Paris SGEL / Front Canari Nanti (4-0) – La Porte de Saint-Cloud Académie n’a pas tout compris

Liberté pour les ultras violets !

 

Salut les socialos,

Je vais vous avouer tout de go que je me suis fait un peu tirer les oreilles depuis ma dernière académie. Les copains du Politburo ont pas eu l’air d’apprécier mes notes pas très entières (mais les mecs avaient même pas compris la subtile référence à Darren Aronofsky, c’est vous dire), et puis ils ont trouvé que j’y avais pas trop mis les formes doctrinales comme il fallait, que c’était pas assez communistiquement correct, toussa toussa… Sans compter le fait que j’avais mis deux matches en une académie, et qu’ensuite j’en avais laissé passer trois avant de remettre ça… Non, vraiment, ils étaient pas très contents de moi, et je leur en donne raison.

Mais faut me comprendre aussi, les dernières victoires arrachées de haute lutte en coupes (en Coupe de France et en Coupe de France 2), ça m’avait laissé un arrière-goût d’inachevé, tel un maire sortant PCF du 9-3 qui n’aurait gardé sa place qu’avec 67% des suffrages au premier tour des municipales de 1965. Et face à un socialiste, qui plus est (ne riez pas, j’en connais quelques-uns à qui c’est arrivé). Et puis, les joueurs qui se sentent obligés de surjouer la joie en recevant le saladier en polystyrène doré… Quelle pitié, mes amis, quelle pitié… M’enfin, vous me direz, une coupe, même amicale, et même sponsorisée par Point P, ça reste un trophée.

 

Vous excitez pas trop, les gars, ça va finir par se voir...

Vous excitez pas trop, les gars, ça va finir par se voir…

 

Faut dire aussi, les joueurs m’ont franchement déçu. Je croyais naïvement avoir décelé chez eux des valeurs humanistes, avoir trouvé dans leur formidable force de groupe l’essence d’une volonté collectiviste qui ne demandait qu’à grandir, avoir découvert au fond de leurs petits cœurs durcis par l’argent facile une sensibilité politique tournée avec espoir vers la perspective du bonheur universel au moyen du socialisme réel… Je pensais ces artistes de la balle fins prêts pour l’avènement du genre humain, pour le sacre du prolétariat mondial, pour le Grand Soir, en fait.

Mais non, ces petits cons ont tourné le dos à leur destin pour aller rejoindre Hanouna à Vegas, et lui tenir sa traîne en lui mettant des mains aux fesses. Mes petits protégés se sont pervertis dans la matrice même du capitalisme à paillettes, jouant leur argent durement gagné pour enrichir les gras Ricains du Nevada, sniffant de la colle bon marché et baisant des putes siliconées, tout ça pour ramener quoi ? Des couilles vides comme la tête de George « Deubeuliou » Bush et des MST ultra-libérales tout plein le zboub. ‘Murica, fuck yeah.

Allez faire un collectif digne de ce nom avec des mecs aussi corrompus du ciboulot. Vraiment, ils me dégoûtent ces nouveaux riches pas fichus de se sentir un tant soit peu solidaires des masses laborieuses qui battent le pavé d’une France qui en a gros. Et avec une telle mentalité de petits merdeux gâtés avant l’âge, on voudrait qu’ils soient les fiers représentants de l’Internationale ouvrière face au grand mouvement fanachiste ? Y a encore du boulot, ça je peux vous l’assurer.

 


LA RENCONTRE


 

Ce soir, on clôturait la saison par un beau mâche de gala face aux Nantais nantis du FCN. L’histoire de ce club est intimement liée à celle d’un grand homme au nom évocateur : Coco Sue-au-dos. Le bonhomme, connu comme le loup blanc dans les milieux de l’échangisme interracial depuis sa rencontre (mais surtout celle de sa fille) avec le grand Claude, a été formé à l’école nanterrienne de mai 1968, où il appris au contact de maoïstes boutonneux à aimer le petit livre rouge autant que la face de quetsche du Grand Timonier. Ayant fini ses études de cosmologie en 1972, il entreprit de marcher vers l’Ouest et de fonder à l’embouchure de la Loire un club de football, dont le nom fut inspiré de sa terre natale du 9-2 izi, Nanterre : ainsi naquit le Front Canari Nanti, qui choisit pour couleurs le rouge et le jaune, hommage au teint halé du guide de la Révolution culturelle et à son œuvre littéraire. Coco le bien nommé construisit un stade pour son équipe, qu’il baptisa Marcel-Cachin mais dont le nom, déformé par l’usage oral, devint vite « Marcel-Saupin ». Autour du stade, une ville commença à prendre forme, d’abord constituée des familles de joueurs, des camarades nanterriens que Coco avait emmenés là comme autant de pionniers emportant femmes et bagages pour s’établir dans le nouveau monde. Mais bien vite, la foule des supporters du nouveau club, qui rencontra vite le succès en championnat de France de gauche, fit grandir la population de ceux que l’on appelait désormais les Nantais (ou les Nantis dans le dialecte local).

Coco cependant, grisé par l’accumulation des trophées, oublia bien vite ses premières amours, et se détourna du droit chemin menant au socialisme réel pour se lancer à corps perdu dans la quête sans fin de la gloire personnelle. Régnant d’une main de fer sur des camarades-joueurs désormais forcés de rester sous ses ordres, il décida unilatéralement de supprimer la couleur rouge des maillots du club sous prétexte que « le rouge et le jaune, c’est pas assez vendeur ». Soucieux de toujours renforcer son effectif d’esclaves citronnés, il constitua dans les chantiers navals de la cité une flottille de hors-bords qui effectuèrent des raids dévastateurs sur les côtes de l’Afrique et de la Charente-maritime, pour en ramener des enfants aux beaux pieds destinés à intégrer son grand centre de formation de l’île de Gorée-lière. Après des décennies d’infamies de ce genre, les joueurs nantis finirent par se mutiner un soir de 1997, et firent tomber Coco pour mettre à sa place leur leader Raynald, lequel fut à son tour grisé par le pouvoir. Son règne de terreur prit fin avec l’arrivée au club d’un gentil monsieur polonais qui prit le contrôle du FCN avec l’appui des chars de l’amicale des anciens copains du Pacte de Varsovie pour le rétablir dans le chemin qui était le sien, à savoir celui d’un club moyen sans ambition avec à sa tête un entraîneur cinquantenaire à gros nez et grande gueule, comme on en fait tant en Liguain.

Cette longue présentation de l’adversaire enfin achevée, je vais pouvoir torcher vite fait le récit des évènements d’un mâche qui se révéla assez quelconque dans l’ensemble, tant dans la forme que dans le fond. Les Canariens se sont montrés d’entrée agressifs et entreprenants, effectuant pendant un bon quart d’heure un pressing qui sembla perturber un poil le collectif parisiano-saint-germanois. Notre nouveau goal fut sollicité à plusieurs reprises, alors que vers la 11e minute, les joueurs et leur nouvelle liquette sans plus trop de violet dessus (mais où sont donc passées les couleurs historiques du club, le bleu et le violet ??? La marchandisation du football aura encore une fois eu raison des traditions…) s’immobilisaient même pour applaudir (ou alors était-ce une minute de silence ? Difficile à dire…) le passage en force de la loi Travail au moyen de l’article 11.3 (attendez, j’ai un doute, c’est bien ça ?). Quelle bande de faux-culs. Ça fera moins les malins quand je leur aurai lavé le cerveau à coups de procès-verbaux du comité central. En attendant, les tentatives de PSGEL se révèlent peu efficaces, s’empalant souvent dans l’axe sur la défense adverse, ou perdant le ballon sur des hors-jeu du grand Z. Celui-ci réussit pourtant, malgré l’attention soutenue des défenseurs nantis dont il est l’objet, à servir en pivot le frêle Angel qui, lancé dans la profondeur, remise pour son commissaire politique préféré qui dévie le ballon du thorax dans le but. 1-0. Quel homme ! Les slips des Nantais, déjà tout jaunes devant, en bruniraient presque derrière. Juste avant la pause, le petit Lucas fait acte de lèse-majesté en volant le 100e but de la saison à son demi-dieu au catogan, qui était à l’origine de l’action. 2-0, après un premier quart d’heure difficile, on déroule assez tranquillement. Dans le vestiaire, le Brésilien prend quelques paires de claques.

Le retour des citrons (ou aux citrons, vu le contexte) est marqué par un attentat du défenseur jaune aux frisettes, lequel met un coude dans l’oeil du Z. Instantanément, plusieurs centaines de personnes se réunissent à Rennes pour protester contre cette nouvelle incurie des forces de l’ordre. Sur le coup franc qui suit, la frappe du géant transperce le mur comme une selle de vélo brisant l’hymen d’une jeune adolescente. Le ballon est repoussé par le goal à particule, mais directement dans les pieds d’un autre homme au sang bleu, le petit marquis, qui pousse le cuir au fond des filets. 3-0, ça déroule. Le festival est conclu juste avant la mi-temps par le grand Z lui-même qui, à la réception d’une merveille de centre du flasque Xavier, claque une tête sous la barre du goal soudain pris de jaunisse. 4-0, mon héros des temps archaïques, estimant son devoir accompli, quitte le terrain au nez et à la barbe faussement négligée de sa fiotte d’entraîneur, avec deux enfants aux noms étranges, probablement choisis parmi ses nombreux bâtards.

 

Se souvient-il au moins de leurs prénoms ?

 

La soirée a ensuite vu notre équipe recevoir un prix d’honneur dont je n’ai pas saisi l’utilité, mais qui a au moins permis à nos quelques supporters du club de faire entendre leur voix pour protester contre la faim dans le monde, le prix des places et le mauvais français de leur président égyptien. Vu le bazar, il s’agissait sans doute du prix récompensant la meilleure quadrature du cercle. Quoi de plus normal pour une équipe qui a multiplié les passes dans tous les angles possibles pendant ces dernières semaines. Mais cela valait-il vraiment un interminable feu d’artifice, une musique tonitruante et des jeux de lumière dignes d’un spectacle de Jean-Michel Jarre ? Cela valait-il la peine de faire entrer un à un les mille et un joueurs du club pour les récompenser d’avoir passé un match entier à se geler les fesses sur le banc de touche d’un obscur stade de province ? Cela valait-il la peine de les voir défiler dans un ballet de drapeaux noués à la taille, certes marque de leur attachement à l’internationalisme, mais aussi tout simplement marque de mauvais goût ? Cela valait-il la peine de leur tendre un micro pour les écouter raconter leurs inepties ? Le mouvement « Hé oh la gauche » aurait-il pu choisir un slogan encore moins approprié que celui-ci ? Permettez-moi d’en douter.

 

Le canal de Suez ne serait pas assez profond pour noyer tous les ennemis de Nasser.

 


LE SOVIET ÉPONGE


 

Nicolas du Cher (4/5) : Les mecs, faudrait vraiment penser à moi avant d’aligner de nouveaux joueurs alors que je connais toujours pas les noms des anciens… Ceci étant dit, reconnaissons que Nicolas a su tenir la baraque en début de match lorsque la défense pliait sous la pression, et a sorti les arrêts qu’il fallait sur deux-trois actions chaudes. Il a tellement pris confiance qu’il s’est même fendu d’un enchaînement contrôle-relance dans l’axe alors même que les attaquants nantis se trouvaient à quelques décimètres de lui. -1 pour cette plaisanterie anarchiste de très mauvais goût.

Grégory VDM (3/5) : Le petit Grégory nous a fait un bon mâche pour sa dernière sortie au Parc départemental des Hauts-de-Seine, avec une présence offensive volontaire à défaut d’être vraiment efficace. Il a même eu droit à un hommage vidéo digne d’un César d’honneur chabrolesque.
Remplacé à la 73e par David Luissette, pour « l’ovation ».

Little Marquis (4/5) : Il a marqué pour fêter l’anniversaire de ses 17 ans et demi. Bientôt les dents de sagesse ?

Thiago Silva (4/5) : Mis sous pression au début du mâche, notre capitaine adoré s’en est tranquillement sorti sans trop suer.

Maxouèlle (3/5) : Lui aussi mis en difficulté en début de match, il s’est bien rattrapé par la suite, mais ne s’est pas montré particulièrement inspiré offensivement. Un match tiède.

Adrien Rambo (3/5) : Le petit adolescent chétif est devenu un homme. Ou juste une petite frappe, c’est à voir. Adrien a provoqué à peu près toutes les fautes de son équipe, et si on peut se féliciter de son engagement physique nouveau, il n’est quand même pas passé loin du deuxième jaune.
Remplacé à la 71e par Blaise, brave pilier de la SCEP.

Thierry Motte (?/5) : Je l’ai pas vu pas vu pas vu. À part à la remise de trophées où il a sprinté comme jamais pour rejoindre le podium. Faut dire qu’il en avait gardé sous le capot toute la saison.

Comme il est de bon ton sur ce site de mettre des gros seins en mouvement perpétuel pour masquer un manque d’inspiration analytique, sans transition, un interlude aux airs de vacances :

 

La clé du changement : un parti communiste plus fort.

La clé du changement : un parti communiste plus fort.

 

Xavier le flasque (4/5) : Son apport offensif aurait pu lui valoir un beau 5, ne serait-ce que pour son bijou de centre pour le Z en toute fin de match, mais cette utilisation abusive des passes en profondeur m’a donné le tournis. On aurait dit mon petit neveu lorsqu’il a découvert la touche triangle sur FIFA.

ADM (4/5) : Toujours dans le bon tempo, en bonne entente avec son commissaire politique, il n’a cessé de déclencher des appels côté droit, avec deux passes décisives à la clé.

Lucasinho (3/5) : Un peu désordonné dans l’ensemble, mais sa vitesse a fini par payer avec un but juste avant la mi-temps.
Remplacé à la 73e par le camarade Edinson, sans avis.

COMMISSAIRE ZLATAN (5/5) : À force de le chercher, on finit toujours par le trouver. Quel homme, camarades, quel homme ! Comme dirait notre cher président Nasser : « Qu’y-ce qu’y t’as fait pour li club, c’y inorme. » Fin de citation.

Le secrétaire de section : Il finit la saison comme il l’avait commencée, en dilettante, les mains dans les poches au moment d’aller chercher son trophée de pacotille, une breloque qu’il a d’ailleurs pris soin de scruter minutieusement pour voir si ce n’était pas du toc. Quelle branque.

Voilà les p’tits loups, maintenant qu’on en a fini avec tout ce merdier pyrotechnique, on va peut-être pouvoir revenir aux choses sérieuses, c’est-à-dire à cette chère Coupe de France, en espérant que la Blanche ne mordra pas dedans pour vérifier que c’est pas de l’alu. La dernière étape avant la consécration : la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupes ! Nous voilà, Parme, Everton, le Rapid de Vienne et tous les autres grands noms du ballon rond ! Et les ennemis de l’Internationale PSGEL n’ont qu’à bien se tenir !

Amicalement,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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