Nantes-Bordeaux (0-1) : La Scapulaire Académie « disrupte » le Derby

« Asinus asinum fricat »
L’âne frotte l’âne
Il fallait être deux pour décider
de ne pas jouer à ce point au football…

Bienvenue pour notre « rendez-vous en terre bien connue » au pays des canaris, nous revenons pour vous, à nos risques et périls, sur le dernier derby de l’Atlantique. Nous avons affronté l’ennui et la dépression, passagère mais tenace, pour vous offrir la substantifique moelle de ce morceau de bravoure. Car il ne fallait pas en manquer pour se taper ce match. Alors, mettez vos casques, on part en mission commando pour une expérience immersive.

Le Match

Il ne fallait surtout pas rater l’avant match. Les supporteurs nantais avaient décidé de bien faire les choses :  le « tifo », l’émotion, le petit message poignant, tout y était. Félicitation, l’hommage est merveilleusement réussi.  Emiliano est pour toujours dans nos cœurs.

On lui rend hommage sous la tunique nantaise. Il est devenu leur légende et la Scapulaire Académie ne veut pas l’oublier.
  • Sousa opte pour un changement tactique surprenant. Il laisse tomber ses pistons qui ne pistonne rien ni personne et sa défense « Transformers », un coup à trois ou quatre selon la configuration offensive ou défensive. Sousa est tout bêtement rattrapé par le principe de réalité. Après une prestation famélique contre Lyon et une copie grotesque contre Pau, le technicien portugais a dû se résoudre à remettre en cause ses principes. Nous assistons donc au grand retour du 442 et votre serviteur est, je dois bien l’avouer, pas mécontent de constater que Sousa n’est pas enfermé dans des choix dogmatiques qui, à l’évidence, ne marchait pas super bien.
  • De son coté, Gourcuff aligne une équipe en « Jouez comme vous pouvez avec les moyens du bord ».  Le match s’annonce dantesque.

9e : Séquence émotion. Une minute d’applaudissement nourrie pour le grand Sala, la Beaujoire (parcage compris) vibre comme un seul homme. Benito est visiblement troublé par l’émotion. Il effectue une touche digne d’un U9 (les touches se font au pied, je précise sinon la référence ne marche pas).

14e : Même si l’ensemble du match et du spectacle (appelons-le ainsi) est une invitation (dont on se serait bien passé) à l’ennui, le système en 442 semble rassurer l’équipe et lui donner un semblant de solidité et de cohérence. On commence à envisager les psychotropes pour supporter les soixante-quinze minutes restantes.  C’est bien le « Dry January » mais ce n’est guère compatible avec un match des girondins.

20e : Vous vous emmerdez ? Nous aussi. Mais vous n’avez pas saisi le principe. C’est volontaire. Oui, c’est fait exprès. La Ligain c’est un concept. Tu peux faire plein de truc en même temps que tu subis le match. Tu peux tranquillement aller te faire couler un café ou un bronze, bricoler, dormir, cuisiner. Tu es actif pendant ton match. C‘est une vision disruptive d’un match de foot. Ne vous limitez pas à votre simple sensation de gâcher votre temps, innovez, proposez, bordel. Il n’y a pas de mauvais match de Ligue 1, il n’y a que des téléspectateurs inactifs qui ne prennent pas suffisamment en main. Et vous en êtes fiers en plus ? Pas dégueulasse ce petit Rouge.

25e : Préville tente une frappe de loin. Il expédie le ballon le cuir directement sur l’ancien nouvel aéroport de Nantes. Les zadistes sont en panique.

32e : Abeid s’amuse à jouer à Karaté Kid. Mais comme il ne tue pas son adversaire, l’arbitre n’expulse pas son presque homonyme. Nantes évolue encore à onze.

45e : C’est la mi-temps. J’ai déjà douze idées pour monter des start-up improbables. Kwateng réussit à se claquer sans courir. On se moque mais Enock a réalisé une première période assez propre (surtout pour un retour à domicile). On espère le revoir très rapidement.

46e : Mexer entre en jeu. Le trouillomètre est au maximum.

50e : Oudin tente une reprise qui s’envole au-dessus de la Beaujoire. Rémi, ne cherche pas, tu n’iras pas plus loin que notre homme à la particule. Il est imbattable à ce petit jeu.

54e : Girotto fait ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire tacler comme un débile et se faire expulser comme un con. Bravo Champion. Nantes est enfin à Dix. Le travail, ça paie.

55e : Tiens voilà du Oudin. Oui mais du Oudin noir de rage de foutre sa tête au-dessus. De toute façon, Rémi était hors-jeu. La VAR aurait annulé le but. On se console comme on peut.

56e : Bravo et Josse commentaient Lyon. Notre supplice aurait pu être bien pire. Il ne faut pas négliger les petits plaisirs que nous offre la vie.

58e : Bruno Cheyrou se rassure comme il peut « Le meilleur reste à venir ». On ne peut pas lui en vouloir. Le gars doit tellement l’espérer. Nous, on s’en fout, on est tranquille entrain de disrupter sur le canapé mais lui, il doit bosser. Et c’est pas simple de commenter et de s’extasier sur le néant si tu n’es pas philosophe ou un truc dans le genre.

62e : Préville tente sa troisième frappe. On commence à se dire qu’il doit viser la prison de Nantes où il y avait un prisonnier qui, sans cette salope de fille du geôlier, serait pendu à l’heure actuelle. Non mais sérieusement, c’est quoi le projet ? Il veut vider le sac à ballon ?

Une de retrouvée.

63e : Otavio est remplacé par Tchouaméni pour continuer de jouer à un de plus.

67e : Première frappe cadrée du match. Oui, après plus d’une heure de jeu….

68e : « Ça peut mieux se finir » le pauvre Julien Brun tente bien de s’auto persuader mais la méthode Coué a ses limites. La dépression est proche. Courage Juju, il ne reste plus que vingt minutes.

74e : Préville sort pour Adli pour continuer de jouer à un de plus (si, si)

75e : En quarante secondes, Adli a déjà plus proposé de jeu offensif que les deux équipes réunies.

76e : On prend conscience que Briand va finir le match. On a beau disrupter, c’est dur à encaisser.

81e : Hwang rate le cadre. On en reste donc à une frappe cadrée depuis le début du match. En quatre-vingt minutes et pour les deux équipes…

86e : Mexer tente un centre improbable pour Briand. Jimmy la trique devance tout le monde. Il claque sa reprise au fond des filets. Les girondins mènent.

90e + 4 : C’est fini. Nantes n’a pas cadré une frappe (enfin peut-être mais on devait dormir). Bordeaux s’impose sans vraiment convaincre mais l’essentiel est ailleurs. Nous avons retrouvé le chemin de la victoire. C’est rigolo comment un résultat peut complètement changer notre état d’esprit. Nous sommes prêts à oublier ou accepter une purge uniquement grâce à une reprise chaloupée de Briand. Notre bonne humeur ne tient qu’à un fil. Sans ce centre de Mexer, nous serions là (à juste titre) à gueuler comme des putois. On a beau s’en défendre, nous sommes esclave du résultat. Et finalement la manière importe peu quand la victoire est au bout du chemin. Alors, nous vous invitons à savourer cette purge. Car nous ne les gagnerons pas toutes.

Moralité du Jour

« Il ne reste qu’un truc à faire, tailler la route et oublier cette odeur de cadavre ».

Les Notes

Costil 3/5

Une note généreuse car Benoit a su rester concentrer. Et il le fallait pour aller rechercher le ballon pour dégager ses six mètres en évitant de chuter à cause des panneaux publicitaires et en évitant les pièges tendus par les ramasseurs de ballon. Ben a fait le taf.

Benito 2/5

Il a dû passer un pacte de « non-agression » avant le match avec ses petits camarades Nantais. Blas et Appiah ont été transparents tout comme notre suisse offensivement. Il a, malgré tout, glissé quelques fois. Il faut bien conserver ses fondamentaux.

Pablo 3/5

Le Brésilien est tellement plus à l’aise dans une défense à quatre. Ça saute aux yeux. Ce n’est plus le même gars. Pis, les Nantais avaient décidé d’aligner le chauffeur de bus devant. Il conduit super bien Renaud Emond, il te fait des créneaux comme personne. Mais devant, il est quand même vachement limité.

Koscielny 3/5

Lolo nous devait une petite revanche après son match laborieux contre Lyon.  Il remplit sa mission sans faire de zèle. La victoire enjolive son match.

Kwateng 2+/5

Il signe une belle première période avant de se blesser à la cuisse. Remplacé par Mexer (2+/5), le Mozambicain ne parviendra jamais à entrer dans son match jusqu’à cette 85e minute…

Basic 2/5

Le Croate signe une prestation moyenne. Et on parvient à s’en satisfaire. Ça veut tout dire.

Otavio 2/5

Un match anonyme, le brésilien a cette capacité à ralentir le jeu qui est particulièrement agaçante. Il est incapable de trouver nos gars sur le côté en première intention. Faut toujours qu’il caresse le cuir, qu’il revienne sur ses talons pour redonner le ballon à Koscielny ou Pablo. Il lui faut un créateur à côté de lui car sur ce point-là, il vaut mieux ne pas compter sur lui. Remplacé par Tchouameni pour la dernière demi-heure (la dernière sous nos couleurs ?)

Oudin 2/5

En léger mieux (ce n’était pas bien difficile). On le sent plus à l’aise dans cette configuration. On en attend un peu plus (et ce n’est pas bien difficile non plus).

Préville 1+/5

Trois pigeons, une alerte météo, la Loire bouchée. Nico a réussi son après-midi. Il mérite son petit jaune sans glaçon et de se la couler douce sur le banc. Remplacé par Adli, à la 74e, notre chevelu a démontré toutes ses qualités en un petit quart d’heure. On a besoin de lui mais on veut voir cet Adli là, et certainement pas son fantôme comme ses dernières semaines.

Avec sa frappe de balle ? Sans aucun doute….

Hwang 2/5

Le Coréen a toujours ses petites fulgurances mais sur l’ensemble du match, il n’est pas vraiment meilleur que ses coéquipiers.

Briand 2+/5

Franchement nul tout le match, il trouve malgré tout la faille et inscrit le seul but de la rencontre. Il n’est plus qu’à deux buts de la barre des « 100 ». Ne te gêne pas pour mettre un doublé la semaine prochaine Jimmy.

C’est Jimmy bien sur


Nous terminons ainsi notre papier. Nausée aura l’immense responsabilité de vous raconter le match de l’année à domicile la semaine prochaine. Courage l’ami, la pression est sur tes épaules. Si on perd, ça sera un peu à cause de toi (histoire de mettre la pression). En attendant ce jour, n’hésitez pas à vous balader sur horsjeu.net, tentez votre chance en postulant dans notre belle équipe. C’est une opportunité unique. Nous sommes généreusement payés en visibilité. Ça serait con de vous en priver. Retrouvez-moi sur Twitter, je suis toujours disponible pour tailler le bout de Darcheville.

A Bordeaux, à Planus, à l’ennui qui nous tient, à Emi pour la Vie….

Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château .Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

4 commentaires

  1. Belle académie mon ami.

    Grâce à toi j’ai appris que disrupter ne voulait pas dire roter.

    J’aurais envie de dire que cette victoire on ne l’a pas volée et qu’on a su se retrousser la Manche pour vaincre. Mais ai-je le droit?

    J’ai conscience de la responsabilité de l’académie qui arrive. On verra le résultat mais au moins, j’essaierai de faire honneur à la Scapulaire.

  2. Je suis allé au bout Kiki…
    Mais cet instinct de survie, travaillé grâce aux Girondins depuis une dizaine d’année, fait que, j’ai appliqué tes conseils avant d’en avoir pris connaissance…
    Je me suis ennuyé… mais j’ai terminé la vaisselle, plier le linge et déposer une pêche, avec une victoire à la clef.
    « Et finalement la manière importe peu quand la victoire est au bout du chemin. Alors, nous vous invitons à savourer cette purge. Car nous ne les gagnerons pas toutes. »
    Pas mieux.
    Merci pour cette acad’.
    Nausée… cette pression… j’espère que lors de ton acad’ Savajicl bien comme il faut sur Monsieur Lapin !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.