Bordeaux-Marseille (2-0) : La Scapulaire Académie bouffe les sardines

« La langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche » Spéciale dédicace à Rouuudi Garcia…

Fraichement arrivé au Haillan, Paulo Sousa a déjà une mission délicate. Il doit, avec une équipe de bras cassés, sauver coute que coute l’invincibilité contre le seul grand rival du club, Marseille. Rudy et ses copains pensaient pouvoir gagner, Kamara espérait même entrer dans la légende (il va y entrer d’une certaine façon). On ne peut pas leur en vouloir. Entre le départ de Poyet, les interrogations sur la vente, le nouveau coach, le recrutement comiquo-tragique et le fond de jeu affligeant, tout prêtait à croire, effectivement, que c’était l’année ou jamais pour les Marseillais. Nous revenons pour vous sur ce match pas tout à fait comme les autres.

Le Match

Ben, ça ne sera pas pour cette année. En exclusivité pour vous, regardez le résumé (le vrai pour une fois) du match.


Le connard du Jour

Le titre est attribué haut la main par Rudy Garcia. Comme à chaque fois dans la défaite et le doute, le technicien marseillais ne peut retenir son fiel et son agressivité débile. Il s’emporte contre l’arbitrage, se moque des six tirs bordelais contre les vingt (oui, oui, il l’a bien dit) tirs olympiens.

L’arbitre en prend également pour son grade. Mais Rudy sait s’épargner de la critique. Il ne parle pas un instant de ses choix, de ses titulaires, de ce Radonjic qui jouait presque goal volant en première période. Non, Rudy préfère ergoter sur la main de Pablo et sur le manque d’efficacité des siens.

Moins compétent et moins sympathique que le Sergent

La palette du match

Horsjeu innove une nouvelle fois pour votre plus grand plaisir. Nous avons passé quatre jours à visionner et revisionner le match. Nous en avons tiré la substantifique moelle, la quintessence de ce chef d’œuvre. Nous vous proposons une palette spéciale sur la tactique des marseillais, motivés à bloc pour mettre fin à cette invincibilité vieille de quarante-deux longues années.


Les Notes

Costil 3/5

Deux arrêts autoritaires et une présence dissuasive, Benoit Costil est notre préfet du jour. Il a, une nouvelle fois, fait le travail avec sobriété et talent. Il semble loin le temps où le moindre tir entrait sans résistance. Sur les tablettes de Rennes, on va peut-être devoir discuter pour qu’il reste avec nous. Qui l’eut cru ?

Poundjé 3/5

On s’est assez moqué de Maxime pour reconnaitre ses progrès récents. Il serait malhonnête de ne pas lui rendre hommage. Alors, oui Maxime n’est pas toujours très à l’aise avec ses pieds. Oui, parfois, son placement est parfois plus hasardeux et plus risqué qu’un prêt du Crédit Lyonnais mais il compense par un engagement physique intense. Ses errements sont compensés par la défense à trois. Poundjé est le grand gagnant du nouveau système imposé par Paulo Sousa.

Pablo 2/5

Une main baladeuse, un coup de pression dans le dos, Pablo remporte le prix Harvey Weinstein du match. Il est donc logiquement expulsé après avoir nié les faits.

Jovanovic 3/5

Il serait de bien mauvais gout d’attribuer à Vukasin le doux qualificatif de « boucher Serbe » tant ce salopard de Mladic a marqué de son empreinte les Balkans. Si on laisse de côté ces considérations politiques douteuses, Jova s’est imposé avec brio au milieu de la défense. S’il découpe avec frénésie et enthousiasme tout ce qui se présente devant lui, il sait aussi relancer proprement, ou donner un coup de main à gauche quand Poundjé prend son couloir.

Koundé 3/5

Jules est notre Attila du jour. Il a repoussé, sans éléphant (c’est assez logique vu qu’Attila n’en n’avait pas mais passons sur ce détail et revenons à l’essentiel), le Germain d’en face avec qui aurait déclaré selon la lézende : « Z’est pas du zeu ».

Sabaly 2/5

Malgré un Radonjic grotesque et un Payet en dilettante, Sabaly a trainé sa peine tout le match. Il ne comprend pas le système tactique imposé par Paulo Sousa. Pourtant Fulham joue en 3-4-3 également. C’est quoi le soucis Youssouf ?

Basic 2/5

Le croate aime le ballon autant qu’il redoute les duels. Précieux à la relance, il est souvent à la peine pour récupérer le ballon, glisser le bon tacle au bon moment. Il n’est pas vraiment un joueur « box to box ». Pourtant, on ne peut pas dire qu’il fut vraiment mis en danger par le transparent Strootman ou le petit U17 marseillais (Maxime Lopez, on vanne pour vanner car l’adolescent de la commanderie a du ballon).

Otavio 2/5

Comme Basic mais dans l’autre sens…

Le brésilien livre un match plus convaincant que ses dernières sorties. Ouf, on a peur, à un moment donné, qu’il soit plus indispensable au 21 pour se déhancher comme un diable dans un Soul Train local déchainé que sur un terrain de foot. Remplacé par Youssouf à la 77e, qui semble avoir convaincu Paulo Sousa pour le plus grand bonheur de la scapulaire académie.

Kamano 3/5

Il provoque le pénalty par un centre plutôt bien senti. Il le transforme avec sang-froid. François fait probablement son meilleur match depuis longtemps. Il lui reste sept matchs pour s’afficher. Le mercato d’été se profile déjà. On ne voudrait pas lui faire vivre une nouvelle année de toro au Haillan. Remplacé par Lottin à la 85e. Les parents du jeune Albert n’étaient même pas majeurs lors de la dernière victoire française à l’eurovision en 1977. Vous vous rendez compte du truc ? 

Préville 4/5

Virevoltant, courageux, talentueux et efficace. Oui, nous parlons bien du match de Nicolas de Préville. Alors qu’on lui promettait l’enfer devant Kamara, l’homme à la particule s’est amusé du défenseur marseillais. Il est même incontestablement l’homme du match.

La transformation de l’Homme à la particule.

A lui de renouveler ce genre de performance pour reconquérir le cœur des bordelais, la route est encore longue. Remplacé par Plasil à la 93e. Le tchèque n’était pas encore né lors de la dernière victoire marseillaise à Bordeaux. Ça donne encore plus de perspective à la série bordelaise….

Briand 2/5

Un coup de rein par ci, un coup de rein par-là, un petit clin d’œil, et un regard de fou, malgré tous ses efforts, Mandanda n’a pas succombé au charme intense de Jimmy. Ce n’est que partie remise. Ça sera pour une autre fois, ou dans une autre vie.


Ailleurs dans le Mondo

La gestion des dernières années sous M6 s’est avérée désastreuse. Ce n’est pas un scoop, j’en ai bien conscience. La gestion de l’effectif était pour le moins hasardeuse. Le club a recruté des joueurs sans leur laisser de début d’une chance de s’imposer. Un gars comme Arambarri en est la parfaite illustration. Le club n’a jamais cru en lui. Il n’a jamais eu sa chance. Depuis son départ à Getafe, Mauro enchaine les performances de haut niveau. Ce week-end, il sort encore un gros match pour aider les siens à s’imposer contre Bilbao. On ne peut s’empêcher de regretter amèrement ce management à la petite semaine.

Une fois n’est pas coutume, allons faire un petit tour en Ligue 2. Olivier Verdon est titulaire à chocho. Le club est détenu par un propriétaire chinois qui ne devrait pas rester. On ne sait pas trop s’il est ruiné, ou s’il se fout du club, mais dans les deux cas, ça sent plutôt mauvais. Devenu la proie des agents de partout et d’ailleurs, le club franc comtois est au bord de l’asphyxie. Sportivement, l’équipe est déséquilibrée. Les joueurs sont arrivés de partout par paquet de douze. Olivier se dépatouille au milieu de ce bordel ambulant d’une armée en campagne (et en déroute mais c’était pour l’hommage vibrant à Jacques Brel, vous l’avez bien évidemment compris). En battant le PFC, les sochaliens se donnent un peu d’air. Mais l’avenir semble bien sombre. C’est triste un club qui meurt.

Cette époque semble bien lointaine pour les chochaliens

En Serbie, Gajic et Savic s’amusent à l’Etoile Rouge. Les deux joueurs se sont imposés dans le onze. Jonathan Cafu y brille également, mais par son absence bien évidemment. Le Brésilien est incollable sur tous les spots pour faire du jet ski sur le Danube et la Drava. On ne pouvait conclure notre petit voyage par un petit passage en Turquie. Non, détrompez-vous, l’actualité du moment chez nos amis ottomans ne concerne certainement pas la défaite électorale d’Erdogan aux élections municipales. Rendez-vous compte, Henri Saivet a encore marqué. Bon, il a perdu. Mais il a marqué.

Vous retrouverez Nausée la semaine prochaine. En attendant nos prochaines aventures, perdez-vous sur horsjeu.net (foncez lire l’académie de nos amis de l’Impact, ça n’en manque pas) et venez tailler le bout de gras sur twitter.

Analement votre

Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château .Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

2 commentaires

    • Je te remercie. C’est vrai qu’il faut en avoir (du courage hein) pour subir ça semaine après semaine. Mais aujourd’hui, c’est une académie joyeuse.
      On a vu des buts, de Préville signe un gros match. Bref, du bonheur

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