Bordeaux-ASSE (3-2) : la Scapulaire Académie bat des Verts (dans un stade) à moitié plein

Les Girondins reçoivent Saint-Étienne avec l’espoir de bonifier la semi-victoire obtenue face à Paris. Après plus d’un mois de résultats frustrants, les Bordelais semblent enfin avoir franchi un palier. Les trois points gagnés en Europa League et le grand match réussi dimanche nous laissent espérer des lendemains qui chantent.

Mais avant d’entamer l’Hymne à la Joie, il reste un doute à lever : les Marine et Blanc seront-ils capables de maintenir un tel niveau de performance face à des adversaires moins prestigieux que Paris (même si l’ASSE ne ressemble pas à une équipe d’unijambistes) ou quand leur survie dans une compétition n’est pas en jeu ? Nous voulons croire que l’apport de Ricardo se traduit également par un état d’esprit plus conquérant.

La régularité sera essentielle pour « remonter au classement tout doucement » comme l’a dit Briand. Nos favoris sont les rois des séries. En sachant que les matches vont s’enchaîner d’ici la fin du mois, il ne serait pas malvenu de poursuivre sur notre lancée. Pensons donc déjà à venir à bout de Stéphanois qui pointent à huit points devant nous classement et qui profitent surtout de leurs bons résultats à Geoffroy-Guichard. Comme quoi, une équipe poussée par son public arrive à se surpasser…

Est-ce la raison pour laquelle le club a invité dix mille vignerons à insister au match? En tout cas, la nouvelle direction, qui entend développer la marque « Bordeaux », semble vouloir faire coup double : avoir un stade plein (au sens propre) pour une grande affiche et profiter de la venue des Verts pour faire de la publicité aux producteurs de pinard. Ils viennent d’arriver, laissons leur du temps pour comprendre les subtilités de la langue française. Ils finiront bien par apprendre la différence entre « vert » et « verre ».

Le challenge Wanadoo remis au goût du jour.

Les ostréiculteurs du Teich doivent se mettre à espérer un Bordeaux-Oléron en Coupe de France l’an prochain. Tiens, c’est un filon à exploiter. Invitons les bouchers-charcutiers pour la venue de Strasbourg, les poissonniers pour les Sardines, les hôteliers pour les Rennais, les utilisateurs de Vinted pour les Lillois, les employés de C Discount pour les Nantais… Si avec tout ce monde-là, Sankharé n’est pas satisfait…

A la Scapulaire Académie, nous préparons des cartons d’invitation pour les laboratoires pharmaceutiques qui nous refourguent les antidépresseurs nous permettant de tenir le coup. Nous avons eu Smertine, nous aurons droit à Mirtazapine.

Nous ne sommes pas contre l’idée d’essayer une fenêtre thérapeutique. Aux Girondins de jouer et d’ouvrir plus grand la porte de notre ambition.

La composition :

Costil (c)

Sabaly    Koundé     Pablo     Poundjé

Lerager     Otavio

Youssouf

Karamoh                           Kamano

Briand

Le résumé :

Le match:

Les Girondins tiennent le ballon en ce début de match et vont se procurer la première occasion. Sabaly repique dans l’axe, crochète Kolomachin et enroule du gauche. Son tir trouve le poteau.

Saint-Étienne répond par Salibur, qui frappe à côté. Puis Cabella, servi au milieu de terrain, entre trop facilement dans la surface pour servir malicieusement Diony, seul aux six mètres. Le Landais (pas Nordahl, l’autre) ne rate pas l’occasion d’ajouter une victime à son tableau de chasse (0-1, 16e).

Bordeaux réagit rapidement et met la pression sur le but adverse, par deux centres venus de la droite. Briand remise sur le premier et sur le second, sa tête est déviée. Sur le corner qui suit, Poundjé centre du pied droit (!) à destination de Pablo. Ruffier, qui jalouse l’amour du peuple vert envers Janot, s’essaie à l’Ultimate Fighting et explose la tronche de Subotic avec son genou. Accessoirement, cela l’a empêché de dégager du poing. Le ballon revient sur Pablo, qui tente de frapper mais manque complétement sa reprise… qui rebondit sur Briand…qui veut frapper mais rate le ballon! Pas grave, il va rentrer quand-même, tout doucement. Bien vu Jimmy (1-1, 22e).

La technique bordelaise fait merveille.

Subotic est inerte, allongé dans l’herbe et le visage en sang. De longues minutes seront nécessaires pour l’évacuer sur une civière et sous les applaudissements. Debuchy se dit alors que lui aussi sortirait bien en écoutant le public scander son nom. Il se bousille donc la cheville mais ne récoltera que des sifflets.

A ce moment-là (et surtout en voyant entrer Monnet-Paquet), on commence à se dire qu’un tel match ne peut que se gagner. Après un moment de flottement du aux longs arrêts de jeu, les Girondins repartent à l’attaque. Sabaly et Karamoh tentent leur chance, sans succès.

Huit minutes supplémentaires sont annoncées. Sur un ballon perdu au milieu de terrain par Poundjé, Sainté par en contre et Diony, d’une tête lointaine, a failli nous faire une Peyrelade. Puis Youssouf se prend un vilain taquet de M’Vila et se tord le genou. Il rejoindra les vestiaires à la vitesse ahurissante de 0,0025 km/h.

Sankharé entre après la pause, on était donc à deux doigts d’entamer la seconde période à douze. Ce qui n’aurait pas été de trop car les Bordelais semblent dans le dur. C’est alors que le show VAR entre en scène. Un tir de Karamoh est contré dans la surface et Monsieur Turpin indique d’abord le point de corner. Après visionnage de la vidéo, il décide d’accorder un penalty à Bordeaux ! Cela peut paraître sévère car l’intentionnalité de la main reste à démontrer… Kamano n’a pas d’état d’âme et transforme (2-1, 58e).

Cinq minutes plus tard, Khazri s’effondre dans la surface. Là, on se dit « compensation, tout ça, tout ça ». Que nenni ! Pablo a certes déposé une main sur le Tunisien mais ce dernier en a rajouté. Bien sûr, l’interprétation de cette action sera peut-être différente chez nos académiciens stéphanois. Mais le hors-jeu non signalé au départ de l’action (si, si), on n’en parle pas?

Shrek va se faire justice sur l’action suivante quand il poussera au fond le ballon ralenti pas le cul de Costil, suite à un tir de Cabella. Il ne fêtera pas son but (2-2, 67e).

La rencontre tourne à la comédie dramatique lorsque Sankharé est expulsé puis… autorisé à retourner sur la pelouse. La VAR a de nouveau été utilisée. L’arbitre a du se dire qu’à la place de Younousse, il l’aurait défoncé sur place, l’autre mollusque qui s’accroche.

Elle est à toi cette chanson, toi Selnaes qui sans façon…

La fin de l’histoire est belle pour les Girondins, qui prennent l’avantage dans les arrêts de jeu. Un corner de Préville superbement tiré et une tête de Pablo. Il laisse exploser sa joie et nous notre… (3-2, 90e)

Les notes des 33 :

Benoît Costil (2/5) :

Pas de grosse erreur mais il a perdu son duel face à Cabella. Si Bordeaux a du cul en ce moment, ce n’est pas le sien. Sinon le ballon ne serait jamais passé.

Youssouf Sabaly (3/5) :

Une première mi-temps qui l’enverrait dans n’importe quel grand club européen. Une seconde période qui explique pourquoi il est toujours chez nous.

Jules Koundé (3/5) :

Un match sérieux. Il lui a manqué un poil de vivacité pour empêcher le but de Khazri. T’inquiète, mon gars, la puberté ne va pas tarder!

Pablo (4/5) :

Mises à part deux ou trois relances ratées, il a tout simplement été monumental. Imbattable dans les duels et intouchable auprès des arbitres. Buteur dans le temps additionnel, il donne la victoire et peut-être plus encore. L’image de sa joie et celle de tout le stade ressemble à un acte fondateur d’une saison qui pourrait être plus belle qu’espérée. Pablo on t’aime !

Maxime Poundjé (2/5) :

Encore un centre à l’origine d’un but. Mais il a eu du mal à contrôler son adversaire direct et a bêtement perdu quelques ballons. Il serait plus rassurant de le voir plus placé plus haut sur le terrain. Une sorte de Monnet-Paquet inversé, en somme.

Otavio(3/5) :

Une grosse activité. Si la PME veut grandir, il lui faudra réfléchir à une solution pour réduire les pertes. Mais côté savoir-faire, elle a déjà tout ce qu’il faut.

Lukas Lerager (2/5) :

Deux blessés et il n’y est pour rien? Symbole de son match tout en douceur. Pas trop vite ni trop fort. Son physique d’acteur porno n’est donc qu’un cliché.

Zaydou Youssouf ou le contraire (3/5) :

Il peut apporter beaucoup dans cette position axiale. Malheureusement, il a trouvé M’Vila sur son passage et risque d’être absent un moment. Remplacé par Sankharé (3/5), qui a tenté de percuter. Après avoir trainé Selnaes sur dix mètres, il a vu rouge. Turpin aussi avant de se raviser. Et le corner décisif sera récolté par Younousse…

Yann Karamoh (4/5) :

Ben celui-là, quand il monte en puissance, c’est pas un moteur de R5 ! Il confirme après Paris. Un vrai casseur de défense. Il était partout, certains l’ont même vu sous l’Arc de Triomphe. Sorti pour De Préville, qui s’est vite mis dans le rythme et auteur de la passe décisive sur le but de Pablo. Ses stats gonflent, son moral avec. Pourrait-il nous surprendre ?

Le Burning Yann

François Kamano (3/5) :

Il a enfin inscrit son huitième but de la saison. Volontaire pour les remontées rapides mais a toujours du mal à remporter ses duels. Va falloir (encore) te réinventer, François. Il a cédé sa place à Cornelius, qui a placé sa tête habituelle mais sans cadrer cette fois.

Jimmy Briand (4/5) :

Un but gag, d’accord, mais c’est un but. De plus en plus à l’aise dans le jeu, il réalise un deuxième gros match d’affilée. Presque parfait.

 

En face : Des Verts pilés, des Verts pillés

Deux blessés et des décisions arbitrales contestables. Un match difficile pour l’ASSE. Si les Stéphanois se sentent volés, ils peuvent aussi se demander comment ils ont pu laisser les « deux K » s’amuser dans leur surface avant le penalty. Ils ont en tout cas une équipe capable d’aller chercher les premières places et ne doivent pas perdre leur temps avec cette connerie de vidéo. Même si c’est le sentiment d’injustice qui prédomine.

Ruffier n’y est pas allé de main morte

Pour conclure :

Bordeaux enchaîne et récolte enfin des points. Quatre sur six à domicile.

La rencontre fut décousue mais émotionnellement forte.

Une fois de plus, nous pouvons constater que la vidéo n’empêche pas toutes les erreurs, surtout qu’une part de subjectivité est nécessaire pour analyser les images. Pour une fois, cela tourne en notre faveur. Mais nous ne pouvons nous réjouir sans avoir un minimum d’empathie pour les Stéphanois. La VAR révolutionne le football. Mais à quel prix?

En parlant de Révolution, le match Angers-Bordeaux est reporté pour cause de gilet jaune. Je me suis d’abord dit que cela serait l’occasion d’aller en enfiler un… jusqu’à ce que je pense à cela:

Comment voulez-vous que Macron nous prenne au sérieux avec ça?

Du coup, c’est repos pour nos Girondins qui auront le temps de recharger les batteries avant de se rendre à Copenhague et y chercher la qualification. Et si, pour de bon, nous avions enfin le cul bordé de nouilles ?

 

D’ici là, mettez-vous horsjeu et allez voir dans quel Etrat se trouve La Forez Académie.

Venez participer au Téléthon et montrez à quel point la Ligain peut être le parrain officiel de la cause.

A bientôt.

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

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