Napoli-Juventus (1-2): La Bianconero Académie livre ses anxieuses notes

Toi aussi, tu aimerais bien y croire. Un jour tu te dis qu’on va le faire, le lendemain tu tombes sur un vieux match contre Bologne. La corde est prête, nouée à ton cou. Heureusement, l’académie bien chaude de Roberto est là pour te rappeler qu’une purge peut quand même offrir de belles émotions par procuration. Et tu retombes dans le panneau. Tu te dis que pourquoi pas ? À la maison, sur un match… Tu te jettes à corps perdu dans les méandres d’internet pour chercher une statistique qui te permettrait d’y croire. T’en es à un point où, toutes celles que tu trouves sont négatives mais tu te dis que, justement, les séries c’est fait pour s’arrêter. Et là tu ouvres Twitter. Tout le monde y va de son pronostic et toi aussi, tu ajoutes un peu plus au chaos. De quoi faire débrancher Allegri qui, ni une ni deux, clôt tous ses réseaux sociaux. La faute aux génies de ces lieux qui ont la force de débat d’un élu LREM mais restent bien souvent les seuls à l’ouvrir. Putain, à écrire ces lignes je ne sais plus quoi en penser. Heureusement, le San Paolo gronde. Et ouais, avant de taper l’Atletico faut encore se déplacer chez les dauphins. Il semble y faire assez chaud pour passer l’une des plus belles soirées de cette fin d’hiver, du moins tu l’espères. La porte est grande ouverte. De l’autre côté, t’as une bande de tatoués napolitains qui t’attendent, les dents gorgées de sang. Il est là le calcio, le vrai. Celui qui devra te faire oublier ce putain de match retour. Ou pas.

LA SQUADRA

Szczesny
Cancelo – Bonucci – Chiellini – Alex Sandro
Emre Can – Pjanic – Matuidi
Bernardeschi
Mandzukic – C.Ronaldo

Formation classique sur la papier, avec la confirmation de Cancelo sur le côté droit et le retour de Dybala… sur le banc de touche. Le reste de l’équipe, c’est du classique. Szczesny qui définitivement pose ses bourses sur la nouvelle mèche de Perin, que l’on aimerait voir davantage cette saison. Dommage. Emre Can titularisé vient jouer le Khedira de service aux côtés de Pjanic et Matuidi, indéboulonnables. Devant, duo Mandzukic-Ronaldo pour faire disjoncter les défenseurs. Pour les lancer, deuxième titularisation d’affilée de Bernardeschi dans un poste de mezzala que les ritals affectionnent particulièrement. Une nouvelle tentative d’adaptation contre un sérieux concurrent, comme ça, juste pour voir…

LA PARTITA

Pas grand-chose à se mettre sous la dent pendant le premier quart d’heure, si ce n’est la minute d’applaudissements (13e) lancée comme partout en Italie ce weekend en la mémoire de Davide Astori, qui nous a quitté il y a un an. Jolie parenthèse dans un océan de déchets techniques. Les deux équipes se montrent approximatives, aucune action notable à relever et l’on se dit très vite que la soirée va être longue. Le Napoli semble quand même plus en jambes que les bianconeri ce qui, vues les dernières rencontres, n’a rien de surprenant. La présence de Pjanic au milieu de terrain suffit à te redonner le sourire, seul à surnager au milieu de Matuidi et Emre Can’t. Le premier tournant du match intervient quelques minutes plus tard (25e) quand Ronaldo, bien lancé par Malcuit (oui oui), se présente seul face à Meret. Le jeune gardien italien le fauche à l’entrée de la surface, du moins c’est ce que l’on voit à vitesse réelle. Réception olympique du Portugais qui tombe sur le flanc et entame une série de roulades dont il a le secret. Aucun doute pour l’arbitre qui sort le carton rouge et exclut le Napolitain. Allez hop, tranquille le mec a pas peur des représailles visiblement. S’en suivent plusieurs minutes de discussions avec des Napolitains qui demandent, à juste titre, la VAR mais que dalle. Rocchi semble recevoir la confirmation (du mandat cash d’aucuns diront, hahaha lol xptdr) dans l’oreillette. 10 contre 11 et Pjanic qui se pose le ballon au sol et remet les choses dans l’ordre. Premier but de la saison sur coup franc pour l’équipe d’Allegri (0-1). Merde, il était temps. Trente seconde plus tard Zielinski tape le poteau, bien lancé dans la profondeur. Cancelo a beau faire des sombreros au milieu de terrain, faut-il encore qu’il apprenne à se placer dans une défense à quatre. L’équipe d’Ancelotti pousse et se montre de plus en plus dangereuse jusqu’au deuxième but des bianconeri signé Can, sur une merveille de centre de Bernardeschi (0-2, 39e).

La reprise est marquée par une égalisation, celle des cartons rouges. 47e minute de jeu, Pjanic prend un deuxième jaune pour une main des plus débiles au milieu de terrain. Le match de ses coéquipiers, laissés sans métronome de jeu, s’apparente à partir de ce moment là à un col de montagne après une bonne semaine de tour. Ça mouline difficilement, le regard est vide, les corps et les esprits sont usés. Allegri est en apnée, Ronaldo bientôt au bout de sa vie. Bref, la mi-temps va être compliquée. Les occasions azzurre s’enchaînent, le maillot rouge de Szczesny est de plus en plus visible à l’écran, l’équipe ne touche plus une quille jusqu’à la réduction du score (1-2, 60e) par Callejon toujours très dangeureux quand il s’agit de couper les trajectoires dans la surface. Le San Paolo s’embrase à nouveau, tout le monde y croit. Les vagues continuent de s’abattre sur le semblant de défense qu’il nous reste et l’on sent bien que la rupture est proche. À cinq minutes de la fin du match, l’arbitre siffle un pénalty pour une main large de Sandro dans la surface après être allé (cette fois) contrôler l’action à sur l’écran. Main contestable mais main quand même. L’occasion pour Insigne de remettre les équipes à égalité et faire exploser un stade qui n’attend que ça. (Mal)heureusement le ballon s’écrase sur le poteau. Malheureusement parce qu’avec déjà 12 points d’avance avant le début du match, tu peux bien en lâcher quelques-uns pour voir ces grands fous s’enflammer. La fin du match ne changera rien. La Juve repart de Napule avec ses trois points et écrase un peu plus le championnat. Toujours invaincue, elle se porte à 16 longueurs de son opposant du soir. Un scudetto (presque) en poche qui n’a pourtant pas vraiment de saveur. Parce que cette petite soirée, aussi sympa soit-elle, n’a pas réussi à effacer les doutes que l’on pouvait avoir. À ce niveau technique et physique, une qualification en quarts de finale relèveraient du miracle.

LE PAGELLE

Szczesny (3+/5) : Match solide du Polonais. Rassurant dans les sorties de balles aériennes, il sort bien sur Zielinski en première mi-temps et part du bon côté sur le péno d’Insigne. Pas dit qu’il l’aurait chopée mais quand même.

Cancelo (2/5) : Physiquement en difficulté, tactiquement trop limite. Joueur clutch de l’équipe, il connaît là son moment de creux. Heureusement qu’il saura choisir une soirée de mars, en milieu de semaine, pour se sortir les doigts du cul.

Bonucci (2/5) : Prestation compliquée du défenseur italien qui peine encore à retrouver le rythme et la position en jeu. Trop souvent aux abonnés absents dans la surface de réparation.

Chiellini (2+/5) : Un match à l’arrachée, dans lequel il alterne le bon et le moins bon. Se fait devancer comme un bleu par Callejon sur le but napolitain. Les positionnements sont trop approximatifs. Ne lui reste que la grinta.

Alex Sandro (2/5) : Un match, encore, en dedans. Aucune percée, une condition physique proche du néant. Techniquement, on dirait un joueur de district qui a constamment besoin de poser le pied sur le ballon avant de le jouer.

Emre Can (2+/5) : Il plante son but, qui aurait dû être attribué à Hysaj tant sa tête partait aux fraises. Physiquement lui aussi est dans un état épouvantable. Ses accélérations font peine à voir.

Pjanic (1+/5) : Marre. Capable du meilleur comme du pire. Buteur sur le premier coup franc potable de l’année et puis le blackout. Premier jaune pour une faute d’antijeu à 70 mètres de ses buts. Deuxième carton, synonyme d’expulsion, pour une mimine en début de seconde période. Zéro mental, zéro confiance en un joueur qui peut te laisser jouer à 10 à tout moment. Fait chier, parce qu’on a justement grandement besoin de lui. Personne d’autre, seulement lui.

Matuidi (2/5) : Les matchs se suivent et se ressemblent décidément pour Blaise, toujours envoyé au charbon.

Bernardeschi (2+/5) : Au four et au moulin lui aussi si bien que sa position devient très vite indéchiffrable. À l’aise physiquement, il l’est beaucoup moins techniquement. Trop de ballons manqués, de passes faciles loupées. Reste cette merveille de centre sur le pion de Can et quelques coups d’éclats qui te foutent la rage. Parce que quand même, quel joueur il pourrait être.

Mandzukic (2/5) : Le thermomètre de l’équipe. Quand Mandzukic galère, l’équipe galère. Et hier soir soir il a galéré.

C.Ronaldo (3/5) : (Très) malin sur la sortie de Meret. Quoi qu’il en soit, sa véritable action du match aura été de laisser Pjanic tirer ce foutu pénal.. coup franc. Se demande quand même ce qu’il est venu foutre à la Juve pendant une bonne partie de la seconde période.


Alessio Tachycardie

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