Montréal – Columbus (2-0) : L’Impact Académie livre ses notes

L’harmonie, le balancement des lignes, l’eurythmie dans les mouvements apparaissent au rêveur comme des nécessités… Toute débauche parfaite a besoin d’un parfait loisir.

Parfois les paradis artificiels, créés de toutes pièces par l’homme, n’ont rien à envier à l’hypothétique Eden céleste que nous fait miroiter quelconque écrit ou dictée. Parfois, lorsqu’on effleure de ses sens le divin, au travers d’un simple match de football et d’une boîte pleine de codéine, d’aucuns peuvent se sentir touchés par la grâce.

Comme emplis d’une spiritualité soudainement éveillée, ils traversent, par bribes, 90 minutes d’un intense effort avec la légèreté de l’ange cul nul, gonflés de plaisir comme les lèvres de la muse à la vue du bel Apollon. Ainsi, je vous propose, sous la forme d’une exclusivité comme seuls ont pu la vivre les riverains du Calvaire, non pas la résurrection d’un homme, mais une victoire de l’Impact à travers les yeux du mourant, de celui qui, sciemment, use de soins palliatifs à outrance en pleine rage de dents.

L’alignement

Voilà encore qu’à l’heure où les formations tombent, votre serviteur encore en pleine conscience de ses moyens,use de son omniscience pour comprendre, sans effort, que l’alignement est le même que la semaine dernière. Ainsi va l’adage : « Harder, Bekker, FreakyFaster, Stronger ».

Le Matchauricio

Alors qu’au-delà des limbes parvient le mélodieux sifflement annonçant l’amorce de la joute à l’oreille de l’évadé, déjà de son cocon muqueux il semble planer au gré des courants, tantôt distant tantôt tangent de la sphère de cuir et de ses prétendants.

De son oculus entrouvert, l’envolé mire ces chanceux pixels contigus formant avec fierté la silhouette virevoltante d’un bel Argentin. Et si dans la brume rosée les images qui lui parviennent n’ont pas la netteté d’un glory hole en HD, c’est sans peine et malgré l’enivrement opiacé que l’extasié observe Ontivero le poteau fracasser.

Mais plus minutes passent, plus l’écho de l’effort est lointain. Comme pour l’épileptique, la frénésie des images sort le distancié de sa somnolence et le raccroche à la réalité d’une défense parfois en errance. Ciman latent oublie un temps comment mettre hors-jeu un concurrent, Bekker en erreur voit Meram botter dans le Saint-Laurent.

Porté par la douce musique de la foule, luttant pour ne pas s’abandonner à la voie lactée de Morphée, l’enivré aura enfin le plaisir de s’enjailler. Si des buts il ne verra qu’un fugace faisceau, éclair orgasmique traversant nuages et effluves de légales gueu-dro, c’est sans difficulté qu’il parvient à bander en voyant le ballon par deux fois au fond des filets. Solitaire mais béat en son paradis privé, votre serviteur cède à Oniros et ses appels forcés, non sans avoir lâché, dans un souffle apaisé, ces quelques mots si vrais : « Comme des pros, chan-mé. »

Les buts à travers les yeux d’un drogué.

 

Un pack de Montréal

Evan Bush (3/5) : Ô viril gardien, au regard froid mais dont le cœur réchauffe l’âme de celui qui, dans la nuit glacée d’un printemps aux abonnés absents, cherche cette étincelle qui fera renaître l’espoir et la vie, cadeau de notre Terre qui s’essouffle et… Oh putain, ça ne va plus du tout là, je fatigue. Reprenons. Mal aisé de me souvenir si j’ai vu le Cerbère arrêter l’attaquant une fois dans la soirée. En revanche, j’ai pu nettement discerner une relance en touche. L’inverse aurait gâché mon trip.

Donny Toia (3/5) : Sans doute une des parties les moins abouties de l’ami Donny, pour ce que j’ai pu en voir. En tout cas en première demie, puisque nous fûmes débordés sur son aile à maintes reprises, sans dramatiques conséquences. Ça semblait mieux après la pause, j’ai comme le souvenir que nous avons bien mieux géré d’ailleurs, comme face à ces taureaux ailés qui pissent sur le divin Shedu. J’attends toujours la lourde à laquelle tu nous avais hebdomadairement habitués ceci dit. ATTENTION ÇA PEUT JOUER SUR TA NOTE.

Laurent Ciman (3/5) : Etvoilà ta ballade, Frayeur, comment oses-tu vivre grâce à Lolo ? Tu me passes ton message, avec Kamara et Finlay face au but en solo. Et cesse ton harcèlement, Frayeur, tu fais tout pour que le Général passe pour un gland et c’est vrai, ce serait grave. Pas pour son statut, mais t’as vu les tacles glissés qu’il doit sortir pour échapper à l’emprise de tes bras, Frayeur…

Victor Cabrera (4/5) : Vrai taulier de l’arrière samedi soir. Il a gardé dans son slip les clés de la défense et le Crew n’a jamais pu forcer son verrou. Tacles, interception, couverture : tout le panel du central poète en somme. Il a ainsi étalé sa science du crampon et du placement pour maintenir le côté idyllique de la rencontre à l’esprit de l’abandonné. Une montée en puissance au fil des matches qui n’augure rien de bon pour le beau Wandrille Lefèvre.

Hassoun Camara (4/5) : Hassoun sur le pré, tacle-glisse, tacle-glisse… Hassoun sur le pré, c’est tibia-péroné… Ce grand steak déborde, crochet court-accélération, l’adversaire l’aborde et prend un méchant tampon. Sur corner il décolle, s’étire, s’étire, sur corner il décolle, s’étire comme un long chibre. La perf’ internatianale, sûr qu’il la mérite, car grâce à sa faciale, au Crew il fait la bite.

Kyle Bekker (3/5) : Alors si en plus monsieur met des buts, on va finir par envoyer directement Mallace couper les citrons. Et des tranches pas trop grosses s’il te plait Calum. Kyle est un récupérateur correct, aussi un peu boîte-to-boîte, dans tous les sens du terme. Mais il y a toujours un mais. Parfois c’est un « Mets la moi au fond », parfois c’est un « Mais arrête je suis ta sœur », d’autres fois c’est une petite note de bas de page, pour rappeler à Bekker qu’il a également le droit de suivre le milieu offensif d’en face dans notre surface pour éviter qu’il se retrouve seul face au but. Mais le réajusteur en chef Biello réajustera.

Eric Alexander (3/5) : Déjà du mal à parler de lui quand je vois son match en entier, alors quand j’erre dans la 4e dimension n’en parlons que très peu. Chose sûre, je l’ai vu bien lier notre équipe et être un élément déclencheur de nos beaux mouvements, comme sur le deuxième but où il écarte parfaitement vers Oyongo.

Harry Shipp (2/5) : Et de jour de match en jour de match, de ville en ville, de stade en stade, je crains très fort, je te le jure, de te voir toujours un peu moins fort. Mais de jour de match en jour de match, de ville en ville, de stade en stade, tu réussiras et j’en suis sûr, à de nouveau baiser leurs morts. Tout frémissant et blême quand sonnera l’heure, je me souviendrai de ton talent, tout ceci n’est qu’un leurre.

Nacho Piatti (3/5) : Il court, il dribble, il frappe, il bute… Nacho Piatti, c’est l’éloge du fatigant. Celui qui par son impétuosité pousse à bout vis-à-vis et parfois rend chèvre ses admirateurs. Alors si souvent le bel Argentin fait la touche de trop, comme peut le faire le malhabile avec la timide, c’est constamment qu’il pèse et use ses adversaires tel la vieille bourgeoise endure son jeune étalon.

Lucas Ontivero (3/5) : Et tu frappes, frappes, frappes, ce poteau qui te plaît. Et tu tapes, tapes, tapes, est-ce ta façon de marquer ? Ce bruit d’alu, qui entraîne frustrations et cris, réveille en moi un tourbillon de douleurs gastriques. Mais je ne suis pas là pour vous faire profiter de mes dons de mélomane, car j’ai un véritable message à passer à Lucas : « Continue tout pareil, mais essaye de viser soit un peu plus à droite, soit un peu à gauche selon les circonstances. Bien à toi. »

Dominic Oduro (3/5) : Ouah le raté, l’h’chouma de ouf pour lui. Pardon ? On a vu bien pire avec Oduro ? Non, je… Ah si, si putain ça arrive super souvent en fait. C’était moins humiliant là du coup d’allumer le goal à bout portant alors que le but était grand ouvert. Surtout après son bon match, je suis taquin, mais je l’aime le Dom. Il aura bien fait chier le Crew tout le match et c’est déjà très bien.

Les substituts

Johan Venegas : Manque une belle opportunité, supplée bien Ontivero.

Ambroise Oyongo : Ambroise a vu Hassoun sortir le gros match et à commencer à mouiller ses chausses. Alors il est rentré donner une passe dé.

Calum Mallace : Mon esprit embrumé a cru un instant que c’est lui qui marquait le deuxième but. Mais il aurait fallu plus de drogue pour en être convaincu.

Galaxie Drogba

La neige a fondu, la bâche est ôtée. L’herbe sous le pied du footballeur renaît. Celui qui souffre sur le plastique pas fantastique va pouvoir s’exprimer. En moins de deux, il sera prêt à botter des culs en série. En attendant, retrouve le dimanche à Tout le monde en parle, de son triplé à Chicago évidemment.

Ça nous fait une belle (troisième) jambe.

Le tableau

On monte, ils coulent.

De retour en pleine possession de mes moyens le week-end prochain avec le déplacement à Chicago. Avec du Didier normalement. C’est rigolo, c’est eux qui voulaient choper Drogba, c’est contre eux qu’il fait son premier match et colle un triplé. Conclusion, il joue là-bas et il y noie le Fire.

Becs anaux,

Mauricio Vincello.

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Mauricio Vincello

Vraie fausse légende du soccer montréalais (ou l'inverse), Mauricio Vincello, après une carrière bien remplie sur les terrains des Amériques, a décidé de prendre sa grosse plume pour conter au commun des mortels les folles aventures de l'Impact de Montréal.

2 commentaires

  1. « Didier est innocent ! Assez de presse à scandale. Ce sont des calomnies ! »
    J’ai fini l’Acad’, une heure après sortait l’info. Chienne de vie.

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