Rennes-OM (3-2), La Canebière académie s’inquiète de ne pas s’énerver

On peut se dire qu’à 5 minutes près, c’était une belle victoire. On peut au contraire s’émerveiller d’avoir tenu aussi longtemps vu la nullité généralisée de l’effectif.

Aïoli les sapiens,

Attardons-nous un instant sur cette nouvelle étape marquante de notre déchéance : en d’autres temps, saboter ainsi un match sur des énormes erreurs aurait conduit l’académicien scrupuleux à empoigner son dictionnaire des injures d’une main et son code pénal de l’autre, pour rédiger – avec quoi je vous le demande puisque les deux mains sont occupées – un texte qui rende justice à nos génies sans contrevenir à la loi de 1881 sur la liberté de la presse, section « diffamation ».

Pour faire simple : en temps normal, ce genre d’étron footballistique, ça vaut un Monsieur Lapin immédiat et sans appel.

Je vous présente Monsieur Lapin, pour ceux qui ne le connaissent pas.

Sauf que le cœur n’y est pas, et cela en devient presque vexant pour nos joueurs. « Allez vous faire enculer », c’est le cri du cœur légitime pour exprimer notre déception d’avoir vu les nôtres nous procurer au mieux de faux espoirs, au pire une honte suprême. Sauf qu’ici, ces joueurs n’ont pas mauvais esprit. Ils se battent, ils s’acharnent, ils jouent ensemble, et c’est heureux tant l’inverse nous condamnerait d’ores et déjà à la descente. Oui, mais ils sont limités. Qu’ils montrent un certain talent balle au pied, et c’est le cerveau qui se met à fonctionner par intermittence. Qu’ils n’en montrent aucun et l’effondrement menace à tout moment, d’autant que chez eux non plus l’intellect ne semble pas avoir été livré avec toutes les options. Oui, bande de cons, j’ai peine à vous insulter parce que vous êtes à votre place dans ce classement, et que vous ne devez qu’à un concours de circonstances d’avoir été ainsi bombardés ensemble sur les pelouses de Ligue 1 au lieu de jouer chacun les utilités dans des clubs plus ou moins ambitieux.

 

L’équipe

Franck Passi a beau vilipender les observateurs les plus critiques après le match contre Lyon, toujours est-il qu’en loucedé, il nous range Messieurs Iseka Leya, Sarr et Zambo Anguissa au placard. Mais comme le dit la maxime, « si tu ne viens pas à André-Frank, c’est André-Frank qui viendra à toi » : Sakai se blesse rapidement et, faute d’arrière latéral de secours, c’est notre héros patronymique qui est rappelé à la rescousse. Si l’on ajoute que le poste de latéral droit est occupé en fin de match par Bouna Sarr, cette composition d’équipe est un chef d’œuvre à encadrer (et l’entraîneur avec, c’est Rolando qui fournira le marteau et les clous).

Pour l’anecdote, on notera aussi une brève permutation entre Njie et Thauvin en fin de première mi-temps.

Le match

On n’avait pas vu quelqu’un étouffer à ce point depuis que Mimi Mathy avait tenté de faire une gorge profonde à Rocco (dans Joséphine, mange-gourdin, DVD malheureusement introuvable aujourd’hui). L’OM met bien un quart d’heure à franchir la ligne médiane balle au pied, le temps pour Sakai de se blesser et de voir les Rennais mettre un cœur énorme à rendre stériles leurs efforts de pressing par de multiples centres et coups-francs mal fagotés.

Après la 15e, le pressing breton se relâche et l’OM tente enfin de combiner, notamment sous l’impulsion d’un Florian Thauvin très actif à défaut d’être juste. Le match est équilibré et vif, ce qui n’est cependant pas un gage de qualité : des deux côtés, le déchet technique est impressionnant, à se demander si Canal Plus ne nous programme pas à chaque fois en match vedette dans le cadre d’un complot secret orchestré en sous-main par Luc Ferry et visant à dégoûter les téléspectateurs du football. De notre côté, nous ne sommes pas si exigeants, nous nous contentons de voir l’OM mener tranquillement sa barque et atteindre la mi-temps sans autre souffrance que ces difficiles premières minutes.

C’était sans compter sur le coup de poignard slovaque : au terme d’une bouillie d’action constituée de chandelles et contre-chandelles, Tomas Hubocan doit s’accommoder à la fois d’un rebond haut et du pressing de Giovanni Sio. Le défenseur entend résoudre le problème de la pire des façons, en réalisant la connerie que tout le monde a vue venir à dix kilomètres, celle qui vaut à l’U13 de recevoir une paire de claques de l’éducateur sans même oser appeler le 119  tant il sait que c’est justifié, celle que Laurent Blanc avait au moins eu le panache d’effectuer en finale : la fameuse tête en retrait de 20 centimètres. Tactiquement douteux, techniquement atroce, le geste d’Hubocan consiste en un pitoyable pousse-ballon du sommet du crâne. Ayant flairé l’aubaine, Sio se précipite. Ayant reniflé le plan foireux mais certainement pas à ce point-là, Pelé avait anticipé sa sortie et ne peut rien sur le lob en une touche du Rennais (1-0, 42e).

Pendant que l’on cherche à installer le clavier slovaque afin de pouvoir insulter le blond avec tous les signes diacritiques nécessaires, les Rhénais nous rappellent pourquoi on les appelle ainsi. Un ballon extirpé à l’énergie par Gomis aboutit à une passe de Thauvin, victime en pleine surface d’une faute de demeuré d’André : pénalty, transformation de la panthère et voici notre cadeau rendu de bonne grâce par les Bretons, nous rentrons aux vestiaires bons amis (1-1, 44e).

A peine le temps de revenir que les Rennais nous collent déjà une tartine de beurre au fond du slip – salé, le beurre, comme il se doit pour ajouter du piquant à nos ébats. C’est ainsi que Ntep viole d’une seule main Zambo Anguissa et Hubocan, pour un centre repris par Sio sur le poteau puis vendangé ensuite par le reste de l’avant-garde rhénaise. Bien décidés à ne pas se laisser déposséder de leur titre de capitale de la lose imbécile dans la lutte qui les oppose aux rugbymen de Clermont, les Bretons ajoutent pour faire bonne mesure un encaissement de but particulièrement anal dans sa conception.

On reprend les valeurs sûres pour débuter l’action, à savoir un échange de grands coups de savates aléatoire, on ajoute un renvoi en aile de pigeon dont même l’auteur, William Vainqueur, doit encore se demander pourquoi et comment il a réussi ce geste, et on regarde Njie se démerder avec cette brique. Dans un duel de bûcherons, Clinton obtient un contre favorable face à un Mexer assez pusillanime, et en profite pour servir Gomis, seul face à Costil (1-2, 51e).

Doté de cet avantage inespéré, l’OM résiste face à des Rennais pressants, mais incapable de matérialiser leurs tentatives autrement que par des traces douteuses au fond des sous-vêtements phocéens. Dix minutes plus tard, l’affaire se complique encore : déjà averti pour avoir compensé d’une grosse faute une perte de balle à la con de Bedimo, Machach reçoit un deuxième carton jaune pour avoir compensé d’une grosse faute une montée à contre-temps débile de Zambo Anguissa. L’occasion pour le Guardiola des Capucins d’étaler son savoir-faire tactique en intimant de l’index au nouvel entrant Bouna Sarr de reculer en latéral droit, et du majeur à Rolando de profiter de son séjour prolongé sur le banc de touche.

Avec l’entrée de Grosicki, ce qui se produit dans notre couloir droit s’apparente à un meeting de Nicolas Sarkozy commenté par Christian Estrosi : une insulte à l’intelligence du spectateur, à la notion de décence et à la foi en l’humanité. Quoique volontaire, Bouna Sarr en est réduit à envoyer des tacles à la one again, dans le vide pour la moitié d’entre eux.


 Le couloir droit de l’Olympique de Marseille à compter de la 65e minute.

A dix minutes de la fin, Hunou est trouvé seul dans la surface, mais voit sa frappe déviée par Pelé sur son poteau. Dans la foulée, Cabella et Sarr contre-attaquent, pour une frappe de Bouna détournée par Costil. Entre nos fragilités criantes d’un côté et la capacité légendaire du Stade Rhéné à se saborder de l’autre, l’indécision est totale. Et l’indécision, ça, Tomas il n’aime pas. Tomas, il en a marre de souffrir, de subir la marée à chaque fois que le ballon vient de la droite, d’envoyer des interventions défensives à tour de bras en priant pour que ça passe sans dommage. Tomas, il aimerait bien se reposer, Tomas, il aimerait bien avoir des assurances, Tomas, il craque et balance un hippopotacle des familles en pleine surface histoire d’être certain de bien arrêter l’action. Pénalty, bien tiré par Grosicki (2-2, 85e).

Le doublé anal de notre défenseur a raison des ressources mentales de l’équipe, qui se fait balader dans les minutes qui suivent. Non content de concurrencer André-Frank au patronyme-game, Kermit Erasmus s’amuse à renvoyer adroitement vers la droite un ballon qui en provenait. Ce coup d’essuie-glace suffit à déporter les six joueurs défensifs présents sur l’action, ouvrant un boulevard à Grosicki. Celui-ci applique un centre parfait pour Hunou aux 6 mètres (3-2, 88e).

Dans la débandade, les capacités intellectuelles fuient nos joueurs aussi promptement que des socialistes fuient les cabinets ministériels à l’approche de la déroute. Entre dernières cartouches tirées n’importe comment et temps bêtement perdu, l’OM s’offre une désillusion sans autre surprise que de la voir survenir si tardivement.

Bref.

 

Les joueurs

Pelé (3+/5) : Il a beau avoir enfilé des gants de football à la place de ses moufles niçoises, il ne peut rien devant l’abandon de sa défense. Peut-être faudrait-il inciter nos joueurs à faire de la merde ensemble une bonne fois pour toutes, plutôt qu’à tour de rôle tout au long du championnat ?

Hubocan (0/5) : Nous écrivions dans la précédente académie : « Je crains le jour où il décompensera sévèrement. » Ben voilà.

La Slovaquie dans l’imaginaire français : grandeur et décadence.

Rekik (2+/5) : Plus sobre que Doria, Karim a semblé plutôt serein dans la tempête même si, à la fin du match, il semble aussi perdu que le reste du collectif.

Sakai (NN/5) : Non mais il a eu raison de se blesser, de toute façon c’est surfait de jouer avec deux vrais latéraux.

Zambo Anguissa (2-/5) : L’avantage de se montrer infâme au match précédent, c’est qu’ensuite une prestation seulement mauvaise apparaît presque satisfaisante. On sera tout de même bien obligés de revenir sur l’aberration consistant à voir ce genre de joueur fréquenter un terrain de football au-delà du troisième tour de Coupe de France.

Bedimo (2+/5) : Dur au mal et constant. Malgré quelques pertes de balles slipocides, la baston n’avait pas lieu de son côté, ce qui lui a permis de s’en tirer sans trop de dommages.

Vainqueur (3-/5) : Se reporter à la note de Rekik, avec en petit bonus cette aile de pigeon surprise aboutissant – par un gros coup de bol certes – à un but.

Machach (1+/5) : Généreux jusqu’à l’excès, avec du déchet à foison mais aussi nombre de ballons grattés puis remonté proprement. Et, donc, cette profusion de fautes qui a fini par lasser l’arbitre. Ce fut une tare de l’avoir perdu, ce qui le place déjà à un rang supérieur à d’autres joueurs dont c’est la présence qui nous pénalise.

Thauvin (3-/5) : Son abnégation a viré au martyre lorsqu’il s’est vu inexplicablement remplacé par Sarr (pour cause de souci physique, paraît-il). Beaucoup d’amour pour ce joueur, ce qui n’est pas incompatible avec l’envie de lui asséner des claques affectueuses à chaque fois qu’il salope une situation de surnombre par un mauvais choix.

Sarr (62e, 2/5) : N’entre pas en ligne de compte sa prestation à un poste où Bouna est aussi adapté que moi au corps de ballet de l’Opéra de Paris. Restent donc pour la notation : sa bonne contre-attaque mise en échec par Costil, et un corner de la dernière chance tiré comme une magnifique merde.

Njie (2+/5) : Ce brave homme a le don pour transformer chaque ballon touché en insulte au football. Et dieu sait qu’il en touche, des ballons, Clinton a de l’énergie à revendre. Au bilan, ceux qui ne se sont pas crevé les yeux constateront contre toute attente qu’un tel style fut parfois efficace.

Lopez (75e) : Le minot est certes talentueux, mais il s’est surtout montré tendre dans cette fin de match de soudards pleine de sueur, de foutre et de pisse.

Je ne sais plus si je vous l’ai déjà dit.

Cabella (1+/5) : Invisible pendant la plus grande partie du match, c’est dans ce final difficile que Rémy Cabella s’est le plus illustré, tâchant de conserver le ballon et de l’orienter aussi intelligemment qu’il pouvait. Pour ne pas heurter les sensibilités, Rémy a pris soin dans le temps additionnel de perdre une minute à lui tout seul en commettant une faute, en se faisant avertir pour contestation puis en continuant malgré tout d’engrainer l’adversaire tout heureux de ne pas avoir à remettre le ballon en jeu. Les apparences sont sauves, Rémy est toujours un âne.

Gomis (4-/5) : Toujours âpre au combat, à l’origine du pénalty et auteur d’un doublé. Sans doute fatigué, il s’est perdu en fin de match dans ses hors-jeux aussi caricaturaux que dommageables, mais Bafé n’est certainement pas le plus à blâmer ce soir-là.

 

L’invité zoologique : Paul George N’Taupe.

Quasiment tous mes camarades de zoo ayant désormais la fâcheuse tendance à s’enfuir à chaque fois que je branche la télévision sur un match de l’OM, il ne me restait plus que la taupe pour accepter de suivre avec moi cette rencontre contre Rennes. Le fait qu’elle soit aveugle y est sans doute pour quelque chose. Voici ses observations.
Les autres : Il a fallu attendre l’arrivée de Grosicki, Hunou et Erasmus – et incidemment le fait que l’OM joue à 10 avec des joueurs inadaptés à leur poste – pour commencer à voir du football, certes élégant. Auparavant, une compétition de percussions avortées, erreurs techniques et cadeaux défensifs qui a un moment failli nous faire croire, comme le dit mon camarade Laezh Dour, que ces bougres seraient capables de nous battre au jeu du plus con.
Le classement : Des échos nous parviennent de différentes régions de France selon lesquels il existerait cinq équipes plus pathétiques que nous. On peine à le croire, mais pourquoi pas.
Les images : Faites-vous plaisir : ne les regardez pas.
La page abonnement: Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.
Les réseaux : Ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Homerc remporte le concours zoologique en se levant plus tôt que les autres. Merci également au Géranal pour son inspiration.

 

C’est moi, ou ça se professionnalise ?

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

12 commentaires

  1. « Bien décidés à ne pas se laisser déposséder de leur titre de capitale de la lose imbécile dans la lutte qui les oppose aux rugbymen de Clermont »
    Culè va !
    Très belle akad malgré tout y as pas à dire regarder un match et une putin de purge.

  2. Le coupon Homejacking va devenir mon nouveau fond d’écran ! Je ne sais pas comment tu trouves la force de faire encore d’aussi bonnes Acad après avoir vu des purges pareilles !

  3. Mais pourquoi noter Cabella, il a joué? Njie 2+, il a bien fait de faire une passe décisive (qui d’ailleurs n’arriverait jamais dans un vrai match de football pro) ça le sauve clairement d’une prestation hubocanesque. Belle académie, il me tarde toutefois (comme l’auteur j’imagine) de découvrir la même fougue littéraire pour une victoire nette et sans bavure. Oui, je suis un mec de gauche, je rêve fréquemment. Bel hommage à Kassim Abdallah sur le deuxième but de la panthère (qui ne nous a pas encore fait le coup du malaise vagal, espoir!) de la part d’André si je ne m’abuse (s’faire enculer les anti-apostrophes).
    Merci en tout cas, le « Joséphine mange-gourdin » va me faire tenir jusqu’à dimanche.

  4. Un bien bel hommage rendu à Ronald Zubar avec cette magnifique prestation d’Hubocan. Les heures les plus sombres de notre histoire, je ne sais pas, l’avenir nous le dira mais les plus insignifiantes, sans aucun doute.

  5. Nous vous avions pourtant bien prévenu que Pan Hubocan ne valait pas un clou rouillé planté dans le cercueil de votre club…certes il a été préservé de ce genre de cagades pendant l’euro, grâce à la cachette qu’il avait trouvée sur le côté gauche de notre défense, mais il ne fallait pas en attendre tripette non plus. Le Slovaque n’épouse que très douloureusement l’esprit latin…

  6. Notes :

    Pelé : un gabian à deux francs
    Hubocan : nul à chier
    Cabella :un fifrelin décérébré
    Sarr : joueur 2D tout droit
    Machach : Crapule en survet de chelsea sur booster
    Zambo : énième joueur à qui on ne laissera pas sa chance
    Njie : Un sconse lyonnais de merde
    Le reste est bien .
    Va fanculo

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