Newcastle – Leeds (1-1) et Leeds – WestHam- La Hipster académie joue à Chiron.

Pendant que certains autres se chient dessus, sans jouer, pour de vrai

Sur un nuage ouaté, avec des couleurs qui se reflètent et un soleil mordoré qui ne sont pas sans rappeler le paradis terrestre, sont allongés deux hommes jeunes. Un jeune black, avec une cicatrice qui lui barre la joue, et un mec, disons de type eurasien pour parler comme un bâta policier, avec une bouche très large et les cheveux qui lui font une mèche crantée. Le premier se réveille, se frotte les yeux, se redresse, et regarde autour de lui. Pendant de grands moments. Observe, l’air circonspect.
Au bout d’un moment, l’autre gonze se réveille. Se redresse sur ses jambes d’un bond. S’exclame de surprise. Se tâte la figure, le bide, et le slip.

– Oh putain je suis mort…. s’ecrie t-il.
Se jette au sol, fait une pompe, un saut perilleux avant puis arrière.
– Je suis mort, répète-il joyeusement.

Puis apercevant le premier, s’interrompt, et s’avance vers lui en tendant la main.
– Ah bonjour Jean-Paul Belmondo mais mes amis m’appellent Bébel.
– Yo, Omar.
– Bonjour Omar ! Vraiment ravi de te rencontrer. Alors, mon pote, comment te sens-tu ? La forme ?
– C’est OK…
– C’est OK ? c’est tout ? Tu m’as pas l’air bien causant Omar.
– Peut-être…
– Et tu es au courant que tu es mort?
– Oh oui. Je me suis fait tirer dessus au milieu de la 5e saison.
– Je comprends rien à ce que tu racontes, mais ce n’est pas grave… Et ça fait longtemps que tu es là ?
– Quelques minutes, je sais pas, ce n’est pas clair…
Bébel se détourne quelques instants, fait quelques assouplissements, quelques mouvements de droite à gauche saute, dodeline de la tête…

Il se retourne vers Omar
–Et tu te sens pas mieux depuis que tu es là, Moi, j’ai l’impression d’avoir la patate j’ai retrouvé l’allant de mes 20 ans. Je suis prêt à me battre contre les méchants et à séduire les jolies filles…
–Omar sourit encore une fois, quelque peu gêné. Bebel reprend :
–Non mais toi tu te sens pas mieux, comme libéré de la vieillesse et ses conneries ? Quel âge tu me donnes la?
–Une petite trentaine…
–Et bien tu vois je suis mort à plus de 80 ans.
–Et quel âge ai-je l’air d’avoir ? demanda Omar
–Un peu près 30 aussi.
–Omar réfléchit.
–J’ai toujours eu l’impression d’avoir 30 ans.

Un instant de silence. Omar regarde Bébel un peu plus intensivement.
–Uhm, Mais tu es joli garçon…
–C’est ce que beaucoup de femmes m’ont dit.
–Les garçons ne t’ont rien dit ?
–La plupart de ceux qui m’ont posé la question ont eu mon poing dans la gueule pour toute réponse.
–J’attendrai de voir ça.
Il fait semblant de se mettre en position de boxer. Et ajoute :
– Tu es joli garçon.
– Mais c’est qu’il provoque le petit freluquet là. Je suis bon prince, et je vais me laisser tomber gentiment dans ta provocation. Allez viens là… attends que je te… Je te je te… Ah mais tu esquives bien. Mais viens-là machin. Viens te battre en homme…
Il prend une grosse mandale par Omar
– Oh putain il a une sacrée droite le con. Tu es vraiment pas un pedé toi…
Et bien si …

Les deux hommes s’interrompent parce que l’environnement change subitement. Les nuages sur lesquels ils marchaient subitement se transforment dans le brouillard. Dans la fumée qui s’éclaircit, les deux hommes distinguent petit à petit trois femmes vêtues de robes roses assises dans un équilibre qui semble précaire. Dans un coin de la pièce un écran montre un stade, et des joueurs en train de s’échauffer. Entre l’écran et les filles se dressent une montagne de canette de bière.

Avant que la fumée ne fut dissipée, une belle s’adressa aux deux hommes :
–Mais vous n’êtes pas l’ Francis
–Bah non moi c’est Bébel et mon ami …
–Les trois filles en chœur le coupent
–Michael K. Williams mais que faites-vous ici ?

>>>>>>##### La composition contre Newcastle #####<<<<<<

Quelques temps après… On avait fait les présentations. Bébel avait cherché à faire du charme auprès des filles, et avait recueilli des paires de baffes. Omar avait expliqué pourquoi il n’était plus Michael K.Williams : Si Omar n’avait été au début qu’un rôle pour l’homme, mais bien que ce ne soit qu’un rôle, à la fin les gens l’identifiaient ainsi, pour ce rôle, et il fallait s’effacer devant la postérité du personnage de fiction. Bébel avait ajouté que lui c’était le contraire, n’importe quel rôle qu’il jouait, le personnage s’effaçait devant cet espèce héros français un brin gouailleur, sorte de Dupont pas trop super qui collait si bien pour le cinéma dialogué par Audiard. Et il avait ajouté une petite phrase traitant de « charmer ces dames »… Après la nécessaire claque pour apprendre la politesse à ce macho tout droit sorti des années 60 ( c’est sûrement son problème d’avoir joué trop de personnages qui sont des stéréotypes des années 60).

Sandy interrompt soudain la conversation :

– Bon les filles, là, le match commence dans 5 minutes. Peut-être devrait-on expliquer à Omar comment que ça marche un match de foot. C’est vrai, à la base on voulait invoquer l’Francis, pour qu’il commente ce match avec nous. Et je ne dis pas que l’Francis sait ce que c’est un match de foot, mais en tout cas lui le croyait, et cela nous suffisait.
– Nous, c’est pas comme si on y connaissait quelque chose…
– Arff, je suppose qu’on en connaît un peu plus que les deux zigotos qui sont là.
– C’est vrai, ils n’ont pas eu le bonheur de lire HorsJeu (.net, mâtin, quel site) pendant presque dix ans, comme nous.
– Bon, qui explique ? demanda Mandy
– Bah vous verrez ce ne sera pas trop difficile à comprendre pour vous, compléta Candy.
– Nous on est les gens en maillot blanc, on est ceux qui avons les stratégies rusées pour attaquer.
Mandy coupa la parole
– Plusieurs des nôtres courent dans un sens pour attirer les adversaires dans un coin.
– Pendant qu’il y en a un autre (on essaie que ce soit notre plus fine gâchette ballon au pied) qui fait la course dans l’espace libéré par ses copains, compléta Sandy.
– Et pour défendre on essaie de faire peur aux adversaires en leur courant droit dessus, et en leur faisant des caresses dans le bas du dos quand ça ne suffit pas, compléta Candy.
– Finalement, notre plan de bataille initial ressemble à cela : Avec Dallas, Harrisson, et Bammie chargés de courir partout, pour libérer Rodrigo et Raphinha. Les autres à l’arrière sont chargés de l’intendance, l’approvisionnement en munitions, et d’organiser la bataille de puis l’arrière…

Meslier
Dallas Centrayling Shackelton Cooper Firpo
Phillips
Raphinha Summerville Rodrigo Klich James Roberts
Bammie

>>>>>>##### Le match contre Newcastle #####<<<<<<

Le temps d’expliquer tout cela, les gens avaient déjà mis le genou à terre et donné le coup d’envoi.

Ce à quoi soudain, Candy Mandy et Sandy s’exclament en cœur

– Aller bouffe-lui les chevilles, Bammie !
–Allez !!!!
Il faut t’avouer que les premières minutes se passent assez bien pour nos petits protégés :

Bammie leur bouffe les chevilles régulièrement, et l’on notera que Bammie avait faim : plus tard dans le match : il a aussi bouffé la feuille. Kalvin déménage tout ce qui se passe à sa portée et Newcastle est un sparring-partner agréable pour que l’on puisse expliquer les façons dont on attaque habituellement :

– Alors là on donne la balle à Centrayling qui avance avec.
– Sur son maillot c’est écrit Ayling, remarqua Omar.
– Oui mais non … répondit Sandy
– C’est que normalement il est latéral, Ayling.
– Et en s’appelant Ayling, il aurait pu être ailier, Ayling.
– Pour souligner qu’Ailayling c’aurait été très rigolo comme nom.
– Du coup on l’appelle Latérayling, quand il joue latéral, ce qui est moins rigolo, mais c’est pour se souvenir de cette blague potentielle…
–Et puis de temps en temps ils joue au centre donc du coup on l’appelle Centrayling.
–Mais c’est un détail, ce n’est pas important.
–Donc on donne la balle à ce bel homme, continua Candy.
– Pas autant que l’éditeur, mais belhomme quand même.
–Il a un grand nez quand même pour un bel homme, dit Omar.
– Oui mais c’est pas grave c’est un bel homme quand même parce qu’il avance avec la balle l’air fier le nez au vent, répliqua Mandy.
– Et après soit il décale son latéral, continua Candy imperturbablement
– Soit il met un ballon plus loin devant vers le son ailier Raphinha qui est très très fort.
–Et que les Rennais nous ont quasiment livré sans qu’on comprenne bien pourquoi.

A ce moment, Omar poussa un « hein !! » qui interrompit notre logorrhée. Il y eu un petit moment de silence, suite à quoi Mandy reprit :

–Oubliez l’histoire de Rennes, c’est juste un moyen d’envoyer une petite bise anale à nos lecteurs rennais, poursuivit Sandy.
– Et donc, soit Centrayling cherche à claquer une passe à l’intérieur.
– Plutôt vers Klich ou Rodrigo qui sont nos meilleurs joueurs sous pression.
– C’est à dire qu’ils vont perdre moins souvent la balle quand un patibulaire essaie de lui piquer, essaya d’expliquer Sandy.
– Et là une fois qu’on est là, les autres joueurs courent autour du receveur, pour continuer de progresser vers le but.
– Soit on remet derrière, idéalement vers Kalvin, qui a un jeu long très précis.
– Un peu comme un quarterback, dit alors Omar.
– Et puis bon dans les 30 derniers mètres, on court dans tous les sens.
– Un des nôtres part vers le but pendant que l’autre revient du but, deux autres vont se positionner à droite ou à gauche de l’endroit où va la balle pour réagir vite en cas on nous la pique.
– Le défenseur a du mal, il a les neurones qui se transforment en une poignées d’équilles frites.
– Et il oublie de suivre Bammie.
– ou bien alors on donne la balle à notre ailier gauche qui est souvent un peu plus nul que son défenseur et qui perd la balle.

On avait à peine eu le temps de finir d’expliquer tout cela, et on allait vérifier que s’ils avaient compris nos explications, c’est qu’on avait mal expliqué, tellement le jeu des équipes Bielsa est raffiné et subtil et changeant et qu’on ne peut le réduire à quelques mots de discours, on n’avait pas eu le temps en gros de nous excuser pour notre explication moisie, que Rodrigo laisse passer un centre de Raphinha qui a fini au fond des filets. et que en parallèle Candy laisse passer une bouteille de Savagnin pour ouvrir et finir une bouteille d’Haida qui finit au fond de sa gorge.

Et la première bouteille est y passé quand même, avant même qu’on se rende compte qu’elle était ouverte, l’ambiance devant la télé était joyeuse, et dans la suite du jeu on a toutes bien ri et devant un beau tirage de slip de Raphinha, et devant la frappe de poussin de Mateusz, et devant Kalvin qui discute avec l’arbitre…

On a repris en expliquant le principe du contre-pressing, et du fait que Newcastle n’arrivait pas à s’en sortir et qu’ils ne se sortiraient jamais, et qu’ils allaient avoir du mal à marquer, quand ils ont fini par donner la balle à Saint-Maximin, et qu’il nous fasse bien passer pour des connes. Surtout qu’avec le temps, notre contre-pressing commençait à faiblir, et qu’Ilan a dû nous sauver les fesses une fois ou l’autre.

Omar nous regardait nous enflammer avec un petit air coquin qui n’était pas sans déplaire à Mandy.

Et à l’approche de la mi-temps, l’inéluctable arrive : Saint-Maximin s’amuse avec toute notre défense et égalise. Et pour avoir le plaisir de ruminer notre malchance ou notre maladresse pendant toute la mi-temps, dans les deux minutes qui suivirent, et quelques secondes avant la fin de la période, Raphinha seul à dix mètres du but à la réception d’un ballon aérien, met trois secondes avant d’envoyer une lourde, qui bien évidemment sera contrée. Bordel… Merde, c’est lui qui est sensé être le gars fort chez nous qui met ce genre de buts… Bordel…

Du coup, à la mi-temps, Candy a du aller chercher un nouveau lot de poire à Papy, on ne s’attendait pas à en consommer autant cette saison, et va falloir que Papy augmente les volumes si on veut tenir la saison sans souffrir de la soif. Ou qu’on se remette à gagner des matchs, bordel de merde…

Une fois servie, Mandy était encore fumasse.

– Je ne comprends pas pourquoi on n’arrive pas à les étouffer.
– Ils ont un seul mec qu’il faut surveiller, si on le surveille on les étouffe, c’est pas compliqué bordel !
– Omar se risqua : Étouffer c’est trop compliqué, personnellement j’ai toujours préféré mettre des coups les fusils à pompe.
– Ça on aimerait qu’un de nos joueurs ait un plus gros fusil à pompe…
– Bammie et fusil à pompe, quelque part, ça ne va pas si bien ensemble…
– Non, ya pas le choix, il faut étouffer. dit Sandy péremptoire.
– Et empêcher Saint-Maximin de toucher plus la balle, ajouta Candy.
– Avez-vous pensé à faire une souricière ? demanda Omar
– Oui, mais pour faire des souricières, il ne faut pas qu’un mec laisse son gonze s’échapper de celle-ci.
– Ce qu’on appelle dans l’équipe de Leeds une porte de saloon ou un Rodrigo.
– Et, du coup, les autres mecs qui sont censés fermer la souricière, voyant que le mec s’échappe souvent, ils tiennent moins bien leur poste.

Bref, la conversation se poursuivait sur ce mode, dans un genre de burger quiz, sur le thème le foot, la loi de la rue à Baltimore ou les deux. Cela nous a bien changé les idées avant de réattaquer la deuxième mi-temps et la poire à Papy. Un qui l’avait relativement fermé, c’était Bébel… en partie parce qu’on l’avait suffisemment rabroué pour qu’il la ferme enfin, en partie parce qu’il avait forcé sur la poire à Papy sans avoir l’entraînement nécessaire (ce qu’on appelle dans le jargon un entraînement à la Candy).

La deuxième mi-temps reprenait.

Dès la première perte de balle nous nous sommes écriées en cœur :

– « Allez Bammie va lui bouffer les chevilles… »
– Ce coup-ci, Omar était mort de rire, et ça a réveillé Bébel de sa torpeur, qui lança ceci accompagné d’un clin d’œil.
– Je connais d’autres parties du corps qu’il ait plus agréable de bouffer que des chevilles, Mesdames
Ignorant cette remarque, nous nous sommes reconcentrées sur le match qui reprenait sur le schéma qu’on l’avait laissé à la fin de la première mi-temps : tant qu’ils n’arrivaient pas à toucher Saint-Maximin on ne craignait rien sinon, c’était la merde…

Peut-être que cela semblait bizarre à nos invités mais nous ne pouvions nous empêcher de hurler toutes les 3 minutes « putain allez marquez bordel… Ils sont tout nuls Newcastle… »

Et entre temps, nous insultions copieusement certains joueurs de chez nous : comme James n’avait pas l’air de savoir comment se placer pour recevoir une balle, ou comme Bammie qui arrivait de se complaire dans le contrôle à 5 mètres avec tellement d’assurance qu’on aurait dit que c’était fait exprès pour faire briller Ilan, ou comme Mateusz qui nous gratifiait comme à l’habitude de ses frappes de poussin.

Jusqu’à ce que Omar réitère l’évidence : « Vous devriez mettre un contrat sur les chevilles de ce Saint-Maximin ça ira mieux pour vous après »

Et c’était assez vrai, plus le temps passait plus on était inoffensifs. Surtout que Raphinha était sorti, et que malgré toute la sympathie qu’on peut avoir pour le petit jeune prometteur issu du centre de formation qui le remplace, c’est assez clair qu’il n’a pas de quoi rivaliser pour l’instant avec notre ailier brésilien. Et avec les minutes qui s’égrainaient, et avec elles la perspective de remporter notre première victoire de la saison, la descente de poire à papy se fit encore plus intense.

Et l’on a presque plus eu le courage de s’amuser des petits micro-événements qui ont parsemés la fin de match : Tyler nous a gratifié par exemple d’une belle séquence de dribble de l’homme bourré, ce qui en temps normal vous aurait valu un gif dans la présente académie. Bref, ça n’allait pas, et on était tellement désespérées qu’on en a été jusqu’à souhaiter que Mateusz frappe… Alors qu’il n’était pas de beaucoup à l’intérieur de la surface…

Bref nos deux hôtes nous ont bien regardées nous énerver devant la télé.

Et descendre les bouteilles de poire à papy.

>>>>>>##### La composition contre les jambons #####<<<<<<

Avec l’état d’ivresse, les langues se sont déliées… Du coup on a discuté de dieu et du monde, comme disent nos amis teutons. On s’est laissées aller à dire des trucs intimes, comme ce que le visionnage de « The Wire » à apporté à notre compréhension du monde. À quel point la partie romanesque de la série, qui était si bien incarnée par le personnage de Omar, arrivait à mettre en tension des points de réels sur lesquels l’histoire s’enroulait. Et comment cette série, et ses créateurs ont réussi à créer le sentiment chez trois filles passant leur vie habillée en robe rose à volants et froufrous qu’elles pouvaient comprendre un peu quelque chose de la vie de Baltimore. Et pas seulement des jeux de pouvoir et d’argent qui s’y jouaient, mais aussi être un gamin de là-bas, un dealer, un étudiant en économie, une couille molle dans son bureau ou même un flic , et oui même un flic, qui bastonne tout ce qui passe à sa portée. Bref, ce genre de choses qu’apportent les grandes œuvres d’art.

Après on a essayé de choper de 3 anecdotes sur David Simon. Et sur Dominic West et sur Idris Elba et sur Wendell Pierce et sur tous les autres. Omar s’est prêté de bon cœur à notre petit jeu de questions-réponses – même s’il ne faut pas attendre le moindre scoop de notre part : on se souvient de rien si ce n’est qu’au bout d’un moment on est passé de la poire à Papy au savagnin. Et puis on a fait aussi raconter quelques anecdotes à Bébel. C’est vrai, qu’aucun de ses films n’a été pour nous aussi marquant que « The Wire ». Même si bon quand même on a trouvé que c’était un sacrément bon film Pierrot le fou, que L’homme de Rio c’est assez drôle, même si on ne comprends pas très bien le rôle esthétique des étoiles vertes sur une belle voiture de couleur rose. Et puis on a parlé de tas et de tas d’autre choses… Et clashé le tempérament de génie hautain de Godard, qui malgré la qualité de ses films défonce avec allégresse les limites du connardisme…

La télé tournait toujours dans le fond, et un moment on a revu des joueurs s’échauffer. Des joueurs de chez nous. On a cru une rediff mais les mecs en face avaient le maillot de West Ham. Putain, ça faisait une semaine que notre taux d’alcoolémie n’avait pas descendu ! Et on avait même pas commencé l’acad du match de Newcastle !

Le temps de finir la conversation la composition s’affiche est déjà sur l’écran. Et là quelques surprises :

Il n’y avait plus de Latérayling blessé, ni de Bammie. Pour les remplacer Marcelo fait rentrer le petit jeune Cresswell au centre derrière, Shackelton à droite, Dallas et Klich qui font la paire au milieu derrière Rodrigo. Enfin Harrisson sortant de sa quarantine covid laisse la place de titulaire à James.

Dallas
Meslier
Shackelton Summerville Cresswell Cooper Firpo
Phillips
Raphinha Roberts Klich James Harrisson
Rodrigo

>>>>>>##### Le match contre les jambons #####<<<<<<

– Vous allez encore regarder un match, demanda Omar ?
– Oui…
– Si vous faites encore vos gueules énervées, je vais rester, et passer un bon moment. Vous voyez ?
– Excusez nous de soutenir nos boyz, répondit Sandy.
– Je vais rester aussi, si cela ne vous ennuie pas, mesdames, ajouta timidement Bébel.
– Allez, Jean-Paul, vient, on te fait une place sur le canapé.
– Le match avait débuté. Et contrairement à ce que l’on craignait, on est pas trop mal.

Mais, au bout de trois minutes, c’est plus fort que nous.

– Putain Jamie, appuie tes passes vers l’arrière, bordel !
–Rendez nous Latérayling !
– Non mais Jammie, remets pas toutes tes passes vers l’arrière !
–Mais on sait que tu n’es pas belhomme comme Luke, mais bordel, au moins, oriente-toi pour prendre la balle vers l’avant, bordel !
Et les insultes se sont mises à fuser :
– Piquet à salade !
– Pied de bichette !
– Vendeur de salle de bain !
– Fils de joueur de Chelsea !
– Chibre de mancunien !
Nos deux hôtes se prirent au jeu :
– Espèce de Clay Davis !
– Alcool frelaté !

Et cette ribambelle d’insulte deviendra une sorte de rituel du match, qui même si le nom de Jamie s’efface progressivement de nos prises de note, n’avait pas manqué de créer une sorte de frénésie créative, où le plaisir du bon mot s’effaçait devant la vérité du terrain. Le deuxième fil rouge du match, ce fut le duel entre Creswell et Antonio.

– Le petit taquet sur Antonio il fait plaisir, ça met en confiance !
–Et un petit dribble sur l’attaquant dans ta propre surface, c’est bon tu sais !
– Mais ne le laisse pas passer devant toi comme cela, Charlie (oui, il s’appelle Charlie, et sur cette action là on a cherché où était Charlie. Enfin, sur le ralenti, parce que sur le direct, on n’a eu d’yeux que pour Ilan qui a sorti la frappe de Benrahma du bout du gant.)
Il faut bien avouer que quelques-unes de nos exclamations devant l’écran, nos hôtes ne pouvaient pas comprendre :
–Ah, ya Junior qui glisse, c’est bien, ça nous rappelle Gjanni. Il est sur la bonne voie, ce Firpo…
Ou :
– Ah, Rodrigo le contrôle, ça nous change de Bammie !

Bref, on a fait une bonne mi-temps, où l’ivresse a été au rendez vous. Le Savagnin, sur quelques occasions, a coulé à flot : on a eu pas mal de bonnes situations de centres en retrait, qui auraient mérité meilleur sort, et on a eu pas mal de beaux arrêts de Ilan, qui est venu suppléer ces défenseurs qui concédaient leurs reins ou des pertes de balles connes. Et puis Raphinha avait marqué un joli but, où Rodrigo et Klich avaient bien joué leur rôle…

A la mi-temps, la joie et la confiance nous faisait échaffauder le scénario incroyable d’une victoire tranquille : Si jamais Shakelton défonçait Antonio, en blessant ce dernier tout en prenant rouge, nos deux principales sources de difficultés défensives seraient résolues dans la même action. Mais hélas, hélas…

Ce furent Coop et Creswell qui se chargèrent à tour de rôle d’aller mettre des coups à Antonio. Heureusement ils ne récoltèrent que des jaunes.

– Vous êtes des genres de salopes, dans votre genre, nous dit Omar.
–Oh comme vous y allez, répondit Mandy.
– C’est juste qu’on n’aime pas trop avoir des joueurs pas tops, dans une forme moyenne, et des adversaires forts, dans d’excellentes dispositions… ajouta Candy
– C’est presque une reconnaissance pour ce joueur, parce que sans Antonio, il ne resterait plus grand chose des jambons…
– Même sur corner, il ne nous dominent que d’une courte tête, et pas de la tête et des épaules comme l’année dernière.

Évidemment, la réalité se chargea bien vite de remettre Mandy, qui venait de proférer ces paroles, à sa place : Ilan a du s’employer sur corner pour sortir une tête de Soucek qui filait vers sa lucarne.

Et tous ces coups de pieds arrêtés consentis, commençaient à courir sur le haricot de Candy sérieusement :

– Mais bordel arrêtez de faire des fautes de mongoliens ! Savatez-les, mais d’une façon fourbe et sournoise, pas des grands coups de balayette dans les tibias que même … (insérez ici le nom de votre arbitre le plus détesté) verrait même sans avoir à utiliser sa canne d’aveugle !
– S’il est aveugle, il doit bien connaître l’odeur de l’oseille, ajouta Omar dans un sourire.
– Il ne faut pas croire que tous les arbitres sont toujours corrompus, hein. Il n’arbitrent pas toujours des United-Chelsea. De temps en temps, ils arbitrent des Leeds-Jambons, ou des Brighton-Watford… <br A peine ces mots prononcés, l’arbitre hésitait à annuler un but de Soucek alors qu’Antonio avait smatché la gueule de Ilan, ce qui aurait été une enculerie arbitrale d’un fort beau gabarit qui nous a fait gueuler tant que la décision est restée incertaine comme des petites fouines.
– Putain d’enfoiré de ta race ! cria Candy.
– Vendu ! cria Mandy.
– Mais comment il ne l’a pas vu en direct ce bâtard ! Il a une mallette enterrée dans son jardin ou quoi ! surenchérit Sandy.

Bref, ce n’est pas que l’on faisait une mauvaise mi-temps, on arrivait régulièrement à disperser la défense des jambons, mais on n’arrivait pas assez à les sevrer de ballons, à cause de petites bêtises.

Qui se payèrent une première fois d’un ballon dévié dans ses propres filets sur une action où Firpo a échangé le marquage de Bowen avec Coop qui lui n’avait rien échangé du tout. Si la communication fut manquante pour le démarquage de Bowen entre les deux, il faut rendre toutefois justice sur leur niveau de coordination : La subtilité de la déviation de Coop sur la frappe moisie de l’attaquant était parfaitement calibrée pour que Firpo marque du cul et contre son camp fut tout à fait remarquable.

Les 20 minutes restantes, ne furent pas d’un excellent acabit. On aurait pu partir bons amis avec les jambons, jusqu’à ce qu’un contre pressing raté ne nous voie éparpillés en deux passes, à la quatre-vingt dixième minutes, sur un match à la maison qu’on aurait pu/du plier avec un micro brin de chance en plus.

Bref…

La mauvaise humeur, tout cela.

Mais qui s’est évaporé en un instant. Alors que nous nous retournions vers nos invités, pour les prendre à témoin de ce coup du sort que nous avait réservé le football, nous avons eu la surprise de voir Bébel en train de rouler une galoche à Omar.

Nous nous sommes discrètement éclipsées, pour les laisser retourner sur leur petit nuage…

>>>>>##### Les Notes #####<<<<<

Sometimes I’m singled out for the length of my responses intros but I feel obligated to respond write a lengthy one once more.

a répondu Marcelo Bielsa Mandy à un journaliste Sandy, qui dans un autre monde lui aurait demandé « Bon, cette fois-ci tu fais l’intro, mais tu fais court, hein ? »

Meslier (Vous êtes cons, les Américains Pourquoi ? Vous admirez Lafayette et Maurice Chevalier, les plus cons des Français puis I staying alive one day at a time/5) Pour Newcastle, on sait bien que les bookmakers préfèrent le clinquant des attaquants stars par rapport au sérieux de notre tout aussi français gardien, et donc que c’est plutôt le premier qui vole la vedette au second. Et pour ce qui est de voler quelque chose, les attaquants de West Ham n’auront pas volé quelques baffes pour avoir attenté à l’intégrité physique d’Ilan.

Dallas (Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville… allez vous faire foutre ! puis I find people a lot easier they can find me/5) Dallas a un petit trou d’air ces derniers temps. Il couvre toujours autant de terrain, mais on le trouve moins, ou il trouve moins ses partenaires, allez savoir. Toujours est-il qu’on espère qu’il nous fera bientôt redéboucher les rivières de Savagnin, mais pour l’instant ça n’est pas ça.

Shackleton (Un panaris, faut que ça mûrisse ! puis I need you to fight your inclination to do anything twisted up/5) Jamie n’avait joué qu’une minute contre nouveau-château, alors on ne pouvait rien dire. Par contre, avec les jambons, on a bien vu, voire même trop vu. Quel changement par rapport à notre Laterayling ! Des prises de balle jamais en mouvement, avec la mauvaise orientation, des passes vers l’arrière… C’est Marcelo ou Didier Deschamp ton coach ?!

Centrayling (Les piles allemandes n’allaient pas sur les robots japonais !!/5) Alors ça a marché un moment, et puis, comme à chaque fois qu’on utilise pas l’outil approprié pour la tâche à exécuter, en l’occurrence un latéral pour un central, on prend le risque de casser quelque chose, et voilà, on a cassé Luke !

Cresswell (Let me get one of them, too./5) D’ailleurs c’était Antonio, à qui il s’en est pris, sans récolter de jaune et en lui mettant des beaux taquets. Un bon petit jeune qui n’en veut.

Cooper (Le meilleur moyen de faire croire que tu connais tout, c’est de ne jamais avoir l’air étonné. puis It ain’t what you takin’, it’s who you takin’ from, ya feel me?/5) On ne sait pas si on aurait préféré qu’il l’air plus ou moins étonné sur les percées de Saint-Maximin, mais clairement on aurait aimé être plus sereines. Bien géré sur le deuxième match, mais pas récompensé.

Junior Firpo (Si il a eu une jeunesse agitée, je lui promets une vieillesse paisible puis No sugar water run through them veins/5) Junior qui est déjà un pilier du côté gauche nous prouve que le vice s’acquiert, même si dans un autre style que celui d’Alioski. Sa relation avec Harrisson à la fin du match jambonné a fait plaisir à voir.

Phillips (Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent puis A man got to have a code/5) Et quand un milieu dont les jambes font le double de volume que les tiennes en te soufflant dans la nuque, les milieux adverses rendent la balle. Toujours indispensable, même si la transmission de balle était plus difficile avec les jambons (heureusement que Klich était là).

Raphinha (J’ai c’qui s’appelle l’effet de surprise. puis All in the game, yo/5) Deux matchs, les deux but dont un très beau centre feinte sur le premier. Sort souvent : petite forme.

Rodrigo (Ben avec toi c’est pareil, sauf que c’est le contraire. puis I need to remind you who I am/5) Souvent, on ne sait pas bien juger les match de Rodrigo. C’est pas mal, mais on aimerait que ce soit tellement mieux… Un peu comme contre Newcastle. Par contre, avec West Ham, replacé en pointe, on a pu profité du Rodrigo qu’on aurait toujours voulu voir.

Klich (Bouf, baf, shink, barouf. Ou, plus sophistiqué, pouet, pan, bambam. puis Sometimes who you are is enough/5) Dans l’ensemble, une activité très intéressante et importante pour remonter les balles et participer à l’attaque. Contre Newcastle, il a tellement essayer de tirer qu’on en a épuisé notre répertoire d’onomatopées rigolotes pour désigner les frappes peu puissantes et qu’on en est passées aux injures. Par contre, match très solide contre West Ham, seule courroie de transmission vers l’avant valable dans l’équipe aux nombreux trous.

James (Les vieux boivent, les jeunes se droguent. puis Boy, you got me confused with a man who repeats himself./5). Alors il court vite le gamin, ça c’est clair. Par contre lever la tête et faire des passes, ça n’est pas encore cela. Quelques pertes dommageables, pour dire on a été soulagées de voir Harrisson rentrer sur le terrain.

Harrisson (Spread the word, darlin’ (Omar) Jack is back./5). On ne s’en était pas rendues compte, mais au final Jack nous manquait, enfin un côté semi-fonctionnel dans la relation avec Firpo, pas comme avec Jamie de l’autre côté. Pied et cheveux soyeux.

Bamford (Dans les endroits déserts, vaut mieux toujours être aimable. Ça coûte rien et ça économise les cartouches. /5) Pauvre Bammie blessé, comme quoi une tête de premier de la classe, la politesse et l’accent britannique n’empêchent pas de se prendre quelques coups.

Roberts (Une paella sans coquillage, c’est comme un gigot sans ail. puis Even if I miss I don’t miss/5) Roberts, on l’aime pour sa fidélité au club, et pour l’énergie qu’il met en rentrant sur le terrain alors qu’il est plutôt abonné remplaçant. Parfois, comme avec nouveau château, on est contentes de le voir, parfois, comme avec les jambons, moins.

Summerville (C’est ni un Popov, ni un neveu de l’oncle Sam puis At the end of the day, the king and pawn go back into the same box/5) Peut-être que Crysensio est un futur roi, mais pour l’instant faut bien avouer que c’est un pion, au service du repos de l’oncle du Brésil. Mais un pion dont on aurait aimé voir la moustache plus tôt contre les jambons.

>>>>>##### Les Notes auxquelles vous avez échappé #####<<<<<

Répliques de Bebel

* Dans la vie on partage toujours la merde, jamais le pognon

* On connaît le poids d’un penalty sur un bulletin de vote

* J’en ai assez d’être aimé pour moi-même, j’aimerais être aimé pour mon argent.

* Y’a des gens qui sont taulards de père en fils, comme y’en a qui sont pharmaciens

* J’sais même pas si les piles bretonnes allaient sur les robots auvergnats !

* Un marchand de tableaux est un voleur inscrit au registre du commerce

* Où est-ce que t’as appris que l’argent, c’est le bonheur? T’as été élevée chez les laïques, toi?

* Quand ça sera transformé en biftons, ça sera plus léger et ça tiendra moins de place.

* Mademoiselle veut faire une enquete.

* Elle gene? Ma voiture? Ça m’étonnerait

* Je roule dans une voiture volée rose avec des étoiles vertes, et j’attente a la pudeur de l’autoroute

* Brusquement, l’avion en flammes Sous moi, 3000 m de vide

* Apres tout je suis con Apres tout si il faut Il faut!

* Mets-toi toute nue A quoi ça serve?

* Quitter son pays, sa famille, son armée, ses copains, franchir les océans pour voir une donzelle s’agiter dans un bruit de casseroles, ça vous paraît normal ?

* Si on rajoute à ça le racket, la drogue, les putes, ça fait une jolie carrière quand même

* Même malin comme un singe, ça veut plus rien dire !

* Le bruit que tu viens d’entendre, c’est les oiseaux qui se posent sur le fil.

* Tu vas apprendre à dire bonjour, la chose la plus importante dans la vie…

* Il y avait la civilisation athénienne, il y a eu la renaissance, et maintenant on entre dans la civilisation du cul.

* Après tout, je suis idiot, moi. Merde, merde !

* Si j’étais aveugle, je passerai mon temps à te caresser le visage.

Répliques de Omar

* You see that?

* Money don’t have no owners, only spenders

* You come at the king, you best not miss

* I rob drug dealers

* I got the shotgut, you got the briefcase. (It’s all in the game, right ?)

* Indeed, oh Indeed

* How do you expect to run with the wolves at night, (when you pend all day sporting with the puppiers)

* Omar don’t scare

* And I keeps one in the chamber in case you pondering

* I suppose we could. Or settle this once and forever.

* But the game is out there, and it’s either play or get played

* There ain’t anybody in the city that load on Sunday mornin

* Gundogs gonna walk away right

* No Shading them niggers man y’all fell me

* later Bush

* Omar is paying cash money to get it done

* Whatever man

* Man’s got to earn a living you know

* Oh, you tell, The wonder came full circle.

* It means bueno babe

* Omar like it’s simple

* I trust his fear

Remarque

la conférence de presse pré Newcastle de Marcelo était très bien. Pour ceux que ça interesse, elle est là, et pour les Marcelobielsistes acharnés, les suivantes sont , puis et enfin .

Candy, Mandy et Sandy

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