OM – Metz (1-1) : La Metz Que Un Club Académie connaît déjà la fin

Congrès des Maitres-Saucissiers, dimanche 27 septembre, lieu tenu secret. 

Alors que l’éminent Maitre-Saucissier Emile Sonnelier se racle la gorge et s’avance d’un pas assuré vers le pupitre, le silence gagne l’assemblée. Ils sont venus de partout, les meilleurs artisans du pays se sont précipités à la demande de Me Sonnelier. Raoul Métayer bien sûr, bien connu pour avoir solutionné l’équation dite « du boson gras » et parvenu à l’équilibre parfait en matière grasse de la saucisse. Gustave Raignier a fait le voyage depuis la Franche-Comté et arbore avec fierté à ses manchettes deux étoiles, fiertés de la représentation de deux grandes maisons, Morteau et Montbéliard. Ange Mattei le Corse, célèbre pour la conception de la saucisse-explosive de Figari, se taille un cure-dent dans l’un des pieds de sa chaise, sous l’oeil réprobateur des frères Henry et Thierry Celestin, les premiers hommes à être parvenus à envoyer un saucisson dans l’espace. Les représentants de Strasbourg et de Toulouse se sont installés à l’opposé les uns des autres, et se toisent régulièrement du regard. Le Breton Ael Nédélec est également présent, alors qu’il s’est retiré depuis fort longtemps du milieu, quoiqu’il reste toujours estimé pour son implication dans le « Bridougate » en 1974.

L’ambiance est lourde. Les maîtres-saucissiers, orfèvres de la sacro-sainte discipline de la saucisse, ne se sont plus réunis depuis plus de douze ans, lorsqu’il a fallu endiguer la crise des saucissons à croquer, produit qualifié de « suppositoire à bobos putassiers sans imagination » par Me Sonnelier lui-même. Et aujourd’hui, l’enjeu est d’une toute autre importance puisqu’il touche à l’essence même de l’art de la saucisse. Ajustant ses lunettes en forme de rondelles, Me Sonnelier hausse l’un de ses deux frêles sourcils blancs et achève les murmures de ses confrères par son charisme intransigeant.

« Chers Maîtres-Saucissiers, éminents représentants de notre art, vous qui assumez et assurez le difficile mais si prestigieux héritage de notre discipline, vous, héros de notre époque, mes amis. Vous êtes ici présents car l’heure grave. L’essence et l’équilibre de la saucisse sont perturbés. Vous n’êtes pas sans savoir que sévit hors de ces murs, dans les lointaines terres de l’Est, un criminel sans précédent. Doté d’un pouvoir diabolique, il transforme tout ce qu’il touche et côtoie en saucisse sans goût, sans intérêt, sans imagination, sans vie. Cet odieux assassin de notre art repousse les limites de la vilenie, de la bassesse. Là où vous êtes des héros, où nous sommes des héros, il est le Grand Méchant de notre Histoire. Il n’est que nuisance, dans ses réflexions sans fond et ses actions sans grâce. Il est l’antimatière de la cochonaille. Le Malin. Et toutes les semaines qui passent voient son pouvoir augmenter, voient ses méthodes se déployer, voient de tristes saucisses se répandre partout sur notre cher territoire. Chers amis, il est temps de l’arrêter de nuire. »

L’Assemblée, captivée par les mots savamment dosés de son orateur, est suspendue à chaque intonation de ce grand échalas qu’est Emile Sonnelier. Le Grand Maitre-Saucissier prononce alors cette question qui restera dans l’histoire de l’ordre : « Mes amis, que devons-nous faire pour stopper cette fadasse saucisse de foutrecon de Vincent Hognon ? »

5e journée : OM – Metz

En l’absence de Vincent Pajot, suspendu pour excès de jaune, on retrouve le schéma hybride et défoncé au crack de notre fadasse saucisse de foutrecon, avec Habib Maïga en piston droit, Boulaya en détonateur, et surtout un milieu Angban-Fofana qui fait peur à toutes vos petites sœurs.

Metz Que Un Match

Le premier quart d’heure du match ressemble à une pauvre biche agonisante au bord d’une départementale un lundi matin d’octobre. L’animal, percuté par un bus scolaire bien trop large pour cette petite route, convulse de ses dernières forces sous les yeux horrifiés de la douzaine de minots en route pour l’école primaire. Tout pantois et tremblants, ils implorent le chauffeur de faire quelque chose. Mais il n’y a rien à faire, à part regarder la vie s’échapper de ce frêle petit être. Le début du match provoque la même sensation, observer la vie qui s’échappe. Si les Olympiens Payet (15e) ou Benedetto (18e), s’essayent à provoquer des soubresauts, ils ne parviennent qu’à animer de leurs frappes le ciel marseillais.

Dans un stade Vélodrome vide comme un plan de jeu de Vincent Hognon, c’est bien Ibrahima Niane qui s’essayera le premier à l’art abscon du tir cadré, en allant perdre son duel avec Mandanda et en restant au sol de longues secondes pour se repentir de son essai (20e). Le seul intérêt de cette première période réside peut-être uniquement dans le ciseau acrobatique que Benedetto enverra par delà la cage d’Oukidja (39e). Non vraiment, s’il y avait quelque chose à tirer de ce premier acte, ce serait une balle.

La seconde période montrera de biens meilleures intentions de la part du meilleur club de Lorraine. Plus incisif dans la récupération, nos Grenats tiennent mieux la gonfle et arrivent régulièrement à venir lécher les pourtours des 16 mètres marseillais. Un centre fuyant de Matthieu Udol viendra même tapisser le fond de culotte des locaux, mais il ne trouvera hélas aucun des bleus-grenats présents dans la surface car un mètre trop loin (61e). On commence à se dire que c’est possible d’obtenir autre chose de ce match qu’une rigor mortis, et l’électrochoc viendra du meilleur latéral aux croisés rafistolés d’Europe. Udol, avalant son couloir gauche comme de la petite mirabelle, balance une merveille de centre à l’attention d’Ibrahima Niane qui smash une tête hors de portée d’un Mandanda catatonique, 0-1 (71e).

Les observateurs non initiés du début de saison grenat se disent qu’il est en train de se passer quelque chose. Que la Bonne Mère ne leur est pas favorable ce soir. Mais ce n’est pas connaître l’exceptionnelle qualité du Metz Que Un Club à se saborder lui-même, tel l’équipage de pirates qui refuse de croiser Astérix et préfère s’envoyer lui-même par le fond. Et même si les minutes défilent, que Benedetto ne trouve toujours pas le cadre (86e), que les corners s’accumulent et qu’Habib Maïga (par l’intermédiaire du cul de Khaoui) a l’occasion de remplacer la torpeur qui hante nos cœurs par de l’amour, Mandanda préserve ses filets d’un second tremblement (90e). On se dit peut-être que la sentence ne tombera pas, non, pas cette fois, que le karma a choisi d’aller coucher avec l’adversaire plutôt que de s’occuper de notre petit fessier meurtri. Mais non. Ultime occasion. Alors que cette fadasse saucisse de foutrecon de Vincent Hognon décide de faire son ultime changement à la 94e minute, prolongeant d’autant la fébrilité du moment. Radonjic, pourtant tricard sur la Canebière, sert un Sanson seul au six mètres qui s’essaye à glisser le sésame hors de portée des coussinets du félin messin. Imparable pour Oukidja, intenable pour les Grenats. Le score est à égalité, le match est terminé, nos yeux pour pleurer.

Metz Que Des Notes :

Oukidja, 3/5 : 
Guère inquiété et présent lorsqu’il est sollicité, il gagnerait à nous épargner ce ballon aérien relâché à chaque match.

Centonze, 3/5 : 
Ses copieuses montées de balle et débordements d’acabit sexuel ne suffisent pas à masquer que l’égalisation vient de son côté.

Boye & Bronn, 3/5 :
C’est souvent à l’arrache, mais toujours solide. Les bâtisseurs portugais.

Udol, 5/5 : 
Un match où il ne se trompe jamais, un match où il ne provoque jamais l’erreur, si ce n’est dans la défense marseillaise par ses centres millimétrés et sa merveille de passe décisive. Jamais, ô grand jamais, n’ayez l’audace d’avancer que Matthieu eut dol.

Maïga, 2/5 :
Il retrouve son poste hybride sous acide, sans toutefois de succès. On en vient à se demander si la saison dernière il n’était pas en surrégime, car il avait de la place sur ce match. Surtout quand le latéral d’en face te jappe au nez. Reviens Habib, tu nous manques.

Fofana, 3/5 : 
Il travaille dans l’ombre et mange les intervalles des milieux adverses. Mais on ne retient véritablement que ses déchets. A force d’en produire autant, il va finir enterré près d’une centrale nucléaire.

Angban, 3/5 : 
Un peu plus consistant, avec ses passes courtes et réussies. Mais toujours pas cette capacité à casser les lignes. 6 millions d’euros. *sanglotte en platt*

Nguette, 3/5 :
On aimerait tellement te voir décisif Opa. Parce que pour le moment, tu es autant percutant qu’une balle à blanc.

Boulaya, 4/5 : 
Il a fait danser de la Marseillaise une bonne partie de la soirée. Juste, percutant, disponible. Farid Bouillant.

Niane, 4/5 : 
A l’inverse de Reims, Ibra a énormément pesé que la défense adverse et semble prendre la mesure de son poste. Auréolé d’un troisième pion en deux matchs, il est en train de nous confirmer qu’il n’a pas tant de problèmes que ça pour scorer. Continue mon gamin, notre championnat va commencer.

Les remplaçants, incohérent/5 : 
Si Diallo a eu son quart d’heure de jeu et a tenté de tirer le bloc vers le haut, on est perplexe devant la sortie de Niane qui pesait tant sur la défense marseillaise. Yade a une nouvelle fois montré qu’il en a dans les pieds, et mérite tellement de jouer plus. Pas assez à dire sur Tchimbembé, que dire sur Kouyaté.

Hognon, saucisse/5 :
Notre fadasse saucisse de foutrecon de coach a encore frappé et étendu les forces du mal. Faire un remplacement défensif à la 94e minute alors que le match est terminé et prendre un but dans la foulée. C’est du génie, du délire, c’est l’art de ne pas tenir un résultat, c’est être un géant vier meurthe-et-mosellan qu’on a envie de laminer à coups de pelle à neige. Et c’est une bonne raison de se foutre par la fenêtre en ayant signé de son sang une longue lettre où il sera incriminé.

L’équipe, en progrès/5 :
Bien sûr qu’on aurait donné quatre litre d’hémoglobine pour un match nul au Vélodrome. Mais dans ce contexte, non. C’est un crève-coeur de nous voir lâcher deux nouveaux points après les fiascos lillois et parisiens. Globalement encore une fois, nous sommes peu inquiétés et le bloc a été capable de prouver qu’il savait faire le football. Il faut faire de cette frustration un mental de cyborg, et peut-être que là on ira au bout de nos matchs sans avoir envie de manger une mine anti-personnelle au petit déjeuner.

Et sinon :

  • Quatre point sur quinze, après avoir joué 4 clubs européens, la vraie bagarre va commencer, avec Lorient dimanche prochain.
  • N’oubliez pas de vous munir de votre grille de Bingo Hognon lors de la prochaine conférence de presse de notre vénérable saucisse en chef.
  • Et si vous êtes de passage sur la capitale (celle de la France, pas celle de la Lorraine) et que vous êtes supporters ou sympathisants du FC, ne pas hésiter à me contacter pour venir trinquer au QG Messin à l’occasion des jours de matchs.

Klass & Deuch

Vous n'avez rien de mieux à faire ?

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