Dallas – Montréal (2-0) : L’Impact Académie vit dans un univers impitoyable

C’est l’histoire d’une équipe venue jouer le nul à Dallas et qui, à chaque minute qui passe, se dit : « Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien… »

Après deux victoires consécutives pour débuter la saison, l’Impact a perdu sa virginité samedi, au Tegzas. Bien qu’à part deux petits doigts dans le cul, il n’y ait rien eu de sexuel entre Dallas et Montréal. Car oui, c’est facile de traiter les gens de pédés, tout ça parce que onze garçons vivent ensemble dans un ranch et portent des pantalons en cuir. Bref. Voilà une défaite qui me fera un peu redescendre du nuage de LSD sur lequel je planais au gré de la brise depuis le début du mois de mars.

Ça aura au moins ça de bon. D’autant que ce fut une belle foirade, même si notre adversaire du jour, qui s’était fait démolir dans le derby tegzan (5-0) la semaine passée, est loin au-dessus des branquignoles jusqu’ici rencontrés. Mais à venir avec les mauvaises intentions, on repart puni, comme un soudain revirement de l’axe actif/passif. Jouer le nul à Dallas avec nos absents (Bernier, Donadel) au milieu, c’était clairement mission impossible. Et ce malgré toute la bonne volonté de l’équipe.

L’alignement

Comme susmentionné, nos milieux capables de défendre et protéger notre défense étaient absents. Bernier, comme Donadel, sont blessés, ce qui nous laisse très peu de possibilités de remplacement au milieu. Et sur le banc, à part tenter un Wandou ou un Hassoun en 6, personne n’est habilité à remplir ce rôle. Donc tactiquement, c’était plutôt bancal dès le début.

Le Matchauricio

Eul’match a donc commencé par un sauvetage sur sa ligne de Laurent Ciman, après une sortie toute particulièrement anale d’Evan Bush. Nous nous sommes donc très vite mis dans le bain de cette rencontre, avec la sale impression qu’on allait nous péter dans l’eau pendant 90 minutes.

Ils ont croisé les regards ou pas ?

Bizarrement, même si l’Impact était clairement venu jouer le nul, vu sa hauteur de récupération et son positionnement bien bas du front. Peu d’occasions concédées après la première grosse frayeur, quoique l’on sentait que ça pouvait rapidement tourner vinaigre. Alors bien que nous ayons subi une partie de la première demie, comme une Bellucci dans un Woodman (bien que l’inverse soit également plausible), à la pause nous avons donc pu entendre ce genre de phrase – loin de nous l’idée de dénoncer qui que ce soit (c’est Hassoun Camara) :

« Notre plan fonctionne jusqu’à présent »

Un plan au premier abord au point, mais bien des éléments ont été ignorés ou minimisés, commun saint-bol de l’opération Barbarossa. Pourtant, plus ça allait, moins de temps il restait, moins nous concédions d’occaz’ plus nous nous disions qu’avec un peu de moule…

« Notre plan fonctionne jusqu’à présent »

Et puis Didier Drogba est entré. Si nous n’avions pu convertir une de nos seules possibilités du match, juste avant la pause par Piatti et Ontivero, peut-être que Drogba allait y arriver. Première information, Dallas qui dominait outrageusement recule subitement de 20-25 mètres sa ligne défensive, dans l’esprit d’un vulgaire Laurent Blanc. Et puis premier ballon pour Didier, première action… Une tête, qui passe à environ un gros poil de cul du poteau. Et si, et si…?

« Notre plan fonctionne jusqu’à pré… Allez enculé va »

Double gamelle.

Paf ! Pastèque. Mallace mongolise à la sortie de la surface et oublie d’envoyer un grand botté devant. S’ensuit une perte de balle, un coup franc de Diaz et dans le cul la balayette : attention, un Mauro peut en cacher un autre. La tentative de bougeage de fion dans l’urgence de la fin de match ne changera rien. Pire encore, nous prenions un second pion d’après l’ancestrale technique dégagement du goal, déviation, but. Mais ceci n’a jamais existé.

Un pack de Montréal

Evan Bush (3/5) : Pauvre Evan. Il a vécu ce match comme un invité sur un plateau de tournage de film porno. Présent, mais interdit de participer. Ce qu’il a vite compris dès la 6e minute, où il tente une sortie mais se fait vite remettre à sa place. Il se sera contenté de regarder ses coéquipiers défendre le reste du match, pas vraiment sollicité qu’il fut, avant d’être aspergé par la gelée d’amour de Diaz et d’Urruti dans les dix dernières minutes, alors qu’il n’avait rien demandé à personne. Peu enthousiasmant d’être spectateur de ton propre bukkake, mais rien qui ne mérite une note sous la moyenne.

Donny Toia (3/5) : Avec le match de Toia à gauche, malgré la débandade de l’Impact quand il s’est agi d’attaquer, il serait bon d’arrêter de l’envoyer à droite quand Oyongo est titulaire. Entre les deux côtés, il n’y a pas photo : Donny est bien plus à l’aise à gauche, que ça soit pour défendre, attaquer, combiner… Je n’ai pas bien compris cet héritage Klopasien, surtout pour un truc que notre ancien gourou azimuté avait fini par abandonner. Me feras-tu ce plaisir pour les prochains matches, divin Mauro ?

Victor Cabrera (3/5) : « Bonsoir, vous le voulez comment votre Victor ? Bien cramé à la 80e pour pouvoir manger chaud ? » Absolument Madame. 80 minutes de cuisson pour bien travailler  la viande à coups d’attendrisseur. Pardon ? Ah c’est Calum Mallace et Eric Alexander qui fournissent l’outil adéquat ? Parfait, ça va être super bon. Je vais y mettre un coup de dent pour voir… Ah putain, mais ce petit enfoiré d’Urruti vient de me piquer mon steak argentin. Reviens-là bâtard !

Laurent Ciman (4/5) : Le patron est de retour. En fait, il n’est jamais vraiment parti, mais samedi à Dallas, il n’y avait que lui sur le terrain côté Impact a vraiment sortir (positivement) du lot. Il a commencé son match en rattrapant l’erreur de Bush, parti à la cueillette aux champignons (bordel, ça ne doit pas être la saison). Bien placé sur la ligne, il repousse de la tête une tentative dans le but vide. Il aura passé le reste du match à défendre corps et âme, tel le meilleur des cock-blockers, subissant les vagues texanes à cause de l’absence de milieux défensifs dans le XI de départ. Il ne peut pas grand-chose, voire rien, sur les deux buts, même si avec quelques dixièmes de secondes supplémentaires sur le second pour intervenir, il aurait envoyé le genou d’Urruti dans une autre galaxie. Ajoutons à tout cela des ouvertures superbes et il ne manquait que la victoire pour que je bande jusqu’au prochain match.

Hassoun Camara (2/5) : Ce n’était sans doute pas le plus beau soir pour battre le record de minutes d’un joueur sous les couleurs de l’Impact. Car le match ne restera sans doute pas dans les annales d’Hassoun, ni dans les miennes, puisque sa performance fut quelque peu occultée par le triste niveau de nos milieux. Cependant, entre les difficultés défensives, le maigre apport offensif et quelques sautes de concentration, il va falloir retrouver un niveau plus correct.

Calum Mallace (1/5) : Je n’attendais qu’un bon match de Mallace pour fumer le Calum-et de la paix. Je me contenterai de mettre ma drogue dans de la gomme arabique, car j’ai l’impression qu’on va l’attendre un moment. D’abord, mon pote, tu n’es pas très chalant, c’est peu de le dire. Je n’ai presque observé que toi pendant les 25 premières minutes… Résultat : je dois faire réparer mon écran d’ordinateur. Putain mec tu n’es quasiment pas sorti du rond central ! On a l’impression qu’on te demande de coucher avec ta sœur quand il faut protéger la défense ou de jouer à touche-pipi avec ta maman quand il s’agit de se démarquer et proposer une solution. Au contraire de Gwen Tagrenmer, moi aussi je dirais non. Mais là, on veut juste que tu fasses le boulot auquel on t’a assigné. Même si je sais que tu n’es pas un 6 et que ça te fait chier. Le problème, c’est qu’on ne sait pas trop ce que tu es. Un 8 ? Un milieu box to box ? Rond central to rond central me parait le plus honnête pour le moment. Je n’attends uniquement que tu me fasses mentir, mais je commence à en douter.

Eric Alexander (2/5) : Vingt minutes à tenter de jouer avec Mallace, d’accorder les violons et d’être cohérents. Et puis allez, rien à branler, allons-y en freestyle total, sans poste, sans mission et surtout sans dépassement de soi. Un rythme lent, mou à mourir, comme si son disque dur était plein. Les deux premiers matches étaient encourageants, les faiblesses du duo ayant été en partie masquées par la victoire contre New York et la faiblesse des Red Bulls. Mais là, je crois qu’il faut arrêter les frais avec cette doublette. Trop risquée à mon goût.

Nacho Piatti (2/5) : Ça peut paraître sévère ce deux. Mais que voulez-vous. On est allé à Dallas avec l’objectif clair de tenir le nul. Pas d’essayer de marquer et voir ce que ça dit après. Non, non juste tenir le nul. Du coup, Piatti, Shipp, Ontivero et Oduro ont dû se démerder entre eux. Pas évident de se mettre en valeur dans ces conditions. Même si on a un peu plus vu Nacho après l’entrée de Drogba, qui a fait reculer Dallas de 20 mètres juste par sa présence. Et puis plus grand-chose après le but. C’était moyen l’fun.

Harry Shipp (2/5) : Même problème que pour Nacho, même s’il aura tenté d’aller chercher des ballons très bas. Je l’ai par exemple vu descendre sous la position d’un Mallace, qui le regardait passer devant lui d’un air éberlué et admiratif, pour remonter le cuir vers l’avant. Il a forcé pour porter un peu plus la balle que d’habitude, très limité dans la possibilité de trouver des relais au milieu, et en a perdu plus qu’à l’accoutumé, forcément. Plus de déchets dans ses passes courtes également. Pas un match facile.

Lucas Ontivero (3/5) : D’un point de vue offensif, il a été le meilleur joueur de l’Impact samedi. D’un point de vue efficacité, on repassera, mais moi qui étais très sceptique sur son niveau, je dois avouer que je suis agréablement surpris. Pas mauvais dans la provocation, altruiste et souvent bien placé, il manque de donner l’avantage à Montréal sur notre meilleure occasion du match, peu de temps avant la pause. Plus discret en seconde période, il fatigue toujours vite mais aura tenu dix minutes de plus que lors de sa précédente sortie.

Dominic Oduro (2/5) : Dominic, nic, nic… a fait ce qu’il a pu putain, malheureux de lui. J’ai même eu un peu de peine. Il ressemblait au petit gros, assis dans le fond de la salle, que personne ou presque ne voit et qu’aucune nana ne veut inviter à danser. Quelques-uns de ses potes sont allés le voir pendant la soirée, pour être bien sûr qu’il ne manquait de rien ou ne faisait pas la tronche. Puis il a quitté ses coéquipiers, penaud, à cinq minutes de la fin du match, en rêvant à toutes ces belles femmes avec qui il aurait pu virevolter sur un air de rumba, avant d’éventuellement leur offrir amour et turgescence sur une pelouse bien tondue.

Les substituts

Didier Drogba : Didier est entré à la 70e minute. Didier a fait reculer tout Dallas de 20 mètres dès la 71e minute. Didier a failli marquer à la 72e minute. Rideau.

Anthony Jackson-Hamel : Tentative timide et tardive de sang neuf offensif n°1.

Johan Venegas : Tentative timide et tardive de sang neuf offensif n°2.

Galaxie Drogba

Didier est vivant ! Didier a joué ! Mais pas que. Didier fait aussi plein de trucs à côté, dont des qu’on ne comprend pas toujours. Mais je suis sûr que vous serez ravis de savoir qu’une nouvelle pub Turkish Airlines est en préparation.

Love is in the air.

À part ça, Didier est semble-t-il rentré à Montréal après le match de Dallas, avant de repartir on ne sait où, on ne sait avec qui, ni pour combien de temps. Mais il parait que c’est pour son bien, alors…

« J’en ai joué des matches en carton, mais tu veux vraiment que je rentre à Dallas là ? – Calme-toi Didier, fais comme si, ça passera nickel. »

Le tableau

Même quand on perd, on gagne.

Pas de match le ouikène prochain, on se retrouve le 2 avril à Seattle.

Becs anaux,

Mauricio Vincello.

Mauricio Vincello

Vraie fausse légende du soccer montréalais (ou l'inverse), Mauricio Vincello, après une carrière bien remplie sur les terrains des Amériques, a décidé de prendre sa grosse plume pour conter au commun des mortels les folles aventures de l'Impact de Montréal.

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