Bordeaux-OM (0-0): la Scapulaire Académie en supériorité numérique

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Léo Ferré : « La mélancolie c’est un désespoir qui n’a pas les moyens» Quoi de mieux pour définir nos girondins…

Il ne reste plus grand chose de nos souvenirs, les images en sépia s’effacent lentement, la mélancolie laissant, petit à petit, la place à une nostalgie déprimante. Le stade est désespérément vide. La vie continue au Haillan, sans passion ni envie, mais elle suit son cours sans savoir pourquoi. Le club n’attire plus les lumières des médias que pour susciter quelques moqueries sur son logo bidouillé sur Paint et payé à prix d’or ou pour quelques timides indignations quand le directeur de la billetterie avoue, fier de lui, avoir truqué le chômage partiel de ses agents. En dehors de ces quelques faits de gloire qu’on se garderait bien de partager, le club se meurt à petit feu, le couvercle sur la tronche mais sans se presser.

King Street tente de sauver le navire pour économiser quelques millions de son investissement hasardeux. Le fiasco de mediapro a définitivement plombé l’espoir des Américains de retomber sur leurs pattes. Le sportif est le dernier de leur soucis. Il devient impératif de trouver une solution de reprise. Mais entre la perte des droits télé et la crise sanitaire, va falloir se lever de bonheur pour trouver des prétendants égarés.

Alors, oui le Bordeaux-Marseille est le rendez-vous incontournable pour tous supporters bordelais. On peut trouver notre attachement un peu pathétique. Il est surtout l’expression et l’illustration de notre envie de ne pas renoncer. Il nous reste assez d’oxygène pour nous enthousiasmer le temps d’un week-end, le temps d’un soupir perdu, pour sublimer un match définitivement pas comme les autres. La mobilisation des Ultras, ces fumigènes craqués, ces chants entonnées à l’unisson et ce peuple qui vibre sous une même couleur symbolisent le football que nous aimons, que nous chérissons au plus profond de notre cœur. Il ne reste plus grand chose, mais il reste encore ça. Au de là de l’invincibilité, ce match reste comme notre dernier souffle.

La composition:

Costil

Kwateng Baysse Koscielny (c) Benito

Adli Seri Basic

Ben Arfa Oudin

Hwang

A un Sabaly près, voilà l’équipe-type.

Une équipe, avec des types.

Le résumé:

Veillez à ne pas vous endormir, l’académie n’est pas finie.

Le match:

« Professeur, je n’ai pas bien compris. Vous avez parlé de corps céleste, d’intensité puis j’ai décroché…

Je reformule. Un trou noir est une région de l’espace-temps qui se déconnecte du reste. Sa frontière s’appelle l’horizon des événements. C’est une frontière immatérielle au-delà de laquelle il n’y a pas de retour possible. Pour faire simple: c’est un Bordeaux-Marseille ».

A la Scapulaire, nous ne sommes pas des spécialistes de l’astrophysique. Mais nous allons quand-même essayer de donner du contenu au résumé de la rencontre malgré l’absence de matière.

Bordeaux s’empare du ballon en début de match mais ne parvient pas à créer grand-chose. Les Marseillais enchainent les fautes au milieu de terrain.

Il faut attendre plus de vingt minutes pour voir une action aller au bout. Après un une-deux entre Basic et Oudin, Hwang croise trop son tir.

Puis Oudin reprend un corner de la tête mais c’est à côté.

Soyons clairs, on s’emmerde terriblement. Alors Costil, en vieux con adepte de la doctrine du « c’était mieux avant », relance un running gag du dimanche soir en tapotant la tête de Balerdi.

Le plaisir sadique de Ben Costhill

Son geste nous ramène des années en arrière lorsque les affiches de notre championnat pouvaient donner lieu à des scènes de tension entre deux actions. En ce jour de la Saint-Valentin, la seule vraie tension est dans le slip. Problème, nous devons nous coltiner cette purge avant de passer à l’action.

La ménopause est atteinte sur un score nu et vierge. Sérieusement, on est obligé d’assister à la seconde période?

Bon, le match reprend.

Une faute est sifflée en faveur de Marseille. Le coup-franc est tiré par Thauvin et repris de la tête par Koscielny mais Costil nous sauve! Sur le corner qui suit, Benito dégage mais se trompe de sens. Le ballon passe au-dessus des cages. L’OM est tellement nul que les Girondins essaient de les aider à ouvrir le score afin de préserver la tradition dans la tradition. Malheureusement, nos joueurs sont encore trop mauvais pour y arriver.

Dans ces moments-là, on se dit souvent qu’un coup de pied arrêté peut aider à décanter la partie. Kamara, le plus grand fan de Jules Koundé, décide alors de donner un coup de pouce au club qui a formé son idole en tirant le maillot de Hwang à l’entrée de la surface.

« Jouez! » dit l’arbitre.

« Vous n’avez pas oublié de mettre le réveil à 23 heures? » s’étaient déjà inquiétés les gars du camion.

Alors que certains somnolent, nous sommes bien présents pour assister à une minute un peu folle.

Galère Germain est lancé dans le dos de Kwateng par Benedetto. Il se présente face à Costil et hésite entre frapper et centrer pour Thauvin, pourtant devancé par deux défenseurs. Il ne réalisera ni l’un ni l’autre, préférant passer le ballon à Koscielny.

Sur le contre, Oudin est stoppé irrégulièrement par Balerdi alors qu’il pouvait se présenter face à Mandanda. Carton rouge pour le défenseur phocéen! (Un point d’exclamation pour donner un semblant d’intensité).

Logiquement, à onze contre dix, Bordeaux se créé une occasion: Hwang reprend un bon centre d’Oudin mais le ballon heurte le poteau.

Et puis…

Nous ne savons pas si le monde appartient réellement à ceux qui se lèvent tôt mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a du monde dans la caboche de Benedetto. Ainsi, l’homme à l’intelligence artificielle a dégoupillé et s’est pris pour une moissonneuse-batteuse en fauchant Koscielny. Il récolte un carton rouge!

L’hélico enfin retrouvé et recyclé: Sabine à l’avant et ça Balavoine à l’arrière. Super Dario!

Logiquement, à onze contre neuf, Bordeaux ne perd pas une occasion… de se chier dessus.

Ils avaient tout pour prendre les devants en s’amusant mais n’ont absolument rien fait. Imaginez, vous donnez carte blanche à Marc Dutroux dans la cour d’une école primaire sans surveillance d’un adulte mais lui préfère tranquillement retourner en prison.

Et pendant qu’il remonte dans la fourgonnette, le petit Valère, parti dans son dos, lui jette une caillasse sur la tête. Enfin, à côté de sa tête, il ne sait pas visé.

Hormis Hatem qui va dribbler les platanes et envoyer le ballon chez le voisin, plus rien ne se passera.

Du moins sur le terrain. Allez, tous au lit!

Les notes de Kiki:

Costil 2/5
Au chômage technique, on notera son professionnalisme et son sang froid pour ne pas s’être moqué de Germain après ses deux tentatives (tentative est un terme impropre, le Geipan serait encore entrain d’étudier l’hypothèse d’une intervention surnaturelle, rien de rationnel ne pouvant expliquer un tel « geste technique »)

Kwateng 1/5
Quand on ne lui demande ni d’attaquer ni de défendre, il n’est pas si mauvais. Dénommé Sabaly par le spécialiste de Canal, le pauvre Enoch n’a effectivement pas tellement dédoublé. Il a vite compris que le ballon était aimanté à Hatem et qu’il ne le reverrait jamais. Remplacé par Lacoux à la 84e qui aurait combiné avec Ben Arfa si celui ci avait eu, un temps soit peu, envie de jouer au foot avec ses petits camarades.

Baysse 1/5
Pas super impérial sur les contres marseillais, pas super utile à la relance, Paul n’a pas su monter d’un cran après le tacle maîtrisé de Benedetto.

Koscielny 1/5
On l’aime bien Laurent, mais faut qu’il arrête de répondre aux journalistes, pour eux, pour lui et pour nous.

Benito 1/5
On ne va pas en faire une tête de turc. Il n’est pas responsable du jeu et du rythme et il ne faut pas oublier que la rotation se nomme Poundjé. Ça explique notre degré d’exigence (d’indulgence).

Adli 1/5
Bien meilleur en conférence de presse que sur le terrain. On le félicite pour sa lucidité et son verbe haut. On attend de voir la même attitude sur la pelouse.

Seri 1/5
C’est une fin de série ? C’est pour ça qu’on l’a recruté pour trois cannelés et deux bouteilles de Baron de Lestac ? Remplacé par l’homme à la particule à la 64e pour le rendement qu’on lui connaît.

Basic 1/5
Il sort sur blessure à la 38e alors qu’il était encore entrain de gagner tranquillou sa partie de cache cache, remplacé par Zerkane (2/5) à la 38e. Le gamin s’est essayé, il a couru et proposé des solutions. Il reste brouillon mais dans cet océan de médiocrité, il a eu au moins le mérite d’essayer.

Ben Arfa 0/5
Qu’on lui achète un ballon bordel. Hatem s’est cru dans FIFA. Le gars un peu technique qui fait cinquante fois la même chose en se disant « ça finira bien par rentrer ». Il fut un peu pathétique et beaucoup grotesque sous l’œil admiratif de Jean Louis Gasset…

Oudin 2/5
Pas question de s’enflammer sur le match de Rémi, il fut, malgré tout, le meilleur bordelais sur la pelouse (c’est dire le niveau général) délivrant quelques bons ballons. Il est sauvé par la moyenne générale de ses coéquipiers. On en attend un peu plus monsieur. Remplacé par Kalu à la 84e, le nigérien a pu admirer les gris-gris inutiles d’Hatem. Ça le démangeait de faire pareil. Il en aura pas l’occasion.

Hwang 0/5
« Ne bande pas ton arc, si ton carquois est vide » un proverbe coréen qui lui sied à merveille. Notre attaquant multiplie les loupés comme Jésus distribue les petits pains au lait.

Les notes de Nausée:

Costil (3/5):

Il a empêché Koscielny d’ouvrir le score pour l’OM. Le reste du temps, il s’est emmerdé comme nous. Heureusement que Germain était là pour le distraire un peu.

Kwateng (1/5):

Il parait que Hatem lit Kant. Enock, lui, est adepte du can’t.

La comparaison avec Sabaly est de plus en plus terrible. Remplacé par Lacoux. Celui-ci n’est pas loin de lui passer devant dans la hiérarchie, c’est dire le niveau de l’ancien Nantais.

Baysse (1/5):

Combatif comme toujours. Limite comme trop souvent ces derniers temps. On aurait aimé qu’il prenne plus de risques dans la relance pour déséquilibrer l’adversaire (on ne compte pas ses passes pour Kwateng qui sont dangereuses pour nous).

Koscielny (1/5):

Fini le haut niveau, il est au niveau. De Benedetto et Paganelli.

Benito (3/5):

Il a plutôt réussi un bon match. Pas extraordinaire mais pour quelqu’un qui parle plus de langues qu’il ne réussit de centres dans une saison, c’est acceptable.

Par contre, nous avons toujours autant de peine pour lui quand il se met à sprinter. On dirait qu’il recule.

Il est quand-même allé jusqu’à la ligne de but.

Seri (1/5):

Des débuts difficiles dans un entourage malsain. Quelques humiliations.

Les tueurs en Seri ont tous le même parcours. Attendons qu’il se déchaine.

Un qui a du avoir une enfance heureuse, c’est De Préville

Adli (2/5):

Un bon début puis il s’est éteint. Peut-être s’est-il réservé pour l’après-match? Son discours est teinté de vérité. On l’aime encore plus. On tombera définitivement amoureux lorsqu’il enchainera les performances sur et en-dehors des terrains.

Basic (2/5):

On le sentait un poil plus présent que lors des dernières rencontres. Mais comme il a décidé de nous énerver, il a préféré se blesser.

Remplacé par Zerkane (2/5), qui a d’abord gâché une occasion avant d’attendre indéfiniment le ballon qui est resté dans les pieds de Ben Arfa.

Ben Arfa (0/5):

On l’a senti en-dedans dès le départ et on en a encore mal au cul. Il a forcé et a voulu trouver la faille tout seul. Sa pire performance depuis qu’il évolue sous nos couleurs. Il a été dégueulasse, gardant le ballon pour lui et en oubliant ses partenaires.

Oudin (2/5):

Une qualité de centre indéniable. Dommage de ne pas avoir un buteur capable de profiter de ses offrandes. Nous attendons de lui qu’il prenne plus de responsabilités mais dans des conditions comme celles-là (cf Ben Arfa), c’est difficile.

Remplacé par Kalu, qui a pu reprendre du rythme tranquillement en attendant la prochaine blessure.

Hwang (0/5):

Vraiment dégoûthwang.

Pour conclure:

Ce match était donc notre dernier souffle. Peut-on dire que nous sommes morts? De honte, oui certainement. Face à des Marseillais réduits à neuf, nous avons été incapables de nous imposer.

Difficile d’analyser cette énième contre-performance. Les joueurs ont-ils eu peur de perdre ou sont-ils simplement mauvais? Les Ultras ont-ils mis trop de pression? Quelle est la part de responsabilité de Gasset?

Intrinsèquement, nos joueurs ne sont pas les plus mauvais du championnat. Mais à Bordeaux, nous sommes forcés de vivre dans le passé car nous n’avons aucun avenir et la comparaison avec les grandes équipes que nous avons connues nous déchire encore plus le cœur.

Les Girondins ont toujours eu des mecs qui se dépouillaient pour le maillot. Parce qu’ils savaient ce qu’il représentait et parce que depuis leur tendre enfance, ils rêvaient de le porter.

Tout a changé. Les Ultras ont voulu rappeler certaines choses, notamment le lien qui les lie au club et l’importance de la rencontre face à Marseille. Car ce club a souvent été à la lutte avec nous lors de périodes plus glorieuses.

Si les joueurs ne l’acceptent pas ou ne sont pas capables de le comprendre, on ne peut plus rien pour eux.

Gasset, nous pouvons lui reprocher son manque d’ambition lors de ce match mais globalement, il fait ce qu’il peut avec le matériel qu’il a. Nous nous accrochons encore à ce titre de 2009 pour lequel il a été le principal architecte.

Encore et toujours nos souvenirs…

Ce Bordeaux-OM est à ranger avec d’autres dans la collection des matches ratés. Il n’y a rien à garder.

Nous aimerions remercier Monsieur JP Luminet, auteur de la définition du trou noir et directeur de recherches au laboratoire d’astrophysique de… Marseille. Dans la vie, il n’y a pas de hasard.

Mais elle nous réserve parfois de bonnes surprises. Ainsi, après avoir remis le pied à l’étrier, notre cher Kiki Musampala a décidé de se replonger pour de bon dans l’écriture de la Scapulaire Académie! Celle-ci a été écrite à quatre mains parce que pour nous aussi, la réception de Marseille reste un évènement.

D’ici la prochaine, nous vous invitons à venir tailler la bavette sur twitter ici et , à sortir le visage couvert et à garder le moral.

A bientôt.

Kiki et Nausée

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

8 commentaires

  1. J’étais curieux de voir ce que ça pouvait donner cette double Acad’.
    Eh bien c’est bien mieux qu’une double Anal’.
    Quelle osmose.
    Bravo. J’avais pas envie de regarder le replay. J’en ai plus besoin.

  2. Chronique parfaite vision parfaite que son devenu nos clubs !!!! Du coup je vous offres Germain pour la saison prochaine. Supporter de l OM nostalique des belles années

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