Bordeaux-Metz (2-0): la Scapulaire Académie n’a pas pleuré en coupant l’Hognon

Dix minutes à fond avant de se relâcher complètement. Plus d’une heure à galérer pour contenir le sursaut d’orgueil du partenaire de jeu. La première fois n’est jamais la meilleure.

Bordeaux reçoit Metz après la trêve internationale. Alors que la réception d’un promu n’est jamais chose aisée pour les Girondins, Paulo Sousa a affirmé que son effectif n’était pas meilleur que ceux de ce genre d’équipe.

Si cette phrase a fait beaucoup parler, c’est une manière très intelligente de dire qu’il n’est pas entièrement satisfait du recrutement, que si la saison tournait mal il ne serait pas le seul responsable. Par contre, si les résultats suivent, il faudra lui en attribuer le mérite, lui qui aura réussi à fonder une force collective.

Son travail commence justement à payer. Le nul ramené de Lyon a prouvé que les progrès étaient bien réels.

Reste à confirmer…

La composition:

Costil (c)

Kwateng Jovanovic Koscielny Pablo

Otavio Tchouaméni

Ui Jo De Préville Kalu

Briand

La défense:

On joue comme on s’entraîne. Mexer, qui a passé la semaine au Mozambique, cède sa place à Jovanovic. Faut pas déconner.

Coup de chaud à Bordeaux! Benito a ressenti une gêne musculaire et n’est pas retenu. Poundjé semble parti pour le suppléer. Les supporteurs revendent donc leurs actions « Bistro Régis » pour acheter un bolide, piller les rayons pinard des supermarchés et s’offrir un amour tarifé avec la moins moche du quartier. C’est la fin des haricots, alors autant partir en beauté : rouler bourré en offrant à Popol un dernier « barreau » d’honneur. Les cons n’ont pas fini de payer les pots cassés, Paulo Sousa a préféré aligner Pablo dans un poste hybride d’arrière central- latéral gauche.

Le milieu:

L’homme du mois d’août est associé à l’homme dont on doute.

L’attaque:

Kalu s’apprête à arpenter tout le côté gauche. Ui Jo se positionne à droite, Nicolas De Préville où il veut et Briand prend la pointe.

Le résumé:

Le match:

Conscients des débuts de matches difficiles des Messins, les Girondins démarrent sur les chapeaux de roue (pas Nolan). Le pressing est intense, l’équipe est placée haut dans le camp adverse.

La première occasion est l’œuvre de Préville qui ne trouve pas le cadre de la tête.

A la suite d’un une-deux parfaitement exécuté avec Ui Jo, le Ben Kalfallah du riche- ou l’Eden Hazard du pauvre, c’est selon- se retrouve en bonne position, tente sa chance mais il est contré.

Corner pour Bordeaux. Le ballon mal dégagé revient sur Kwateng. Son tir est repoussé dans l’axe par Oukidja. Briand, d’une reprise acrobatique, ne se fait pas prier pour ouvrir le score (1-0, 7e).

Il S’ENGAGE, c’est écrit. Pas il DÉGAGE! Ils auraient du s’en douter.

Les Girondins ne relâchent pas la pression et la panique gagne les rangs messins. Ui Jo intercepte une passe latérale mal ajustée et trouve Préville dans l’axe. Contrôle, tir croisé à l’entrée de la surface. C’est simple le football, (2-0, 9e).

Après un tel début, les supporteurs bordelais peuvent exhiber leur membre gorgé de fierté tandis que les messins peuvent redouter le moment où ils vont se remettre assis. Ce n’est pas sale. Pour preuve, les drapeaux LGBT qui garnissent le Virage Sud.

Mener de deux buts n’est pas courant pour nous. Les joueurs ont du se sentir perdus ce qui expliquerait qu’ils aient arrêté de jouer à ce moment-là. Alors que les Lorrains étaient étouffés depuis l’entame, ils respirent de nouveau. Ils ne semblent pas dangereux pour autant. Metz est sous O2 mais c’est Bordeaux qui règle le débit.

Pendant de longues minutes, Bordeaux joue bas, attend l’adversaire et un contre éventuel. Si la tactique n’a rien d’infamant, il ne faudrait pas oublier qu’on reçoit Metz et qu’on mène de deux buts, bordel !

La partie s’emballe de nouveau avant l’heure de jeu. Costil se fait lober par un clone du Grand Cheick à la suite d’une mauvaise relance. J’ai à peine le temps de commencer à m’intéresser à ses pratiques sexuelles que l’arbitre refuse le but.

Cette alerte a eu le don de réveiller nos favoris. Kwateng lance Ui Jo qui centre pour Briand à ras de terre. L’attaquant pivote et sert Tchouaméni qui se retrouve face au but. Le jeune tire sur le gardien alors qu’il y avait la possibilité de bien mieux la placer.

Sousa fait entrer Adli pour amener de la créativité et faire le lien entre le milieu et l’attaque. Cela porte ses fruits, il se montre disponible et se trouve à l’origine de plusieurs occasions.

Kalu n’est pas en reste. Il achève la rencontre sur le côté droit. Il veut surtout la finir en inscrivant un but. Il se créé plusieurs occasions mais il ne va trouver que la barre transversale d’une frappe enroulée.

Le match se termine par une victoire de Bordeaux. On l’a emporté face à un promu, ce qui n’est pas anodin pour nous.

Les notes des 33:

Costil (3/5):

Capitaine Hygroma nous a gratifié d’un nouveau « clean shit » : une relance merdique à l’origine d’un lob encaissé mais le but se retrouvant finalement refusé pour un hors-jeu d’un poil de cul.

Sinon, il a fait l’arrêt qu’il fallait face à Diallo.

Kwateng (4/5):

Bonne performance de celui qui est en train de s’imposer à droite de la défense. Une jolie surprise.

Première satisfaction, on a enfin un latéral qui fait le métier. La deuxième, c’est qu’on l’a pris au FCN pour pas un rond.

Jovanovic (2/5):

S’il s’est parfois montré costaud pour défendre, il a été l’auteur de plusieurs mauvais(es) contrôles/relances (ne pas rayer la mention inutile).

Cela fait quand-même plaisir de le revoir.

Koscielny (4/5):

On sent qu’il est un cran au-dessus des autres. LE patron. Et l’avantage d’être le boss, c’est qu’on peut engueuler ses subalternes quand ils n’arrivent pas à rattraper tes propres âneries. Mais que fait le syndicat?

Mr Varela, ne vous fiez pas aux apparences. Je suis parfaitement remis de ma dernière blessure. Je vais assurer!

Pablo (3/5):

Il a évolué à un poste inédit pour lui : arrière gauche en phase défensive. Il ne s’en est pas trop mal sorti. On l’a même vu presser assez haut son adversaire direct. Bon, il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il déborde et délivre des passes décisives mais cela reste toujours plus intéressant que Poundjé.

Otavio (4/5):

Il a encore régalé, confirmant son très bon début de saison. Cerise sur le gâteau, il a tenté deux frappes au but. Pas cadrées, mais ce sera certainement suffisant pour que Paulo Sousa lui flatte la sienne, de cerise.

Tchouaméni (3/5):

Une première période intéressante, moins en vue en seconde. Il confirme son léger mieux mais devra certainement laisser sa place à Aït-Bennacer lorsque celui-ci sera prêt. Vers fin février début mars, quoi.

Mar-Ui Jo (4/5):

Sa prestation montre à quel point c’est un joueur collectif. Une jolie passe décisive et une combativité impressionnante. Le coach a dit qu’il faudrait du temps pour qu’il se trouve avec ses partenaires. Cela arrive peut-être plus vite que prévu. En même temps, un Sud-Coréen pas connecté, cela aurait été un comble… C’est pas moi, c’est Willy qui l’a dit.

Otavio, Koscielny et De Préville félicitant Ui Jo pour sa superbe passe décisive

Remplacé par Maja, qui n’a pas eu de ballon vraiment exploitable.

De Préville (4/5):

Dans tous les bons coups en début de match, il s’est procuré trois occasions et en a mise une au fond. San déc, 33% de réussite, si ce n’est pas un signe qu’il est le nouveau symbole du renouveau des Girondins!

Épuisé, il a cédé sa place à Kamano, qui n’a mis que dix secondes pour réussir son premier geste de classe: un plaquage en règle sur Centonze. Malheureusement, François s’est trompé de stade, l’UBB joue à Lescure.

Kalu (3/5):

Avec Pablo dans son dos, il avait tout le couloir gauche à arpenter. Il l’a plutôt bien fait même si de nombreux mauvais choix sont venus ternir sa prestation. Il a tendance à vouloir forcer la décision.

Il n’en reste pas moins un poison constant pour l’équipe adverse, en témoigne ses occasions en fin de rencontre, notamment sa frappe enroulée sur la barre.

Le jour où il deviendra létal… Ben, il ne sera plus à Bordeaux.

Briand (4/5):

Il continue à enfiler les buts comme des femm… des perles. Des perles.

Adli l’a remplacé. Il a mis quelques minutes pour rentrer dans son match puis a été omniprésent. Il a joué simple et juste. Il mériterait de pouvoir jouer un peu plus longtemps.

La note bonus:

En ces lieux, nous aimons bien avoir un souffre-douleur. Histoire d’oublier un instant notre misérable condition en rabaissant un pauvre bougre.

Nicolas De Préville a été notre cible mais sa combativité et ses statistiques retrouvées n’en font plus un candidat crédible.

Kamano, il n’est plus drôle.

Otavio commence à jouer vers l’avant et Briand fait le métier devant.

Reste Poundjé. Cela tombe bien…

Même si cela ne se voit pas toujours, à la Scapulaire Académie, nous préparons nos interventions.

Quand le groupe a été publié, notre bon Kiki a fait preuve d’empathie au moment où nous avons réalisé qu’il me faudrait noter Poundjé. Voilà, Benito est blessé, il fallait que cela tombe sur moi.

On l’aime bien le Max. C’est un running gag : il court et nous fait rire. Mais comment noter ses horribles prestations sans être redondant?

Poundjé (5/5):

Annoncé (redouté ?) titulaire, il s’est finalement retrouvé remplaçant. C’est une belle progression pour celui qui s’est déjà assis dans plusieurs tribunes de l’Hexagone depuis le mois d’août.

Personne ne l’a débordé lorsqu’il a reculé vers le banc. La bouteille d’eau qu’il a transmise à Kamano a bien terminé sa course dans les mains de son coéquipiers et non sur la tête de Cohade. Comme quoi, les automatismes…

Tout le monde est unanime pour affirmer que Paulo Sousa est le premier coach à avoir trouvé son véritable poste. Et quand on le voit sourire comme cela, le Max, on ne peut qu’être content pour lui. Et pour nous.

En face : Messins pointent en bas

Si on enlevait 30 mètres de chaque côté, Messins ne seraient pas vilains. Espérons que l’intervention ne tarde pas à avoir lieu sinon Messins rencontreront le trou du cul de Lorraine l’an prochain.

Pour conclure:

Que retenir de ce match ? Les trois points tout d’abord. L’entame tonitruante ensuite et l’efficacité retrouvée, qu’elle soit défensive ou offensive, enfin.

On regrettera la perte du contrôle du ballon mais nous pouvons apprécier d’avoir garder la maîtrise du match. Les Messins n’ont pas vraiment été dangereux. Bordeaux a historiquement du mal face aux promus et pour une fois, nous ne pleurons pas à la fin du match.

N’oublions pas d’où nous partons. Nous pouvons être indulgents avec ces joueurs qui, semble-t-il, ont envie de se dépouiller pour le Scapulaire. L’entraîneur, lui, ne relâche pas la pression. Il semble exigeant avec son groupe.

Ne nous enflammons pas mais sachons apprécier lorsque les bons moments surviennent. Espérons qu’un autre va suivre avec la réception de Brest. Vous retrouverez le cinéphile et merveilleux Kiki pour cette rencontre.

D’ici là, mettez-vous Horsjeu, il y a plein de choses à lire, des nouveaux qui débarquent, des anciens qui confirment…

A bientôt.

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

4 commentaires

  1. A ce rythme là les suiveurs ne vont effectivement plus suivre.
    Et les fondamentaux ?
    Prendre une fessée contre les promus à la maison ?
    Max notre menace, écartée ?
    On n’y comprend plus rien, et c’est très agréable.
    Comme toi je suis très curieux de voir Adli un peu plus, en lieu et place de Tchou par exemple.
    Ce Kalu caler à gauche c’était sexy, vivement que comme Jimmy il l’a mette au fond.

    • Tu as raison, c’est très agréable de voir que notre histoire est bafouée. Prévenez la sixième place qu’elle ne nous attende pas, nous n’aurons peut-être plus besoin d’elle…

  2. Se prendre deux buts par Bordeaux. C’est dur. En plus par Briand fucking Jimmy… C’est très douloureux… Mais revivre le match avec des images de caméra café… C’est insoutenable !

    Heureusement que j’apprécie votre prose.

    • Merci du compliment, mon cher. Ne le prenez pas pour vous mais j’apprécie le fait que nos adversaires souffrent en lisant nos lignes. Cela nous change.

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