La PL Academy vous présente la 6e journée.

A vos marques, prêts ? Reconfinez ! L’avantage maintenant, c’est que vous êtes un « public captif » comme on dit dans le jargon : vous vous retrouvez prisonniers de l’information qu’on vous délivre, vous êtes dans une situation involontaire d’apprentissage. En d’autres termes : vous allez en bouffer du football anglais, c’est nous qui vous le disons. Keep calm and read the PL Academy.

Aston Villa 0 – 3 Leeds


En faisant son premier changement au bout de 20 minutes, Bielsa espérait sûrement inverser la tendance dans l’immédiat et sortir son équipe d’un début de match largement dominé par les Villans. C’est vrai que Strujik, averti au bout de 10 minutes, n’avait pas l’air bien dans son match. Les Whites pouvaient même s’estimer heureux de ne pas avoir encaissé le moindre but au bout de 45 minutes, les occasions ayant été du côté de leurs hôtes.

Peu après la pause, une potion de sorcier ou une bonne soufflante technico-tactique en espagnol a dû secouer ses ouailles, car les joueurs d’El Loco sont revenus avec de bien meilleures dispositions. S’en remettant à Patrick Bamford, homme du match avec un triplé, Leeds s’est tiré du piège qui l’attendait à Birmingham et a mis fin à une série de 4 victoires en autant de matchs pour les hommes de Dean Smith. Dès le premier pion de l’attaquant anglais, opportuniste, les Villans se sont arrêtés de jouer et ont observé leur bourreau planter encore deux buts (superbe et magnifique) sans parvenir ni à réagir, ni même plus à passer le milieu de terrain. Un coup d’arrêt plutôt violent qui pourrait ramener cette belle équipe de Villa à la réalité : on n’est qu’au début de saison, et elle va être longue…


West Ham 1 – 1 Manchester City


Un City pas inspiré va défier West Ham en pleine bourre : le score n’a presque rien d’étonnant. Ce qui l’est plus, c’est les problèmes en apparence insolubles que rencontre Guardiola ne serait-ce que pour faire bien jouer son équipe en ce moment. La fatigue de la Ligue des champions n’est pas franchement une excuse suffisante compte tenu de l’effectif toujours pléthorique à sa disposition, voyons voir du côté de celui de Moyes : Michael Antonio semble vraiment bien dans ses crampons en ce moment, en témoigne la beauté de son retourné. La confiance est là pour le buteur anglais, bien aidé par son capitaine Declan Rice, au four et au moulin devant sa défense.

Côté City, en dépit de l’habituelle possession sans partage du ballon, on accuse de sérieuses lacunes dans l’animation, ce qui a fait paraître l’équipe étrangement peu dangereuse. Ajoutez à ça la blessure d’Agüero qui le contraint à sortir à la mi-temps et vous pouvez vous estimer heureux que son remplaçant, Phil Foden, réussisse un contrôle par l’opération du saint-esprit (pas Nuno, l’autre, celui dans le ciel) et inscrive le but de l’égalisation, sans quoi votre visite à Londres finissait en eau de boudin…


Fulham 1 – 2 Crystal Palace


L’un des dix-huit derbys londoniens de la saison et sans aucun doute le moins attendu, entre des Cottagers au fond du trou (un point en cinq matches) et des Eagles englués en milieu de tableau. Ces derniers ont toutefois pu capitaliser sur la faiblesse désespérante de leurs hôtes en ouvrant le score dès la huitième minute par Riedewald, échappé de l’univers de JK Rowling pour l’occasion, et en doublant la mise à l’heure de jeu par l’inévitable Zaha. En face, rien ou si peu, et il faudra attendre l’expulsion de Kamara pour que Fulham se réveille et réduise la marque dans la foulée par Cairney. Manque de bol, on jouait la quatre-vingt-dixième minute. Les Whites continuent donc leur exploration des abysses, pendant que Palace se donne un peu d’air et remonte à la huitième place devant Chelsea, Arsenal et les deux Manchester. Rien que ça.


Manchester United 0 – 0 Chelsea


Match nul et vierge ne signifie pas forcément match ennuyeux. Bon, celui-ci l’était quand même pas mal dans sa première demi-heure, il a surtout affirmé la fébrilité de deux coachs qui se savaient strictement interdits de défaite. D’un côté Lampard avec ses recrues exorbitantes qu’il est infoutu de faire jouer correctement ensemble, d’un autre Solskjaer après une entame cataclysmique et toujours pas de victoire à Old Trafford : on avait droit à une belle joute entre frileux.

Si la première période a donc été pauvre en occasions, la partie s’est sensiblement réveillée en seconde mi-temps, à l’avantage des Raides et Vils. Mais pris entre leur peur panique de se découvrir et la fatigue du match à Paris, les pensionnaires d’Old Trafford ont séché au moment de conclure.

Du côté des Blues, une recrue au moins donne déjà entièrement satisfaction : Edouard Mendy, qui en dépit d’une passe étrange qui aurait pu tourner en Kepa en but gag, a préservé sa cage à plusieurs reprises de fort belle manière. Au moins ce match aura-t-il permis à deux des défenses parmi les plus poreuses de ce début de saison de se rassurer…


Liverpool 2 – 1 Sheffield


Pour la première fois depuis plus de deux ans, les Reds ont accueilli un adversaire sans Van Dijk en défense. Et cela s’est un peu vu : Fabinho, pas mauvais en charnière face à l’Ajax plus tôt dans la semaine, a bien plus souffert face aux Blades. Après une entame pas trop mauvaise, les Reds ont concédé l’ouverture du score : Fabulous Fab’ s’est targué d’une relance anale dans l’axe avant de tenter de rattraper son erreur en taclant McBurnie. Raté : la VAR et Mike Dean ont désigné le point de pénalty, transformé par le susnommé. Les lames de Sheffield ont dominé une première période qu’on peut qualifier de déchectueuse côté Liverpool. Les Blades auraient d’ailleurs pu bénéficier d’un second pénalty pour une main de Robertson, mais Dean² et la VAR² en ont décidé autrement. De quoi se mordre les couilles puisque les Reds sont revenus au score juste avant la pause, Bobby Firmino marquant (enfin) après avoir suivi une tête de Mané repoussée par le gardien. Peut-être y’avait-il hors-jeu, mais Dean³ et la VAR³… (ne plus chercher à comprendre, peu importe le match, peu importe l’équipe).

Au retour des vestiaires, Liverpool s’est montré plus entreprenant, laissant moins de munitions à Sheffield. Salah a d’abord cru donné l’avantage aux Reds d’un bel enchaînement contrôle-volée du pointu mais l’Egyptian King était hors-jeu. C’est Diogo Jota qui a mis Liverpool devant grâce à une jolie tête sur un centre de Mané. Malgré une lourde de McGoldrick pas loin de la lucarne et après un poteau de Salah, le score en est resté là. Dans un nouveau système en 4-2-3-1 avec Salah en pointe, Liverpool a peiné mais gagné. Les Reds sont seconds derrière Jordan Pickford :(. Les hommes de Chris Wilder, bien qu’assez convaincants, attendent toujours leur première victoire. Ca tombe bien : ils accueilleront Manchester City au prochain match. 


Southampton 2 – 0 Everton


Se déplacer en tant que leader bouffi de confiance au St Mary’s Stadium est généralement un bon moyen de redescendre sur Terre à la vitesse de Felix Baumgartner. Et ce d’autant plus lorsque Ralph Hazelnut (j’arrive jamais à écrire son nom) a préparé un dispositif tactique rigoureux pour bloquer les transmissions en direction du trident Iwobi Calvert-Lewin Rodriguez. Ce système permet également aux Saints de se projeter aisément en contre et Danny Ings fait le reste. Une jolie remise en profondeur pour Ward-Prowse, qui envoie Pickford au tapis, puis un centre parfait pour Che Adams, lequel a le temps de contrôler, de refaire ses lacets et de remplir sa déclaration d’impôts avant de marquer, et le match est plié.

Côté français, Lucas Digne est impliqué sur les deux buts et a été expulsé pour avoir tenté une intervention de chirurgie orthopédique sur la cheville de Walker-Peters. Trente-trois sélections.


Wolves 1 – 1 Newcastle


Hormis Mozer Funker, déçu que ses hommes aient laissé échapper deux points, est-ce que l’un d’entre vous en a quelque chose à faire de ce match ? Vraiment ? Parce qu’avant la quatre-vingtième minute et la LOURDE de Raul Jimenez, ce match était aussi fade et indigeste qu’un banoffee. Mais à deux minutes de la fin, Rui Patricio laisse inexplicablement passer un coup-franc au premier poteau de Jacob Murphy. Certes la frappe de l’ancien international U21 est astucieuse et a pu surprendre le gardien portugais, mais même le David James de la grande époque l’aurait arrêtée. Les Loups sont neuvièmes, les Pies quatorzièmes.


Arsenal 0 – 1 Leicester


Suivre Arsenal pour le compte de ce magnifique site qu’est Horsjeu.net, c’est l’occasion de vivre une expérience méta : après avoir ironisé sur l’impression laissée par les Gunners d’être coincés à la fête de la marmotte, ce sont désormais leurs académiciens qui paraissent devoir écrire la même chose match après match. Car en voyant Arsenal dominer sans concrétiser, avec notamment un but refusé à Lacazette pour un hors-jeu passif-agressif (la FA est en train de déposer le concept) de Xhaka, coupable selon la VAR d’avoir gêné Schmeichel au moment de la tête du Français, n’importe quel suiveur savait que l’entrée et le but de Vardy étaient imminents. 

Une fois l’inévitable inévité, les Gunners ont bien tenté de se ruer à l’offensive, mais avec un manque criant d’imagination. Ni Lacazette, au fond du trou après avoir manqué un but tout fait sur un centre de Tierney, ni Aubameyang n’ont réussi à se montrer dangereux. Quand au milieu de terrain, un petit schéma vaut mieux qu’un grand discours.

Arsenal est donc planté à la onzième place, et c’est mérité compte tenu de son inefficacité offensive. Les Renards en revanche remontent à la quatrième place et confirment leur statut de poil à gratter.


Brighton 1 – 1 West Brom


Duel de mal classés entre les Mouettes et les Grives. Les deux clubs avaient besoin de points, WBA un peu plus que son adversaire du jour, les Baggies courant toujours après leur première victoire.

Ce ne fut pas le plus grand match de l’histoire de la Premier League, pas plus que le plus grand match de l’histoire d’une des deux équipes. C’était de la PL comme on l’aime finalement : de l’intensité, quelques saucisses droit devant à l’ancienne et des défenseurs empotés offrant le premier but à l’adversaire. Le pauvre Branislav Ivanovic, ancien pensionnaire de Chelsea notamment, a vu son sauvetage contré par son collègue et capitaine Jake Livermore. Brighton menait donc à la pause. Un avantage mérité tant Neal Maupay, en pleine forme depuis le début de saison, Adam Lallana et Leandro Trossard ont posé de soucis à la défense de West Brom et au portier Sam Johnstone. Heureusement pour WBA, les hommes de Slaven Bilic ont produit une seconde période de bien meilleure facture, mettant à leur tour à contribution le dernier rempart de Brighton. Après de nombreux essais, c’est finalement Karlan Grant qui a catapulté le ballon sous la barre après un centre fuyant de l’entrant Robinson.

Un match nul logique, chaque équipe ayant eu sa période. L’unique point n’arrange pas grand monde, mais obtenir plus de ce match eût été peu mérité. Brighton se déplacera à Tottenham et WBA à Fulham, lanterne rouge : de quoi récolter leur premier succès ?


Burnley 0 – 1 Tottenham


Faut-il encore s’étonner de s’emmerder comme des rats morts en regardant un match de la bande à Mourinho ? Certes, leur dernière rencontre fut à rebondissements – et jouissive pour tous les Gunners – mais sinon, c’est d’un mou… *ba dum tss*

Après une demi-heure qui aurait pu s’avérer fatale tant le néant côtoyait les entrailles de l’Enfer, la première frappe cadrée arrive dans les gants de Lloris qui se couche bien. La mi-temps arrive à point nommé : l’occasion de jeter un oeil au match de basket opposant Levallois à Limoges. Non, évidemment, non. Vous pourriez me faire regarder en boucle la première période de ce match enchaînée avec tous les matchs chiants des Bleus de l’ère Deschamps que jamais je ne cèderai à cette ignominie qu’est le basket. Et puis quoi encore ? Du rugby ? Du cyclimse ?

Ahhhhh, le retour du football, le seul sport qui vaille même quand Mourinho gagne à la fin : alors qu’Harry Kane venait de sauver les Spurs en repoussant sur sa ligne une tête de Tarkowski, c’est le même Harry Kane qui a dévié de la tête un corner de Lamela et l’inévitable Heung-Min Son qui, esseulé, a donné l’avantage irrémédiable aux Spurs d’un coup de casque à bout portant. Premier tir cadré des Lilywhites, premier et dernier but.

Que voulez-vous y faire ? C’est comme ça. Même vous, au fond de votre âme, même vous, Gunners, vous n’oseriez pas dire que vous préférez regarder du basket-ball à une victoire dégueulasse de Mourinho avec les Spurs. Parce que le football, c’est le football. Hmm ? Avec tout ça, Burnley est 18e et sans victoire, Tottenham est 5e.


The table : comment est la météo anglaise ? Tout baigne côté Liverpool, si ce n’est l’anomalie entre la première et la seconde place ; à Manchester, on aime la grisaille du ventre mou ; à Londres, parmi les 25 clubs engagés, c’est Tottenham qui aperçoit le soleil à défaut de voir un trophée et Fulham qui est dans l’oeil du cyclone. Pour le reste, on ne les situe pas bien sur une carte. BA,


La PL Academy vous donne rendez-vous la semaine prochaine. D’ici là, cliquez de droite, de gauche, mais donnez cliquez !

Edgar Allan Poeteau

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