Sheffield – Arsenal (1-0) : La Gunners Academy craint pour Emery

J’ai essayé, c’est impossible. Ce foutu club est une plaie. Le paradoxe est aussi curieux qu’il nous rend masochiste. On s’emmerde 90% du temps et pourtant, quand on se tape 10 jours de trêves à se farcir des Australie – Népal ou je ne sais quel autre match d’une intensité rare, on ne pense qu’à une chose : ramenez moi The Arsenal Football Club fissa. Le schéma est limpide, et se répète à chaque fois. Tu te poses devant le match, tu es tout excité et… au bout de 10 minutes, tu as envie de tout détruire autour de toi. Y compris toi-même. Tu beugles, tu deviens agressif, de mauvaise foi, la moindre minuscule faute technique devient « mais c’est vraiment le pire joueur à avoir joué pour le club » suivi d’un « putain » de circonstance. Avant de retomber dans la dépression. Jusqu’à la prochaine rencontre. Un cercle des plus vicieux.

Le « spectacle »

Bref, pardonnez cette digression et revenons à nos moutons. Ou plutôt à nos chèvres. Parce que contre Sheffield, ledit spectacle, on ne l’a pas vu. Une nouvelle performance insipide. La compo laissait déjà présager le pire. Une défense malheureusement classique avec la charnière des vieux croutons, un milieu qui l’est tout autant et le trio du moment devant. Pas de Ceballos, de Torreira et encore moins d’Özil dans le coup. Niveau créativité, on se pose là.

Tutututu. Apprenez à ne pas défendre sur corner : trois joueurs incapables d’empêcher O’Connell de remiser, Mousset est tout seul à deux mètres des cages. Vive la zone ! Propre.

En gros, Sheffield a eu une action et a planté. Un corner défendu lamentablement. Rien de neuf sous le soleil. Arsenal a été comme d’habitude stéréotypé, sans idées ni inspiration. Pour le reste, je n’ai même pas envie de m’attarder sur la performance. Pas sur celle-ci en particulier. Elle ressemble trop à tellement d’autres et nous y reviendrons plus longuement dans un temps additionnel très long, à l’image des plus grands Arsenal – Liverpool. A l’époque où Arsenal jouait bien. Ou jouait tout court, je ne sais plus. On passe en mode économie d’énergie. Pourquoi s’emmerder pour des ploucs pareils ? On va quand même pas se claquer.

Les artistes

Leno : 3/5 

Bah il est gardien de but quoi.

Chambers : 2/5 

Un peu de tout.

Sokratis : 1/5 

Il m’énerve.

David Luiz : 1/5

Lui aussi.

Kolasinac : 1/5

Et lui… aussi.

Xhaka : 1/5 

Faut vraiment stopper la vanne.

Guendouzi : 3/5 

Petite éclaircie dans ce cauchemar.

Willock : 1/5 

Mauvais dans un rôle incompréhensible, une espèce de faux 9 totalement paumé.

Pépé : 2/5 

Intéressant par intermittence. Il aurait dû marquer en première période. Un des seuls à faire les bouger les choses, du coup Emery l’a fait sortir.

Saka : 2/5 

Pareil. Avec la même réussite.

Aubameyang : 2/5 

Fantôme… à ses dépens ?

Les intermittents

Ceballos : 1/5 

Il est soit génial soit à chier. Deuxième option aujourd’hui.

Lacazette : 2/5 

Vite, reviens en forme.

Martinelli : non noté 

Trop court.

Le temps additionnel

Bon, passons aux choses plus brutales. Et à certaines vérités qui doivent désormais être pointées du doigt. Voilà des semaines qu’à la Gunners Academy on se répète. Avec une question principale : où va Arsenal avec Unai Emery ?

Il faut se la poser et analyser la situation. Où sont passés les principes de jeu qui en avaient séduit plus d’un à son arrivée ? Le souhait de presser haut, d’être « proactif », acteur du jeu, de construire de derrière et de travailler sur des circuits de relances pour se sortir du pressing adverse. Disparu.

Les trois-quarts de ses compositions d’équipes sont frileuses. C’est de la trouille, Unai ? Pourquoi débuter la rencontre avec une voire deux balles dans le pied ? Arsenal, c’est Arsenal, pas un promu. Tu dois attaquer le match avec la volonté de dominer et de gagner. On ne ressent pas ça. Et derrière pendant le match tu subis. Tu prends le bouillon contre Watford, Aston Villa ou Sheffield. Tu te fais laminer, pas seulement en contres, également sur attaques palcées. Tu mets une compo « solide » avec un milieu « renforcé » mais tu te fais ouvrir par n’importe qui. Petit rafraîchissement de mémoire : Burnley 18 tirs concédés, 31 contre Watford ou encore 14 contre Aston Villa. La plupart des victoires sont miraculeuses et carrément en trompe l’œil. L’approche tactique fait peur. Si tant est qu’il y en a une. Tu démarres chaque match avec la volonté de ne PAS faire le jeu, tu refuses presque d’avoir le ballon et tu ne fais rien pour imposer ton rythme. Mais où est-ce qu’une pareille approche peut mener ?

Tant de choix sont discutables. Pourquoi se passer constamment (presque) d’un créateur au milieu comme Ceballos ? Qu’en est-il réellement d’Özil ? Et de Torreira qui ne joue jamais ? Pourquoi Xhaka a l’immunité ? Sokratis-David Luiz c’est naze, pourquoi continuer ? Tierney est de nouveau opérationnel, que fout Kolasinac encore sur le terrain ? Tu peux en décliner 50 autres !

Sur le terrain, les schémas sont d’une simplicité effrayante à bloquer. Contre Sheffield par exemple : Xhaka est le premier relanceur, Guendouzi est pris, les ailes sont bloquées et Willock se balade à côté d’Aubameyang. Alors après 150 passes latérales entre Sokratis et David Luiz, autant de Xhaka vers ses défenseurs, l’un de ces artistes du ballon rond se décide à allonger – plutôt balancer – devant et le ballon est perdu.

A ce rythme, Emery va sauter. C’est indéniable. Et franchement, difficile de le défendre… S’il faut en passer par là pour retrouver un semblant de stature et de jeu, les têtes pensantes Sanllehi et Vinai vont trancher. Tout était bien parti, il y avait des intentions prometteuses. Un an et demi plus tard quasiment, on ne voit plus de progrès et au contraire, le fameux « process » d’Emery recule.

Mais bon, du beau jeu, ça fait bien longtemps qu’on n’en a pas vu. Ne refaisons pas l’histoire, ça fait quoi, 4-5 ans ? La fin de Wenger était pour le moins douloureuse aussi. Une petite masterclass ici et là, c’est facile. Avoir un jeu séduisant sur la durée, c’est une autre histoire.

Ou alors pour éviter de finir comme Louis XVI il va falloir changer beaucoup de choses. Et vite.

En complément quelques papiers :

L’interview de Mesut Özil qui ne parle jamais donc forcément ça attire l’attention : https://theathletic.com/1297991/2019/10/17/ozil-exclusive-if-we-dont-do-well-in-a-big-game-its-always-my-fault-but-im-not-leaving-arsenal/

Le rôle de Ljungberg et son émergence comme futur top coach (à Arsenal ?) : https://theathletic.com/1289739/2019/10/16/freddie-ljungberg-the-making-of-a-model-coach/

Des nouvelles de notre futur défenseur central, William Saliba (vivement) : http://dailycannon.com/2019/10/william-saliba-stars-as-saint-etienne-keep-another-clean-sheet-player-match-report/

Sinon, Guendouzi a été élu joueur du mois de septembre. Oui on est bientôt en novembre. Et alors ? Il y a le décalage horaire avec Londres à prendre en compte quand même.

Vivement le retour de la C3 et des Coupes diverses. Au moins là, on se régale. Et c’est si rare ces derniers temps.

Courage.

La bise.


Ray Parloir

Franco-australien au cerveau complètement azimuté par tant d'années de dépression

Un commentaire

  1. En fait on ne se régale même plus en Coupe où on a retrouvé hier soir les mêmes défaut qu’en championnat avec pourtant des joueurs différents.

    Je suis d’accord avec toute l’argumentation : l’équipe presse avec 4/5 joueurs et les autres restent bas donc 0 efficacité et maxi danger constamment. Il n’y a aucun circuit de relance avec le double pivot qui s’échange la balle avec les centraux et personne de disponible puisque les consignes sont apparemment de rester bien loin (milieux off, lateraux) pour n’apporter aucune solution.

    la sélection de joueurs continue de laisser totalement perplexe…
    Emery out?

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