueillis. Quelle perte de balle ! A leur prochaine passe, s’ils se calment, nous irons pêcher dans leur surface. Nous en profiterons pour revoir leurs 6 mètres, et cet endroit – vous vous souvenez ? – où Bammie a collé un triplé.

Deux passage (aussi seulement, c’est vous dire que ce match était bien moins rigolo de d’habitude…) rendent assez bien compte de la consommation d’alcool que nous avons eu sur ce match :

> Luke Garder la balle sans espoir, attendre, on ne sait quoi, des minutes entières ?… Une fois balancée devant, je ne penserai plus à la conserver : les soucis de défenses chasseront ceux des attaques. Et puis, vous comprenez, ce sera un changement. Alors, je la mets en profondeur ?
> Harrison – Ce ne serait pas un peu trop haut ?
>Neil Maupay (nous parlant directement) – Pensez-vous ! Nous remplissons deux petits verres. Ne me regardez pas comme ça. Les femmes boivent plus souvent que je ne pense. Beaucoup ont l’air de boire en cachette, quelques-unes seulement comme vous, ouvertement. Oui… Et presque toujours du savagnin, du calva ou de la mirabelle.
>Elles trinquent entre elle. À la bonne vôtre ! C’est un but simple ; quel dommage que vous n’ayez pas cherché à le défendre le moins du monde. *Elles boivent. * puis :

puis

> Luke à la 56e Leur bloc haut y est extrêmement attachant. Quand on sort de la balle, au début, les espaces sont pleins de joueurs. On déambule entre les adversaires, sans but, on va ici et là, en ligne brisée, on humilie des gens, on se confond, pour ainsi dire, psychiquement avec eux, et on commence à croire que ce qu’il ressente là nous le ressentons sur chaque corner

enfin :

> Au milieu de terrain, à droite, retentit un coup de protèges tibias : tous tressaillent.
> L’arbitre Qu’est-ce que c’est ?
> Dallas Ce n’est rien. Quelque adversaire s’est probablement emmêlé les pinceaux. Ne vous effrayez pas.

>>>>>##### Les Notes #####<<<<<

> I can’t say anything different to what I’ve already said. Of course, the interpretation of what the opponent did was heroic, was a miracle, was very good. We were humiliated and ridiculed by the opponent. The result allows you to come to these conclusions. >
> a répondu Marcelo Bielsa à un journaliste, à qui on aurait demandé dans un autre monde : Pouvez vous nous réciter quelques lignes de La Mouette, de Tchekhov ?

Casilla (la mouette/5) Mais un homme arrive, par hasard, et, par désœuvrement, le fait périr, comme on fait périr cette mouette.

Dallas (Sorine/5) Cela vous va bien de jouer en une touche. Vous avez eu une carrière intéressante, vous, mais moi ? J’ai travaillé pendant soixante dix-huit mois dans cette équipe, mais je n’ai pas encore dribblé. En fin de compte, il ne m’est rien arrivé du tout, et j’ai soif de dribble, c’est compréhensible. Vous êtes indifférent et repu, alors vive le foot offensif, n’est-ce pas ? Mais moi, je voudrais dribbler, c’est pourquoi je joue les passe-et-va, et fait des appels, et ainsi de suite. Et voilà tout.

Ayling (Chamraiev/5) >Ayling Mon coach vient de me dire que vous aviez tous les deux l’intention d’aller dans la surface adverse aujourd’hui. Est-ce vrai ?
> Harrisson – Mais oui.
>Ayling Hum ! C’est parfait, mais comment comptez-vous y aller, très estimé ? Nous faisons défenseur central, toutes les courses se font dans notre moitié de terrain. Et quelles passes en profondeur prendrez-vous ? Permettez-moi de vous le demander.

Cooper (Paulina/5) Il a lâché le marquage tous les joueurs de champ, même les joueurs d’attaque. Tous les jours, il y a de ces malentendus. Si vous saviez comme cela m’énerve ! J’en suis malade.

Struijk (Nina/5) Être milieu de terrain ! Être 6 ! Pour mériter ce bonheur, je supporterais le manque d’affection de mes proches, la misère, les déceptions, je vivrais dans un grenier et ne mangerais que du pain noir; je souffrirais de mes défauts, de mes imperfections, mais, en revanche, j’exigerais de la gloire… de l’authentique et retentissante gloire. (Il se couvre le visage.) La tête me tourne… Oh !

Harrison (Arkadina/5) > Harrisson Docteur, lequel de nous deux paraît le meilleur joueur ?
> Hernandez Vous, bien entendu.
> Harrisson Vous voyez bien ? Et pourquoi ? Parce que je travaille ; je réagis, je suis toujours en mouvement, et vous, vous restez toujours planté là, vous ne vivez pas… Et puis, j’ai pour principe de ne pas interroger l’avenir. Je ne pense jamais ni à la défaite ni à la mort. On n’échappe pas à l’inévitable.

Rodrigo (Trigorine/5) Oui. Il est agréable de jouer. D’aller à l’entraînement, aussi, mais, le match à peine terminé, je le trouve détestable; non, ce n’est plus ça du tout, c’est une erreur, j’aurais mieux fait de ne pas jouer… et je suis dépité, déprimé. (Il rit.) Quant au public, il dit : « … Oui, c’est gentil, il a du talent… C’est gentil, mais cela ne vaut pas Messi »; ou encore : « C’est un milieu charmant, mais De Bruyne de City, c’est autre chose. » Ainsi, jusqu’à la fin de mes jours, tout ce que je ferai sera gentil et plein de talent, mais sans plus. Après ma mort, en passant devant ma tombe, mes amis diront : « Ci-gît Rodrigo. C’était un bon joueur, mais il jouait moins bien que Ronaldo. »

Klich (Macha/5) Tirer sans espoir, tenter, on ne sait quoi, des matchs entiers ?… Une fois redescendu sur le terrain, je ne penserai plus à marquer un but : les nouveaux soucis chasseront les anciens. Et puis, vous comprenez, ce sera un changement.

Raphinha (Treplev/5) Vous venez de dire que vous étiez trop simple pour me comprendre ? Qu’y a-t-il à comprendre ? Mon pied a déplu, et vous méprisez mon inspiration, vous me rangez parmi les gens ordinaires, nuls, comme il y en a tant. (Il tape du pied.) Je le comprends ! Je ne le comprends que trop ! C’est comme si un clou s’enfonçait dans mon cerveau, et je le maudis ce cerveau, comme cet amour-propre qui me ronge…

Bamford (Yakov/5) > Sur l’estrade, derrière le rideau baissé, s’affairent Bammie et d’autres attaquants ; on les entend tousser et frapper. […]
> Bammie passe de gauche à droite, faisant un appel. […]
> Entrent, par le couloir de droite, Harrison, Dallas, en dédoublant les passes, puis Bammie qui s’affaire autour de la surface. […]
> Bammie débarrasse la balle. […]
> Pendant qu’il court, Bammie s’occupe des valises […]
> Se replient Harrison, Cooper ; derrière eux Bammie cadrant le porteur.

Roberts (le cuisinier/5) Merci beaucoup, monsieur. Bon voyage. Nous vous sommes bien obligés.

Hernandez (Dorn/5) Il faut considérer le match avec sérieux. Mais se rentrer à la soixantième, regretter d’avoir trop peu pesé sur le jeu, excusez-moi, c’est de la légèreté d’esprit. […] J’ai cinquante-cinq ans ; il est trop tard pour changer de vie.

Poveda (la bonne/5) Nous n’avons pas trouvé de réplique de la bonne dans le texte, etonnant, non ?

Et à bientôt pour des académies de victoire…

Candy, Mandy et Sandy

2 commentaires

  1. Candy, Mandy et Sandy sont sources de culture. Entre-autres choses. Avec cette pièce de théâtre, la Hipster Académie peut se targuer, à mes yeux du moins, d’être Capitale Occulte de la Culture Universelle Fantasque Ivre Enjouée et Envoûtante.
    Je n’ose imaginer la quantité de travail que représente la rédaction de ces acads. We like it.

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