FC Merlus / Paris SGEL / Dogues OSC (un et deux font trois et huit font seize) – La Porte de Saint-Cloud Académie fait d’une pierre deux coupes

Les trouillards, les gonzesses et les morveux, il vous reste encore trois secondes pour abandonner et retourner à votre tricot !

Et oui les enfants, on est partis pour une course à pleine vitesse dans le continuum spatio-temporel altoséquanais, là où les rencontres se suivent et se ressemblent pas complètement mais quand même un poil quand on y regarde pas de trop près. Cette semaine, j’ai fait pour vous un saut dans l’inconnu, dans le zbeul chrono-footballistique d’une semaine de Paris-Saint-Germain-en-Laye, où les mâches se mêlent et se confondent comme dans un songe, dont on se réveille avec la désagréable impression d’avoir gâché deux précieuses journées de sa vie à contempler deux fois une seule et même partie de fouteballe, et de s’être mis dans la tête pour le restant de ses jours une mauvaise chanson de zouk (ce dernier groupe nominal pouvant passer pour un pléonasme aux yeux de certaines personnes dont je respecte l’opinion). Un peu comme quand on se réveille à la Fête de l’Huma aux bras d’une militante des JC que l’on pensait avoir déjà tringlée une semaine plus tôt pendant une réunion du comité central, avec en fond sonore les dernières notes d’une piètre rengaine d’Eddy Mitchell (Geneviève, si tu me lis, j’espère que tu ne m’en as pas trop voulu de m’être trompé d’orifice, ce fameux soir de 1964).

 


LA FAILLE SPATIO-TEMPORELLE


 

Ça faisait douze bières que je m’enfilais, faut dire qu’on était samedi soir (il fallait bien ça pour endurer les inepties journalistiques de Laurid Pujahousse), et c’est chargé comme jamais que je me préparais à subir les commentaires avisés de Faber Boudaouêque et Jérônuel Petonzo.

L’avant-mâche, digne d’un Super Bol de Frosties, voyait un jeune espoir de la chanson africaine tenter vainement de faire partager ses goûts musicaux à un parterre de footeux en mal de buts. La réaction du public ne se faisait pas attendre, lequel invitait subtilement les joueurs à « torcher » la merde des oreilles de ce sosie noir de Gilbert Montagné, qui clairement n’avait pas idée de ce qu’il auto-tunait à tue-tête, à grands renforts de sifflets et de papier toilette argentin. On verra que pour certains, le virus zouké a malheureusement eu le temps de faire effet.

La partie commence très très fort avec un face à face perdu pour l’Ange aux diam’s après une action d’école… mais se calme très très vite par la suite. Ça repart après vingt minutes avec un billard dans la surface parisienne, et une parade de toute beautéééé de Sauveur, ce bel homme, qui n’était pourtant pas loin d’être pris à contre-pied. PSGEL se remettait rapidement dedans avec quelques débordements côté droit suivis de centres dangereux, et une bonne tête du camarade Eddy sur corner, contrée par le gardien au sang bleu des Merlus. Continuellement lancé dans la profondeur par à peu près tous ses coéquipiers, Angelito s’esquinte de bonne grâce, et provoque des situations dangereuses, comme à la demi-heure lorsqu’il remise la balle dans la course du petit Lucas, lequel est repris in-extremis par un Dogue yougoslave juste devant ses buts. Quelques instants plus tard, on ne passe pas loin de la correctionnelle avec ce mauvais geste du Marquis dans notre surface, qui aurait dû occasionner un penalty pour le Portugais couleur tango. Le Z, quant à lui, est probablement toujours perturbé par l’overdose de sape reçue avant le match et, non content de louper la plupart de ses gestes techniques, il bloque par deux fois des tirs de ses subordonnés de son grand dos musclé. Quelques minutes avant la pause, alors que mon commissaire politique place successivement une belle tête et une grosse frappe au-dessus du but merlusois, à l’autre bout du terrain, le goal doguenois repousse un corner d’une magnifique chandelle, qui retombe dans les pieds du frêle Xavier, et finit sa course au fond des filets après une frappe toute pétée. 1-0, y en a qui disent que le Polonais des Antilles était coupable d’un hors-jeu passif, mais l’arbitre a validé le but donc on s’en fout, et on retourne aux vestiaires avec un avantage. Mérité ou non, je sais plus trop, je me souviens plus.

 

Le Z essayant de se sortir cette putain de chanson de la tête dans les vestiaires.

Le Z essayant de se sortir cette putain de chanson de la tête dans les vestiaires.

 

Après avoir vainement tenté d’oublier l’existence de cet ersatz de MC français, point aidés en cela par l’embarrassante distribution en direct des invendus des éditions Antenne 2 pendant la mi-temps, les Altoséquanais nous apparaissent empruntés en ce début de seconde période, qui voit les Merlogues de Lillorient prendre les choses en mains et se montrer dangereux. Sur un coup franc canin, d’abord, sur lequel le mur parisiano-saint-germanois, victime de psychologie inversée, se disloque au moment de la frappe malgré les recommandations de l’arbitre bilingue de la rencontre (petit point lexical pour les illettrés et autres gaullistes : un bilingue, c’est quelqu’un qui utilise deux langues différentes dans une même phrase).

 

Le mur de PSGEL au moment de la frappe :

Le mur de PSGEL au moment de la frappe : « Don’t bouge ! ».

 

Danger ensuite sur un centre ichtyen renvoyé par une belle claquette du Sauveur italien. 1-1, 0-0, tout est à la fois à faire et à refaire, la balle au centre, on change de côté, ou pas, j’espère que vous êtes toujours là. Ça continue à pousser des deux côtés (ici il faut entendre les deux côtés adverses, si vous suivez bien le délire) sur la cage PSGEListe, même si le danger ne se fait pas trop pressant non plus. Les Dogues s’en remettent à leur feufollet maghrébin à la sale coupe de veuch’ (une catégorie de joueur obligatoire dans toutes les équipes de Liguain qui se respectent), tandis que les Merlus s’échinent à essayer de passer sur notre côté gauche. Grand bien leur en fasse, mais ils ont dû se planter, c’est la droite notre côté faible, comme dans tout système politico-footballistique qui se respecte, et comme dans toute équipe où évolue Serjorié. Tout cet allant offensif-mais-pas-trop-non-plus finit par aboutir sur une quinzaine de minutes de domination adverse, du premier tir cadré lorientois à l’heure de jeu, à la double parade décisive de Sauveur à un quart d’heure de la fin, en passant par l’expulsion de notre syndicaliste étudiant à bouclettes pour un second carton jaune sur une faute contre le Maghrébin nordiste avec un prénom de chanteur de téléréalité (à ne pas confondre avec l’autre Beur lillois, qui lui a un prénom à participer à Koh-Lanta). Mais ces espoirs sont vite douchés par le réalisme de notre bonne équipe altoséquanaise qui accomplit la performance remarquable de marquer deux buts en même temps, contre le cours du jeu, et presque contre le cours de l’histoire. Je vais ici essayer de vous rendre compte de ces deux buts simultanés, vous me pardonnerez la probable confusion due au fait que ça s’est passé en même temps aux deux extrémités du terrain, et que j’en ai encore tout plein de torticolis. Sur un dégagement du goal saint-germanois, le Z profite des appels de Xavier et de Lucas pour faire rater sa tête au défenseur lillois et dribbler dans le même temps l’arrière lorientais d’un double-contact directement dans la course du petit Ange de Marie, lequel ajuste le portier des Dogues, parti aux champignons, d’un bel extérieur du droit et du gauche à la fois qui trompe le gardien des Merlus. 1-0, 2-1, 6-3, 7-5, on va en finale, on a gagné la coupe, on est champions du monde.

 


LE SOVIET PAYABLE EN DEUX FOIS


 

Ayant entendu les critiques d’un certain monsieur G sur les notes décimales, j’ai décidé de m’en foutre royalement (ou collégialement, c’est moins arbitraire) et de n’en faire qu’à ma tête (et là c’est totalement arbitraire).

Sauveur Giordano (4,67/5) : Lâché par son mur sur le but, il en a quand même sorti de belles. Je l’aime à l’italienne, comme mon beau Berlinguer. Il avait l’air déçu de ne pas être nommé MVP des mâches et a essayé de faire peur à l’enfant de Xavier Pasteur.

Serge Auriculaire (0,76/5) : Heureusement que personne ne vient de son côté, et que le ballon non plus.

Le petit Marquis (4,14/5) : Il aurait dû provoquer un penalty, mais il s’est bien rattrapé avec quelques interventions bien senties en fin de matches.

Thiago Sylvie (4,25/5) : Mon beau ladyboy est toujours aussi bon.

Kurzawell (3,23/5) : Discret, tranquille, il s’est contenté de bien défendre en restant sagement à sa place.

Javrien Rabiore (3,98/5) : Le milieu mi-Argentin, mi-Versaillais et mi-flacco a livré une prestation schizophrénique, entre une fougue désordonnée caractéristique de son innocente jeunesse, et de belles combinaisons latines ponctuées d’un but de raccroc qui lui ont un peu bizarrement valu d’être nommé meilleur joueur des matches. Remplacé à la 79e par l’anar de service, qui n’a pas eu le temps de foutre trop de bordel.

Adrienjamin Rabouliot (2,57/5) : Notre bon vieux militant hooligan UNEF de Montpellier ne s’est pas trop mal acquitté de sa tâche de sentinelle, et a même maladroitement tenté de se projeter vers l’avant. Un p’tit rouge en fin de match mais on ne lui en veut pas, on a gagné sans lui et on s’est qualifié alors qu’il était encore là. Remplacé à la 68e par Ravère Pastoré – dixit le monsieur terrain d’Antenne 2 – qui s’est montré disponible et a créé quelques occases par ses bons déplacements, avant de tout gâcher en faisant pleurer sa gamine devant la France « entière ».

Ce brave petit Blaise (2,11/5) : Un de ses seuls faits d’armes aura été de se fritter (vous l’avez ?) avec un certain Didier Longdong.

ADM (3,333333333/5) : Ses courses en profondeur côté droit étaient tellement nombreuses et prévisibles que c’en est devenu lassant, y compris pour le gardien lilloisien qui a pété les plombs et a essayé de lui savater la tête. Remplacé à la 87emais aussi à la 90e par deux mecs qu’on avait visiblement juste envie de voir passer.

Lucavani (2,12/5) : Décontenançant ses adversaires par sa capacité à passer du crâne rasé à la nuque longue, il n’a cependant pas réussi à faire grand-chose de son mâche. Remplacé à la 68epar lui même à moitié, puis à la 75epar un petit hibou italien.

Zlatanovitch (Pi/5) : Y en a qui justifient leurs piètres performances par les trous dans le terrain, les intempéries, les jets de bouteille ou les cris d’Olivier Rouyer. Lui, au moins, s’il a manifestement été perturbé par la purge musicale d’avant-match, a eu la décence de ne pas s’en plaindre, et a même surmonté son handicap en fin de match pour arracher le but de la qualification/victoire/champion mon frère. Nul doute qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, il s’échine toujours comme nous à trouver le moyen de se débarrasser de cette petite chanson de merde qui reste dans la tête. Si quelqu’un a des idées, on est preneur.

 

Le Z passe aux grands moyens.

Le Z passe aux grands moyens.

 

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

6 commentaires

  1. C’est oui ? Comme cela on auraix Edinson et Luiis pour la beauté du sport de la saison prochaine. Et du comunisme.

    Allez l’OM ! 1993. Humour . Allez l’OM !

    Ps: Droit a*u But

  2. Georges, tu me rappelles Georges, politiquement. Mais en mieux.

    Attention quand même à ne pas trop souvent tenir tête aux bureaucrates du politburo horsjeuien sur les notes décimales, ils sont cruels. D’aucuns ont fini entre quatre planches au pays de Gignac…d’autres ont été recadrés vertement. D’autres encore s’en foutent, et survivent dans l’indifférence, bizarrement. Bref, faites ce que vous voulez, tant que ça consiste à bouffer du bourgeois.

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