Montréal – Orlando (0-3) : L’Impact Académie livre ses notes

Où l’on érige le cassage de cul au rang d’art.

Quand l’un finit le boulot, l’autre y est noyé. C’est donc encore une Impact Académie à deux mains pour ce match du désespoir contre Orlando. N’en voulez pas à Kurtis le malheureux, il préférerait être noyé sous autre chose.

L’avantage pour lui, c’est que ça lui évite de trop se prendre le chou avec notre équipe de champions. Et lui a l’honneur de se présenter au travail et d’y faire au minimum ce qu’on attend de lui. Quand on voit la perf’ de certains de nos gars ces derniers temps, on se demande si ça mérite pas une médaille.

Je ne suis personne

Je ne suis personne. Devant un clavier et un écran, la plupart du temps. Je n’ai pas vraiment de nom. Du moins, la majorité d’entre vous me connait sous un pseudonyme. Ce n’est même pas un pseudonyme original. Disons que c’est un emprunt. Que le vrai Mauricio Vincello me pardonne, je sais, l’usurpation d’identité, ce n’est pas vraiment un truc qui se fait. Je lui souhaite pourtant ne pas sortir le nez de sa pampa. En tout cas, pas pour voir ce qu’est l’Impact aujourd’hui. Je ne le connais pas, mais je suis convaincu qu’un mec qui a passé sa nuit sur un lit d’hôpital pour faire gagner un titre à son équipe le lendemain n’aimerait pas ce qu’il voit.

Je ne suis personne. Un simple supporter. Un supporter lointain, mais aussi proche. Je n’ai pas de billets de saison. Je n’ai pour suivre mon équipe de coeur que la proximité que m’offre les réseaux sociaux. Qu’une lucarne entrouverte par les journalistes locaux. Qu’une fenêtre avec vue sur une brume plus ou moins compacte selon la qualité d’un streaming proposé par d’obscurs pirates que je ne remercierai jamais assez. Je n’ai aucune légitimité, arrivé comme un cheveu sur la soupe un été de 2013 dont la douceur me parait désormais bien lointaine. Qui suis-je pour donner mon avis sur les performances d’un club que nombre d’entre vous suit depuis ses débuts ? Je ne suis personne.

L’amour anonyme

Je ne suis personne. Mes actes de présence au stade Saputo ou Olympique se comptent sur les doigts d’une main. Mes visites à Montréal également. Et pourtant, j’en garde certains des meilleurs souvenirs de ma vie. Des souvenirs de football, qui réchauffent le coeur, et d’autres, qui maintenant l’éteignent, comme s’il ne devait plus servir à personne. Revenir dans la ville aux cent, aux mille clochers ne sera pas chose facile, et pas que pour des raisons financières. Mais l’amour de l’Impact, lui, ne cille pas. Impossible d’expliquer rationnellement ce qui fait aimer un club de football, contre vents et marées. Ce qui le rend grand, en revanche, c’est l’amour que des milliers d’anonymes lui portent, inconditionnellement.

Je ne suis personne. Et j’ai l’outrecuidance de demander du respect. Pas pour moi. Pour ces milliers d’aveugles supporters dont je fais partie. Pour la masse, pas pour l’individu. Il y a des gens qui dépensent sans compter. Des gens qui, chaque semaine, repartent du stade avec des maux de gorge – des vrais – parce qu’ils chantent à la gloire d’une équipe. Ou de ce qu’ils pensent être une équipe. Car au milieu des joueurs qui s’épuisent pour leurs couleurs, qui, quoi qu’il arrive, se battront jusqu’à la mort, d’autres donnent l’impression qu’ils pourraient laisser crever leurs coéquipiers. Là, au milieu du bourbier, on donne la main ou on tourne le dos. Et les paumes tendues commencent à se faire trop rares.

Cassez-vous

Je ne suis personne. Je ne peux qu’imaginer les sacrifices qui mènent à une carrière professionnelle dans ce milieu. J’en conçois, pourtant, les privilèges. En voir certains marcher sur le terrain quand leurs partenaires se tuent à la tâche me débecte. Savoir que d’autres, à qui on a donné une deuxième, une troisième, une quatrième chance, se mettent des cabanes dans les bars de la ville pour pointer « malade » le lendemain me fout dans une colère tout autant irrationnelle que l’amour que je porte à mon équipe. Ces « joueurs » ont un devoir, une responsabilité. Que Rémi Garde ait à le rappeler me fait honte. Mais mon ire n’est rien face à celle qui doit le ronger. On paye toujours le prix de ses erreurs. La carrière de notre coach n’est plus à faire. Il n’est pas personne. Le respect, il le mérite au-delà de celui que nous sommes en droit de recevoir.

Je ne suis personne. Mais je pense être lucide. Ces messieurs, au-delà de représenter une équipe, portent les espoirs de tous les partisans. Nous sommes tous conscients, ou presque, de la valeur de notre équipe, de notre club. Nous savons tous parfaitement que l’Impact ne sera pas demain un cador du football nord-américain. Qu’il ne gagnera pas tous ses matches haut la main. Qu’il a même le droit d’en perdre. Mais il m’est – et j’abandonne le nous, car je ne suis personne pour parler à la place des autres – insupportable de vivre des défaites comme celle-ci, dans notre maison, contre Orlando City. Le respect se gagne sur le terrain. Je veux pouvoir respecter une équipe au complet et non la poignée de joueurs qui se bat à chaque fois qu’elle entre sur le terrain. Des clubs, il en existe des milliers. Des bars, il en existe des millions. Alors si l’herbe vous semble plus verte ailleurs, si l’alcool vous semble meilleur ailleurs, cassez-vous. Avant que nous perdions ceux qui méritent notre respect. Mais, encore une fois, je ne suis personne.

On espère revoir Kurtis bientôt, mais pas de pression dude.

Evan Bush (2/5) : Difficile d’atteindre la moyenne quand on prend trois pions en une demi-heure, la deuxième fois en une semaine après le match à Los Angeles. Cette fois-ci, difficile de lui tenir rigueur des buts encaissés. Un péno qui lui passe sous le bras et deux autres buts où il est livré à lui-même. Néanmoins pas décisif, dommage pour un gardien désigné. Ah non pardon.

Daniel Lovitz (1/5) : Plus grand chose à dire sur Lovitz, dont les matches se suivent et se ressemblent. Défensivement, c’est zéro. Offensivement, c’est un chouïa « moins pire », mais ça reste de la merde en barquette. Y’a un moment où tu te sors les doigts du cul et où tu justifies ton statut d’international, même dans la sélection la plus claquée de la planète Terre ?

Zakaria Diallo (1/5) : Belle tentative de contre au filet, dommage qu’il se soit trompé de sport. Comme quoi, on peut être archi débile avec ses bras dans un match de MLS flingué comme en finale de Ligue des champions. Superbe air-défense sur les deux autres buts d’Orlando City, on passe tout près du zéro pointé.

Victor Cabrera (2/5) : Dans ce genre de branlée, on jette toujours la pierre sur Victor, par habitude. Et, bizarrement, il fut bien loin d’être le plus nul sur le pré. C’est dire le niveau général de l’équipe quand Cabrera se font dans la masse. On risque en tout cas de bien se rendre compte de la valeur de Raitala pendant son absence. Le Finlandais était sur le banc, tant mieux pour lui.

Bacary Sagna (non noté) : La poisse made in Montréal continue avec une cheville dans le sac pour Baky. Remplacé dès la 36e minute par ZBG.

Samuel Piette (2/5) : Sans doute l’un de ses plus mauvais match sous nos couleurs, ce qui explique en partie la Bérézina de la première période. Un temps infini à prendre une décision, là aussi dû à l’absence de solution autour de lui. D’un côté, je suis content qu’il aille souffler un peu en sélection, je le soupçonne d’avoir des envies de meurtres vis-à-vis de certains de ses coéquipiers. Je mets 2, quand même, parce qu’en le comparant avec le reste de l’équipe, il y a un putain de monde.

Saphir Tarder (0/5) : Le voilà le champion toutes catégories. Des mois à rien branler sur le terrain, à jouer à moitié blessé, à t’expliquer qu’il a mal à la papatte alors c’est pour ça qu’il ne se bouge pas le fion sur le terrain, parce que quand même, il a une CAN à jouer et que hein, on va pas se casser le cul pour le club dans ses conditions. Résultat : une non-sélection logique avec l’Algérie et des semaines à nous prendre pour des cons. Dehors.

Michel L’Aziza (1/5) : Plus le temps passe, plus il est en perte de confiance. Pas vraiment mis dans les meilleures conditions, Michel est un besogneux, pas un créateur et, à domicile quand il faut faire le jeu, son utilité est vite très limitée. Dommage, car ce n’est pas un mauvais joueur, mais le peu de choix au milieu, le peu de variété dans les profils entraînent des performances de plus en plus mauvaises.

Maximiliano Urruti (1/5) : Sacrifier son travail en pointe pour le foutre sur l’aile, lui qui n’est ni rapide ni un provocateur… Moi pas comprendre, à part pour mettre AJH dans les meilleures conditions pour rien branler devant. Laissons-le en 9, qu’il retrouve la confiance qu’il commençait tout juste à prendre. Ce poste d’ailier le dessert complètement mais, encore une fois, quelle alternative ?

Anthony Jackson-Hamel (1/5) : Ne devrait pas être trop fatigué pour aller faire la tournée des bars avec Novillo et Browne.

Omar Browne (1/5) : Une perte de balle de très haut niveau pour le deuxième but d’Orlando City, des tentatives vaines de provocation… Te laisse pas embarquer dans les embrouilles de Novillo et reste un joueur de foot gros. Remplacé à la 77e par Shome.

Les substituts

Zachary Brault-Guillard (36e, 2/5) : Clairement le meilleur potentiel de l’équipe, mais entré en plein traquenard, à un moment où Orlando pétait la confiance et où on chiait dans notre falzif.

Shamit Shome (77e, non noté) : Titulaire à la place de Taïder pour le reste de la saison par pitié.

L’avis de Tony

L’Impact va mal, Garde ne fait pas tous ses changements, Tony est colère mais bande comme un taureau.

Car il est important de laisser s’exprimer les talents émergents, cette chronique est destinée à accueillir des chefs d’oeuvre dans un style allant du merdico-cubique au débilo-gribouillage abstrait.

Aujourd’hui, (fr)hommage à Harry Novillo et aux meilleures recrues de l’Impact cette saison : les grilled cheese (des croque-monsieurs pour les civilisés). La recette est simple et connue de tous les narvalos qui picolent au lieu de s’entraîner et qui se font péta leur passeport par leur ex : neuf shots d’alcool fort, entre deux tranches de passeport français, sur son lit de salaire canadien indécent pour une énorme pipe. Bon appétit.

Attention, cette recette peut provoquer des maux de gorge.

Fin de service pour Mauricio, ce qui pourrait signifier un retour un peu plus fréquent des Académies. À la prochaine m’sieurs dames.

Retrouve Horsjeu sur les rézosocio, mais également ses fidèles sbires Kurtis Larsouille, aussi rédacteur de la Canuck Academy à ses heures perdues, et Mauricio Vincello.

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Mauricio Vincello

Vraie fausse légende du soccer montréalais (ou l'inverse), Mauricio Vincello, après une carrière bien remplie sur les terrains des Amériques, a décidé de prendre sa grosse plume pour conter au commun des mortels les folles aventures de l'Impact de Montréal.

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