Bordeaux-Nîmes (3-3) : la Scapulaire Académie a son diplôme

Deux entraîneurs pour le prix d’un, les Ricains ont le sens des affaires.

Ce sera donc Lui. Après de nombreux atermoiements, infos et/ou intox, nous accueillons donc pour la seconde fois Ricardo Gomes en tant que manager. Lorsque son nom est sorti, comme beaucoup de monde (vous aussi, avouez-le), j’ai eu envie de crier. Et lors de l’officialisation de son arrivée, mon incrédulité s’est traduite par un long pet fuyant au son aigu. Mon psy me l’a déjà dit, je somatise beaucoup. Il paraît que c’est salvateur (ma femme n’est pas tout à fait d’accord, elle trouve que c’est dégueulasse de somatiser à table).

Ces dernières années, nous n’avons pas toujours été gâtés en termes de productivité, de qualité de jeu. Poyet avait essayé de mettre en place un semblant de projet. Suite à son départ, la possibilité de voir Henry débarquer nous laissait l’espoir d’une équipe portée vers l’attaque. On se rappelle tous les déboulés de Titi, son côté classe sur le terrain, son efficacité. Rien ne dit pourtant que ses futurs équipes ressembleront aux Gunners de la belle époque (De Préville n’aurait pas été son Bergkamp).

Cette croyance non justifiée nous a peut-être causé du tort. Nous sommes nombreux à avoir envie (besoin?) de rêver et l’annonce de l’arrivée de Ricardo n’a pas étanché notre soif de plaisir. Elle a plutôt ravivé des souvenirs emplis d’ennui.

Et puis, recruter un gars qui a fait un AVC il y a quelques années me rappelle que le temps passe. Que les douleurs articulaires ne sont plus le résultat d’acrobaties tentées lors d’ébats intenses. Que ce n’est pas mon grain de beauté sur le front qui descend, mais une calvitie qui débute. Que ce n’est pas mon pénis qui se cache, c’est juste mon ventre qui grossit (quand Ricardo reviendra en 2065, je serai redevenu tout maigre et ma b… toute petite, mais je ne suis pas encore si vieux).

Les sphincters fonctionnent encore, ça sent bon pour la Scapulaire Académie.

Le tableau n’est pas réjouissant. J’ai quand-même voulu suivre la conférence de presse de présentation du coach. Si en premier lieu, elle a confirmé ma théorie sur l’embonpoint, j’ai vite été marqué par l’ambition, la motivation et l’émotion de Ricardo. Ses deux saisons passées ici lui ont semble-t-il laissé de bons souvenirs. Et à nous aussi, malgré tout.

J’ai un peu fouillé dans ma mémoire pour me rappeler d’autres choses que des « 1-0 ».  Des noms viennent à mon esprit: Wendel, Henrique, Fernando, Cavenaghi. Mais aussi des joies : la Coupe Moustache gagnée au nez et à la barbe de l’OL. La seconde place au Championnat. Les prémices du titre de 2009…

Alors oui, on s’ennuyait parfois. Mais tout comme Henry ne fera pas forcément du football chatoyant, j’ose espérer que Ricardo ne se contentera pas de bétonner. Nous ne saurons jamais si un autre entraîneur aurait été plus à même de diriger cet effectif. Compte-tenu de la période délicate que le club traverse, retrouver une tête connue a quelque chose de rassurant et le temps gagné grâce à sa connaissance du club n’est pas à négliger.

Pour sa première, les Girondins accueillent Nîmes, une équipe qui se dépense sans compter et qui pose beaucoup de problèmes à ses adversaires en ce début de saison.

De son côté, le Syndicat des Entraîneurs Jaloux et Sans Poste lui interdit de se lever du banc, faute de diplôme d’entraîneur. Ce n’est pas joli joli de se moquer des infirmes ! Même si tu te mettais à quatre pattes, un club de Natianal ne voudrait pas de toi, Raymond. Sauf peut-être Nancy, c’est dire.

La composition :

Costil (c)

Palencia   Lewczuk   Koundé   Poundjé

Plasil

Lerager    Sankharé

Kalu                              Kamano

Briand

Pablo blessé, le choix se porte entre Lewczuk et Jovanovic pour accompagner Koundé. Pour un ancien grand défenseur central, Ricardo doit apprécier… La pièce est tombée sur « face » et le Polonais a été choisi.

Palencia et Poundjé sont là, Sabaly aussi mais sur le banc, lui.

Au milieu, les PSL (ne pas confondre avec les produits sanguins labiles) se chargeront de la circulation du ballon.

Devant, Kamalu n’ont pas bobo là et sont donc titulaires, tout comme Briand, préféré à Cornélius.

Le résumé :

Le match :

Comme dirait un commentateur lambda, il n’y a pas de round d’observation. D’entrée, Bozok tente une frappe, arrêtée par Costil. Kalu est bien présent, il accélère dès qu’il est en possession du ballon. Il permute souvent avec Kamano.

Sankharé pense que tous les gardiens passés par les Girondins ne savent pas rester sur leur ligne et tente de lober Bernardoni depuis les 35 mètres mais le petit Paul claque en corner. En parlant de corner, justement : il serait bien de les bosser un peu à l’entraînement car après deux buts encaissés ainsi contre Rennes, la tête de Ripart trouve le poteau. Il s’était démarqué trop facilement.

Juste après avoir serré les fesses, les supporteurs girondins peuvent ouvrir grands leurs yeux pour l’ouverture du score: Koundé donne à Poundjé qui transmet de suite à Lerager. Le Danois trouve Sankharé qui, en une touche et par-dessus la défense, trouve magnifiquement Briand qui n’a plus qu’à conclure d’un tir croisé (1-0, 26è).

Même la pelouse a apprécié l’action.

L’avantage ne sera que de courte durée. Suite à un ballon perdu bêtement, Bozok s’échappe dans le dos de Poundjé, Koundé assure mal la couverture et le Turc centre tranquillement à ras de terre. Lewczuk, qui avait certainement mieux à faire, lâche son marquage et Guillaume tacle dans le but. On vient de prendre un but de Guillaume, bordel (1-1, 31è)!

Beaucoup trop d’erreurs défensives pour un match de ce niveau et ce n’est malheureusement pas fini. Koundé perd le ballon en voulant faire un râteau. A croire qu’il n’a pas retenu la leçon.

Et puis Bobichon remonte le terrain sans être attaqué. Enfin, attaqué régulièrement je veux dire. Car après s’être amusé de plusieurs Bordelais, Palencia a sonné la fin de la récré en le séchant assez bêtement aux abords de la surface. Pas peiné, le Croco enverra un sac dans la lucarne de Costil. Nous voilà menés juste avant la mi-temps,ce qui n’était pas le plan initial (1-2, 45è)

Si le score peut paraître sévère, il traduit néanmoins un manque d’agressivité dans les duels.

En seconde période, les Girondins vont d’abord égaliser par Briand qui s’est jeté pour reprendre un centre de Palencia, auteur d’un petit pont dans la surface (2-2, 56è).

Et mener de nouveau, grâce à un but de Kalu, sur une frappe depuis l’extérieur de la surface, après avoir enrhumé deux défenseurs (3-2, 57è).

Alors qu’il reste une demi-heure, que nous sommes à domicile et que nous menons au score après deux buts coup sur coup, nous aurions pu nous attendre à une fin de match tranquille. Mais c’était sans compter sur nos joueurs, décidément incapables de se rendre la vie facile.

L’équipe recule de plus en plus sous la pression des Nîmois, aucun joueur n’est capable de calmer le jeu et ce qui devait arriver arriva… Bozok est lancé à la limite du hors-jeu. Non, je déconne, vu l’alignement merdique de Lewczuk et Palencia, la ligne de hors-jeu mesurait trois mètres de large. Bozok est donc lancé vers le but, Costil, ce bel homme, était en train de repenser à sa sélection et a oublié de sortir, lui qui n’est jamais sur sa ligne. Le ballon passera entre ses jambes et Nîmes revient à 3-3.

L’alignement de la défense girondine laisse à désirer.

Le score n’évoluera plus et, il faut bien se le dire, c’est une déception, nous avions besoin de ces trois points. Mais avec de telles erreurs défensives, difficile d’espérer mieux.

Les notes des 33 :

Benoît Costil (1/5) :

Il a commencé par crier « laisse ! » à Plasil alors qu’un attaquant rôdait. Puis il a fait un semblant de plongeon sur le coup-franc qui était certes bien exécuté. Enfin, il a décidé de ne pas sortir sur Bozok sur le troisième but. Sur ce match, il a davantage réalisé des « non » de la tête que des arrêts. Un point pour ses relances rapides et précises. Sinon c’était zéro. Vu qu’on est habitué à détourner les règlements, on n’aurait pas pu faire jouer Bernardoni?

Sergi Palencia (2/5) :

Un gros travail pour servir Briand pour l’égalisation à 2-2. Il laisse néanmoins une impression mitigée lorsqu’il s’agit de défendre. C’est quand-même bête pour un latéral.

Igor Lewczuk (0/5) :

Il est comme le vieux sachet de soupe déshydratée qui traîne dans ton placard depuis trois ans : tu t’en sers à contre-cœur quand tu n’as vraiment plus rien d’autre à te mettre sous la dent. En sortant de table, non seulement tu as encore faim mais en plus il te reste un goût de chiotte dans la bouche.

Jules Koundé (2/5) :

Dépucelé de bonne heure, il a comblé ses premières conquêtes grâce à une application de tous les instants et une envie débordante. Il serait temps qu’il revienne aux bases car ses erreurs techniques mettent trop souvent en difficulté ses partenaires.

Maxime Poundjé (2/5) :

Passent les semaines, c’est toujours la même rengaine

L’envie ne manque pas, c’est le talent qu’il n’a pas

Pilonné par le NO on aurait dit Basto

Je voudrais un DG plus proche de Bixente

Touché, il a cédé sa place à Sabaly qui en a profité pour se dégourdir les jambes.

Jaroslav Plasil (2/5) :

Avec l’expérience qu’il possède, on pourrait s’attendre à ce qu’il sache mieux réguler le rythme du match. C’est sans compter qu’il s’épuise vite maintenant.

Lukas Lerager (3/5) :

Le plus grand fan d’AC/DC était encore sur courant alternatif.

« Aïe ouais t’es SamuHell? Tin Tin! Aïe ouais t’es SamuHell? Tin Tin! »

Younousse Sankharé (4/5) :

Après un début difficile, il est monté d’un cran tant dans son positionnement qu’au niveau de la qualité de sa production. Quelle passe décisive pour Briand! Après l’égalisation nîmoise, il est sorti au profit de Préville. Pas à notre profit, donc.

Samuel Kalu (4/5) :

De la vitesse, de la percussion, des dribbles en pleine course, un but sur une frappe lointaine… Et de l’énervement quand ses partenaires ne lui adressent pas de bons ballons. Il a plus de points communs avec Malcom que l’on n’aurait imaginé.

François Kamano (2/5) :

Réussir ton moins bon match deux jours après avoir annoncé que tu pouvais encore mieux faire, on peut dire que tu as le sens du timing! Pas catastrophique non plus mais c’est qu’on s’était habitué, quoi.

Jimmy Briand (4/5) :

Aussi rapide que l’évolution d’un cancer du côlon chez une personne âgée, il a quand-même réussi à repousser les limites du temps et à inscrire un doublé important. Il a démontré qu’il n’était pas seulement là pour encadrer les jeunes. Remplacé par Cornelius pour les vingt dernières minutes, ce dernier n’aura pas eu d’occasion franche mais aura remporté plusieurs duels aériens.

La note bonus :

Paul Bernardoni (5/5) :

Il a encaissé trois buts, ce qui fait de lui l’auteur d’un triplé pour les Girondins. Quoi, cela ne marche pas ainsi ?

En face : What’s your Nîmes?

Honnêtement, mis à part Bernardoni, Guillaume et Bozok, qui avait déjà entendu parler des joueurs nîmois avant cette saison?

L’essentiel de l’effectif évoluait en Ligue 2 l’an passé. Le staff a misé sur un collectif fort, parfaitement rôdé et porté sur l’attaque. Bon, vu comme ils défendent, cela semble logique. Nîmes, c’est l’assurance de rencontres spectaculaires.

Les Crocos donnent du fil à retordre à leurs adversaires et après leur bon début de saison, certains joueurs commencent à se faire un nom.

Miguel n’est plus un as de la jungle.

Briançon n’est plus destiné à prendre des branlées en Ligue Magnus.

Alakouche qui déborde, ce n’est plus sale.

Bobichon est sur les tablettes de la sélection maltaise et si Valls a mis le temps pour s’imposer (elle est pour toi, celle-là, Kiki), il donne le tempo de son équipe.

Félicitations à Blaquart, qui a eu le temps d’apprendre le métier quand il passait ses samedi sur le banc aux côtés de Jacquet.

Pour conclure :

Ricardo a du se rendre compte qu’il avait du travail, lui qui aime bâtir une équipe solide.

Offensivement, Bordeaux sait se montrer dangereux, nos ailiers sont de vraies menaces pour les défenses adverses.

Au milieu de tout cela, il manque de la maîtrise.

Il va vite falloir apporter les retouches nécessaires, la Coupe d’Europe arrive et nous ne pouvons plus nous permettre de perdre trop de points en championnat, si on ne veut pas faire nos Lillois.

Vous retrouverez prochainement Kiki pour une académie tchéco-bretonne. D’ici là, bossez votre accent ou perdez-vous sur horsjeu, il y a plein de choses à lire et à regarder.

A bientôt.

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

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