Roumanie / RSS d’Ukraine (3-0) – La Tchernobyl Akadémie a encore besoin de s’échauffer un petit peu

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Nouveau front populatchouk.

Oyez, les dernier.es des dernier.es,

Mais oui, c’est bien moi, c’est Georges. Ça fait une bonne paye, hein ? Désolé pour l’absence, mais bon, on est en 2024, qui a encore le temps de s’intéresser au fouteballe, franchement ? Non non, pas besoin de me donner des nouvelles de Paris-Saint-Germain-en-Laye, merci, on vit très bien sans savoir. Et puis le temps presse, alors on va la faire courte.

Vous aurez remarqué l’audacieux subterfuge par lequel je me suis réintroduit (ce n’est pas sale) dans la rédaction horsjeuïenne, après la disgrâce poutinienne de ma sympathique Krasnaiya Akademiya. Foutu dehors par la grande porte, je reviens par le vasistas en me mettant au service du camp qui a les faveurs du public, Manuels Valls style. L’entrisme, c’est avant tout un opportunisme. Et là-dessus, tous les trotskystes du monde ont quelque chose à apprendre du Catalan d’Évry.

Par la force des choses, on troque donc le maillot rouge et blanc pour la liquette jaune et bleue. Mais après tout, en fouteballe, de l’URSS à l’Ukraine il n’y a qu’un pas. De Valeriy Lobanovskyi à Andriy Chevtchenko en passant par Oleh Blokhine, le grenier ukrainien (et notamment l’école du Dynamo Kiev) a semé son grain footballistique sur toute la mère patrie du socialisme, et lui a fait vivre quelques-unes de ses plus belles heures. A dire vrai, si la grande équipe soviétique des années 1960, vainqueur de la première coupe d’Europe des nations (à jamais les premiers, bébé), était purement moscovite, celle qui a atteint les finales de 1972 et surtout de 1988 était d’abord ukrainienne (et dynamiste (dynamique ?)) avant d’être soviétique. La Zbirna peut se réclamer de cet héritage au moins autant que la Sbornaïa russe, alors on va pas se priver.


LA RENCONTRE


Trêve d’introduction, j’ai pas votre temps, alors passons au mâche. Nos amis jaunes et bleus (en bleu pour l’occasion, mais pas bleu-bites pour autant) ouvrent le bal de cette coupe d’Europe 2024 en position de sérieux outsider d’un groupe E fort ouvert. Ils ont donc évidemment tout à perdre dans ce premier mâche qui les oppose à l’adversaire le plus abordable du lot, en théorie (la suite va vous étonner). Serhiy Rebrov, compagnon de route de Chevi formé à la prestigieuse école kiévite, nous mène cette équipée. J’ai la flemme de vous sortir une feuille de mâche super chiadée alors voilà l’idée en deux-deux (ou plutôt en 4-2-3-1) :

Lounine

Konoplia, Zabarnyï, Matviyenko, Zintchenko

Chaparenko, Stepanenko

Tsyhankov, Soudakov, Moudryk

Dovbyk

Du jeune, du vieux, du moins jeune et du moins vieux, du kov, du enko, du yk et du nine, beaucoup de Chaktior, un peu de Dynamo, une charnière centrale avec un gaucher à gauche et un droitier à droite. C’est bieng.

Le stade est presque entièrement acquis aux jaunes pas slaves, mais nos Slaves à nous sont habitués à jouer à l’extérieur depuis quelques temps maintenant (ne parlons même pas des gars de Donetsk et Louhansk). Ils ont tellement vus les stades d’Europe de l’Est ces dernières années qu’ils se croiraient presque revenus au temps du pacte de Varsovie.

Face à nos cosaques zaporogues, les haïdoucs des Carpates semblent faire pâle figure. La domination se confirme d’ailleurs assez vite côté Zbirna, laquelle pose son jeu tranquillou bilou dans la première demi-heure et s’installe résolument dans le camp adverse, maîtrisant les quelques contres valaques les deux mains dans le slop, sans pour autant se créer d’occasion franche devant. La balance transfermarkt et le jeu ukrainien penchent à gauche, du côté des bankable Moudryk et Zintchenko. C’est bieng.

Sauf qu’il suffit d’un premier vague temps fort côté roumain, à l’approche de la demi-heure de jeu, pour que l’édifice se fissure de toutes parts. Le bloc adverse remonte d’un coup, Lounine reçoit une passe en retrait un peu rincée et doit dégager sous pression, à la zob, ça retombe directement sur un gars d’en face, centre en retrait pour le capiston roumain juste devant la surface, reprise de volée splendide d’oresetdéjàlebutdutournoi, enroulée pleine lucarne opposée, 1-0. Les Balkaniques ne s’arrêtent pas là et poussent leur avantage, touchant la barre sur corner à cinq minutes de la pause. L’Ukraine, qui était sereine jusqu’alors, n’est pas loin de se chier dessus comme Merdella dans l’amphi N de Tolbiac.

La pause n’arrange rien, et il ne faut pas dix minutes aux Roumains au retour des vestiaires pour profiter à nouveau de la fébrilité chiasseuse de la Zbirna : sur un contre, après un premier centre en retrait repoussé, un gusse tire à nouveau de loin, à ras de terre, avec un léger effet qui suffit à tromper Lounine, lequel met autant de temps à aller au sol qu’un journaliste bourgeois à condamner un génocide (2-0).

Il ne faut pas attendre longtemps pour voir, peu avant l’heure de jeu, l’équipe ukrainienne se liquéfier à nouveau et couler dans ses propres chaussures : sur un corner joué très vite, ça slalome dans la défense cosaque comme un député LR entre les suggestions d’alliance électorale, et le dénommé Dragibus se replace en position licite pour recevoir le centre dans les six mètres, à la limite du horsjeu.net (marde alors, quelle estie de site !), et reprendre à bout portant, 3-0.

Les changements de Rebrov, qui fait sortir du enko pour faire entrer du tchouk, et les soubresauts entrevus dans le dernier quart d’heure ne permettent pas de sauver les meubles : on est pas si loin de la Makhnova tant l’anarchie règne dans le jeu ukrainien (ce calembour tankie vous est gracieusement offert par l’amicale de Kronstadt). Résultat, une bien bonne branlée pas déméritée pour se mettre en jambes, mais heureusement que l’adversaire était abordable, hein ?


LE SOVIET ÉQUIPE PAS ÉQUIPÉ


Andriy Lounine (1/5) : Losenine.

Ioukhym Konoplia (1/5) : Il n’a gardé du fameux Kuznetsov que la chevelure de feu. On aurait préféré qu’il garde le pressing de bouledogue.

(remplacé à la 72e par Oleksandr Tymtchyk, Quasimodo del Kryklyvets)

Illia Zabarnyï (1/5) : Zaberné.

Mykola Matviyenko (2-/5) : Sereinko, mais seulement quand ça se passe bienko.

Oleksandr Zintchenko (1/5) : Pas mieux, voire moins bien.

Taras Stepanenko (2/5) : Un des seuls à ne pas s’être complètement liquéfié après le coup de massue du premier but. C’est pas encore Taras Boulba, mais c’est mieux que rien.

(remplacé à la 62e par Volodymyr Brajko, qui n’a pas fait de brajquage)

Mykola Chaparenko (1/5) : Lui par contre, ça a coulé dans ses chaussures.

(remplacé à la 62e par Roman Iaremtchouk-tchouk pas de nougat)

Viktor Tsyhankov (1/5) : Fantômatchouk.

(remplacé à la 62e par Andriy Iarmolenko, un des derniers du lot à être né dans la vraie URSS)

Heorhiy Soudakov (1/5) : Natif de Brianka, Heorhiy vient du charbon, mais ça fait longtemps qu’il n’y est pas retourné.

(remplacé à la 83e par Rouslan Malinovskyï, qui a laissé un souvenir impérissable à la Canebière Académie)

Mykhaïlo Moudryk (2/5) : Syndrome Kiliane du prodige à qui on lâche le ballon pour qu’il fasse tout tout seul parce que céleplufor et qu’on le mérite pas nous autres grosses merdes. Attention, on commence comme ça et on finit par faire barrage à l’extrême-gauche en serrant la pogne à Macron, apparemment.

Artem Dovbyk (1/5) : Il a le même rôle et quasiment le même nom que le fameux Artyom Dziouba. La comparaison s’arrête là pour l’instant.

J’essaierai de revenir avec des beaux blasons de villes soviétiques pour la prochaine fois, y a de quoi faire.

A la revoyure contre les moitiés de Tchécoslovaques.

Bisous entristes,

Georges Trottais

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