Nîmes – Orléans (4-1) : La Crocro académie envisage l’avenir avec optimisme

L’analepse*

« A Nîmes, on envisage l’avenir avec optimisme. Les dirigeants du Nîmes Olympique ont voulu doter la Rome française d’une équipe qui puisse – enfin – rivaliser avec les meilleurs. Si leurs efforts ont été grands, leur satisfaction est évidente, car ils ont réussi à s’attacher les services de joueurs de classe certaine, qui vont donner au club le dynamisme qui lui manquait la saison écoulée. »

Midi-Libre, octobre 2017, penses-tu innocemment ?
Point du tout, fada : il s’agit d’un article paru dans le journal Ce soir, le 17 août 1939. Comme quoi, chez les Nîmois, la confiance est un truc de famille. Petit retour en arrière, tu veux bien ? En 1939, le Nîmes Olympique était jeune, officiellement fondé qu’il fut en 1937 suite à la disparition de l’ancêtre, qui s’appelait le Sporting Club nîmois. Même pas deux ans, et déjà la confiance, le garçon. Eh bé tout ça pour dire que la confiance, malgré des décennies de cagade, on l’a jamais tout à fait perdue. Tu me crois pas ? La preuve, c’est le coach Blaquart, ce bel homme, qui a déclaré qu’on visait la montée en Ligain. La montée, putaing. LA LIGAIN SINON RIEN.
Si tu veux te montrer caustique, tu noteras au passage qu’il fallait être foutrement visionnaire pour envisager l’avenir avec optimisme en août 1939. Mais ça c’est une autre histoire, et je me garderais bien de tout parallélisme lorgnant vers l’anachronisme. Mais loin de moi l’idée de tout angélisme, ni d’ailleurs de trop de fatalisme. Le Nîmes Olympisme est un humanisme.

Alors parlons peu, parlons bien. Nous allons vous relater une victoire propre et nette contre les tocards de l’Orléanais. Et puisqu’une victoire nette et propre fait aussi appel au style parlons-en, de style. Les collègues de la cacamiseta devraient se pencher sur le maillot third d’Orléans cette année, parce que je me crois en droit d’annoncer solennellement que ces sagouins ont déjà tué le game.

55 € collègue, tu t’imagines ce que ça représente comme pastis un soir de Feria ?

J’ai souvenance d’un maillot du FC Bastia d’il y a quelques années qui se la jouait aussi camouflage militaire. S’il y a bien quelque chose qui m’exaspère, en dehors de tout se qui se passe de l’autre côté du Vidourle, c’est bien d’imaginer les discussions qui doivent régner au sein des agences de création responsables de ces horreurs. Messieurs, vous êtes des pitres.

 

Le mâche

Sinon, ce match représentait un test sérieux, les gars d’en face étant un point derrière nous au classement au coup d’envoi. On attaque pied au plancher avec un but de Bozok dès la 4e minute : Del Castillo perfore côté droit et centre à l’entrée de la surface, contrôle et frappe pépouze dans le petit filet pour Umut, qui claque son 4e but de la saison, c’est pas encore Robert Malm, mais c’est bieng. On enchaîne avec un but de rageux de Rachid Alioui, centre côté gauche, premier tir repoussé par le gardien, deuxième chance du gauche qui fait mouche. Petit contretemps ensuite avec un CSC bien pérave de Briançon, qui profite d’un corner pour placer une tête incompréhensible hors de portée de Valette. Les plus positifs diront que seuls des Nîmois ont marqué ce soir. Toujours est-il que ça réveille les Parisiens de très grande couronne, et qu’il faut une belle parade de Valette pour garder le score.
A la 63e, les collègues vexés d’avoir encaissé un but aussi laid se vengent de la plus belle des façons : corner du même côté, ballon flottant, personne qui saute et Rachid qui place un petit plat du pied en gardant une main dans le slip, le gardien aux fraises, et doublé pour lui. Et enfin, le petit orgasme à la 78e : un gros dégagement en direction du gros Thioub, qui emmène bien son ballon et humilie son défenseur en le prenant de vitesse (j’ai bien dit EN LE PRENANT DE VITESSE), le repousse du bras et du cul, le maudit sur trois générations, pisse sur son cadavre, nous fait une feinte de corps, se prend une mauresque, une cacahouète, et conclut plat du pied petit filet opposé (on remarquera au passage l’analité du placement du gardien adverse).
Bon, à l’arrivée c’est une victoire qui fait plaisir, on est 6e à deux points du podium, tranquilles. De quoi envisager l’avenir avec optimisme, même si l’on se gardera bien de toute conclusion hâtive et autres hélicobite. Question du jour, d’ailleurs : faut-il plutôt dire hélicobite ou zizicoptère ?

 

Les collègues

Valette (3/5). Tranquille, même s’il a l’air d’un con sur le CSC. Belle parade sur une des rares tentatives adverses.

Harek (4/5). Des relances propres, de la classe, de la distinction. Le capitaine, c’est le genre de type à qui tu dis merci s’il baise ta femme.

Boscagli (4/5). Une gueule de puceau mais bien dans ses baskets, il a repoussé les timides attaques orléanaises. Babtou solide.

Valls (2/5). Lui c’est plus simple, je l’aime pas. C’est à la fois son patronyme et sa tronche de kéké, mais à le regarder jouer je jurerais que je me suis déjà embrouillé avec lui à la sortie d’une boîte de nuit au Grau-du-Roi.

Alakouch (3/5). Toujours précieux dans les montées offensives, et pas emmerdé par l’apathie adverse.

Briançon (1/5). D’un côté je me dis qu’il est injuste d’être sévère avec les gars après un bon match, mais d’un autre je me repasse les images du CSC grotesque d’Anthony et je me demande pourquoi foutre il a décidé d’aller mettre la tête au niveau de sa bite sur ce corner moisi.

Valdivia (4/5). Notre milieu ayant globalement bien marché sur les gars d’en face, on peut considérer qu’une note globale s’impose, même si Pierrick n’a pas été particulièrement en vue.

Del Castillo (4/5). Même chose, avec en sus (ce n’est pas sale) une belle percée et une passe décisive sur l’ouverture du score. Remplacé par Bobichon, que j’ai pas vu.

Alioui (5/5). Un doublé de bonhomme (l’enchaînement pied droit – pied gauche sur le premier est orgasmique), une hargne retrouvé, le Rachid qu’on aime. Remplacé par Ripart, dont on peut dire ce qu’on veut au niveau de l’élégance balle au pied, mais j’objecterais qu’à l’heure où il devient très difficile de trouver d’authentiques chèvres dans le monde du foot professionnel, la présence de Maxime a quelque chose d’historique.

Vlachodimos (4/5). Percutant. Remplacé à l’heure de jeu par Thioub (5/5, allez c’est cadeau) qui a réussi à trimballer son énorme derrière jusqu’à planter un but thierryhenryesco-darchevillesque qui donne de l’ampleur au score.

Bozok (4/5). Encore un but pour Umut, et une belle activité offensive. Une grosse occase vendangée en deuxième mi-temps, mais qui ne doit pas faire oublier le début de l’action, avec un une-deux plein d’amour avec Alioui.

 

Prochaine acad’ pour le match contre Brest, où il faudra montrer les burnes.

La bise, collègue.

Karoud Fider

* pour ta gouverne, l’analepse n’est pas une pratique sexuelle.

Karoud Fider

3 commentaires

  1. Ahhh !!! C’est bon qu’un collègue nous narre un peu cette très belle saison nîmoise, par contre gros, le lien vidéo avec ce putain de maillot pourri m’a vraiment fait mal aux yeux !

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