Atlético Madrid – Girona (2-0) : La Colchonérie Académie rompt le maléfice

Le truc de bien avec l’Atlético Madrid, c’est qu’on retrouve tous les weekends le charme du Natianal, mais en HD et avec des ralentis 3D.

Salut, peuple insensé et capitaliste !

J’espère que vous êtes prêts à lire la seule académie qui a le courage de vous décrire des matchs remplis de touches et de duels aériens au milieu de terrain. Et au vu de l’historique des dernières confrontations entre le FC Gérone et l’Atlético Madrid, on allait en avoir, du ballon perdu et du jeu en arrière.

Pour preuve, voici les résultats des cinq dernières confrontations entre ces deux équipes :


Atlético Madrid – Girona (3-3)

Girona – Atlético Madrid (1-1)

Girona – Atlético Madrid (1-1)

Atlético Madrid – Girona (1-1)

Girona – Atlético Madrid (2-2)


D’aucuns se demanderont à juste titre « Crénom, dans quoi on s’embarque », pas vrai ? Peut-être même les gens de goût ponctueront ils d’un judicieux « de mon temps, on avait des vrais joueurs de ballon, Figo, Maradona, tout ça, aïe mon vieux dos…».

Sauf qu’ici ce n’est pas la conclusion qui compte, mais l’histoire elle-même. Ce qui compte, c’est le récit de l’éternel cinquante et un au top cinquante, c’est lire les nombreux chapitres et se surprendre à espérer malgré l’attente de la défaite cinglante et humiliante.



L’ÉQUIPE :



Le schéma tactique de départ

Depuis le match perdu contre Ronaldo, Simeone a tenté un passage au 4-3-3 avec plus ou moins de succès (Une défaite contre Bilbao, des vacances scolaires chez le DD, et une victoire contre Alavés). La blessure de Diego Kostas Mitroglou l’oblige à repasser sur son classique 4-4-2 ou 4-2-2-1-1 pour les puristes.



LE MÂCHE :



Le match commence et oh mon dieu deux minutes sont passées quand tout le monde s’est déjà fait dessus sur une tête de Doumbia. Une formidable Raie d’Oblak réveille le Wanda vide de supporters en ce début de rencontre. L’Atlético a du mal à sortir de ses 30 mètres mais finit par déployer son jeu après un bon quart d’heure.

La possession était égale entre les deux formations. Sans le ballon, les hommes de Cholo pressent très haut dans la moitié adverse, et arrivent à récupérer des ballons assez dangereux. Lorsqu’ils ont le ballon, ils tentent de jouer en arrière sous la pression pour ensuite profiter des espaces qui se sont créés devant, avec beaucoup de qualité individuelle. Cela dit, ils se retrouvent un peu trop souvent avec Morata seul entre trois défenseurs, Saul pour attirer le quatrième, et les 8 autres joueurs de champ occupés à créer le surnombre au milieu.

La mission de Saul est d’étirer le bloc sur le côté gauche, Filipe Luis n’étant pas monté une seule fois de tout le mâche. Par contre, on voit que ce n’est pas son poste, ses centres sont très imprécis et il n’aura apporté qu’une belle frappe enroulée du droit après avoir fait une feinte pour s’ouvrir la voie du but. Bien captée par le gardien adverse, très en forme.

Puisqu’on s’ennuie sec dans ce match, autant vous raconter que ce même gardien (celui de Girona), à la 31e, est resté sonné suite à un duel avec son propre défenseur. A la 34e, c’est à Oblak de rester 2-3 minutes au sol pour inquiéter tout le banc. D’ailleurs, Oblak n’avait pas été là lors de la remontée historique de Girona en coupe d’Espagne (3-3). Car entendons-nous bien, qui pourrait rêver de mettre trois pions à Oblak dans le même match ? Hinhin.

Finalement, c’est un peu avant la mi-temps que les choses se réchauffent avec une lourde du pied droit de Koke qui finit sur la barre. Quelques minutes plus tard, Rodri trouve Morata seul dans la surface d’un sublime ballon lobé, mais l’attaquant vedette de l’équipe met sa frappe en première intention au-dessus de la barre.

Retour au vestiaire, puis sur le terrain.

A la 55e, Correa rentre à la place de Partey, puis Vitolo à la place de Filipe Luis (65e). Les choses semblent plus cohérentes, Saul ferme le couloir gauche, Koke et Rodri verrouillent l’axe tandis que Correa et Vitolo apportent le feu par les ailes avec leur surplus de créativité.

Gérone FC c’est un peu l’autre Atlético quand même… Ils jouent comme s’ils menaient 2-0 d’entrée de jeu, avec un jeu de possession sûr et patient, voulant créer la bonne occasion plutôt que d’en créer le plus grand nombre possible. Ils prennent volontiers tous les contres sans courir après le but non plus. Tactiquement et techniquement, c’est bien analysé, bien décortiqué. Ce n’est pas l’équipe qui domine, certes. Mais n’est-ce pas là l’équipe supérieure, celle qui sait mieux que l’autre ?

Et pour départager une équipe qui domine et une équipe qui est meilleure, c’est bien à l’arbitrage qu’on a recours. Le joueur français à l’extrême limite du hors-jeu percute le gardien suite à un corner malin, joué en trois temps. Le ballon flotte et retombe sur Godin, qui n’a qu’à la pousser au fond du but vide (1-0, 75e). A l’origine, c’était un amour de ballon lobé de Vitolo qui dépose toute la défense, dans un timing et une précision presque théâtrales.

Alors  l’Atlético peut enfin déployer son féroce plan tactique, défense à coups de tacles et de 4-4-2 (en vérité un 8-2-0) bien coulissant, coups de panique dans la surface de Girona grâce aux contres assassins des madrilènes. Même Jean-François rentre à la place de Morata à la 85e, histoire de bien verrouiller le tout.

87e minute, Griezmann rate un face à face, fait assez peu caractéristique de sa part pour être signalé. 93e minute, c’est encore Griezmann justement, après une superbe défense de Godin et Jean-François, qui retrouve une situation de un contre un. Lancé intelligemment par Vitolo après avoir retenu sa course quelques secondes, il lobe calmement le gardien, pour s’offrir un petit but et une célébration Guitar Hero histoire de faire le plein de confiance avant le match de Samedi au Camp Nou. Pas grave, 1-0 ou 2-0 c’est toujours 3 points. Comme on dit, l’Atlético c’est pas Gijón, c’est pas Valladolid.



LES NOTES :



Oblak (5/5)

De nombreuses raies rassurantes, un soldat infatigable et imperméable, on lui doit la victoire, pour moi l’homme de ce mâche et de bien d’autres.

Arias (3/5)

Il a plus joué ailier que latéral, Godin et Gimenez étaient déjà solidement ancrés dans leur ligne défensive avec Filipe Luis. Joueur complet et polyvalent.

Pierre-Gilles Ménès (4/5)

A l’origine d’une excellente montée, combative et sérieuse, ponctuée par une action bidon de Morata. A quand même mis dix bonnes minutes à se rendre compte que c’était un match officiel.

Godin (4/5)

Marque un énième but salvateur pour son club. C’est un capitaine d’exception et un joueur dont le club n’oubliera jamais les exploits, alors que se profile son départ du club cet été.

Philippe-Louis (1/5)

C’était sûrement un choix tactique mais il a joué DC tout le mâche. Mâche dans lequel il n’était pas du tout, en fait. Voilà.0

Remplacé par Vitolo (5/5).Le mec touche trois ballons : Il provoque un corner, sur le corner il provoque le but, et il lance Griezmann pour le savoureux mais un peu gratuit 2-0.

Koke (4/5)

Cette mine méritait de rentrer. Pas un mâche exceptionnel mais quel autre milieu d’Europe pourrait avoir le volume et les compétences de Koke ? Box-to-box, défensif, offensif, intelligemment positionné en toutes circonstances.

Rodri (3/5)

Le retour de Zizou au Real l’a inspiré sur ce somptueux ballon long du milieu de terrain, si si, celui-là que Morata vendange.

Thomas Partey (2/5)

Deux petits points, comme ses deux frappes qui se sont retrouvées 50 mètres au-dessus du cadre.

Remplacé par Correa (65e, 2/5) : Bonne percussion et il aurait presque pu ouvrir le score. Il ne fut pas décisif.

Saul Merguez (2/5)

Clairement contre-performant dans ce système tactique. Il s’agit avant tout d’un milieu axial, sa qualité de centre rend caduque. Mais Saul Merguez reste auteur d’un somptueux enchaînement feinte de frappe + enroulée du droit.

Morata (2/5)

Il a malheureusement raté tout ce qu’il a entrepris, mais il fut un des seuls à entreprendre, et ce fut d’ailleurs le plus grand entrepreneur du match.

Remplacé par Jean-François (NN/5) : Un aimable père de famille. Mais ça se voit qu’il est un peu de droite quand même. Je pense qu’il balance des petites phrases existentielles à ses enfants pour les faire réfléchir.

Le joueur français (3/5)

La petite semaine chez le DD lui a fait du bieng.



Et sinon, vous n’avez pas l’impression d’avoir oublié quelque chose ?

Si si, moi je crois bien que si. Vous avez oublié d’écrire un petit commentaire (pas injurieux, ou un tout petit peu alors) et de soutenir le site. Horsjeu.net c’est cool et c’est net. Tiens au fait, je me suis rendu compte que de toute façon, le temps c’est relatif.

Cordialement,

Jean Cholo

Jean Cholo

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