Bordeaux – Guingamp (0-0): La Scapulaire Académie ne sait pas gagner

« Parfois, quand on ne sait pas guérir, il faut savoir mourir dignement » (Jean Leonetti, préparateur physique des Girondins).

Guingamp. Bon dernier du championnat avec 14 points, 376 buts encaissés et des hématomes recouvrant l’arrière-train à force de prendre des fessées. L’équipe bretonne se présente comme une victime idéale… Mais il ne faut pas oublier que Jojo résidait à Bordeaux il y a peu et qu’il sait qu’il ne vaut mieux pas trop traîner sur les bords de la Garonne le soir. Le staff va donc devoir réfléchir à une autre tactique. Pas simple.

La composition sur tableau:

Costil (c)

Palencia Koundé Jovanovic Poundjé

Plasil Otavio

Karamoh Basic De Préville

Maja

Retour de Poundjé (cachez votre joie, les gars).

Tchouaméni n’a encore une fois pas le droit d’enchaîner (le mec, là, dans le fauteuil coque, il est au courant que le mercato est passé?).

Karamoh a perdu sa carte bleue.

Maja est une nouvelle fois titulaire, Briand s’étant installé en tribune, de peur de subir le même sort que les épouses bretonnes.

La composition réelle:

Costil (c)

Koundé

Koundé

Koundé

Koundé

Le match:

Comme face à Toulouse, Bordeaux démarre pied au plancher. Dommage qu’il soit vermoulu, c’est un peu casse-gueule. Mais la démarche est louable. Ainsi, Maja la feuille (en n’espérant pas la faire trop souvent) a pu s’échapper du marquage et bien servi par Basic, il cadre sa frappe mais Caillard détourne en corner.

Après dix minutes de jeu, les Girondins ont 110% de possession, ils ne laissent pas respirer les Bretons.

Koundé récupère le ballon dans le rond central, s’avance et trouve Karamoh. Son tir est arrêté.

Après un joli mouvement entre Basic, De Préville et Poundjé (!), Bordeaux obtient un corner.

Plasil tente un tir en pivot, au-dessus. Sachant que « pivo » en tchèque veut dire « bière », on comprend mieux la difficulté qu’a Jaro pour tenir la distance…

Et il faut croire qu’il a payé un coup à Palencia. Car sa relance dans l’axe et complètement ratée ressemble à un geste d’un ivrogne tellement cuit qu’il n’arrive même plus à ouvrir sa piquette et passe sa bouteille à son voisin, le suppliant de lui venir en aide. Benezet profite de l’offrande, lui qui n’est pas réputé pour être le meilleur ami du monde.

« Merci Sergi, ce Millésime accompagnera parfaitement ma saucisse de Jimmy »

Chaud comme la braise, le cuisto dingo va enchaîner petit pont sur Otavio et frappe cadrée, heureusement contrée par les services vétérinaires Jovanovic.

Si les Guingampais arrivent à se procurer des occasions, c’est aussi le fait des Bordelais, spécialistes de la mise en danger. Les Bretons n’étant pas derniers pour rien et Karamoh ayant décidé de boucher l’estuaire de la Gironde, la pause est atteinte sur le score de 0-0.

Cornelius remplace Maja dès la reprise.

Petit retour dans les vestiaires…

« Si on met de côté le dernier quart d’heure, on peut dire que ce n’était pas si mal, hein Eric?

Oui, Ricardo, c’est vrai. Dommage que l’on pêche toujours autant dans la finition.

Qu’est-ce qu’on peut faire pour y remédier?

Et si on sortait un milieu et on associait deux profils différents devant, histoire d’apporter de la variation, tête-déviation, tout ça, tout… Oh Ricardo, c’est quoi ce truc avec les yeux révulsés? »

Bédouet réfléchit… (Où est-ce qu’il a mis sa notice? Ah, la voilà: La prise en charge de l’AVC pour les Nuls, préface de J.P. Belmondo)

« Voyons voir… Déviation de la bouche… Paralysie ou faiblesse d’un membre… Merde, cela a touché toute l’équipe ou quoi? Ah, propos incohérents. Alors Ricardo, 442?

-Non mais tu es fou, Eric? Guingamp ce n’est pas Villefranche, et notre assise défensive?

-Oh Ricardo, comme tu m’as fait peur! Josh va sortir et je fais entrer Andreas. Même si ce n’est pas gagné, je ne veux pas te perdre ».

La seconde période débute avec la poursuite des travaux de gros œuvre de Karamoh, qui a contrecarré les plans de drague du Bassin.

Et puis… Otavio perd le ballon, Benezet centre, Jovanovic tacle et manque de tromper Costil. Le cuir revient sur Roux, seul à un mètre des cages. Alors qu’il n’a plus qu’à pousser au fond, il envoie un missile au-dessus! Quel incroyable loupé!

Koundé sonne la révolte. On ne verra plus que lui. Parti de sa surface, il remonte la moitié du terrain, décale De Préville sur la gauche. Le centre de l’ailier, ralenti par un défenseur, parvient au gamin qui a continué son effort. Il tente de déborder mais pousse un peu loin son ballon.

Il reste une demie heure à jouer. Profitant de la sieste de Ricardo, Bédouet sort Otavio au profit du jeune Adli.

Sur corner, Koundé s’impose dans les airs et place une tête qui s’écrase sur la barre transversale.

Karamoh est remplacé par Kamano. Nous aurions pu penser qu’il avait fait une nouvelle connerie, il avait disparu des radars.

Koundé va encore tenter sa chance de la tête, le ballon passe à côté cette fois.

A la fin du temps réglementaire, Basic trouve magnifiquement Kamano dans la surface. Mais Caillard est à la parade.

Dernière occasion du match: Cornelius smashe le ballon dans les buts… Un véritable smash! Andreas, est-il au courant qu’il y a la VAR maintenant?

La main n’était pas si évidente que cela.

Match nul, Bordeaux échoue à recoller aux équipes de tête.

Gourvennec a pris un point à Bordeaux, ce qui ne lui est pas arrivé souvent…

Les notes des 33:

Benoît Costil (5/5):

Pas de but encaissé, même pas de la part de Jovanovic. Rien à lui reprocher.

Sergi Palencia (2/5):

Il se bat beaucoup, souvent avec lui-même. De bonnes interventions défensives mais encore du gâchis dans les centres.

Jules Koundé (5/5):

Il a tenu la baraque et a même dépassé ses fonctions. A la fois libéro, stoppeur, relayeur, attaquant… Il aurait mérité son petit but. Indispensable.

Nous aussi, on a fait cette tête-là en voyant le match de Jules.

Vukasin Jovanovic (4/5):

Avec ce genre de prestation, il peut pousser les entraineurs à réfléchir à l’éventualité d’une défense à cinq. Ce qui ne serait pas pour leur déplaire.

Par contre, il passe encore plus de temps à gueuler que Mélenchon. Jovanovique, c’est lui!

Maxime Poundjé (1/5):

Il s’est fait manger par Benezet et Deaux… Voilà, voilà. Poundjé, un véritable challenge de la créativité pour les Académiciens… Pourvu que Driss ne soit pas tricard!

Otavio (2/5):

Il marque le pas mais reste indispensable au vu de l’effectif. Remplacé par Adli, entré pour passer son temps à défendre… Certainement un futur grand mais il y a encore du travail. Sinon, on ne l’aurait pas eu à prix discount.

Jaroslav Plasil (1/5):

Son jeu s’est vite grippé et il n’a jamais remonté la pente. Saleté d’épidémie.

Toma Basic (2/5):

Il a réalisé de belles choses, de belles ouvertures. Mais il manque encore de constance. Non Jimmy, ce n’est pas un prénom.

Yann Karamoh (0/5):

Une performance de haute volée. Enfin de volée trop haute. Sorti sous les applaudissements (je déconne) en cédant sa place à Kamano, qui en a fait plus que lui en un quart d’heure.

Apparemment, Yann n’a pas fait que du shopping à Paris.

Nicolas De Préville (4/5):

Un de ses meilleurs matches sous nos couleurs. S’il n’a pas tout réussi, il s’est démené. Vu l’apathie des autres ailiers, il a peut-être un coup à jouer. J’ai vraiment dit cela?

Josh Maja (2/5) et Andreas Cornelius (1/5):

Le jeune Anglais a réalisé une première période correcte. On l’a senti plus en confiance que face à Toulouse et ses partenaires ont réussi à le trouver. Ses appels ont l’air de qualité. D’un premier abord, le choix de son remplacement par le Danois a pu sembler étrange. Mais finalement, quoi de plus logique que de faire entrer du poids lorsque tu joues le ventre mou?

En face: Les Cons de Remords

Si la rencontre n’avait duré que trente minutes, les Guingampais auraient pu se satisfaire du point du match nul. Mais le raté de Roux leur laissera longtemps un goût amer.

Depuis quelques semaines, ils réalisent des performances honorables (hormis le match face à Paris au cours duquel s’était glissé un cheval de Troie) mais les résultats ne suivent pas. Le temps presse et la légende raconte qu’il n’est jamais clément en Bretagne.

C’est la faim:

Nous avions pris pour habitude de terminer cette Académie par la rubrique « Pour conclure ». En ces temps de disette offensive, nous avons trouvé que cela semblait inapproprié. Pourtant, nous sommes sur horsjeu.net, un endroit où le second degré et l’autodérision ont toute leur place.

Dans un premier temps, nous avons pensé au titre « Pour en finir ». Mais à bien y réfléchir, nous avons eu peur d’avoir des morts sur la conscience. Le taux de supporteurs dépressifs étant proportionnellement inversé au taux de passes réussies par l’équipe, le risque était trop gros.

Puis, envahis par un élan de mélancolie venu de la réflexion précédente, nous nous sommes dit qu’il était temps de trouver LA formule qui nous, qui vous redonnerait le sourire. « Pour se finir » s’est imposé avant de finalement laisser sa place. C’était un coup à passer son temps sur la Dragao académie.

Un œil sur le classement et cela a été l’illumination! Bordeaux est à la treizième place, presque aussi loin des places européennes que des relégables. Il n’y a plus rien à espérer de cette saison et nous ne sommes qu’en février. Nous sommes à une des places les plus redoutées des amateurs de football: dans le ventre mou !

Info horsjeu.net: Mou, The Special K, sur les tablettes des Girondins pour la saison prochaine

Et dire que nous devions déjà combler notre manque de victoires par un savoureux mélange alcool-gâteaux qui traînent-truc gras à bouffer-. Si avec tout cela, il n’y en a pas quelques-uns pour faire un AVC ou un coma diabétique…

Je m’égare et comme l’a dit Bédouet:

« Si on ne sait pas terminer, il faut savoir ne pas se perdre ».

Je vous laisse donc en compagnie de Kiki, qui vous servira la prochaine académie, après le déplacement à Nantes.

D’ici là, je vous invite à lire ou relire son bel hommage à Emi.

N’hésitez pas à vous mettre horsjeu, personne ne vous sifflera.

A bientôt.

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

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