Lens – Metz (0-0) : La Metz Que Un Club Académie a vu le Nord

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Les Corons. Le charbon. L’horizon. Les mineurs de fond. Tout ça, on connaît, c’est dans la chanson. Et même si nos fenêtres sont semblables, que la pluie mouille même les nababs, jamais nous ne crûmes revenir vivant de ce déplacement bièrisant. Récit.

Après une année 2018 pourtant pas jolie, La Metz Que Un Club Académie s’est donnée comme leitmotiv de ne pas attendre le bonheur ici, mais d’aller le chercher en parcourant le pays. Cette sortie à Lens s’avançait donc dans le calendrier comme une évidence. Et si le pot-pourri a pu démarrer dans un troquet de Paris en compagnie d’un frère ennemi, c’est bien des jours auparavant que naquit cette sauterie. Au prix d’un déplacement réfréné par un arrêté préfectoral d’encadrement, c’est toute une chaine de solidarité qui vint améliorer ce chambardement.

C’est donc bien un samedi matin 10h sonnante que le périple voit sa première ligne raturée par un tavernier renfrogné. Un de ces bons hommes dévoués, qui se refuse à nous délivrer un premier sésame houblonné. Qu’importent ces boniments, le Lensois et le Messin de cette histoire iront quérir leur petit-déjeuner dans quelques bars plus éloignés. C’est à 10h13 que le match a commencé.

Rejoint par un fier cœur grenat, ce cortège de trois âmes non édulcorées s’élance Gare du Nord pour rejoindre la lointaine contrée. S’en suit un trajet au wagon bar accoudé, à brasser les souvenirs de nos équipes estropiées. La solidarité tantôt évoquée viendra trouver toute sa vérité à Arras, puisqu’un binôme dévoué nous aidera à contourner la menace. C’est ainsi que l’on se retrouve à déguster un somptueux combo IPA-ouiche sur le parking du Décathlon de Vendin Le Vieil, magnifique moment de vie.

Déposé au point de rassemblement, c’est l’incruste auprès des collègues qu’il faut jouer calmement. Le tour est joué lorsqu’un frère grenat avisé nous offrira une place à bord de son véhicule motorisé. Et nous voici en tête de cortège, à fendre les rues lensoises qu’on croirait en état de siège. CRS, sirènes et priorité dans la circulation conduisent le convoi au cœur de la situation. Bollaert, ses chants, ses corons, voit les visiteurs arriver en ordre abscons. Car c’est sur le parking que notre échauffement commence, en attendant que les armoires de la sécurité viennent donner de leur danse. Fouille au corps sans joute verbale, personne ne se risque au procès anal. Enfin, au prix de cette longue procession, c’est le terrain vert qui devient notre horizon.

24e journée : Lens – Metz

Un onze solide, supposé nous éviter la peur du vide.

Metz Que Un Match :

C’est le genre de match où le spectacle sur le terrain passerait presque au second plan, tant le niveau proposé frôle le consternant. Mais quand 25 000 Lensois logent en tribune pour ce sommet d’un autre temps, on apprécie le tempo grimé de leurs chants.

On ne s’étendra pas sur le contenu du match outre mesure, puisque le résultat n’a produit que de l’usure. Festival de frappes non cadrées, de contres avortées, de ballons boxés, d’Oukidja faisant du Oukidja en s’essayant à de nouvelles sorties ninjas, c’est à la solidité des deux défenses que tient le dénouement.

Les dix dernières minutes et l’entrée de Gakpa arriveront quand même à secouer notre encéphalogramme plat. Et c’est au prix de quelques centimètres et d’un poteau qu’en hold-up a failli se transformer le scénario. Un Sénégalais en trouvant un autre, Diallo sert Nguette qui pivote et tente un tir probant, qui n’aura de résultat que de heurter le montant (89e).

On se dit alors qu’au coup de sifflet final de l’homme en noir, il ne nous manquait que dix minutes pour arracher la victoire. Mais qu’importe le résultat, on se souviendra de Bollaert et de Metz, allons nous en désormais rechercher l’ivresse.

Metz Que Des Notes :

Oukidja, 3/5 :

Balliu, 3/5 :
Il faut être deux pour un combat, et il a pris aussi cher que son opposant Lensois.

Boye, 4/5 :
John Ramboye.

Sunzu, 4/5 :
Le Gandalf noir. You shall not pass.

Delaine, 3/5 :
Beaucoup moins efficace offensivement qu’à l’accoutumé. La fatigue, sans doute.

Fofana, 3/5 :
Meilleur récupérateur que nos élus de droite.

Maïga, 3/5 :
C’est bien de tenir la boutique, mais on aimerait aussi voir briller la vitrine.

Remplacé par Angban (77e), non noté : Il a peu pesé, et aurait mérité de rentrer plus tôt sur le pré.

Cohade, 2/5 :
Émoussé et sans inspiration. Le coup de la panne pour Renaud.

Nguette, 3/5 :
Se démène avec sa bonne volonté, qu’on aimerait voir finir au fond des filets. Il passe à un poteau de rentrer en héros.

Boulaya, 1/5 :
Son mois de janvier passe de calvaire à longue descente aux enfers.

Remplacé par Gakpa (88e), non noté : Il a presque plus apporté en cinq minutes de jeux que tous les autres sur leur match. Coaching raté. 

Niane, 3/5 :
Pas facile d’exister entre les deux centraux locaux, mais il se découvre des fonctions de remiseur.

Remplacé par Diallo (70e), 3/5 : On a cru au carton rouge puis à la passe dé’, on a eu ni l’un ni l’autre. Habib Dialyse.

L’après match nous a vu être finalement assez peu retenus par la sécurité, et c’est donc rapidement que nous sommes partis vers le centre ville dans LE QG lensois qu’est la Loco, pour célébrer. Célébrer les arrêtés préfectoraux merdiques, les amitiés pudiques, le football sadique et les pintes héroïques. Boire à s’oublier, boire à la paix des pubs, boire aux rivalités passées, boire pour nos clubs. Lensois, votre hospitalité vous honore et si match fut nul, le trop plein de houblon m’a fait perdre le Nord. On se quitte donc bons amis, et l’on espère vous revoir à l’étage du haut la saison prochaine, entre grands clubs, c’est dit.

La bise au préfet du Nord Pas de Calais.

Klass & Deuch

P.S : Je tiens à remercier personnellement toutes les personnes croisées durant cette belle journée, qui fut émotionnellement un peu chargée pour moi. Bise anale à vous tous.

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Klass & Deuch

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