Amiens-Bordeaux (0-0) : La Scapulaire Académie radote

« La honte court comme le feu » C’est visiblement la seule qui court chez nous.

Paulo Sousa dispute seulement son deuxième match à la tête de l’équipe. Les supporteurs semblent déjà résignés, convaincus que le mal est fait, que la saison est déjà foutue, bousillée, déchiquetée. Pourtant, à Amiens, les ultras ont donné de la voix, ils n’ont pas ménagé leur peine devant ce spectacle indigent.

Amiens, la ville de Macron et de Ruffin, Amiens la ville des hortillonnages spectaculaires ou encore Amiens et sa licorne en lambeau, nous avions tous les éléments pour vous offrir une académie enjouée et optimiste. Mais une nouvelle fois, la réalité nous rattrape, sombre et ténébreuse, inamicale et pessimiste. Voici donc pour vous une académie modeste et dépressive…

Le Système

On tape fort dans le ballon quand on le récupère. Si on loupe le ballon, il convient de toucher l’adversaire, de le faire tomber en feignant une chute ou une glissade involontaire. Dans ce système de jeu, Nicolas de Préville s’avère extrêmement précieux. Il a cette capacité étonnante à louper chaque geste technique avec une facilité déconcertante et accumuler les fautes grossières. Il est donc devenu en toute logique un titulaire indéboulonnable de Paulo Sousa

Visiblement Paulo Sousa avait insisté sur la possession de balle. Sur chaque six mètres, Costil s’est acharné à relancer sur Pablo en passes courtes pour le plus grand bonheur des amiénois.

Le Coach

Au club depuis trois semaines, Paulo Sousa a bien compris que le problème n’était pas la tactique ou l’état de la pelouse. Pourquoi s’emmerder à bosser une tactique chiadée pour des gars qui ne savent pas aligner une passe à trois mètres ? Le Portugais est comme nous. Il ne rêve que du mois de juin, des vacances et surtout de la grande braderie estivale.

Le Match

Le barbu rate l’immanquable à la première minute. Ça sera notre seule occasion du match. En face, les Picards ne sont guère meilleurs mais ils parviennent, tant bien que mal, à se faire quelques passes et donc, ô surprise, à se créer quelques occasions.

Même un film des frères Dardenne est plus passionnant et moins déprimant. Tu pourrais te taper même leur filmographie complète que tu te ferais moins chier que devant les girondins. Nos matchs ressemblent à une performance d’artiste d’art conceptuel en démonstration à Pompidou ou au MAC VAL : « Nous avons enrobé cette équipe de merde en tous genres. De la bouse et des déjections animales pour exprimer le malaise fantasmagorique d’une société atrophié par son nombrilisme insensé. Pis, vous avez aussi l’odeur. Elle souligne le côté organique de cette œuvre, le rapport à la terre et au terroir ».

Score final 0-0 sous les applaudissements nourris des lecteurs de Télérama.

Bref, en un mot pour résumer le match entre les intentions et la réalité, c’est à peu prés ça…

Les Notes

Costil (3/5) :

Il a fait son travail. Il fut un des seuls.

Poundjé (2/5) :

Non seulement, il ne fut pas le pire joueur de cette équipe, mais il en était presque le meilleur. La situation est grave. Sérieusement, Maxime s’en sort avec les honneurs. Il sauve même une balle de but sous le nez de la belle Otero.

Pablo (1/5) :

Le Brésilien n’a plus la même maitrise. Depuis sa blessure, Pablo peine à revenir à son niveau. On espère que nous n’aurons pas, cette fois, à le prêter un an à Cruzeiro pour le voir revenir en forme…

Koundé (2/5) :

Jules a parfois des moments d’absences. Mais, il ressemble à un joueur de foot. Et chez nous, ils ne sont pas nombreux.

Jovanovic (2/5) :

Je ne suis pas très honnête avec Vukasin. Je l’aime bien notre serbe avec ses tacles de boucher, son sourire angélique et ses petits vices plus ou moins bien cachés.

Youssouf (1/5) :

Zaydou semblait perdu dans ce système. Le pauvre Youssouf enchaine les apparitions en Ligue 1 mais il ne joue jamais vraiment à son poste. Il semble se blesser juste avant la mi-temps. Remplacé à la 46e par un Sabaly anonyme.

Sankharé (0/5) :La greffe n’a pas pris. Sankharé est toujours autant une feignasse sur un terrain. Il va falloir très rapidement se mettre à trouver un club turc pour espérer pouvoir s’en séparer cet été. Attention, avant de le céder, rappelons quelques règles d’usage. Nous ne sommes pas des sauvages. Remplacé par Kamano qui n’a pas dû beaucoup suer à l’entrainement au vu de son entrée. Demain c’est double ration de toro pour François.

Otavio et Basic (1/5) :

Les « Dumb et Dumber » ou « La Cloche et L’Idiot » (merci les Québécois) du milieu de terrain.

Otavio est lent. Chaque geste technique lui demande un effort considérable. Mais il a un look sympa et un flow du tonnerre, il pourrait conduire la voiture-chien sans aucune difficulté. Basic, quant à lui, traine sa peine au milieu. Les rares fois où le croate récupère le ballon, il balance des cacahuètes au pif. Il tacle dans le vide, glisse ou trébuche déclenchant l’hilarité de ses collègues et du public.

Malgré leurs efforts estimables, nos deux rigolos n’arrivent malheureusement pas à la cheville de Jim Carrey et Jeff Daniels.

Préville (1/5) :

Il est nul et pourtant il se bat comme un acharné sur chaque ballon. Ce n’est donc pas une question de volonté. Pas sûr qu’on puisse le vendre, même pour pièces.

Karamoh (1/5) :

La bonne nouvelle ? Il n’y a pas d’option d’achat. Encore heureux, on aurait été capable de la lever… Remplacé par un Briand médiocre pour le dernier quart d’heure.

Ailleurs dans le monde

Lerager a joué et il a perdu. Le Danois n’a manqué aucune rencontre avec le Genoa. Son transfert est donc définitif. En Turquie, les anciens bordelais n’ont guère brillé ce week-end. L’ancien marseillais Byogo Poko a plutôt livré une belle prestation mais Besiktas était trop fort.

Vous serez ravi d’apprendre que Bein Sport a racheté les droits de la MLS. Vous allez donc bientôt pouvoir vous régaler à nouveau devant les prestations de Lamine Sané (pas grave).

En attendant notre prochaine académie, n’hésitez pas à vous perdre sur Horsjeu et à venir tailler le bout de gras de la bavette sur Twitter.

Analement votre.

Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château .Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

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