Autriche-Portugal (0-0) : L’Anschluss Akademie livre son diagnostic

Le Profezeur Zigmonde poursuit son exploration des tréfonds de la psyché humaine chez horsjeu.net. Vous et votre mère n’en sortirez pas indemne.

Heureux de vous revoir. Un cigare ?

Nous nous étions quittés sur une nette défaite de la sélection autrichienne face à la Hongrie. Se profilait alors un second match contre le Portugal de Cristiano Ronaldo, sujet d’études passionnant s’il en est.

Le Portugal, donc, à propos de qui l’on constate auprès de vous tous un subtil glissement des clichés racistes depuis une grosse décennie : exit la fixation sur les poils et Linda de Souza. Vous ne faites plus un seul trait d’humour pileux, aucun : place désormais aux Portugais maçons, couvreurs et habitants de Créteil. Dans le même temps, il est amusant de constater comment cette sélection s’incarne désormais dans un bellâtre surmusclé et surtout épilé jusqu’au trognon, si vous me passez l’expression.

Un tel refoulement du poil ne laisse pas d’interpeller le praticien, moi en l’occurrence. Une analyse sommaire pourrait laisser supposer qu’en ce mois de juin, nous assistons à un résurgence du trauma né de vos lointaines soirées d’été ou la chaleur autorisait Maman à se promener sans culotte ? Mais dans le même temps nous avons Cristiano ; sans poil certes, mais tout en muscles : une certaine image d’une hypothétique virilité prépubère, donc. Tentons de révéler l’image mentale qui hante votre inconscient si vous le voulez bien.

Avouez que vous vous sentez tout de suite mieux.

 

Ceci étant évacué, passons au match. Le Portugal domine, l’Autriche se crée une occasion grâce à une erreur de Pepe, le Portugal re-domine, le Portugal tire sur le poteau, l’Autriche se crée une occasion sauvée sur la ligne, mi-temps.

Reprise, le Portugal domine, Almer sauve tout, le Portugal obtient un pénalty, Cristiano Ronaldo tire sur le poteau, puis Cristiano Ronaldo marque un but refusé pour hors-jeu. Cas typique de frustration auto-entretenue : le petit garçon a été très vilain et veut se faire changer par sa maman, mais le surmoi interdit au petit garçon de faire caca dans sa culotte, surtout devant tout le monde. Aussi le petit garçon fait-il des belles choses pour se faire féliciter par sa maman mais les rate in extremis, car il veut aussi retrouver la sensation du talc frais étalé par Maman sur ses fesses. Or, pas de caca = félicitations, mais pas de talc. Tant que Fernando Santos n’aura pas enfilé une perruque – perruque chauve, bien sûr, rapport aux poils – avant de talquer Cristiano Ronaldo, le Portugal n’aura aucune chance de concrétiser ses occasions. CQFD. Et que l’on ne vienne pas me dire ensuite que la psychologie n’est pas une science.

Le debriefing d’un supporter portugais après le match nul ne laisse aucune place au doute.

 

Les notes :

Almer : 4/5 – Admirable coup de pression psychologique que sa barbe à la Van Gogh. Le message était clair : « Cristiano, ce soir tu peux te la mettre sur l’oreille. »

Klein : 3/5 – Match sans relief : à force de se faire rabâcher son patronyme passe-partout, ce Monsieur Klein se rabougrit mentalement, comme une manière de sur-jouer la conformité aux idées préconçues pour punir ses parents de l’avoir affublé d’un nom aussi peu flamboyant. Je parierais mes honoraires qu’il ne s’épanouira qu’à la fin de sa carrière, lorsqu’il rejoindra les cabarets sous le nom de scène de Conchita Obertsurmbannführer von der Mutti.

Prödl : 2/5 – Auteur d’une faute dans la surface en bousculant Ronaldo. Figure virilo-maternelle troublante, le Portugais a sans toute troublé les pulsions d’Eros et Thanatos du défenseur : la faute dans le carré de pelouse sacré (tiens tiens) entraîne sanction, mais surtout « réparation » symbolique et restructurante. Las, la référence portugaise n’a pas été au bout du processus de résilience en n’accomplissant pas ladite réparation, si bien que Prödl reste condamné à se tirer sur le poteau ad vitam. Selon le DSM IV, ce trauma pourra être invoqué comme cause d’irresponsabilité pénale s’il lui arrive ultérieurement de commettre un homicide aggravé de violences sexuelles.

Hinteregger : 3/5 – Dans tout travail, il est salutaire de se laisser des sas de décompression assumée, des t’emps suspendu où l’on peut se dire : maintenant, je n’en ai rien à branler. Eh bien dans la présente académie, c’est maintenant.

Fuchs : 3/5 – Un petit instant je vous prie, je n’ai pas fini de n’en avoir rien à branler. Un petit cigare, en attendant ?

Ilsanker : 3/5 – « L’île sans cœur »… chacun aura deviné sans peine sous cette malhabile métaphore que l’on désigne ici sans subtilité l’utérus maternel, l’incubateur fœtal cher à votre Footballogue Geoffroy Garétier. Chaque évocation de son nom est pour lui une séance de « rebirth », où il se revoit bébé en train de sortir de sa Maman dans un nuage de sang et de fèces mêlés, d’où son agressivité permanente. En effet, comme le dit mon excellent confrère le Professeur Moustache, « vous souhaiteriez revivre le moment où vous avez raclé le chouchou de Maman avec la face, vous ? ».


Ma prescription : M. Ilsanker devrait se trouver un dérivatif propre à l’apaiser. La cuisine, par exemple.

Baumgartlinger : 3/5 – Chacun le confond avec Félix Baumgartner, le recordman de chute libre. Moi-même, j’ai tellement focalisé sur cette amusante paronymie que j’en ai oublié d’analyser son match, dites donc.

Harnik : 2/5 – Une occasion ratée qui n’est autre que la résurgence d’un trauma refoulé : pendant toute son enfance dans les années 1990, Martin Harnik rêvait d’être un défenseur central du Borussia Dortmund. Manquer des occasions lui offre à la fois le plaisir de l’acte défensif en même temps que l’évocation chez les supporters de la si fantasmée charnière Harnik-Sammer.

Alaba : 1/5 – Alaba. Ah, là-bas. Ah ! la bite ! C’est pourtant évident : complexé par l’organe fantasmé d’un des seuls joueurs de couleur de l’effectif, le sélectionneur n’a eu de cesse que de réduire son rayon d’action, voire de le ridiculiser en lui confiant un poste mal taillé. Ma préconisation : stopper le boudin noir au dîner et remettre David à une juste place.

Arnautovic : 2/5 – Je veux bien m’occuper des tordus, mais ce genre de coupe de cheveux va trop loin. Je suis certain qu’il se déguise en licorne, à la nuit tombée.

J’en ai fait interner pour moins que ça.

Sabitzer : 1/5 – Voulait rester sur le banc comme il restait recroquevillé dans sa chambre pour ne pas déranger Maman quand elle recevait ces gros messieurs pour les réunions de son club de scrapbooking. Et ces gémissements qui résonnaient dans sa tête, sa pauvre tête, et lui, la tête toujours plus profond sous l’oreiller, non, je ne veux pas sortir de ma chambre/banc de touche, laissez-moi ! Enfin, vous savez ce que c’est ; nous savons tous ce que c’est.

Les remplaçants :

Schöpf, Hinterseer et Wimmer – Oh, mais je vois que cette consultation est déjà terminée, c’est fou ce que le temps file vite. Je vais donc devoir vous laisser, cela fera 1000 schillings. Mes amitiés à votre Maman.

Profezeur Zigmonde

Psychiatre innovant et rigoureux. Venu sur ce site sous couvert d'académicien autrichien pour converser avec lecteurs et auteurs, cas intéressants s'il en est. L'obsession pour l'anal et pour se sport où le ballon-jouet doit entrer dans le filet-matrice ne trompe pas sur votre envie inconsciente d'entretenir des rapports sexuels avec votre mère. Ce n'est pas sale et nous pouvons en parler. Allongez-vous et prenez donc un cigare.

5 commentaires

  1. Docteur, Que pense le praticien aguerri de la multiplication des barbus tatoués sur les vertes pelouses ? Cela a dû vous interpeller..

    • Evidemment, très cher, évidemment. La symbolique du « barbu » entre en contradiction flagrante avec le complexe pileux développé dans cette académie. Maman pure=> sexe prépubère vs maman aperçue sans culotte un soir d’été=> choc, impureté du poil = conflit. Envie de crier sa haine dans la prison mentale => les tatouages permettent d’extérioriser, mais ce n’est qu’un piètre dérivatif compte tenu de la fadeur des messages sous-cutanés, forcément atténués par le surmoi. Tout se résoudra le jour où un premier joueur fera son coming-out en se tatouant « Maman, pourquoi ? » autour des lèvres.

  2. Docteur, que doit-on répondre à ses parents quand ils vous envoient une carte postale disant : « Vas te faire enculer. Papa et Maman. » ?

    • Une réponse bienveillante dans tous les cas. Si vos parents vous ont envoyé dans ce camp scout, ils n’en pensent pas moins très fort à vous, et le fait qu’ils aient pris sur leur temps libre pour vous écrire en témoigne. D’un ton badin, la missive traduit en fait leur inquiétude de vous savoir loin d’eux, vous devriez en profiter pour les rassurer. Je préconise une réponse du type :

      « Chère Maman, cher Papa, j’ai bien reçu votre lettre qui ma fait très plaisir. Ici tout se passe très bien et les gens sont gentils avec moi. ne vous inquiétez pas pour ce qui est de me faire enculer, l’aumônier s’en charge. Je vous aime, surtout maman. Bisous. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.