DFCO-LOSC (3-0) : l’Unlimited académie se demande ce qu’elle fait là

Vous savez, j’ai une vie moi. J’ai des passions, une famille, des amis, des études à terminer. Tout cela prend du temps. Et pourtant, du temps, j’en perds toutes les semaines à regarder le LOSC. Pas par plaisir, déjà. Alors pourquoi ? Je pourrais parler le russe et le berbère couramment si je n’étais pas supporter de Lille. Je pourrais manger équilibré. Je pourrais être heureux.

Cette semaine, nos espoirs unlimited avaient déjà été un peu plus torpillés par une défaite sans briller face à Nice dans « le plus court chemin vers la coupe d’Europe ». Au moins, cela évitera à nos U19 de se prendre une branlée contre Krasnodar ou Qabala l’année prochaine. Mais samedi, on affrontait Dijon, que l’on pouvait rattraper en cas de victoire. Cela nous aurait aussi permis de savoir si on avait ou non notre place dans le top 17 du championnat. Sans vous spoiler, laissez-moi simplement vous dire que les joueurs ont levé cette incertitude. La perspective d’interdiction de recrutement et l’actor studio déployé par Marc Ingla pour jouer l’étonnement à ce sujet ont d’autant plus obscurci plus notre horizon.

Mais tout cela n’a rien à voir avec Dijon. C’est un nouveau match, une nouvelle histoire, une nouvelle compo, et une nouvelle titularisation pour Fodé Ballo-Touré. Le reste de la formation est assez inédit, puisque Malcuit commence ailier droit dans un 4-4-2 qui voit le retour de Pepe en pointe, à la lumière de ses excellentes (emoji ironique) prestations à ce poste. Maia est blessé et Bissouma absent, ce serait dommage de le perdre juste avant de le vendre.

En face, Dijon est en forme à domicile selon les commentateurs, et j’ai envie de les croire. Sur le banc, Balmont et Varrault comptent chacun plus de matchs de Ligue 1 que l’ensemble de notre effectif.

Déroulé :

Dès l’entame du match, on comprend que l’idée est de prendre les Dijonnais à la gorge en jouant haut. Une tactique bien trop ambitieuse compte tenu du niveau technique déployé par nos joueurs. Ponce passe tout de même proche de l’ouverture du score en envoyant un missile du gauche à côté du but. Mais on comprend rapidement que ça ne va pas se passer comme ça. Les Dijonnais profitent rapidement de ce que l’on pourrait considérer comme un point fort : ils réussissent leurs passes.

Dès la 11e minute, Ié se dit que la vie est trop courte pour prendre son attaquant au marquage et laisse Said envoyer un missile dans le but d’un Maignan impuissant. Le LOSC nous prouve alors que même à ce niveau, c’est possible de déjouer et on en prend un deuxième sur une frappe de loin, parce que le pressing, c’est pour les faibles.

Ajustement tactique de Sacramento, on commence alors à envoyer de longues balles devant en espérant une erreur de Dijon. Si Bielsa est devant sa télé, c’est probablement à ce moment-là qu’il fait un AVC. Dijon ne se fait alors pas prier et nous laisse la tête sous l’eau. En réalité, ils n’ont même pas besoin d’appuyer, puisqu’on arrive même à rater nos touches.

Sans surprise ni révolte, Ballo-Touré inscrit son premier but officiel sous ses nouvelles couleurs, un superbe CSC sur une faute de main de Maignan qui me brise une nouvelle fois le cœur. Mais nos coachs, pas avares en solutions, appliquent alors la « tactique PES 2006 », qui consiste à passer la balle au meilleur joueur de l’équipe et le laisser se démerder avec. Mais le LOSC n’est pas l’Inter, et Thiago Mendès n’est pas Adriano. Aucune de ses 240 frappes de trente mètres avant la mi-temps ne finissent au fond.

Coup de sifflet, mi-temps. Wow. Le projet déception Unlimited est en marche. En face, il faut bien que reconnaître que Dijon joue un match parfait, juste, et même agréable. Même leurs défenseurs se permettent des râteaux et des transversales de quarante mètres sans pression. La deuxième mi-temps se jouera sans Alonso et avec El Ghazi. En temps normal, j’aurai râlé, mais je ne vois pas vraiment ce qui pourrait être pire. Malcuit retrouve son poste.

Sans trop de surprise, on repart sur les mêmes bases : contrôles en touche, passes ratées, duels perdus. El Ghazi, sur son premier ballon, tente de dribbler la terre entière avant de frapper. Ce joueur est un cliché de lui-même. On est quand même un peu plus en place, un peu plus dominateurs, un peu plus ambitieux, mais Dijon n’a plus vraiment besoin de se bouger, le travail est fait.
Irrémédiablement, nous répétons le même schéma : un long ballon vers Pepe qui court, dribble, puis rate sa passe ou son tir.

Comme un collégien qui drague pour la première fois, on tourne autour du but, mais c’est impossible qu’on la mette au fond. Pourtant, conscients de nos limites, on n’a pas choisi la plus belle de la classe puisqu’elle nous a déjà mis un râteau la semaine dernière.
Point stats à ce moment du match : 180.000 centres lillois, 0% de réussite.
De l’autre côté du terrain, Dijon ne place que deux ou trois attaques en deuxième mi-temps mais, beaucoup mieux maîtrisées, elles nous forcent à changer de froc à chaque fois.

Puis, à 20 minutes de la fin, tout le monde sur le terrain se dit que c’est bon, on a compris, on verra la semaine prochaine. Et on arrête de courir. On assiste alors à une parodie de match amical jusqu’au coup de sifflet final.

C’était dur. Mais ce qui était encore plus dur, c’était de voir les larmes de Thiago Mendès à la fin du match. Un vrai, pur joueur de foot comme lui ne mérite pas ça. Le pauvre doit se demander ce qu’il a fait aux dieux du football pour qu’ils lui fassent porter le même maillot que El Ghazi et Ballo-Touré. De notre côté, nous les supporters, on ne peut même plus demander la démission de Bielsa. Que nous reste-t-il ?

Notes des joueurs :

Maignan (1/5) :
Il ne peut rien sur les 2 premiers buts, mais ne réalise pas d’exploit non plus. Il est par contre totalement en tort sur le 3e et rate toutes ses relances ensuite.
Ié (1/5) :
A la ramasse. Coupable sur les deux premiers buts, et incapable d’envoyer un centre ailleurs que derrière les cages.
Soumaoro (2/5) :
Pas pire qu’un autre. Pas meilleur non plus.
Alonso (3/5) :
Un peu plus serein que les autres en première mi-temps, ce n’est pas lui qui méritait de sortir. Remplacé à la mi-temps par El Ghazi (2/5). Peu servi, il aura par conséquent moins eu l’occasion de me crisper.
Ballo-touré (2/5) :
Il est incapable de se mettre au niveau de l’équipe, alors ce soir c’est l’inverse qui s’est produit. Coupable sur le 3e but, même si pour être honnête, il n’y peut rien.
Mendès (2/5) :
Souvent seul, il a beaucoup frappé, sans réussite. Comme on aimerait lui faire des câlins, lui dire que tout cela n’est qu’un mauvais rêve, qu’il a signé au Barça, une équipe de son niveau.
Amadou (1/5) :
Blessé au bout de 10 minutes, c’est le seul qui a une excuse pour avoir joué la première mi-temps sur une jambe. Remplacé par Soumaré (2/5). Assez juste, il a quand même eu du mal à faire la différence.
Malcuit (2/5) :
Catastrophique en première mi-temps, qu’il a intégralement passée hors-jeu, il retrouve son poste et des couleurs en deuxième. Il n’est pas étranger à la stat de centres ratés.
Ponce (2/5) :
Il se bat beaucoup, et tout le monde se rendrait compte que c’est un bon joueur s’il était mieux servi. Remplacé par Araujo à la 74e, qui s’est un peu bougé et beaucoup plaint.
Benzia (1/5) :
Toute la bonne volonté du monde ne suffirait pas à avoir le Ballon d’Or. Si elle lui permettait au moins de marquer un but de temps en temps, on serait contents.
Pepe (3/5) :
C’est le seul à se tenter un peu. Même si ses actions sont toutes identiques, notre Robben du pauvre est le seul à nous avoir donné des frissons.

Michel Saistout

3 commentaires

  1. Amadou (mal) noté pour 10 minutes de jeu, c’est indigne, monsieur ! Si vous n’en voulez plus, rendez le nous. Ou sinon, on se fera un plaisir de jouer contre lui la saison prochaine (en espérant que Nancy se maintienne en L2, oui je sais).

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