Bordeaux-Brest (2-2) : La Scapulaire Académie en perd son latin

« Si tu te souviens bien, il existe cinq bonnes raisons de boire : l’arrivée d’un hôte, la soif présente et à venir, le bon goût du vin et n’importe quelle autre raison »
Comme les prestations des Girondins par exemple ?

Comme le calendrier s’emballe, nous avons décidé de faire simple et d’écrire une académie expéditive en forme de bulletin de note. La mort dans l’âme, nous délaissons, par la même occasion, nos proverbes africains introductifs. Après une bonne cinquantaine académies, il devenait de plus en plus compliqué d’en trouver des chouettes et des originaux. Nous allons donc désormais épuiser les locutions latines en espérant pouvoir vous offrir pour conclure un « Veni, Vidi, Vici ».


La Coupe en Carton

Ça ne sera déjà pas pour la Coupe de la Ligue. La compétition en carton disparait dans l’anonymat le plus complet. Les lignes sur les palmarès vont petit à petit s’effacer et dans l’avenir, nous parlerons de cette coupe sur Wikipedia comme « une compétition éphémère destinée à faire jouer les jeunes dans des stades vides ». Canal avait bien essayé de nous faire croire que son acquisition sur son catalogue impressionnant compensait largement la perte de la « Premiere League », des coupes d’Europe et de la moitié de la Ligue 1 mais la communication a ses limites. La coupe de la Ligue rejoint donc toutes les coupes disparues. Mais ne soyons pas hypocrites, nous regrettons bien plus la disparition de la Coupe des villes de foire que cette coupe en carton sans saveur et sans passion. Nous reviendrons peut-être un jour sur ce concept de compétition foireuse.


Le Match

Le discours de Paulo Sousa à la Mi-temps.

Tonnerre de Brest ! Nous jouons encore un promu, à domicile qui plus est. En cas de victoire, nous pouvons tutoyer les sommets le temps d’une soirée. Tous les ingrédients étaient donc parfaitement réunis pour perdre…

Le stade est vide, Poundjé sur le banc. Tout va bien.

3e  Hwang combine avec Benrahou. On commence fort. Ça ne vous rappelle rien ? On dirait un ado qui donne tout dès les premières minutes pour satisfaire sa belle.

7e  Benrahou trouve parfaitement la tête de Briand. 1-0 Bordeaux

17e Le festival Jovanovic commence. Il va nous faire la totale. Le dégagement en corner loufoque, le « air tacle », le tacle assassin, la perte de balle ridicule. A deux doigts de nous faire regretter Jérémie Bréchet…

Si Jovanovic traine une caravane et tacle en fermant les yeux, quelle est la probabilité probable de se prendre un but à la con ?

20e Ce qui devait arriver arriva, Charbonnier décale Court qui remet en une touche sur Grandsir. L’ailier était au fond du trou depuis un bon moment. Il devait commencer sur le banc. Finalement, il est titulaire et il égalise, c’était écrit. 1-1

On ressort le rouge qui tache, la soirée va être longue.

45e Court, encore dans l’histoire, fait une passe à Autret (l’arme fatale dans le football, on ne le dira jamais assez). Brest prend l’avantage logiquement avec la complicité coupable de Kwateng. Enoch oublie Court, il le couvre ensuite de toute sa nonchalance. Pour achever son œuvre, il ne regarde que le ballon et oublie le meilleur joueur brestois dans l’axe. Chapeau l’artiste.

1-2. Le rouge qui tache (et qui pique) finit sur le tapis.

55e Superbe débordement de Kalu qui … ah merde, désolé je dormais. Putain de rouge.

60e Brest se sent coupable de mener aussi facilement. Ils décident de ne plus jouer et de nous laisser le ballon. Bon, en général c’est une bonne tactique mais si tu fais entrer Mendy en plus, ça devient presque de la provocation gratuite.

63e Benrahou trouve la barre sur coup franc. Il aurait mieux fait de chercher le cadre.

65e Maja tente sa chance du Parc Lescure. Le ballon frôle la barre.

Tous devant !!

67e Mendy trouve le poteau. De toute façon, il n’aurait pas célébré le but à quoi bon.

69e Tiens, ça existe le vin breton ?

70e Otavio obtient un corner sur une frappe. Déjà c’est assez improbable comme info, et bien, figurez-vous que Pablo attend ce moment pour placer une tête imparable 2-2.

73e But refusé pour Brest. Après renseignement, le vin breton existe. On appelle ça du cidre et c’est dégueulasse.

78e Maja exécute une ouverture pour Kalu de toute beauté. Samuel s’applique pour bouffer la feuille. Et il le réussit parfaitement.

90e + 5 Kamano déborde et centre en retrait pour Otavio. Vous vous doutez de la fin de l’histoire.

90e + 6 In Vino Veritas, ça se passe de traduction.


Les Notes

Nous restons sur notre thème du jour en vous offrant (c’est pour nous) quelques locutions latines du meilleur effet :

Costil 2/5 :

Assez peu sollicité, le portier bordelais prend deux pions dans le fion ou bien c’est l’inverse. Comme aurait dit Tite Live (le Guillaume Musso de l’époque mais en pire) « Horresco Referens » que nous pourrions traduire par « J’en frémis en le racontant » Votre académie étant sous-titré, nous vous offrons gracieusement la traduction. Ne nous remerciez pas. Ça permet de combler notre modeste chronique du jour.

Un bout entrain comme on en fait plus. Tite-Live hein, pas Costil…

Kwateng 1/5 :

Absent au duel et responsable sur le deuxième but, Enoch réussit une prestation digne de sa période nantaise.  « Fluctuat Nec Mergitur » En effet, il ne sombre pas mais il coule toute la défense. La côte de Bellanova remonte en flèche.

Vraiment, on doit l’expliquer ?

Pablo 2/5 :

Pas toujours très rassurant en défense et dans ses transmissions que nous qualifierons de poundjesque (un mélange d’audace, de hasard et déchet technique), le brésilien sauve son match par son but.

Koscielny 3/5 :

Il mériterait une meilleure note car on ne se rend pas toujours compte de la difficulté de son boulot. Il doit à la fois endiguer les attaques Brestoises, sortir le ballon proprement tout en compensant les approximations de Kwateng et les blagues de Jovanovic.

Seul en défense déjà…

Jovanovic 0/5 :

Un match à la Lamine Sané. Un jaune orangé, trois fautes de placement et une relance approximative, il ne manque que les poings. On s’en contentera d’un.  Remplacé par Mexer à la 46e, qui a tenté et réussit un tacle entre le coccyx et le sacrum. Pour l’originalité et l’audace, notre agité mozambicain mérite les félicitations.

Je le touche pas Chef !!

Kalu 1/5 :

On ne sait plus comment le dire ou l’écrire. Nous avons donc choisi le latin pour qualifier le match de Samuel. Bon c’est un peu le thème de l’académie mais on va faire comme si… Il commence toujours par des dribbles virevoltants et des bonnes idées et ça « Desinit in piscem »  (finit en queue de poisson, autre définition acceptée « Ben Khalfallah aurait pu le faire »). Pour conclure sa prestation du jour, il manque son « face à face » qui aurait pu donner la victoire (inespérée). Remplacé à la 82e par un Kamano volontaire et auteur d’un joli débordement en fin de match.

Kalu qui conclue ses actions, allégorie

Otavio 2/5 :

Le Brésilien nous sort un match plus anonyme que d’habitude. Il a peiné à contenir le milieu Brestois. Pis, faut qu’on parle encore et toujours de la qualité de sa frappe de balle. Nous sommes déjà bien gentils de dénommer ainsi ses tentatives grotesques. Pour reprendre la terminologie militaire, on ne pourrait pas les qualifier de « Chirurgicales ». Ou alors le chirurgien en question serait une sorte de fusion diabolique entre Joseph Mengele et Gilbert Montagné.

Adli 2/5 :

Même si parfois, il disparait des radars et des duels, Yacine réussit une prestation d’ensemble correcte. Il ne lui manque pas grand-chose, un peu de physique, une once de lucidité et parfois un peu de chance. Nous le reverrons :  « Fiat voluntas tua » (que votre volonté soit faîte). Le fils d’Elie Chouraqui triomphera (et sans comédie musicale en plus).

Hwang 1+/5 :

« Labor omnia vincit improbus » Le travail finit toujours par payer (ce qui est une connerie monumentale, t’as qu’à demander au gars de Germinal si le travail finit par payer…). Hwang va nous finir par vraiment claquer ses buts à la pelle. Le coréen travaille. Il est parfaitement dans l’esprit. Nous n’avons aucun doute à ce sujet. Mais il manque souvent de lucidité dans ses derniers gestes. C’est vraiment dommage car ça gâche forcément l’ensemble de son œuvre.

Benrahou 2/5 :

Un coup franc sur la barre, un autre sur la tête de Briand, Benrahou a répondu aux attentes de Paulo Sousa sur les phases arrêtées. On aurait aimé le voir plus percutant dans le jeu mais il faut reconnaitre ses progrès dans le jeu. On sent bien que Yassine commence à prendre confiance petit à petit. Il doit forcer sa nature et prendre encore plus de responsabilité. Remplacé à la 65e par un Maja prometteur qu’on pourrait résumer ainsi « Dignus est intrare » (il est digne d’entrer à la 65e et d’être dangereux pour le plus grand bonheur de Paulo Sousa. Oui, les romains avaient le don pour simplifier les choses compliquées).

Briand 2/5 :

Encore un match correct et un but pour notre Jimmy la trique. Notre valeureux et vigoureux attaquant s’approche, petit à petit, de la barre des cent buts en ligue 1. Qu’on le veuille ou non, Jimmy a « in cauda venenum » (le venin dans la queue). Oui, cette locution latine existe vraiment.


Ailleurs dans le Monde

Je vous vois déjà vous plaindre de cet abus de latin et de locution pénible. Je vous conseille de ne pas trop en rajouter. J’aurais très bien pu choisir de promouvoir l’espéranto et vous pondre des proverbes mi-magyar mi-toulousain. Et pour les problèmes de locution, on aurait pu parler de Vincent Lindon toute l’académie. Et vous auriez trouvé le temps vachement long.  

On va finir en vous donnant des nouvelles de nos bordelais exilés en franche comté. Nous pensons bien à eux. Leur quotidien n’est pas facile. Ne vous moquez pas. C’est la réalité cruelle d’un footballeur professionnel. Hier Bordeaux, aujourd’hui Sochaux, demain Charleroi. Kaabouni s’est enfin fait une place dans une équipe à sa mesure. Il est devenu un titulaire indiscutable. Ce weekend, Sochaux s’est régalé en battant l’En Avant (qui porte décidément mal son nom en ce moment) sur un but de Thomas Touré. Et si la rédemption des jeunes bordelais commençait vraiment à Sochaux. Plus de doutes dans le Doubs. Nous conclurons ainsi. En attendant nos prochaines académies, venez taillez le bout de gras sur Twitter, perdez-vous sur Horsjeu

Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château .Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

7 commentaires

  1. Ou comment rendre un résumé de match « raté » plaisant et savoureux.
    Merci.
    Pour ce qui est des frappes d’Otavio, elles peuvent être du ressort de la chirurgie, sans aucun doute, mais du côté de l’orthopédie, voilà tout.
    La défense et l’animation défensive n’est pas très sereine ni aboutie, y a du boulot…
    Mais ce qui change depuis des années, c’est qu’ils le savent, et qu’ils bossent.
    Et quand on a pas de talent, faut travailler encore et encore.
    Cette nouvelle tendance au travail, je prends, c’est toujours ça.
    Avec Nausée, vous n’aurez pas fini de sortir des Académies au vitriol cette année, tant pis, tant mieux.

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