Liverpool – Dortmund (4-3) – La Reds academy jubile

« We have to change from doubters to believers. » En arrivant à Liverpool, Klopp ne pensait pas si bien dire. Jeudi soir, les Reds ont rattrapé deux fois deux buts de retard face à Dortmund. Si certains parlent de nouveau miracle, d’autres invoquent la chatte à Sakho. À vous de trancher.

Si les joueurs de Liverpool pensaient avoir fait le plus dur en marquant et revenant du pays de la séduisante Angela avec un score de parité, nul doute qu’aucun n’imaginait la merde que Sakho allait leur offrir sur un plateau. Mais au final, on a tous un peu envie de le remercier. Sans lui et sa dégaine de baleinier aux armes avec un cachalot, le match aurait peut-être été plus insipide, fade. Pendant que Klopp annonçait la composition qui devait, je vous le rappelle, se contenter de planter un ou deux buts pour se qualifier pépère les roubignoles à l’air, je décidais d’inviter mon cousin à regarder le match. 15 ans, autant de boutons sur front que de supporters dans le Kop et surtout ardent supporter de la Juventus et du Real depuis trois ans. Un beau footix en somme. Nous découvrons les compositions d’équipes ensemble.

 

Dortmund : Weidenfeller – Schmelzer – Hummels – Papastathopoulos – Pisczek – Castro – Weigl – Reus – Mkhitaryan – Kagawa – Aubameyang.

 

Liverpool : Mignolet – Clyne – Lovren – Sakho – Moreno – Milner – Can – Lallana – Firmino – Coutinho – Origi.

 

C’était l’heure du match.

 

Et quel match. Tout du moins, quel début de match de la part des supporters. Un You’ll never walk alone à faire maigrir Pierre Ménès, à laisser Stéphane Guy sans voix et, je l’ai bien senti, à faire hérisser les quelques poils pubiens de mon jeune voisin. Oui, une nuit européenne à Anfield, ça a de la gueule.

 

 

– ALLEZ DORTMUND ! BATTEZ CES LOSERS, clame mon cousin visiblement déjà saoul après une bière.

– T’y connais rien. Tu vas voir, on va les étouffer d’entrée de jeu.

 

Ah ça pour voir de la suffocation, on en a vu. Je me suis même demandé si Sakho ne nous tapait pas une crise d’asthme. Parlons franchement : le garçon est un monstre physique, mais tactiquement même ma grand-mère sait mieux se placer pour gratter tout le monde à la cantine de la maison de retraite. Un but de Mkhitaryan qu’on aurait pu éviter si Ian Ayre était un bon négociateur et un but d’Aubameyang qu’on aurait pu éviter si notre défense n’était pas en arrêt cardio-respiratoire et nous voilà dans une belle merde.

Dix minutes. 600 secondes qui montrent toutes nos faiblesses: une défense qui manque de cohésion et un milieu à des années lumières d’un Mascherano – Gerrard – Alonso de la grande époque. Mais si Liverpool peut être qualifié de club de la lose depuis plusieurs années, l’équipe garde son fighting spirit jusqu’à la fin, bien portée par un Klopp survolté sur son banc. De toutes manières, les Reds n’ont plus le choix : la victoire sinon rien. Le match garde de son intensité mais s’équilibre. Mi-temps. Si je transpire des fesses en faisant mine de croire encore à un miracle, mon cousin jubile.

 

– Vous êtes vraiment des nuls, lâche-t-il en cherchant à acheter un maillot du BVB sur son smartphone.

– T’y connais rien. Ta gueule.

 

Malgré un milieu qui prend vraiment le bouillon, aucun changement n’est apporté à la mi-temps. Visiblement galvanisés, les joueurs de Klopp se font plus menaçants et c’est SuperDivock qui trompe Weidenfeller. Plus tard, le joueur révélera les mots de Klopp dans les vestiaires : « Bon les couillons, je vous conseille de vraiment vous bouger le fion sinon je garde Balotelli cet été et rachète Cissokho. »* Glaçant. Alors que l’espoir renaît, deux Allemands décident de flinguer la soirée des Liverpuldiens. Hummels glisse une douceur incroyable à Reus qui trompe la Mignole. Le jour où un de nos défenseurs passera de cette manière, Newcastle jouera la LdC.

 

3-1, un cousin en transe et moi au fond du désespoir.

– Franchement, c’est pitoyable, balance le nimbus en s’affichant « fan du BVDortmund » sur sa bio Twitter.

– … Franchement, ta gueule.

 

Joe Allen et Sturridge lancés sur le pré, Klopp tire ses dernières cartouches. Les deux pieds en dehors de l’Europa League, c’est à ce moment que Coutinho décide de faire parler son pied droit magique. Spécialiste malgré lui des frappes en dehors de la surface, son tir décoché aux 20 mètres trompe le gardien allemand. 2-3. L’espoir renaît. Et ce n’est que le début d’un match à sensation qui fera passer le Space Mountain pour une attraction de fête foraine. Symbole d’une nuit complètement folle, c’est sur deux corners que Liverpool obtiendra la qualification. D’abord d’une tête rageuse de Sakho, le seul mec sur Terre capable de te faire oublier ses conneries car accomplissant un miracle. Puis par Lovren, lui aussi touché par la grâce depuis plusieurs semaines et revenu à un niveau plutôt pas dégueulasse.

Deuxième miracle européen signé par les Reds et premier prodige accompli par Klopp. En attendant un retour en LdC dès l’année prochaine ? Pour cela, il faudra déjà passer par Villareal et les blagues déjà vues… Oh, wait.

 

 

Frissons.

Steve Macadam

 

LES NOTES :

Mignolet (3/5) : Presque unique rempart face à l’armada du Borussia, la Mignole a fait de son mieux, c’est-à-dire un match digne d’un gardien n°2. Difficile de le blâmer sur les buts tellement sa défense l’a laissé seul.

Clyne (4/5) : S’il y a bien un mec qui a fait son boulot de défenseur, c’est lui. Dépassé par Reus sur le but de l’Allemand, il a quand même bien tenu son rang. Fier soldat.

Lovren (5/5) : Invoquons la jurisprudence Sakho. Match mauvais en défense, mais marque le but de l’exploit.

Sakho (5/5) : Il y a Lourdes d’un côté, puis Sakho de l’autre. Le mec capable d’accomplir des miracles depuis France-Ukraine. Le mec capable de retrouver un téléphone perdu par un supporter. Le mec capable d’avoir une démarche de boiteux et d’être un grand défenseur… Une fois sur deux.

Moreno (3/5) : À l’image d’un hamster dans sa roue, l’Espagnol a multiplié les aller-retours, parfois pour quelque-chose, souvent pour rien.

Milner (3/5) : Plus intéressant en position d’attaquant qu’aux côtés de Can, il a été remarquable sur la passe pour Coutinho puis pour viser la tête de Lovren. Soit.

Can (4/5) : Une merveille de balle pour l’ouverture du score d’Origi, mais un match moins bandant que d’habitude. Faut dire, l’Allemand a semblé seul au milieu pendant une bonne partie du match.

Lallana (2/5) :

Firmino (3/5) : À l’image du gars, match discret.

Coutinho (4/5) : Faiseur de miracles en format de poche, le Brésilien a haussé le ton et redonné l’espoir à tout un stade et à toute une équipe. Le gardera-t-on cet été ? On croise les doigts.

Origi (5/5) : Divock (re)vient à un niveau très très intéressant. Faisant mieux que de la simple concurrence à Sturridge, le Belge a une fois de plus signé une belle prestation. Bon, soyons francs : je ne suis peut-être pas le plus objectif à son sujet.

 

La belle histoire de la nuit (5/5) : quand tu vas au stade voir un match mythique t’es déjà veinard. Mais quand une telle chose se passe, t’as le cul bordé de nouilles. Elle faisait quoi ta copine pendant que tu perdais ton téléphone à Anfield ?

 

* : « Le coach nous a dit : créez un moment que vous pourrez raconter à vos petits-enfants, rendez cette nuit spéciale pour les fans, raconte Divock Origi, premier buteur des Anglais. Nous y avons cru. Quand on a marqué le premier but, on a tous senti que cela allait être un moment spécial. A la fin, les défenseurs comme les attaquants, on se battait tous pour la balle et je pense qu’on a mérité de gagner. »

 

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Steve Macadam

Cousin sans classe de l'élégant Steve McManaman, je cherche le glorieux passé de Liverpool au fond des pintes vides qui s'accumulent au fur et à mesure des matchs. Apprends actuellement l'Allemand grâce à GoogleTrad' pour les beaux yeux de Klopp (mais si, derrière ses lunettes. Regarde bien.).

12 commentaires

  1. J’ai aimé. C’est autre chose que les semaines de l’éditeur…

    Mais il manque le moment où tu tambourinnes ta bite sur la face de ton cousin.

    Mamadou je t’aime toujours. 5 c’était le minimum.

  2. Tout à fait, ça manque de bite qui tapote le front gras de ton insolent cousin, qui ne doit même pas connaître Litmanen. L’enculé.

  3. La vraie question à se poser est de savoir comment un branleur de 15 piges aujourd’hui est devenu fan de la Juve.
    Ensuite il faudra arriver à rentrer dans son cerveau pour déterminer les facteurs qui permettent d’être français et à la fois fan de la Juve et du Réal.

    En conclusion, il en méritait des coup de bite dans la gueule ce pusseau

    • Pour être un branleur fan de la Juve à 15 ans, en France, c’est facile: Paul Pogba.

      • 8 ans : Fan de l’OL qui, à l’époque, jouait plutôt pas mal mais allait devenir nul.
        9 ans : il faut trouver un club qui tourne pas mal. Le Real, c’est pas mal non ? En plus Benzema va signer là-bas. Ca justifiera pourquoi je supporte ce club.
        15 ans : il me faut un club pour crâner à la récré et montrer que je m’y connais. Tiens, la Juve cartonne ces dernières années. En plus leur survet’ est rose, ça va plaisir aux nanas à la récré.

        • Où ça nous mène, la folie des hommes. On court tout droit à notre perte.

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