Perdre pour mieux gagner, la Nationalmannschaft régale

Salut les nases,

Vous ne m’aviez pas manqué, surtout vous, lecteurs français. Je vous ai quittés en 2018, j’étais champion du monde, vous n’étiez rien. Trois ans plus tard, vous êtes champions du monde et je ne suis plus grand-chose. Apprenez donc que tout va très vite et que vous n’êtes pas à l’abri de vous faire fesser par la Hongrie. En effet, l’humilité est aussi ma principale qualité, comme toutes les autres. Alors on se retrouve là pour notre premier match de poule, nous les plus grandes nations du football européen depuis 70 ans, obligées de s’affronter dès le début de la compétition. Je n’ose imaginer à quel point cela peut être dur pour le champion du monde en titre d’être relégué à une vague notion de faire-valoir.

  1. Notre ambition pour les matchs ? Les gagner.
  2. Notre ambition dans la poule ? La tordre.
  3. Notre ambition dans la compétition ? Marcher dessus.

On va faire la fête aux nations pour célébrer la fin du règne de Löw 1er. On va éviter de le brouiller Löw, pour son départ. On va le détendre, lui briser sa coquille à Löw, pour qu’il soit heureux. Et on va se racheter une dignité aussi, ras le bol de passer pour un pays de faibles, d’être un autre pays que l’Allemagne conquérante et glorieuse. On a même fait revenir des vieux pour ça, comme la France de 2006. Comme déjà avec 98, on avait piqué à la France les centres de formation, on doit encore pomper des idées à la con pour faire semblant d’innover. Là, on prend l’option « le retour des vieux », parce que prendre six buts l’an dernier contre l’Espagne et perdre chez nous contre la Macédoine (la seule, l’unique) en mars, c’est marre. Bref. On est armés pour le parcours de la Coupe du monde 2006 de la France.

Pour être cohérent avec cette stratégie, il nous faut commencer la compétition par un résultat compliqué entre le nul et la défaite. Ce qui fait donc tanguer notre première ambition mais on doit bien se projeter dans l’objectif final, peu importe si cela défrise la ménagère de moins de 50 ans et son gros beauf de mari qui aime le foot. Il n’y pas de honte à avoir une stratégie moins évidente que celle des Italiens qui se mettent à gagner même leurs matchs de poule. Eux par exemple, volent notre stratégie historique. Donc au bilan, soyons nuls au premier match, surprenons au deuxième, mais surtout ajoutons du dramatique pour fédérer la scalup nation.

Le match

Comment voulez-vous gagner avec un tir cadré alors qu’on est menés 1-0 ? Ce n’est pas possible. Le plan s’est donc déroulé à merveille. Ce tir cadré aurait permis au pire un match nul mais on ne pouvait pas se permettre beaucoup plus. Notre recherche d’un mauvais résultat est d’ailleurs statistiquement imparable, je m’explique : nous avons exprès de perdre tout en maîtrisant pour être sûr que la France n’allait pas mettre son propre CSC. Admirez cette master class de maîtrise stérile (et voulue) : 62% de possession, 692 passes contre 434, 617 passes réussies contre 358, 7 occasions à 4, 10 tirs à 4, 23 centres à 6 et 1 tir cadré chacun. On a tellement maîtrisé qu’on a laissé la France n’approcher qu’une fois.

Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, nous avons nous-mêmes mis le but de la France. Sinon je suis sûr qu’on y serait encore. Une fois la France devant, facile, on a pris la balle et on s’est marrés à les faire tourner en seconde mi-temps. Ils n’ont rien fait. Notre coup de génie a été de faire que le match était gagné pour les bleus, notre gestion du HorsJeu pas trop net a été extraordinaire, deux buts célébrés bien refusés. Connaissant la fragilité gasquetienne des Français, je peux vous dire qu’ils vont bien ruminer ce match et revenir psychologiquement broyés. Allez il est temps de se palucher sur nos génies de la technique de la tenaille.

Les notes

Neuer : 5/5 est allé chercher le ballon trois fois dans ses cages, il a joué parfaitement le jeu de la défaite.

Ginter : 3/5 a failli faire un bon match même s’il s’est pris une tornade de MBappé. S’est bien rattrapé sur la fin en simulant une blessure pour faire croire à un forfait. Remplacé par Can, non noté, mais a assuré pour conserver la défaite.

Hummels : 5/5 retour gagnant pour un homme de confiance qui sait comment se gagnent les tournois. Il fait ce qu’il peut pour maintenir sa statistique de presqu’un but par match de la France.

Rüdiger : 4/5 a presque réussi en plus de la défaite à être expulsé. Il n’a pas respecté complétement son annonce dans la presse même en pelotant les seins de Pogba ou en lui mordillant le haut du dos. Hyper excitant mais raté.

Kimmich : 4/5 a fait de son aile droite un lieu inoffensif, n’a pas respecté les consignes en essayant de se fourrer au centre. Mais il a laissé Hernandez passer sur le but. Pas mal.

Gundogan : 2/5 a failli être dangereux, j’avoue ne pas comprendre son entêtement.

Kroos : 3/5 sait redescendre assez bas pour éviter à l’attaque d’être dangereuse. Il doit encore trouver son rôle.

Gosens : 2/5 a non seulement été dangereux sur son aile mais en plus n’a pas réussi à obtenir un rouge en démontant Pavard. Je suis perplexe. Pourtant tout était réuni pour accentuer le drame. Il faut se reprendre, gamin.

Müller : 3/5 se promène sereinement sur le terrain, un peu partout, un peu nulle part. Déplacements illisibles pour ses adversaires comme pour ses coéquipiers. Pas mal.

Gnabry : 4/5 nul. Il a presque failli marquer d’une reprise. Il a été puni et remplacé par Werner (74e), au moins on était sûr qu’il n’allait pas marquer, stratégie ou pas.

Havertz : 4/5 lui il a remué de l’air un peu partout. J’ai l’impression que tout le monde ne veut pas jouer avec lui. Remplacé par Sané, nul aussi. Une constante à ce poste. Parfait pour ce match.

Löw : 5/5 sur l’envie de le voir partir. Sale coupe de cheveux, t-shirt horrible, aucune influence et se sent les doigts 70% du temps. Les images de son successeur en tribune rende presque l’élimination tentante.

Frantz-Christophe Van Dustgroski

Je travaille pour un employeur fantôme et ce n'est pas un emploi fictif. Je parle comme je veux de ce que je veux quand je veux. Tu n'es pas obligé d'aimer. Tu n'es pas obligé de lire. Tu es obligé de savoir que je suis là

Un commentaire

  1. Défaite. Et en plus, Lucas Hernandez à défoncé Joshua Kimmich à la course en 2e mi-temps, j’ai tout vu.

    Votre stratégie est implacable, on vous attends en finale

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